Flamenca

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Flamenca est un roman en langue occitane du début du XIIIe siècle rédigé par le troubadour Daude de Pradas, originaire du Rouergue.

La trame du roman a lieu à Bourbon, dans le nord du Bourbonnais, et la pièce est rédigée dans le parler occitan rouergat avec un substrat auvergnat dans le vocabulaire.

Considéré comme le prototype du roman d'amour courtois, il n'existe que par un seul manuscrit, auquel manquent le début, une partie au milieu, et la fin. Ce manuscrit est conservé à la Bibliothèque municipale de Carcassonne.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action se déroule autour du triangle : le mari, la femme, l'amant. Le mari est Archambaut, seigneur de la ville de Bourbon-l'Archambault, son épouse Flamenca (« Flamboyante »), et l'amant, un jeune chevalier nommé Guillaume. L'action, du moins dans ce qui nous en est resté, commence par le mariage somptueux d'Archambaut et de Flamenca. Mariage de convention, qui avait pourtant tout pour réussir. Mais Archambaut est bientôt gagné par la jalousie et va tout faire pour soustraire son épouse aux regards et aux convoitises. Personnage conventionnel, récurrent dans les romans et nouvelles qui en ont créé un genre (castia gilos ou châtiment du jaloux), le mari jaloux de Flamenca est traité avec une acuité psychologique d'une grande modernité. Quant au jeune homme, il va suivre le parcours de l'amour courtois : il apprend l'existence de la Dame par sa seule réputation, en conçoit un grand amour et décide de tout mettre en œuvre pour parvenir jusqu'à elle. Tâche de longue haleine, car de multiples obstacles s'opposent à son projet : l'union charnelle et spirituelle des deux amants.

Recherches[modifier | modifier le code]

Dialecte employé[modifier | modifier le code]

Les dernières recherches tendent à démontrer que le dialecte utilisé est le rouergat (variante du languedocien) mais un important substrat auvergnat démontre que le texte était dédié à un lectorat de Basse-Auvergne[1]. Jean-Pierre Chambon s'appuie notamment sur une partie du vocabulaire du texte qu'il montre comme étranger au Rouergue et au contraire présent dans l'aire septentrional de l'auvergnat (evesque, cabessa, flar et le nom palatalisé de Flamenca, Flamencha, etc.). Certaines parties du texte sont également inspirées de strophes du troubadour clermontois Peire Rogier.

Datations[modifier | modifier le code]

Les premières datations avancées par Zufferey et Fasseur, reprises par René Nelli, étaient de la fin du XIIIe siècle[2]. Les recherches plus récentes menées par le linguiste Jean-Pierre Chambon (2018), spécialiste de l'ancien occitan, ou encore Colette Vialle ont permis de situer sa rédaction au cours de la première moitié du XIIIe siècle et plus précisément autour de 1223[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Chambon, « Sur la langue de Flamenc(h)a: quelques diatopismes septentrionaux», Maffei Boillat, Stefania / Corbellari, Alain (éd.): L’aventure du sens. Mélanges de philologie provençale en l’honneur de François Zufferey. Strasbourg: Éditions de linguistique et de philologie, 2016, p. 67-81.
  2. Encyclopedia universalis, édition 2009, article Flamenca ; René Nelli, Le Roman de Flamenca, un art d'aimer occitanien au XIIIe siècle, Toulouse, Institut d'études occitanes, 1966
  3. Jean-Pierre Chambon, « Sur la date de composition du roman de Flamenca », Estudis Romànics, Barcelone, Institut d'Estudis Catalans,‎ , p. 349-355 (ISSN 0211-8572, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Chambon (Université Paris-Sorbonne), « Sur la date de composition du Roman de Flamenca », Estudis Romànics, numéro 40, Institut d'Estudis Catalans, Barcelone, 2018, ISSN 0211-8572, p. 349-355, [lire en ligne (page consultée le 07 février 2021)]
  • Jean-Pierre Chambon (Université Paris-Sorbonne), « Sur la langue de Flamenc(h)a: quelques diatopismes septentrionaux», Maffei Boillat, Stefania / Corbellari, Alain (éd.): L’aventure du sens. Mélanges de philologie provençale en l’honneur de François Zufferey. Strasbourg: Éditions de linguistique et de philologie, 2016, p. 67-81.
  • Jean-Pierre Chambon (Université Paris-Sorbonne), Colette Vialle, « Pour le commentaire de Flamenca (III). Nouvelles propositions concernant le cadre chronologique », Revue des langues romanes, 114, 2010, Presses universitaires de la Méditerranée (Université Paul-Valéry de Montpellier), p. 155-177.
  • Dominique Luce-Dudemaine, Flamenca et les novas à triangle amoureux : contestation et renouveau de la fin'amor, Presses universitaires de la Méditerranée, Montpellier, 2007, 168 p. (ISBN 978-2-84269-800-3)
  • R. Lavaud et R. Nelli, Les Troubadours : Jaufré, Flamenca, Barlaam et Josaphat, Paris, Desclée de Brouwer, 1960
  • René Nelli, Le Roman de Flamenca, un art d'aimer occitanien au XIIIe siècle, Toulouse, Institut d'études occitanes, 1966
  • René Nelli, L'Érotique des troubadours, Toulouse, Privat, 1963
  • Paul Meyer, Le roman de FlamencaVoir aussi
  • Flamenca, édition François Zufferey et traduction Valérie Fasseur, Paris, Le Livre de Poche, « Lettres Gothiques », 2014 (Prix de La Grange 2016 de l'Académie)
  • René Descadeillas, « La Bibliothèque municipale de Carcassonne: », sur Bulletin de la société des bibliophiles de Guyenne, (consulté le 22 novembre 2020), p. 1-48, (description du manuscrit, pp. 11 et suiv.)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]