Flamenca

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Flamenca est un roman en occitan du XIIIe siècle, composé après 1287 à la cour des seigneurs de Roquefeuil[1] par un troubadour inconnu mais que l'on tend actuellement à assimiler à Daude de Pradas. La trame du roman a lieu à Bourbon et la pièce est rédigée dans le parler rouergat avec un substrat auvergnat dans le vocabulaire. Considéré comme le prototype du roman d'amour courtois, il n'existe que par un seul manuscrit, auquel manquent le début, une partie au milieu, et la fin. Ce manuscrit est conservé à la Bibliothèque municipale de Carcassonne.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action se déroule autour du triangle : le mari, la femme, l'amant. Le mari est Archambaut, seigneur de la ville de Bourbon-l'Archambault, son épouse Flamenca (« Flamboyante »), et l'amant, un jeune chevalier nommé Guillaume. L'action, du moins dans ce qui nous en est resté, commence par le mariage somptueux d'Archambaut et de Flamenca. Mariage de convention, qui avait pourtant tout pour réussir. Mais Archambaut est bientôt gagné par la jalousie, et va tout faire pour soustraire son épouse aux regards et aux convoitises. Personnage conventionnel, récurrent dans les romans et nouvelles qui en ont créé un genre (castia-gilos ou châtiment du jaloux), le mari jaloux de Flamenca est traité avec une acuité psychologique d'une grande modernité. Quant au jeune homme, il va suivre le parcours de l'amour courtois : il apprend l'existence de la Dame par sa seule réputation, en conçoit un grand amour, et décide de tout mettre en œuvre pour parvenir jusqu'à elle. Tâche de longue haleine, car de multiples obstacles s'opposent à son projet : l'union charnelle et spirituelle des deux amants.

Recherches[modifier | modifier le code]

Les dernières recherches tendent à démontrer que le dialecte utilisé est le rouergat mais un important substrat auvergnat démontre que le texte était dédié à un lectorat de Basse-Auvergne. Jean-Pierre Chambon s'appuie notamment sur une partie du vocabulaire du texte qu'il montre comme étranger au Rouergue et au contraire présent dans l'aire septentrional de l'auvergnat (evesque, cabessa, flar et le nom palatalisé de Flamenca, Flamencha, etc.)[2]. Certaines parties du texte sont également inspirées de strophes du troubadour clermontois Peire Rogier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopedia universalis, édition 2009, article Flamenca ; René Nelli, Le Roman de Flamenca, un art d'aimer occitanien au XIIIe siècle, Toulouse, Institut d'études occitanes, 1966
  2. Jean-Pierre Chambon, « Sur la date de composition du roman de Flamenca », Estudis Romànics, Barcelone, Institut d'Estudis Catalans,‎ , p. 349-355 (ISSN 0211-8572, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Luce-Dudemaine, Flamenca et les novas à triangle amoureux : contestation et renouveau de la fin'amor, Presses universitaires de la Méditerranée, Montpellier, 2007, 168 p. (ISBN 978-2-84269-800-3)
  • R. Lavaud et R. Nelli, Les Troubadours : Jaufré, Flamenca, Barlaam et Josaphat, Paris, Desclée de Brouwer, 1960
  • René Nelli, Le Roman de Flamenca, un art d'aimer occitanien au XIIIe siècle, Toulouse, Institut d'études occitanes, 1966
  • René Nelli, L'Érotique des troubadours, Toulouse, Privat, 1963
  • Paul Meyer, Le roman de FlamencaVoir aussi
  • Flamenca, édition François Zufferey et traduction Valérie Fasseur, Paris, Le Livre de Poche, « Lettres Gothiques », 2014 (Prix de La Grange 2016 de l'Académie) http://www.livredepoche.com/flamenca-anonymes-9782253082569

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]