Histoire de la radio

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L'histoire de la radio accompagne l'histoire de la fin du XIXe siècle et celle du XXe siècle, grâce à une suite de découvertes et d'inventions qui, en se complétant, ont abouti aux télécommunications modernes.

Historique[modifier | modifier le code]

Les précurseurs[modifier | modifier le code]

L'invention de la radio est une œuvre collective, qui part de la découverte des ondes électromagnétiques, de l'invention du télégraphe, et aboutit aux premiers matériels utilisables pour communiquer sans fil.

  • 1840 : Samuel Morse brevette le télégraphe électrique, son assistant Alfred Vail invente le code dit Morse.
  • 1866 : Mahlon Loomis (en) revendique la première transmission sans fil en Virginie.
  • 1883 : Thomas Edison invente le tube à vide à deux électrodes ou diode, sans cependant en percevoir les bénéfices ou les usages notamment le redressement du courant alternatif. Edison était d'ailleurs beaucoup plus intéressé aux utilisations du courant continu dans l'éclairage.
  • 1886-1888 : Heinrich Rudolf Hertz met en évidence les ondes radio par le biais de l'expérience de Hertz. Elles seront appelées « ondes hertziennes » en son honneur.
  • 1889 : Tesla réalise un générateur hautes fréquences (15 kHz) ; en 1893, il expérimente la première communication radio.
  • 1890 : Édouard Branly découvre le principe de la radioconduction et met au point le premier détecteur d'ondes sensible, le radioconducteur, qui prendra le nom de cohéreur contre l'avis de son inventeur. L'origine du mot cohéreur est anglophone et latine ; le verbe 'cohero, -ere', 'to cohere' signifie se rattacher... exactement comme les grains de limaille de fer se rattachaient les uns aux autres dans le radioconducteur.
  • 1891 et 1893 : Tesla brevette le système sans fil Tesla (radio télégraphe) et met au point des lampes électroniques froides.
  • 1892 : Tivadar Puskás invente le Telefon Hìrmondò qui est techniquement l'ancêtre du concept de journal radio. Le service est lancé le 15 février 1893 après l'enregistrement du brevet en 1892 à l'Office des Brevets de l'Empire austro-hongrois avec l'intitulé « une nouvelle méthode d'organisation et de montage d'un journal téléphonique ».
  • 1893 : le professeur Alexandre Popov de Saint-Pétersbourg, découvre le principe de l'antenne qui va permettre des liaisons radio à grande distance. Plus tard il découvre sans y prêter attention la jonction et l'effet d'amplification par semi-conducteurs (environ 40 ans avant la découverte du transistor).
  • 1895 : Guglielmo Marconi expérimente les premières liaisons hertziennes à la Villa Griffone en Italie et franchit une étape significative de la télégraphie sans fil à Salvan (Valais) dans les Alpes suisses, durant l'été 1895[1],[2]. Salvan a été reconnu par l'association mondiale des ingénieurs (IEEE)[3] et honoré par l'UIT comme l'un des berceaux des télécommunications en 2008.
  • 1897 : Première communication radio en morse sur 14 km par Guglielmo Marconi, en Grande Bretagne[1]. Bien que Guglielmo Marconi ait d'abord été crédité de l'invention de la radio, et que la majorité des gens considèrent qu'il en est l'inventeur aujourd'hui encore, la Cour suprême des États-Unis a annulé en 1943 l'un des 30 brevets de Marconi. Tesla a démontré que les signaux radio sont juste une autre fréquence qui nécessitent un émetteur et un récepteur. Lors d'une présentation devant la National Electric Light Association, Tesla a fait une démonstration de cette technologie. Bien que Tesla ait déposé deux brevets US 645576 et US 649621 en 1897 et en 1904, le US Patent Office a annulé sa décision, attribuant cette découverte à Marconi.
  • 1898 :
    • Le 3 août, en présence du ministre de la Marine, le lieutenant de vaisseau Camille Papin Tissot établit la première liaison radio opérationnelle française en mer : 1 800 mètres entre le Borda et le sémaphore du Parc aux Ducs à Brest. Convaincu, le ministre prescrit le 6 août au port de Brest, de financer à Camille Tissot l’achat de matériel pour lui permettre de poursuivre ses essais ;
    • en octobre Eugène Ducretet établit la première liaison télégraphique hertzienne entre la tour Eiffel et le Panthéon de Paris, distant de quatre kilomètres ;
    • le 8 novembre, à Madison square garden, Tesla fait la démonstration d'un modèle de bateau radiocommandé.
  • 1900 : en France, le capitaine Gustave Ferrié met au point le détecteur électrolytique. Plus sensible que le cohéreur de Branly, il permet l'écoute au casque des messages télégraphiques.
  • 1901 : Marconi effectue la première liaison radio transatlantique entre Terre-Neuve et la Cornouailles ;
  • 1906 : première transmission de la voix par radio réussie aux États-Unis par Reginald Fessenden la nuit de Noël[4].
  • Le  : Greenleaf Whittier Pickard déposa un brevet qui fut approuvé le [5] pour un détecteur de cristal plus simple que le détecteur de Gustave Ferrié. Puis avec Dunwoody, Pickard inventent le poste à galène, il permet de créer les premiers postes récepteurs de radiodiffusion.
  • 1907 : l'Américain Lee De Forest invente la première lampe amplificatrice à cathode chaude (triode) qui sera le départ de toute l'industrie radio-électronique.

