Gustave Fagniez

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Gustave Fagniez
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Gustave Fagniez est un historien français, membre de l'Institut, né à Paris le 6 octobre 1842 et mort à Meudon le 18 juin 1927.

Ses travaux portent sur l’économie et la société française au XVIIe siècle (notamment Louis XIII et Richelieu).

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille légitimiste d’Arras, fils d’un avoué près le Tribunal civil de la Seine, Gustave Fagniez entra à l'École des chartes en 1864. Élève « pensionnaire », il en sortit troisième en 1867, avec une thèse sur L'Organisation du travail industriel à Paris aux XIIIe et XIVe siècles. Il compléta ensuite sa formation à l'École pratique des Hautes Études, où il suivit l’enseignement de Gabriel Monod. Comme de nombreux chartistes de son époque, une fortune importante lui permit de se consacrer à la recherche historique.

Nommé en 1869 archiviste aux Archives de l’Empire, sa carrière d’historien commença par la publication remaniée de sa thèse, sous le titre Études sur l’industrie et la classe industrielle à Paris aux XIIIe et XIVe siècles, qui fut accueillie avec une ferveur marquée et honorée par une première médaille au concours des Antiquités de la France : Gustave Fagniez se révélait ainsi, dès le début, comme un maître dans un ordre d’études alors assez peu représenté en France.

Fagniez fonda en 1876 avec le protestant Gabriel Monod la Revue historique. C'est dans la Revue historique, sous forme d'articles, que furent publiées les premières esquisses de son œuvre essentielle, le Père Joseph et Richelieu, dont les deux volumes obtinrent le premier prix Gobert de l'Académie française en 1895. Gustave Fagniez en démissionna en 1881, pour protester des attaques de la Revue contre l'Église. Royaliste[1], il était membre de l’Institut d’Action française. Il fut tête de liste à la députation en 1924, pour le département de Seine-et-Oise, sur une liste d'Union nationale.

Membre de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France et de la Société d'histoire ecclésiastique de la France, dont il fut vice-président, il fut élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques en 1901 au fauteuil du duc de Broglie. C’est à partir de cette époque qu’il orienta ses recherches dans le domaine des idées morales et religieuses au début du XVIIe siècle, à une époque où l’ordre et la discipline se rétablissaient en France sous l’égide de la Royauté et de l’Église. Il publia d’abord l’Économie sociale de la France sous Henri IV. Quelques années avant sa mort, il rassembla et compléta plusieurs études parues dans la Revue des Deux-mondes dans un ouvrage paru en 1929, La Femme et la société française dans la première moitié du XVIIe siècle.

Il fut appelé à présider l'Académie des Sciences morales et politiques en 1913, tandis qu'Henri Bergson en était vice-président. Son éloge y fut prononcé en 1928 par son successeur, l'historien Frantz Funck-Brentano[2], qui était aussi son disciple, et qui avait préfacé l'édition posthume de son dernier livre.

« Au fond, il avait moins changé que la face même de la France ; de tout temps, il redouta les progrès de la démocratie autoritaire, anarchique ou athée, et, en particulier, l’ingérence abusive de l’État dans la choix des fonctionnaires […] Il protesta à sa manière contre la sécularisation des biens du clergé régulier, devint membre et fut élu vice-président de la Société d’histoire ecclésiastique de la France. Son pessimisme, volontiers agressif en paroles, n’a d’ailleurs fait aucun tort à ses livres. Il était trop honnête homme pour mettre sa vaste érudition au service d’une cause politique ou religieuse quelconque » (Notice de Charles Bémont dans les chroniques de l’Institut à l’occasion du décès de Gustave Fagniez).

" Sa droiture un peu ombrageuse, ses convictions de savant et de chrétien, la nouveauté et la profondeur de ses recherches et la ferme élégance de sa phrase faisaient de M. Fagniez un homme de caractère, d'initiative et de valeur. " (Notice nécrologique de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, 1928)

Il avait hérité du château de la Bonde, dans le Luberon, où il résida souvent à la fin de sa vie. Plusieurs de ses œuvres ont été publiées après sa mort par son épouse Pauline Lejeune (1851-1936). Il eut deux fils Gabriel Fagniez (1870-1927) et Charles Fagniez (1874-1952), qui fut président de la Société entomologique de France en 1936, et une fille, Alice Fagniez (1870-1894), décédée de la tuberculose. Il fit alors don de sa propriété d’Hyères, la villa Réal Baille, à l’association de Villepinte qui y ouvrit dès 1896 le sanatorium Alice Fagniez.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris, au XIIIe et au XIVe siècle (1877). Réédition : Slatkine, Genève, 1975. disponible sur Gallica
  • Journal parisien de Jean Maupoint, prieur de Sainte-Catherine-de-la-Couture, 1437-1469 (1878) disponible sur Gallica
  • L'Industrie en France sous Henri IV (1589-1610) (1883) disponible sur Gallica
  • Livre de raison de Me Nicolas Versoris, avocat au Parlement de Paris, 1519-1530 (1885) disponible sur Internet Archive
  • Fragment d'un répertoire de jurisprudence parisienne au XVe siècle (1891) disponible sur Gallica
  • Le Père Joseph et Richelieu (3 volumes, 1895) disponible sur Gallica
  • Richelieu et l'Allemagne (1624-1630), in: Revue historique 45 (1891), 1-40. disponible sur Gallica
  • L'Économie rurale de la France sous Henri IV (1589-1610) (1894). disponible sur Gallica Réédition : Slatkine, Genève, 1975.
  • Documents relatifs à l'histoire de l'industrie et du commerce en France (2 volumes, 1898-1900) disponible sur Gallica
  • L'Opinion publique et la presse politique sous Louis XIII, 1624-1626 (1900)
  • Le Duc de Broglie, 1821-1901 (1902) disponible sur Gallica
  • Corporations et syndicats (1905), Paris, Lecoffre
  • La Politique de Vergennes et la Diplomatie de Breteuil 1774-1787 Revue historique (1922) disponible sur Gallica
  • La Femme et la société française dans la première moitié du XVIIe siècle Revue des Deux Mondes L'enfance et l'éducation (1909), Le mariage (1911), La vie professionnelle (1911), La femme dans la famille II (1912), La femme dans la famille II (1912)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Dimier, Vingt ans d'Action française et autres souvenirs, Paris, Nouvelle librairie nationale, (lire en ligne), pp. 80-81
  2. Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, Paris, , pp. 5-32

Notes[modifier | modifier le code]