Houillères d'Épinac

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Carte des départements français.
Localisation du gisement sur la carte des bassins houillers français.
Étendue du bassin houiller dans le département de Saône-et-Loire.

Les Houillères d'Épinac sont des mines de charbon situées sur la commune d'Épinac et ses environs dans le département de Saône-et-Loire et la région de Bourgogne-Franche-Comté. Ces mines seront exploitées dès le milieu du XVIIIe siècle sur une surface de 3 435 ha.

Au total, 70 puits seront creusés dans ce bassin minier, mais seulement une dizaine assurèrent l'extraction du charbon[1].

Des vestiges de ces industries (entrées de mines, terrils, voies ferrées, ruines, cité ouvrière, bâtiments reconvertis) subsistent au début du XXIe siècle. Le territoire reste marqué économiquement, socialement, paysagèrement, écologiquement et culturellement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts modestes[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, le comte de Clermont-Tonnerre, seigneur de Monestoy (ancien nom d’Épinac), effectue les premières recherches de charbon à Épinac et entreprend les premières exploitations. Il fonde une verrerie en 1755 pour l’utilisation de la houille (elle ne fermera qu'en 1934 ou 1931)[2].

L'activité minière débute en 1774, dans le puits de l’Ouche. Le charbon était porté par les mineurs dans des paniers à la lumière de chandelles et de lampes à huiles. Puis, des brouettes furent utilisées. La concession sera accordée en 1805[3].

Le développement[modifier | modifier le code]

La commune d'Épinac (parfois appelée Épinac-les-Mines) est associée à l'histoire d'un des premiers chemins de fer de France. Celui-ci est concédé en 1830 à l'initiative du propriétaire des mines d’Épinac, Samuel Blum.

En 1826, les biens du comte (qui a émigré) sont vendus et acquis par Samuel Blum, maître de forges à Dijon. La « S.A. Houillères et du chemin de fer d’Épinac », est créée en 1850[2].

C'est en 1829 que fut créée à cet effet la Compagnie des houillères et du chemin de fer d’Épinac qui possédait quatre concessions pour un total de 7 031 ha. Elle en restera propriétaire jusqu'à la nationalisation en 1946[4] :

De 1929 à 1833, soixante-dix puits seront creusés dans le bassin minier, mais une dizaine seulement extrairont le charbon[3].

Un chemin de fer est mis en service en 1836 pour le transport du charbon, en direction de Pont-d'Ouche afin d'être acheminé par le canal de Bourgogne[2].

Lors de l’arrivée de Charles Destival au poste de directeur en 1899, les houillères entrent dans une période de prospérité. Alors que la production s'élevait de 1 500 tonnes en 1838, avec 150 ouvriers, elle atteindra 191 500 tonnes en 1913, avec 1 215 ouvriers. En 1905, l’Académie des sciences morales et politiques décerne le prix Audéoud[5] à la compagnie d’Épinac pour avoir institué en 1902, la participation aux bénéfices[3].

En 1920, l’activité s’intensifie et le puits Saint-Charles est creusé. En 1928, la production atteint 250 000 tonnes de charbon[3].

La crise et le déclin[modifier | modifier le code]

À partir de 1929, l’extraction du charbon devient de plus en plus difficile et la crise touche toute la production charbonnière.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la pénurie de carburants pousse le gouvernement d’alors à adopter une politique de développement de la production nationale. La Société des Schistes Bitumineux d’Autun bénéficia de l’appui de l’État et, pour pousser sa production au maximum, elle dut acquérir des droits à l’utilisation d’une mine de charbon[2]. Dans le bassin d’Épinac, seule la mine du Moloy présentait des ressources suffisantes pour une nouvelle exploitation. Un décret du scinde la concession de Sully en deux : la partie Nord, limitrophe de la concession du Moloy, prend le nom de Saint-Léger du Bois et la partie Sud prend le nom de Veuvrottes. Les concessions de Saint-Léger du Bois et de Moloy sont cédées à la Société Minière des Schistes Bitumineux d’Autun qui a de grands besoins en combustible[4].

Le décret no 46-1570 du , créant les Houillères du bassin de Blanzy, prévoit le transfert à celles-ci des biens de la société des Houillères et du chemin de fer d'Épinac[2].

