Islam (parti politique belge)

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ISLAM
Image illustrative de l'article Islam (parti politique belge)
Logotype officiel.
Présentation
Président Abdelhay Bakkali Tahiri
Fondation 2012
Siège Drapeau de la Belgique avenue Paul-Henri Spaak 29
1060 Bruxelles, Belgique
Idéologie Islamisme
Couleurs vert et blanc
Site web http://www.islam2012.be/

ISLAM est un parti politique islamiste belge fondé en 2012. Cette formation politique islamiste, qui compte deux conseillers communaux à Bruxelles depuis les élections communales de 2012, dit viser à l'établissement d'un État islamique en Belgique et à l'instauration de la charia et se prononce pour le rétablissement de la peine de mort ou encore pour la pénalisation de l'avortement et de l'euthanasie[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le fondateur du parti Redouane Ahrouch, qui a participé au début des années 1990 à la création d'une des premières mosquées chiites de Bruxelles, s'est investi d'abord dans un parti qui s'appelait Noor qui a eu un succès relativement limité, mais il a ensuite trouvé un nouveau nom très fédérateur pour la communauté musulmane de Bruxelles : « Islam ».

Le parti Islam s'est créé pour les élections communales et provinciales de 2012. Des listes dénommées "ISLAM" étaient présentes avec un candidat unique dans les communes de Bruxelles-ville, Anderlecht et Molenbeek-Saint-Jean. Résultats 5 150 voix et deux élus; Redouane Ahrouch avec 1 839 voix (4,13%) à Anderlecht et Lhoucine Aït Jeddig à Molenbeek-Saint-Jean avec 1 478 voix (4,12%). Abdelhay Bakkali Tahiri n'a pas été élu à Bruxelles-ville (1 833 voix soit 2,9%). En octobre 2013, Laurent Louis, alors député fédéral, rejoint le parti, essaie d'en écarter un de ses membres avant d'être exclu au bout de quelques semaines[2].

En mai 2014, le parti a présenté des listes aux élections fédérales et régionales à Bruxelles et à Liège. Elles obtiennent un total de 13 719 voix, soit 0,2% du suffrage [3].

Selon un sondage de La Libre Belgique effectué en mai 2015, le parti Islam pèse un peu plus de 2 % dans la Région de Bruxelles-Capitale et est insignifiant en Région flamande et en Région wallonne[4].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Les dirigeants de ce parti revendiquent « militer pour le droit de tous les musulmans »[5]. Selon Ricardo Gutiérrez, journaliste spécialiste des convictions religieuses, « ce parti serait relativement proche, ou dans la lignée des chiites iraniens »[5].

Lors des élections de 2012, le parti prône l'éthique en politique ainsi que trois revendications ciblées : la distribution des repas halal dans les cantines, l'autorisation du port du foulard à l'école et l'accord de jours de congés confessionnels. Par la suite, les revendications s'étendent à d'autres domaines qui défendent une économie saine, une revalorisation du travail (notamment par une diminution du temps de travail), une modification de l'organisation scolaire (semaine de quatre jours avec le vendredi qui deviendrait un jour de congé et un élargissement de l'enseignement fondamental qui commencerait un an plus tôt et prendrait un an aux études secondaires) et une Europe de 750 provinces[6].

Selon Redouane Ahrouch, dirigeant du parti, l'objectif à terme est de faire de la Belgique un État islamique, s’appuyant sur le Coran. Pour y parvenir, il souhaite reprendre le programme du parti politique Noor, qu'il avait fondé en février 1999, composé d'une liste de 40 réclamations, parmi lesquelles le « rétablissement de la peine capitale pour les crimes odieux », « favoriser le mariage dès l'adolescence et sévérité pour le divorce », ou encore « pénaliser l'avortement ainsi que l'euthanasie »[1],[7].

Membres[modifier | modifier le code]

  • le leader du parti Redouane Ahrouch (tête de liste à la Chambre des représentants à Bruxelles), personnalité très active depuis le début des années 1990 dans la communauté chiite de Bruxelles.
  • Abdelhay Bakkali Tahiri (président et tête de liste à la Région de Bruxelles-Capitale en 2014)
  • Michel Dardenne (vice-président pour la communauté flamande)
  • Ismail Karakis (vice-président pour la communauté française et tête de liste à Liège pour la Chambre en 2014)
  • Brahim Datoussaid (président de la fédération bruxelloise et transfuge du PS)
  • Mohamed Guermit (président de la fédération liégeoise et tête de liste à Liège pour la région wallonne en 2014)[8]

Polémiques[modifier | modifier le code]

Lors de sa création, le parti diffuse un discours pacifiste et bienveillant. Son programme vise principalement à une meilleure intégration des musulmans en Belgique, notamment concernant la discrimination à l'embauche, les agissements de la police à leur égard, les difficultés d'obtention de prestations de chômage et du CPAS, la distribution des repas halal dans les cantines, l'autorisation du port du foulard à l'école et l'accord de jours de congés confessionnels, où d'après le président du parti, Abdelhay Bakkali Tahiri, « les musulmans sont trop souvent vus comme des citoyens de second rang »[9].