Les premières applications[modifier | modifier le code]

Expérience de radio en 1918 à l'Université de New York

Deux naufrages célèbres ont montré l'efficacité de la radio[8]:

Vers 1913, Les premières bandes radios partagées entre services font leurs apparitions.

La TSF[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Télégraphie sans fil.
La TSF familiale

En mai 1914, en Belgique, dans une annexe du château d'Albert Ier à Laeken, une première radio diffuse des émissions de manière régulière, telles que des concerts. Malheureusement la station fut dynamitée sur ordre du roi au début de la guerre, en août, pour éviter qu'elle ne passe aux mains des Allemands[10],[11],[12].

Après la Première Guerre mondiale, en 1918, Telefunken crée une filiale, Transradio, qui entre dans l’histoire en introduisant la transmission duplexée, en 1919. Elle a construit pour les Hollandais à Batavia une grande station, qui fonctionne à puissance réduite. L'Agence de presse Transocean et l'Europa Radio allemandes utilisent la même technologie. Aux États-Unis, Herbert Moore lance le Transradio Press Service, installé à New York. En France, la Compagnie générale de la télégraphie sans fil a des participations dans la Transradio Argentine, qui exploitait les radio-communications internationales.

En novembre 1919, la station PCGG de la Nederlandse Radio Industry à la Haye diffuse une soirée musicale préalablement annoncée dans les journaux[13] alors qu'en décembre de la même année, la station XWA de la Marconi Wireless Telegraph Company de Montreal qui opère à titre expérimental depuis 1914 ou 1915[14] commence la diffusion en soirée de programmes de test incluant nouvelles, prévisions météo et musique[15] .

Le 20 mai 1920, une vaste assemblée de la Société Royale du Canada à Ottawa écoute discours, programme de musique et un concert en direct diffusés par la station XWA de Montréal lors d'un grand événement radiophonique longue distance annoncé le matin même dans les journaux[16] et qui fera grand bruit au pays[17] . Plus tard cette même année, les premiers programmes quotidiens de radiodiffusion débutent en Angleterre (Marconi Company), aux États-Unis à Washington, D.C. et Pittsburgh (station KDKA), ainsi qu'en URSS.

En décembre 1921 Radio Tour Eiffel diffuse un premier concert avec un émetteur de 900 W à longueur d'onde de 2 650 m. La BBC est fondée en 1922.

En octobre 1922, la Société française radio-électrique obtient l'autorisation d'effectuer, à titre expérimental, des émissions radiophoniques quotidiennes. À partir du sont organisés les concerts Radiola qui vont révéler la radiodiffusion au grand public. Les émissions Radiola sont effectuées par le poste radio-électrique de l'usine S.F.R. de Levallois avec une puissance d’émission de 2 kilowatts[18].

En 1925, la radio est utilisée pour la première fois pour une campagne électorale par le candidat américain Herbert Hoover.

Les premiers autoradios sont apparus dans les années 1930[8].

En 1938 Orson Welles diffuse une émission dans un style réaliste mettant en scène une attaque martienne, affolant les auditeurs qui descendent dans la rue[19].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les laboratoires des belligérants perfectionnent des applications nouvelles :

  • Le radar développé par Allemands, Anglais et Américains, qui n'a pas eu le temps d'avertir le raid aérien : l'attaque de Pearl Harbor.
Article détaillé : Histoire du radar.

Des milliers d'émetteurs-récepteurs mobiles équipent chars, avions et commandement. Le problème de l'alimentation en 12 V ou 24 V est résolu par le convertisseur tournant « dynamotor » ou par des convertisseurs à vibreurs et transformateurs.

Les radios servent de support à la propagande, comme la radio du Reich nazi, la Großdeutscher Rundfunk qui s'active dès 1933, tandis que la BBC est écoutée pendant le couvre-feu, et transmet sur Radio Londres des informations codées vers la Résistance :

Deux slogans émis par la BBC :

et le fameux « appel du 18 juin 1940 », du général De Gaulle font entrer la radiodiffusion dans l'histoire[20].