Les puits ferment les uns après les autres. Le siège de Pauvray ferme le . La mine, non nationalisée, du Moloy ferme en 1950 et le dernier siège des Houillères d’Épinac, celui de Veuvrottes (commune d’Épinac), est définitivement arrêté le [2].

Puits d'Épinac[modifier | modifier le code]

Puits de la Garenne[modifier | modifier le code]

Le puits de la Garenne.
46° 59′ 01″ N, 4° 31′ 15″ E

Le puits de la Garenne est foncé à partir de 1837, il assurera l'extraction jusqu’en 1942. vers 1880, le puits est approfondi à 475 mètres pour créer un quatrième étage d'exploitation. En surface, l'ancienne machine à vapeur de 90 ch est remplacée par une nouvelle machine à deux cylindres verticaux de 200 ch de puissance munie de sept chaudières[6].

Vers 1910, un incendie détruit le chevalement en bois qui est remplacé par un chevalement métallique plus haut[7].

Puits Saint-Charles[modifier | modifier le code]

Le puits Saint-Charles.
46° 59′ 03″ N, 4° 32′ 19″ E

Le puits Saint-Charles est creusé en 1920 jusqu'à 618 mètres de profondeur. Il porte le nom du directeur, monsieur Destival[2].

Le chevalement du puits Saint-Charles a été remonté sur le terrain du musée de la mine de Blanzy[2]. Les ruines des bâtiments subsistent au début du XXIe siècle[8]. Il reste également deux bâtiments bien conservés et utilisés par une entreprise[9].

Puits Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

Le puits Saint-Pierre.
46° 59′ 08″ N, 4° 31′ 15″ E

Les ruines des bâtiments subsistent au début du XXIe siècle[8].

Puits Fontaine-Bonnard[modifier | modifier le code]

Le puits Fontaine-Bonnard.
46° 59′ 21″ N, 4° 32′ 34″ E

Le puits mesurait 106 mètres de profondeur, il fut exploité de 1826 à 1928[10].

Puits du Curier[modifier | modifier le code]

Le puits Curier.
46° 55′ 05″ N, 4° 32′ 26″ E

Le puits du Currier est creusé en 1826 pour atteindre 300 mètres de profondeur. Outre l'extraction, le puits assurera également l'aérage et le service de la mine. La fosse fermera en 1942, les bâtiments subsistent toujours[11].

Puits Champ-Pialay[modifier | modifier le code]

Le puits Champ-Pialay
46° 59′ 51″ N, 4° 32′ 40″ E

Le puits mesurait 86 mètres de profondeur, il sera en activité de 1891 à 1928[10].

Puits Sainte-Barbe[modifier | modifier le code]

Le puits Sainte-Barbe.
46° 59′ 42″ N, 4° 32′ 14″ E

Le puits Sainte-Barbe est creusé dé 1832 pour atteindre la profondeur de 208,7 mètres. Il fermera ses portes un siècle plus tard, en 1932[12].

Dans les années 1880, le puits Sainte-Barbe devient le puits d'exhaure générale du bassin, il reçoit une nouvelle machine à vapeur identique à celle du puits de la Garenne[6].

Puits Haggerman[modifier | modifier le code]

Le puits Haggerman.
46° 59′ 37″ N, 4° 32′ 11″ E

Le puits Haggerman est foncé en 1836 jusqu’à 290 mètres de profondeur. Il sera démoli après sa fermeture[13].

Puits Michenaux[modifier | modifier le code]

46° 59′ 45″ N, 4° 31′ 44″ E

Le puits mesure 350 mètres de profondeur, il exploitera la houille de 1837 à 1928[10].

Puits Lestiboudois[modifier | modifier le code]

Le puits Lestiboudois.
46° 59′ 42″ N, 4° 30′ 27″ E[BRGM 1]

Le puits est foncé au pied du château d'Épinac. Il rencontre le prolongement des couches exploitées par les puits Haggerman, de la Garenne et Micheneau à 600 mètres de profondeur[6].

Puits Hottinguer[modifier | modifier le code]

Le puits Hottinguer.
46° 59′ 01″ N, 4° 31′ 15″ E
Article détaillé : Puits Hottinguer.

