Octobasse

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L'octobasse conservée au Musée de la musique de Paris. La personne (1,65 m) donne l’échelle de l’instrument (hauteur : 3,87 m).

L’octobasse est le plus grand et le plus grave des instruments de la famille des instruments à cordes.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Dépassant la contrebasse, l'octobasse ne possède que trois cordes, accordées ut0, sol0 et ut1. Elle mesure environ 3,87 m de hauteur. À l'époque de Berlioz, il existait un instrument appelé octobasse et Berlioz lui-même le précise dans son Grand Traité d'orchestration. Cet instrument ne descendait qu'une tierce plus bas que la contrebasse standard (mi1), c'est-à-dire jusqu'au ut1. Mais depuis la musique postromantique avec les Bruckner, Mahler, Strauss, Stravinski, on utilise des contrebasses « standards » qui possèdent soit une cinquième corde qui permet de descendre jusqu'à cet ut1 ou bien, qui possèdent une extension de la corde de mi qui permet d’atteindre cet ut1. C'est pourquoi l'octobasse de l'époque de Berlioz est tombée dans l'oubli. Aujourd'hui, quand on parle d'octobasse, on parle vraiment d'un instrument qui descend une octave et une tierce plus bas qu'une contrebasse classique ou une octave plus bas que la contrebasse utilisée par les grands compositeurs de l'époque postromantique. Le son que l'octobasse produit est plus puissant que la contrebasse en raison de la grande taille de sa caisse de résonance. Ses notes sont si basses qu'elles atteignent même la limite de ce que l'oreille humaine peut percevoir, c'est-à-dire, pour un la4 à 440 Hz l'octobasse nous donne un ut0 à 16,3516 Hz. Seuls l'orgue (avec un jeu de 32 pieds) et le piano de marque Bösendorfer modèle 290, dit Impérial, peuvent atteindre une note aussi basse que la note la plus grave de l'octobasse.

Elle se distingue des contrebasses géantes par la présence d'un mécanisme destiné à faciliter son utilisation. Pour en jouer, l'instrumentiste doit monter sur un petit escabeau intégré à l’instrument et, du fait de la hauteur du manche, c’est grâce à des leviers et des pédales, et non avec ses mains, qu’il agit sur les cordes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Son invention remonte au XIXe siècle. Une première mention de l'octobasse est attribuée au contrebassiste Dubois, qui en construit un exemplaire en 1834[1]. Le luthier Jean-Baptiste Vuillaume améliore en 1849 le mécanisme et en construit trois exemplaires, dont l'un se trouve encore à la Cité de la musique à Paris, un autre à Vienne et le troisième aurait disparu dans l'incendie d'un théâtre londonien[réf. nécessaire].

Le contrebassiste Nicola Moneta a fait construire par le luthier Pierre Bohr un nouvel exemplaire en 1995 qui, à la différence de l'instrument original, et grâce à des cordes moins épaisses, peut descendre une octave et une tierce plus bas que la contrebasse, comme il l'explique sur son site[2]. Une autre octobasse a été construite en 2007 par le luthier Antonio Datti.

Le luthier Jean-Jacques Pagès a construit une octobasse copiée du modèle conservé au Musée de la musique de Paris, et présentée à partir d'octobre 2011 au Musée de la lutherie de Mirecourt[3].

À partir de l'automne 2016, l'Orchestre symphonique de Montréal intégrera un octobasse, fabriquée à Mirecourt (France) par le luthier Jean-Jacques PAGES, et c'est le contre-bassiste Eric Chappell qui sera le musicien attitré à l'instrument [4].

Usage[modifier | modifier le code]

Son usage est exceptionnel. Hector Berlioz l'utilisa lors de la création de son Te Deum en 1855 à Paris. Le contrebassiste français Benjamin Berlioz a joué l'octobasse lors d'une reconstitution de ce concert à la fin du XXe siècle. Aujourd'hui, le seul[réf. nécessaire] contrebassiste jouant régulièrement de l'octobasse est Nicola Moneta.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La musique à l'Exposition universelle de 1867, Louis-Adolphe le Doulcet Pontécoulant (1868), en accès libre sur archive.org.
  2. (it) Site de Nicola Moneta, consacré à l'octobasse.
  3. Présentation de l'octobasse réalisée par J.-J. Pagès
  4. Zone Arts - ICI.Radio-Canada.ca, « L'OSM inclura une octobasse, le plus grand instrument à cordes au monde », sur Radio-Canada.ca (consulté le 17 juin 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Roger Millant, J.-B. Vuillaume, sa vie et son œuvre, W.E. Hill & Sons London, 1972, p. 48-49.