Bataille de Buzenval (1871)

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Seconde bataille de Buzenval

Informations générales
Date 19 janvier 1871
Lieu Rueil-Malmaison,
France
Issue Victoire prussienne
Belligérants
Flag of the German Empire.svg Empire allemandDrapeau de la France France
Commandants
Frédéric III de Prusse[citation nécessaire]Louis Jules Trochu
Pertes
610 hommes
173 tués (11 officiers)
437 blessés ou disparus (29 officiers)
4 070 hommes
700 tués (48 officiers)
3370 blessés ou disparus (141 officiers)

Guerre franco-prussienne

Batailles

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Coordonnées 48° 52′ 40″ nord, 2° 10′ 53″ est

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(Voir situation sur carte : Hauts-de-Seine)
Seconde bataille de Buzenval

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Seconde bataille de Buzenval

La seconde bataille de Buzenval [1] se déroula le 19 janvier 1871, pendant la guerre franco-prussienne, sur le territoire des communes de Rueil-Malmaison, Garches et Saint-Cloud, alors en Seine-et-Oise. Les troupes assiégées dans Paris tentèrent une sortie en direction de Versailles.

Succédant à la vaine tentative de Champigny à un mois et demi d'intervalle, cette seconde sortie, insuffisamment préparée et d'un intérêt stratégique discutable, est imaginée et conduite, dans un contexte politique de dissension, par le général Louis Jules Trochu, gouverneur militaire de Paris et président du gouvernement provisoire, pour « calmer » les Parisiens les plus bellicistes. Son échec exacerbe, au-delà de la défaite de la « République de 1870 », la division entre partisans d'une paix négociée, plutôt soutenus par la Province et l'Armée, et partisans de la « résistance à outrance », où se comptent une majorité de la Garde Nationale.

Composition[modifier | modifier le code]

L'armée était partagée en trois colonnes principales, composées de troupes de ligne, de garde mobile et de garde nationale mobilisée incorporée dans les brigades.

  • La colonne de gauche, sous les ordres du général Vinoy, devait enlever la redoute de Montretout, les maisons de Béarn, Pozzo di Borgo, Armengaud et Zimmermann.
  • La colonne du centre, sous les ordres du général de Bellemare, avait pour objectif la partie est du plateau de la Bergerie à Buzenval.
  • La colonne de droite, commandée par le général Ducrot, devait opérer sur la partie ouest du parc de Buzenval et attaquer Longboyau, pour se porter sur le haras Lupin à Vaucresson.

Unités engagées[modifier | modifier le code]

Plan de la bataille de Buzenval paru dans Paris-journal en 1870-1871

Principales unités des forces françaises ayant participé à la bataille :

La préparation[modifier | modifier le code]

90 000 hommes sont rassemblés, dont la moitié est composée par la Garde nationale. C'est la première fois depuis le début du siège que cette dernière est utilisée dans une opération importante.

La concentration d'un tel effectif dans une zone étroite et escarpée a été très difficile et laborieuse et s’est effectuée pendant une nuit obscure. Toutes les voies de communication ayant accès dans la presqu'île de Gennevilliers, y compris les chemins de fer, ont été employées pour la concentration de ces forces considérables. Les troupes sont déployées sur un front de six kilomètres seulement, ce qui va constituer une gêne pour les mouvements.

Les forces prussiennes sont solidement retranchées dans ces zones, particulièrement dans le parc de Buzenval et le bois de Saint-Cucufa à la porte de Longboyau[2] où auront lieu les combats les plus durs. Dès le soir du 18, les premières tranchées ennemies sont enlevées par les gardes nationaux du 72e bataillon de marche conduits par le Capitaine Couchot.

L'attaque devant avoir lieu dès le matin, la colonne de droite conduite par le général Ducrot, qui a un chemin extrêmement long (douze kilomètres) à parcourir, fait mouvement au milieu de la nuit, sur une voie ferrée qui se trouve obstruée, et sur une route qu'occupe une colonne d'artillerie égarée, de sorte qu'elle ne peut parvenir à son point de réunion qu'avec deux heures de retard, alors que l'attaque a déjà commencé à gauche et au centre.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Les combats commencent à six heures et demie du matin.

  • Après avoir immédiatement occupé par surprise les maisons Béarn, Armengaud et Pozzo di Borgo, la colonne de gauche, sous les ordres du général Vinoy, engage un long et vif combat autour de la redoute de Montretout qui finit par être prise à 11 heures, les prussiens laissant 60 prisonniers. Les hauteurs au-dessus de Garches et de Saint-Cloud sont occupées. L'artillerie reçoit alors l’ordre d'occuper le plateau et de tirer sur Garches occupée par les prussiens. Vers trois heures de l’après-midi, la colonne de gauche, du général Vinoy, très vivement attaquée par des troupes prussiennes, fléchit. La redoute est perdue et reconquise à trois reprises. Après avoir tenu ferme, les troupes françaises reprennent l’offensive, mais la nuit venue et le feu de l'ennemi continuant avec une violence extrême, elles doivent se retirer des hauteurs gravies le matin.
  • La colonne du centre, sous les ordres du général de Bellemare, occupe la maison du curé puis pénètre par une brèche dans le parc de Buzenval. Elle prend et tient le château et les hauteurs de Buzenval ainsi que deux autres points stratégiques avant d’attaquer la maison Craon et vers le plateau de la Bergerie. La fusillade est alors très vive dans un brouillard intense. Parvenues sur la crête de la Bergerie, les troupes françaises doivent employer une partie de leurs réserves pour se maintenir sur les positions dont elles se sont emparées en attendant que la droite soit appuyée. Vers quatre heures, un retour offensif de l'ennemi entre le centre et la gauche de leurs positions, exécuté avec une violence extrême, fait reculer les troupes, qui, cependant, regagnent une partie du terrain vers la fin de la journée.
  • La colonne de droite, sous les ordres du général Ducrot, arrivée avec 2 heures de retard, soutient les 2 autres colonnes vers les hauteurs de la Jonchère où s’engage un vif combat de mousqueterie. Sa droite, établie à Rueil, est canonnée de l'autre côté de la Seine par des batteries formidables, contrebattues par l'artillerie qu'elle a à sa disposition et par le fort du Mont-Valérien. Les combats s'engagent vivement sur la porte de Longboyau où la colonne rencontre une résistance acharnée, en arrière de murs et de maisons crénelées qui bordent le parc. Malgré plusieurs attaques des troupes de ligne et de la garde nationale, le général Ducrot ne peut gagner du terrain.

