Guy II d'Auvergne

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Guy II d'Auvergne
Guy II d'Auvergne, sceau du XIIème siècle. Sigillographie de l'ancienne Auvergne (XIIe-XVIe siècles), par Philippe de Bosredon.
Guy II d'Auvergne, sceau du XIIème siècle. Sigillographie de l'ancienne Auvergne (XIIe-XVIe siècles), par Philippe de Bosredon.

Titre Comte d'Auvergne
(1194-1222)
Prédécesseur Guillaume IX d'Auvergne
Successeur Guillaume X d'Auvergne
Biographie
Naissance né vers 1165
Décès vers 1222
Père Robert IV d'Auvergne
Mère Mathilde de Bourgogne
Conjoint Péronnelle de Chambon
Enfants Guillaume X d'Auvergne
Elise
Ermengarde
Marguerite

Blasoun Guy II.png

Guy II d'Auvergne, aussi nommé Guyon, fils du comte Robert IV d'Auvergne et de Mathilde de Bourgogne, est comte d'Auvergne de 1194 à 1222[1].

Il possédait notamment les châteaux de Tournoël (commune de Volvic) et de Châtel-Guyon (commune qui signifie littéralement « château de Guy »).

Biographie[modifier | modifier le code]

La guerre en Auvergne[modifier | modifier le code]

Guy II d'Auvergne combattant le roi de France Philippe-Auguste. Chroniques de Saint-Denis, British Library.
Comté d'Auvergne au début du règne de Guy II. Territoire du côté anglais en teintes de rouge et territoires français en bleu.

L'alliance anglaise[modifier | modifier le code]

L'année 1196 les royaumes d'Angleterre et de France se font la guerre. Jugeant le royaume de France trop près de l'Auvergne Guy II fait le choix de s'allier avec l'Angleterre et son roi, Richard Cœur de Lion[2].

Le roi Richard, lui-même troubadour, écrit un sirvente pressant les deux grands seigneurs auvergnats, le comte Guy II et le Dauphin Robert IV, à ne pas se laisser influencer par le roi de France :

« Va, Sirvente, en Auvergne, où je t'envoie; dis aux deux comtes de ma part, que s'ils veulent se tenir en paix, Dieu les bénisse. Qu'importe si un homme de peu de manque à sa parole ? Doit-on compter sur la foi d'un écuyer ? Quant à eux l'avenir ne leurs pardonnerait pas. »

Le traité de Gaillon[modifier | modifier le code]

Suite aux victoires françaises en Normandie, les anglais signent une trêve nommé traité de Gaillon. Ce dernier interdit notamment au roi Richard d'intervenir en Auvergne et de porter soutient au comte Guy II, ouvrant ainsi la voie libre à la conquête de l'Auvergne par Philippe II Auguste. Face aux intentions françaises assumées et de plus en plus menaçantes, le comte Guy II lance un processus de renforcement de ses terres par la construction de places-fortes, notamment celle de Châtel-Guyon, qui porte son nom[3].

Le conflit entre frères[modifier | modifier le code]

L'année 1195 quant à elle, marque le début du conflit opposant Guy II à son frère Robert, évêque de Clermont, notamment sur la suzeraineté des terres, et plus particulièrement la cité de Clermont. La même année, l'évêque tente de prendre Vertaizon, fiel qui est au main d'un seigneur proche de Guy, le troubadour Pons de Chapteuil[4]. Malgré des tentatives de paix acceptées, notamment celle de 1199 sur la demande de l’archevêque de Bourges, Henri de Sully, mais éphémères la guerre reprend rapidement et le territoire auvergnat est de nouveau en guerre. Guy se verra excommunié deux fois par son frère.

En l'an 1207, les deux frères font une trêve et vont tous deux ensemble participer à la croisade contre les Albigeois[5]. Guy commanda, en compagnie de l'archevêque de Bordeaux, la campagne militaire contre le Quercy et l'Agenais en 1209[6],[7]. Mais le retour en Auvergne marque un nouveau départ dans le conflit qui monte en intensité ; Guy II fait prisonnier son frère Robert.

L'invasion française[modifier | modifier le code]

Château de Tournoël : Dernière place forte tenue par le comte d'Auvergne Guy II.

En 1210, ayant attaqué l'abbaye de Mozac et le prieuré de Marsat, le roi de France Philippe-Auguste réagit, cet incident lui servant de prétexte et de légitimation quant à l'annexion des terres de Guy II, et envoie une armée en Auvergne pour la conquérir. Dès octobre 1210, Guy II d'Auvergne dut subir l'attaque des troupes royales conduites par Guy II de Dampierre et comptant parmi elles la troupe de mercenaires du gallois Lambert Cadoc. Guy II se tourne de nouveau vers l'Angleterre et tente de s'allier à Jean Sans Terre[8].