Les bâtiments du puits sont construits entre 1872 et 1876, ils abritaient un mode d’extraction par un système atmosphérique révolutionnaire : un piston se déplaçant dans un tube de 558 m de hauteur, usiné au Creusot (technique originale de l’ingénieur Zulma Blanchet) et non par câbles traditionnels qui ne permettaient pas à cette époque de descendre aussi bas (plus de 600 mètres). Après sa fermeture en 1936, il est reconverti en usine de peinture avant de se retrouver à l’abandon à la fin du XXe siècle à la suite d'un incendie[14]. Il est inscrit comme monument historique le [15]. La tour Malakoff et ses ailes sont en rénovation depuis fin 2012. La construction d'une centrale photovoltaïque à proximité des anciens bâtiments est prévue pour 2016[16].

Puits de l’Ouche[modifier | modifier le code]

L'activité du puits débute en 1774[3].

Puits du Château[modifier | modifier le code]

Puits les Thibaudais[modifier | modifier le code]

Autres puits[modifier | modifier le code]

Puits des Barbottes[modifier | modifier le code]

Puits du Bois[modifier | modifier le code]

Puits Ressille[modifier | modifier le code]

Puits Souachère[modifier | modifier le code]

Puits Caulet[modifier | modifier le code]

Puits Daquin[modifier | modifier le code]

Puits de la Forge[modifier | modifier le code]

Puits des Fourneaux[modifier | modifier le code]

Le puits des Fourneaux.
47° 01′ 02″ N, 4° 27′ 32″ E

Le puits des Fourneaux est creusé jusqu’à 130 mètres de profondeur par la Société des Houillères du Grand Moloy sur la commune de Saint-Léger-du-Bois. Il entre en exploitation en 1928 puis est racheté par la Société des Houillères et Chemins de fer d'Épinac. La Société Minière des Schistes Bitumeux (SMSB) rachète la mine en 1943 pour alimenter son usine de distillation d'huile de schiste avant de fermer le puits en 1950[17].

Puits François-Mathieu[modifier | modifier le code]

Le puits coupe la houille à 700 mètres de profondeur dans une zone alors inexploitée du bassin, sans perturbations géologiques[6].

Puits de Marvelay[modifier | modifier le code]

Puits du Pré[modifier | modifier le code]

Puits Caullet[modifier | modifier le code]

Le puits coupe la couche de houille à 220 mètres de profondeur dans une zone restée inexplorée du bassin minier, sans perturbations géologiques[6].

Puits Mallet[modifier | modifier le code]

46° 58′ 01″ N, 4° 29′ 07″ E[BRGM 2]

Le puits se situe sur la commune d’Épinac, à la lisière méridionale du bassin vers le ruisseau de la Drée[6]. Profond de 70 mètres, il rencontrera la première couche de houille à 14 mètres de profondeur[6].

Puits de Veuvrottes[modifier | modifier le code]

Il sera le dernier siège d'extraction en activité dans la bassin minier d'Épinac ; il ferme le [18].

Mémoire de la mine[modifier | modifier le code]

Un musée de la mine est consacré aux houillères mais aussi au chemin de fer d'Épinac et à la verrerie[19]. Installé sous la mairie, il doit déménager dans l'ancienne gare en 2019[20].

Les visites guidés de la commune (3 km) permettent de découvrir le puits Hottinguer, la cité de la garenne avec la chapelle et une maison du mineur reconstituée. Enfin, le « Circuit des gueules Noires » (9,5 km) permet de faire le tour des dix principaux puits de mine du bassin minier[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références aux fiches du BRGM[modifier | modifier le code]

Le BRGM est l'organisme public français référent dans le domaine des sciences de la Terre pour la gestion des ressources et des risques du sol et du sous-sol.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Pierre-Christian Guillard, Les chevalements des houillères Françaises, Pierre-Christian Guillard, (ISBN 2-9502503-6-X). 
  • [PDF] C. Raymond, Synthèse géologique sur les ressources charbonnières de la Bourgogne, BRGM, (lire en ligne)
  • [PDF] R.Feys, Puits et sondage dans le bassin d'Autun et Epinac, des origines à nos jours, BRGM, (lire en ligne)
  • Ecole de Liège, Revue Universelle des Mines, de la Métallurgie, des Travaux ..., Volume 19, .