Très rapidement, le parti Islam suscite l'inquiétude de certains citoyens belges. Après avoir été élus lors des élections de 2012, les deux responsables du parti, Redouane Ahrouch et Lhoucine Aït Jeddig, ont un discours sensiblement différent, visant à établir un État islamique en Belgique et y instaurer la charia. Ces inquiétudes se manifesteront par la diffusion d'une pétition visant à interdire le parti[10].

Une fois élus, Redouane Ahrouch et Lhoucine Aït Jeddig, reçoivent des félicitations officielles de l’organisation mondiale chiite Ahl ul-Bayt, basée à Téhéran, qui les invite à se rendre dans la capitale iranienne. Redouane Ahrouch, principal leader du parti, déclara par la suite « Je suis chiite, c’est vrai, mais la liste Islam est un parti islamique et rien d’autre ». Cette appartenance soulève une certaine inquiétude concernant l'influence que pourrait avoir l'Iran sur un parti politique belge, alors que la majorité des Musulmans belges et bruxellois sont sunnites[5],[11],[12].

Le 21 octobre 2013, Laurent Louis, qui s'était auto-proclamé président du parti selon ses représentants, se sépare de Redouane Ahrouch, l'un de deux conseillers communaux, pour « graves divergences idéologiques et politiques ». Une semaine plus tard, il est démis de ses fonctions pour avoir tenté de s'approprier le parti, bien que l’intéressé déclare en être encore le président. Il lance alors, le 1er novembre, un nouveau mouvement : Debout Les Belges[2],[13],[14],[15],[16],[17].

Le 20 juillet 2016 trois élus MR annoncent vouloir interdire le parti ISLAM en Belgique au motif, selon eux, qu'il « utilise la liberté d’expression pour combattre nos valeurs fondamentales[18] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [vidéo] JT de 19h30 du 28 octobre 2012 de la RTBF, « Deux candidats du parti Islam élus à Anderlecht et Molenbeek. » et l'article correspondant « Le parti "Islam" espère que la Belgique deviendra un jour un état islamique »
  2. a et b « Remercié par le parti Islam, Laurent Louis persiste: "Je suis le président" » (consulté le 27 janvier 2014), sur le site RTBF
  3. Résultats des listes pour les élections de 2014 (Archive.org)
  4. « Baromètre : MR et PS poursuivent leur domination, PTB dépasse Ecolo en Wallonie », sur Lalibre.be,
  5. a, b et c Interview de Ricardo Gutiérrez, Les relations du parti Islam avec l'Iran posent question ([vidéo]), Le Soir, 20 décembre 2012
  6. [PDF] « Le Manifeste Citoyen, Belgique 2014 », le programme du parti politique pour les élections législatives de 2014, sur le site officiel.
  7. « Voici les 40 points du programme politique », sur le site du parti Noor (Archive.org 26 mai 2014).
  8. « Verviers: le prof islamiste Mohamed Guermit sera tête de liste à l'Europe » (consulté le 28 janvier 2014), sur le site de La Meuse.
  9. « Anderlecht et Molenbeek: les élus de la liste Islam au conseil communal le Coran sous le bras » (consulté le 28 janvier 2014), sur le site RTL info du Groupe RTL Belgique
  10. « La Belgique ne peut pas légalement interdire le parti Islam », sur le site de La Meuse
  11. Mehmet Koksal, « Bienvenue chez les chiites... au Royaume de Belgique », sur Minorités,
  12. « Le parti Islam sous influence iranienne », sur 7sur7,
  13. « Le parti Islam se sépare d'un conseiller communal pour "graves divergences idéologiques" » (consulté le 27 janvier 2014), sur le site RTL info du Groupe RTL Belgique
  14. « Rififi au parti Islam: viré, Laurent Louis maintient qu'il en est le président » (consulté le 27 janvier 2014), sur le site RTL info du Groupe RTL Belgique
  15. « Le petit parti Islam dans la tourmente » (consulté le 27 janvier 2014), sur le site Le Vif/L'Express
  16. « Bruxelles: le parti Islam se sépare de Laurent Louis... un mois après son adhésion! » (consulté le 28 janvier 2014)
  17. « Laurent Louis lance un nouveau mouvement politique: «Debout les Belges!» » (consulté le 28 janvier 2014)
  18. Plusieurs élus MR veulent faire interdire le Parti Islam, La Libre Belgique, 20 juillet 2016

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]