Jacques Delarue

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le résistant et policier français. Pour l'évêque, voir Jacques Delarue (évêque). Pour les homonymes, voir Delarue.

Jacques Delarue, né le à Bricquebec (Manche) et mort le (à 94 ans)[1], est un résistant, ancien commissaire de police et historien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ouvrier aux usines Renault de Boulogne-Billancourt à compter du , puis chez Caudron, il est mobilisé dès la déclaration de guerre, mais reste sur place jusqu'au début des hostilités. Il est maintenu sous les drapeaux durant la drôle de guerre, puis dans l'armée d'armistice et ne doit sa démobilisation en qu'à la réussite du concours de gardien de la paix en 1942. Il intègre la police régionale d'État à Limoges et s'engage rapidement dans les services de renseignements des Mouvements unis de la Résistance (MUR). Il est reçu en au concours d'inspecteur national, mais, arrêté par la police française, il est incarcéré à Limoges jusqu'à la Libération.

Réintégré dans la police, il est appelé en à la direction centrale de la police judiciaire, à la sous-direction des affaires intéressant la sûreté intérieure de l'État, pour y traiter les séquelles de la Libération, puis pendant la guerre d'Algérie à la lutte contre ce qui allait devenir l'OAS. Il enquête dès le dans l'affaire de la « villa des Sources », devenue centre de torture du groupe Georges Watin[2] dit « la boîteuse », qui participera le à l'attentat du Petit-Clamart. En , il dresse un procès-verbal sur les conséquences de l'affaire du bazooka, attentat commis le contre le général Raoul Salan, alors commandant de la 10e région militaire à Alger.

Commissaire divisionnaire honoraire, il est un des vice-présidents de l'Association pour des études sur la Résistance intérieure (AERI).

Il enquête en 1970 sur Paul Touvier à la suite de la demande de grâce déposée par celui-ci[3]. Il est témoin de l’accusation au procès de Klaus Barbie en 1987 et dépose vingt ans plus tard, à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, ses notes préparatoires pour sa déposition et le reste de ses documents relatifs à l’affaire Barbie[4].

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Tatouages du « milieu », avec Robert Giraud et Robert Doisneau, éd. la Roulotte, 1950.
  • Histoire de la Gestapo, Paris, Fayard, 1962.
  • Les nazis sont parmi nous, éd. du Papillon, 1968.
  • Trafics et crimes et sous l'occupation, Paris, Fayard, coll. « Grands documents contemporains », 1993, éd. rev. et augm. (1re éd. 1968), 496 p. (ISBN 978-2-213-03154-5, OCLC 722598561).
  • Le Métier de bourreau, Paris, Fayard, 1979.
  • L'Attentat du Petit-Clamart, avec Odile Rudelle, Paris, La Documentation Française, 1990.
  • L'OAS contre de Gaulle, Paris, Fayard, 1994.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde, 22 septembre 2014, p. 15, annonce de la famille. La crémation a eu lieu le 19 septembre 2014.
  2. Jean-Charles Jauffret, Maurice Vaïsse, Charles-Robert Ageron, Militaires et guérilla dans la guerre d'Algérie.
  3. René Rémond (dir.), Paul Touvier et l'Église, Fayard, 1992.
  4. Fonds Jacques Delarue, Dossier Klaus Barbie.
  5. « Décret du 24 juin 1993 », sur legifrance.gouv.fr.

Liens externes[modifier | modifier le code]