Les années 1950[modifier | modifier le code]

Radio 1950

Tandis que des milliers d'émetteurs et de récepteurs militaires déclassés permettent aux radioamateurs de s'équiper dans les « surplus », avec les « Fug » allemands et les « command set » américains, la radio se développe et le récepteur grand public se standardise :

Le récepteur « toutes ondes » couvrant GO[21], PO[22] et OC[23] est dans toutes les familles. C'est un superhétérodyne à 5 ou 6 tubes avec cadre orientable interne[24], une entrée « pick-up » pour écouter les premiers microsillons, un « œil magique » pour le réglage fin de la frequence, un cadran à aiguille et ficelle commandant un condensateur variable d'accord, une façade en tissus et bois vernis. Le cadran indique les noms des stations comme Radio Paris, Paris Inter, BBC, Radio-Luxembourg, etc alors qu'une aiguille désigne la station sélectionnée.

Les récepteurs « tous courants », sans transformateurs, sont plus légers et surtout, grâce à un jeu de tubes spéciaux à filament en série, peuvent être alimentés en 110 V continu[Information douteuse] [?]. Certains quartiers de Paris ont encore en 1950 un secteur en courant continu.

Les tubes miniatures[25] remplacent les tubes octal, les auto-radio à tubes apparaissent, avec des mémoires mécaniques de stations.

Le transistor[modifier | modifier le code]

Un des premiers « transistors » en 1959

Les premiers postes à transistor à partir de 1954[26], vite appelés « transistors », permettent d'écouter la radio partout, en vacances, dans la rue, sur la plage, en « surboum », la radio n'est plus familiale mais individuelle.

Dans le monde professionnel, le transistor remplace d'abord progressivement les tubes, puis ouvre de nouveaux horizons : circuits intégrés, mobile, etc. L'histoire de la radio devient la radio moderne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b De la radio au Natel Sur le site fondation-marconi.ch
  2. Station Marconi Suisse HB9GM
  3. IEEE - IEEE History Center
  4. Jean-François Remonté, Les années radio, p. 7
  5. http://www.bellsystemmemorial.com/belllabs_transistor1.html
  6. le cuirassé Russe "AMIRAL D'APRAXINE" est retenu dans les glaces Sur le site f6ddr.fr
  7. Arrêté du 7 octobre 1904 Le Ministre du Commerce de l'Industrie et des Postes et Télégraphes arrête : La station radiotélégraphique d'Ouessant est ouverte à partir du 10 octobre 1904 à l'échange des correspondances privées avec les navires en mer.
  8. a et b « Histoire de l'autoradio, un long fleuve tranquille - Player Top », sur www.player-top.fr (consulté le 18 juillet 2016)
  9. QUID 92 page 1151
  10. http://www.radiopassion.be/Premiere_emission_%20Belge.htm
  11. https://earlyradiohistory.us/1919bru.htm
  12. http://www.lalibre.be/culture/medias-tele/quand-la-radio-belge-naissait-a-laeken-51b8895be4b0de6db9abe3d8
  13. (nl) « Radio, Soirée-Musicale », Nieuwe Rotterdamsche Courant,‎ (lire en ligne)
  14. (en) Report of the Department of the Naval Service [of Canada] for the fiscal year ending March 31st, 1915, Ottawa, Taché, Printer to the King's most excellent Majesty, , 142 p., p. 119
  15. (en) Mary Vipond, Listening In: The First Decade of Canadian Broadcasting 1922-1932., Toronto, McGill-Queen's University Press, , 380 pages p. (ISBN 978-0773509177)
  16. le correspondant de La Presse, « Expérience peu ordinaire que Ottawa veut tenter à l'aide du ``Magnavox`` », La Presse,‎ , Titre (page 1)
  17. Le 21 mai, la plupart des quotidiens font état de la radiodiffusion de la veille: La Presse, Le Devoir, Montreal Daily Star, Ottawa Journal, Toronto Globe, L'Action Catholique
  18. Vingt-cinq années de T.S.F., S.F.R., p. 132-133.
  19. QUID 92 page 1152
  20. Dossier 18 juin - La radio diffusion en 1939 et 1940, par JP Claudel Sur le site charles-de-gaulle.org
  21. Grandes ondes
  22. Petites ondes
  23. Ondes courtes
  24. Antenne directrice permettant de mieux les ondes
  25. Deux fois plus petit que les premiers modèles
  26. « Le poste à transistors à la conquête de la France : La radio nomade (1954-1970) », sur franceculture.fr, (consulté le 22 septembre 2014).

Pour compléter[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vingt-cinq Années de T.S.F., Société Française Radio-Électrique, Paris 1935
  • Jean-François Remonté, Les Années Radio, L'Arpenteur, Paris 1989
  • Yves Fournier et Freddy Gardiol, Marconi et Salvan : à l'aube de la télégraphie sans fil, Porte-Plumes, Ayer, 2009
  • Marc Devirnoy "Les ondes de la tourmentes" Mémoire collective édition

Lien externe[modifier | modifier le code]