À sept heures du soir le général Trochu ordonne la retraite. Les troupes font alors mouvement vers l'arrière, dans les tranchées, entre les maisons Crochard et le Mont-Valérien dans un grand désordre par l'unique chemin qui mène au rond-point des Bergères. À la faveur de l'obscurité, l'ennemi se glisse dans le bois de Saint-Cucufa d'où il fusille à bout portant les Volontaires de Montrouge, dont Henri Regnault, au moment de leur passage.

Trois cent cinquante mobiles bretons commandés par Lareinty, chef du bataillon de la Loire-Inférieure, sont oubliés au moment de la retraite dans la maison Zimmerman qu'ils défendent durant la matinée du 20 janvier contre sept mille assaillants. Leurs munitions épuisées, les trois cent vingt soldats et dix huit officiers restant consentent à se rendre à trois heures de l'après midi.

Bilan[modifier | modifier le code]

L'ennemi, ayant été surpris par la soudaineté de l'entreprise, et malgré ses solides retranchements, cède ses positions après des combats opiniâtres.
Toutefois l’artillerie et les renforts prussiens, qui arrivent au contact dans le milieu de l’après-midi, font reculer les troupes françaises, qui contre-attaquent et reconquièrent la crête.
Malgré tout, la nuit arrivant et l'impossibilité d'amener de l'artillerie, pour constituer un établissement solide sur des terrains défoncés, les efforts sont arrêtés. « Dans cette situation, il devenait dangereux d'attendre, sur ces positions si chèrement acquises, une attaque de l'ennemi qui, amenant des forces de toutes parts, ne devait pas manquer de se produire dès le lendemain matin. Les troupes étaient harassées par douze heures de combat et par les marches des nuits précédentes employées à dérober les mouvements de concentration ».

Pertes[modifier | modifier le code]

Durant cette bataille, les personnalités suivantes, engagées dans cet assaut, furent tués ou mortellement blessées :

Le Gouverneur de Paris envoie ce rapport au général Schmitz :
« Nos pertes sont sérieuses ; mais, d'après le récit des prisonniers prussiens, l'ennemi en a subi de considérables. Il ne pouvait en être autrement après une lutte acharnée qui, commencée au point du jour, n'était pas encore terminée à la nuit close.
C'est la première fois que l'on a pu voir, réunis sur un même champ de bataille, en rase campagne, des groupes de citoyens unis à des troupes de ligne, marchant contre un ennemi retranché dans des positions aussi difficiles ; la garde nationale de Paris partage avec l'armée l'honneur de les avoir abordées avec courage, au prix de sacrifices dont le pays leur sera reconnaissant profondément. »

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les Français n'auront plus les moyens de mettre fin au siège de Paris en effectuant de telles sorties.

Le 20 au matin, du fort du Mont-Valérien, Trochu adresse au gouvernement qu'il préside une recommandation de négocier un armistice de deux jours pour retirer les blessés. Cet armistice est signé comme une capitulation le 26 janvier. Entretemps, le 21 au soir, Trochu, tenu pour responsable de l'échec, abandonne, tout en conservant la présidence du gouvernement, le commandement militaire de la ville de Paris à Joseph Vinoy, lequel capitule dix jours plus tard. Des éléments de la Garde nationale opposés à l'armistice tentent un soulèvement le 22 janvier.

Le 27 janvier l'éloge funèbre du Capitaine Couchot, qui préféra avec deux sections donner l'assaut plutôt qu'obeïr à l'ordre de retraite donné par Trochu, est prononcé au cimetière de l'Est, à Boulogne, par le maire d'Auteuil Henri Martin, en forme d'appel à la résistance, décrétée « à outrance» par la « République de 1870 »[4], appel qui se concrétisera par la constitution du Comité central.

À l'inverse de l'état major de l'armée de métier, qui ralliera très majoritairement le corps des Versaillais, les Volontaires de Montrouge rejoindront le commandement du général Duval et la Commune de Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un premier combat, aussi un échec, avait eu lieu le 21 octobre 1870
  2. Gravure de la porte de longboyau détruite par l'artillerie française au combat
  3. Bertrand Tillier, André Gill Correspondance et mémoires d'un caricaturiste, Cézerieux, Champ Vallon, , 416 p. (ISBN 2876734451), p68
  4. H. Martin, Discours sur la tombe des volontaires du 72e, Bibliothèque Nationale, Paris, 1871. en ligne sur Gallica

Voir aussi[modifier | modifier le code]