L'arrivée de cette immense armée française permet à Philippe-Auguste de s'emparer d'environ 120 places fortes et châteaux en Auvergne[9]. L'armée ennemie présente sur son territoire Guy II n'a que le temps de prendre les troupes les plus proches géographiquement et de s'enfermer dans la ville de Riom où l'armée française vient et l'y assiège[10]. Cette dernière obtient rapidement la capitulation de la cité en 1212. Guy II est fait prisonnier. Néanmoins, il reste un dernier bastion libre fidèle au comte d'Auvergne, le château de Tournoël.

Le siège de Tournoël

Article détaillé : Siège de Tournoël.

Dernière forteresse auvergnate libre, la défense de la citadelle auvergnate est organisée par Gualeran de Corbelles. L'armée française suite à un siège difficile prend Tournoël en décembre 1213 lors du siège de Tournoël. Cet événement marque l'annexion des terres d'Auvergne au domaine royal de France[11].

La paix et ses conséquences[modifier | modifier le code]

La victoire française marque l'annexion par le roi de la grande majorité des territoires du comtes, ces derniers réunit sont appelés Terre d'Auvergne et deviendront plus tard le Duché d'Auvergne avec Riom pour capitale. Dépouillé de la grande majorité de ses terres le comte d'Auvergne ne se voit conserver qu'une infime portion de l'Auvergne, ce morceau restant du comté d'Auvergne est à l'origine de la Comté d'Auvergne, avec pour capitale Vic-le-Comte, seul territoire restant du comté d'Auvergne indépendant sur lequel règne Guy II.

Guy II d'Auvergne décède en 1222 et est inhumé au sein de l'abbaye du Bouschet-Vauluisant, la nécropole des comtes d'Auvergne[12].

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Guy II d'Auvergne est le fils du comte d'Auvergne Robert IV et de son épouse Mathilde de Bourgogne.

Guy II d'Auvergne s'est marié à Péronnelle de Chambon, qui lui apporta par le mariage en question la baronnie de Combrailles[13]. Il eut avec cette dernière quatre enfants[14] :

  • Guillaume X d'Auvergne (1195-1247).
  • Elise (1190-1222).
  • Ermengarde d'Auvergne (1196-1225).
  • Marguerite d'Auvergne (1200-1263).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Christelle Balouzat, Actes des comtes et Dauphins d'Auvergne (fin XIIe-fin XIIIe siècle), mémoire de maîtrise soutenu à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, sous la direction de Jean-Luc Fray, 1997-1998.
  2. (en) Augustin Thierry, History of the Conquest of England by the Normans - Its Causes, and its Consequences, in England, Scotland, Ireland, and on the Continent - Volume II, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-108-03024-3, lire en ligne), p. 239-240
  3. Daniel Martin, L'identité de l'Auvergne : mythe ou réalité historique : essai sur une histoire de l'Auvergne des origines à nos jours, Nonette, Créer, , 717 p. (ISBN 2-909797-70-8, lire en ligne), p. 240
  4. Thomas Areal, « Quand domination rime avec concessions. L’évêque de Clermont et l’octroi de franchises (XIIIe-XIVe siècles) », Siècles, revue du Centre d'Histoire "Espaces et cultures", Université Blaise-Pascal,‎ (ISSN 2275-2129, lire en ligne)
  5. Guillaume de Tudèle, Chanson de la croisade contre les Albigeois, réed. Paris, réed. Renouard, texte original 1208-1219 ; réed. 1875-1879 (lire en ligne)
  6. (en) Catherine Léglu, Rebecca Rist, Claire Taylor, The Cathars and the Albigensian Crusade: A Sourcebook, Abington / New York, Routledge, (ISBN 978-1-408-25550-6, lire en ligne), p. 9
  7. (en) Claire Taylor, Heresy, Crusade and Inquisition in Medieval Quercy, York, York Medieval Press, (ISBN 978-1-903153-38-3, lire en ligne), p. 91
  8. (en) John W. Baldwin, The Government of Philip Augustus: Foundations of French Royal Power in the Middle Ages, Los Angeles, University of California Press, (ISBN 0-520-07391-6, lire en ligne), p. 200
  9. Jean Anglade, Histoire de l'Auvergne, Hachette littérature, (ISBN 2-01-000880-4, notice BnF no FRBNF34559868), p. 117
  10. Edouard Everat, Histoire abrégée de la ville de Riom, Riom, André Bonne Annet-Georges Aupois éditeur, 1923 ; réédition de 1989 (ISBN 2-7019-0029-8), p. 20
  11. Bibliothèque de l'École des chartes volume 3 (1842 - page 418)
  12. Marie-Antoinette Dorier, « L'abbaye du Bouschet, "Le Saint-Denis des comtes d'Auvergne" », Colloque du 800ème anniversaire de l'abbaye cistercienne du Bouschet (Vauluisant),‎ (lire en ligne)
  13. (en) Giraut,Ruth, Verity Sharman, The cansos and the sirventes of the troubadour, Giraut de Borneil - A critical edition, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-25635-6, lire en ligne), p. 240
  14. « Guy II, comte d'Auvergne », sur http://genealogiequebec.info/