Chalemie

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Femme jouant de la chalemie (Tobias Stimmer ca. 1500).
Deux chalemies de la Renaissance.

La chalemie est un instrument à vent et anche double, de la famille du hautbois, très répandu au Moyen Âge et à la Renaissance, originaire de l'Espagne musulmane et cousin des mizmars, zurna[1], rajtas et ghaitas. C'est un instrument à tonalité haute, que l'on utilisait le plus souvent en plein-air, parfois accompagné d'une cornemuse, à l'image d'un couple bombarde et biniou.

Au XVIe siècle, elle est utilisée en consort (ensemble de plusieurs tailles du même instrument), mais aussi avec des saqueboutes ou des bassons.

De nos jours, la chalemie est principalement jouée par des instrumentistes abordant le répertoire spécifique du Moyen Âge et de la Renaissance, mais certains groupes comme Tri Yann n'hésitent pas à l'utiliser en musique folk rock.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Berger jouant de la chalemie (1646), de Jan Baptist Wolfaerts (Rijksmuseum).

En ancien français, le nom chalemie et ses variantes chalemel et chalemeaux (le pluriel de chalemel) dérive du latin calamus ('roseau'), ou de son diminutif en latin vulgaire, calamellus et du grec κάλαμος (kalamos). (Le nom d'un instrument à anche simple et à perce cylindrique, le chalumeau, partage également cette étymologie).

En anglais, le nom shawn apparaît pour la première fois au XIVe siècle. Il existait à l'origine trois formes principales de variantes, (1) schallemele (shamulle ou shamble), (2) s(c)halmys (shalemeyes ou chalemyes, toutes formes plurielles en moyen anglais), et (3) sc(h)almuse (ou schalmesse), chacune dérivée d'une variante correspondante en ancien français : chalemel, chalemie, et chalemeaux. Les premières formes plurielles étaient souvent confondues avec un singulier, et de nouveaux pluriels étaient formés à partir d'elles. La réduction ultérieure, aux 15e et 16e siècles, à une seule syllabe dans des formes telles que schalme, shaume, shawme, et enfin (au 16e siècle) shawm, est probablement due à cette confusion des formes plurielles et singulières.

En allemand, la chalemie est appelée Schalmei (ou pour les plus grands membres de la famille Bombard - également en anglais au 14ème siècle - corrompu plus tard en Bombhardt et finalement au 17ème siècle en Pommer)[7]. Ceci est confirmé par les noms très similaires de nombreuses chalemies populaires utilisées comme instruments traditionnels dans diverses nations européennes : en Espagne, on trouve de nombreuses chalemies traditionnelles portant des noms différents, comme la dulzaina castillane, aragonaise et léonaise (parfois appelée chirimía, terme qui dérive du même mot de l'ancien français que chalémie) ; les chalemies valenciennes et catalanes (xirimia, dolçaina ou gralla) ou la gaita navarraise. Au Portugal, il existe un instrument appelé charamela ; et le nom de la chalemie italienne est ciaramella (ou : cialamello, cennamella)[2].

Cependant, il est également possible que le nom provienne de l'arabe salamiya (سلامية), un hautbois traditionnel d'Égypte, car la chalemie européenne semble avoir été développée à partir d'instruments similaires apportés en Europe depuis le Proche-|Orient à l'époque des croisades. Ce nom arabe est lui-même linguistiquement apparenté à de nombreux autres noms orientaux de l'instrument : le zamr arabe, le zūrnā turc, le surnāy persan, le suona chinois, le saruni javanais et le sahanai ou sanayi hindou[1].

Calendrier[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 30e jour du mois de messidor est dénommé jour de la Chalemie[3].

Liens externes[modifier | modifier le code]

[vidéo] Consort de chalemies et de bombardes Renaissance sur YouTube

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Anthony C. Baines et Martin Kirnbauer, The New Grove Dictionary of Music and Musicians : Shawm [scalmuse, shalm, shalmie, schalmuse, London, Macmillan Publishers, , seconde éd..
  2. (it) Alberto Basso, Dizionario enciclopedico universale della musica e dei musicisti : Il lessico—vol. I, vol. (12+2 volumes), Torino, UTET, , p. 550.
  3. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 28.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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