Großdeutscher Rundfunk

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La Großdeutscher Rundfunk (« radio de la Grande Allemagne ») fut la désignation du programme unifié de radiodiffusion national-socialiste dans le troisième Reich, du à la fin de la Seconde Guerre mondiale en août 1945.

Elle a pour origine la Reichs-Rundfunk-Gesellschaft réformée en 1935 et transformée par les nazis en véritable outil de propagande destiné à être présent dans chaque foyer allemand à travers le Volksempfänger.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte de création[modifier | modifier le code]

La Großdeutscher Rundfunk trouve son origine dans la politique de radiodiffusion de la République de Weimar. La radiodiffusion est initialement assurée par neuf sociétés régionales, fondées en 1923 et 1924, et regroupées, en 1925, au sein de la Société de radiodiffusion du Reich (Reichs-Rundfunk-Gesellschaft ou RRG). Sur la base de la « deuxième ordonnance de Weimar pour la radiodiffusion » de 1932, qui abroge la première ordonnance de 1925 -1926, la radiodiffusion de la République de Weimar est centralisée et étatisée. À partir de juillet 1932, des actions des neuf sociétés existantes, fondées en 1923 et 1924, sont reprises par l'État. De plus, un émetteur d'Allemagne (« Deutschlandsender »), appartenant à une compagnie commerciale (à partir de 1933, la Deutschlandsender GmbH), opère à partir de 1926 sur ondes longues ; il est chargé de retransmettre dans tout le pays une sélection représentative de programmes des stations régionales. Deux autres stations de l'émetteur d'Allemagne (Deutschlandsender II et III) sont mises en service en 1927 et 1939.

Après la prise de pouvoir des nazis en 1933, la radio devient une véritable affaire d'État au sens propre du terme. Très tôt, les nazis voient en elle un instrument central de propagande politique et la subordonnent donc au ministère de la Propagande du Reich de Joseph Goebbels. Mi-1933, Eugen Hadamovsky, jusqu'alors directeur des émissions de l'émetteur d'Allemagne est nommé directeur du RRG et directeur des émissions du Reich.

La RRG est renforcée, ses membres, les sociétés de radiodiffusion autonomes sont dissoutes et transformées en « émetteurs du Reich » à partir du . Le territoire de l'Allemagne (Altreich) est couvert par dix stations : Berlin, Leipzig, Breslau, Königsberg, Hambourg, Cologne, Francfort-sur-le-Main, Sarrebruck, Stuttgart et Munich. Après l’annexion de l’Autriche, en 1938, s’y ajoute l’émetteur de Vienne.

De 1939 à 1945[modifier | modifier le code]

À l’initiative de Joseph Goebbels, le , la Reichsrundfunk (RRF) reçoit une nouvelle dénomination, la Großdeutscher Rundfunk (radio de la Grande Allemagne). Elle émet à partir de juin 1940 deux programmes d’orientation nationale-socialiste pour l’ensemble du territoire du troisième Reich.

Le programme national (Reichsprogramm) est retransmis sur ondes moyennes sur tous les émetteurs du Reich et leurs émetteurs secondaires. Dans la matinée, chaque émetteur dispose d’une à deux heures pour son propre programme. D’environ minuit jusqu’au début des émissions vers 5 ou 6 heures du matin, la diffusion s’arrête. Mais on peut écouter pendant cette pause le programme de l’émetteur d’Allemagne sur ondes longues, qui diffuse ses émissions à partir de 12 h 30, pour les arrêter après les premières informations du matin.

Les émetteurs suspendent la transmission à l’approche d’avions ennemis, afin de ne pouvoir être utilisés pour le repérage. Mais, dans plusieurs parties du pays, les transmetteurs par câble[1] locaux relaient, pendant ce laps de temps, le programme de radio du Reich, si bien qu’on peut par exemple entendre dans le district de Hessen-Nassau le programme du Reich sur une fréquence, et sur une autre le programme de l’émetteur d’Allemagne. En cas de danger aérien direct cependant, seules des annonces sur la situation aérienne sont retransmises. Dans d’autres parties du Reich - comme en Bavière du Nord - l’émetteur du quartier général du district aérien de Nuremberg utilise en cas de danger aérien l’onde de l’émetteur secondaire de Nuremberg qui est coupé, pour les rapports sur la direction de visée des escadrilles de bombardiers.

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, début 1945, les émetteurs du Reich cessent l’un après l’autre leurs activités avec l’avance des troupes alliées à l’Est et à l’Ouest. Le dernier émetteur de la radio grande-allemande à fonctionner est l’émetteur secondaire de Flensburg, élevé au rang d’émetteur du Reich.

Ensuite, les puissances d’occupation installent dans leurs zones d’occupation de nouvelles stations de radio. Jusqu’à ce qu’elles entrent en action, c’est Radio Luxembourg, sur ondes longues, qui fournit les nouvelles à la population allemande – surtout en Allemagne de l’Ouest.

Note[modifier | modifier le code]

  1. De tels transmetteurs étaient fréquents dans certaines régions allemandes à cette époque, voir l’article Drahtfunk sur la Wikipédia allemande.

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]