Étang de la Bonde

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Étang de la Bonde
Image illustrative de l’article Étang de la Bonde
L'étang de la Bonde et le château entre Cabrières-d'Aigues et La Motte-d'Aigues
Administration
Pays Drapeau de la France France
Département Vaucluse
Région PACA
Géographie
Coordonnées 43° 45′ 42″ N, 5° 30′ 24″ E
Type Artificiel
Superficie 30 ha
Altitude 320 m
Hydrographie
Émissaire(s) l'Èze
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Étang de la Bonde
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Étang de la Bonde

L'étang de la Bonde est situé entre Cabrières-d'Aigues et La Motte-d'Aigues dans le département de Vaucluse. L'étang de la Bonde qui est le plus grand plan d'eau du massif du Luberon est géré par la société du canal de Provence. L'eau n'est pas potable et sert pour l'irrigation.

Situation[modifier | modifier le code]

L'étang de la Bonde se situe sur le contrefort sud du massif du Luberon, à une altitude de 320 m, au pied du Mourre Nègre (1 125 m), dans le pays d'Aigues qui regarde vers Aix-en-Provence (à 35 km). Une petite falaise de molasse couverte de chênes verts et de pins d'Alep surplombe l'étang d'une cinquantaine de mètres. L'étang, bordé de roselières, d'une superficie de 30 ha et d'une profondeur de deux à cinq mètres, est partagé entre les communes de Cabrières-d'Aigues, La Motte-d'Aigues et Sannes, et est reconnu pour sa richesse entomologique.

L'étang se situe sur le domaine privé du château de la Bonde. Il est alimenté par la résurgence karstique du Mirail qui apparaît au pied du Luberon et abreuve de nombreux petits cours d'eau affluents directs en rive droite de la Durance comme l'Èze. Néanmoins, afin de conserver une cote dans le plan d'eau, la société du canal de Provence est autorisée à transférer des eaux par pompage en provenance de la Durance par l'intermédiaire de deux prises d'eau l'une située sur le canal mixte du Sud Luberon (prise de Castellane) et l'autre sur le canal EDF de la Durance (prise de la Roque)[1]. La source du Mirail, sur la commune de La Motte-d'Aigues, et la source des Hermitants, sur celle de Peypin-d'Aigues, ainsi que les canaux et aqueducs conduisant leurs eaux à l'étang, sont des dépendances du domaine privé du château de la Bonde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Issue du domaine des comtes de Forcalquier, la baronnie de La Tour-d'Aigues est passée au Moyen Âge des Sabran à la puissante famille provençale des d'Agoult. Le seigneur Fouquet d'Agoult, baron de Sault, chambellan de René d'Anjou, décide de créer une réserve d'eau pour son château de La Tour-d'Aigues et fait construire un aqueduc au XVe siècle. Une grande bastide est alors construite sur le bord de l'étang, à l'emplacement actuel du château de la Bonde. L'étang ainsi constitué fut le point d'alimentation d'un réseau d'irrigation pour toute la vallée d'Aigues, contribuant à l'expansion de l'agriculture.

Passé par mariage aux Bouliers-Cental, qui font reconstruire le château de La Tour-d'Aigues en style Renaissance, le domaine revient finalement au maréchal François de Créquy, gendre de François de Bonne de Lesdiguières. La baronnie est achetée au XVIIIe siècle par les Bruny de La Tour. L'un des fleurons du domaine du président Jean-Baptiste Jérome Bruny de La Tour d'Aigues, grand agronome du siècle des Lumières, est l'étang de la Bonde, célèbre comme lieu d'élevage de carpes chambrées[2]. Dans la première moitié du XIXe siècle, le domaine de la Bonde est encore propriété de sa fille, la marquise de Caumont (1767-1850), ainsi que la plupart des bois du Lubéron.

Vaste bâtisse jouxtant l'étang, le château de la Bonde est lié à un domaine viticole établi à la fin du XIXe siècle, comprenant l'étang (30 ha), une colline au nord l'abritant du mistral et plusieurs fermes sur la commune de La Motte-d'Aigues (La Petite Bonde, la Félicianne, le Moulin-Neuf, la Cadenière et le Claux). Le château, entouré de vastes communs agricoles (dont l'ancienne cave viticole et le château d'eau), précédé d'une double rangée de platanes, est bâti en L : la maison de maître face à l'étang, et une aile en retour abritant la chapelle et flanquée de la tour de l'horloge. Le domaine a appartenu à l'écrivain Gustave Fagniez (1842-1927) puis à son fils l'entomologiste Charles Fagniez (1874-1952), qui a mené de nombreuses explorations sur la faune entomologique du massif du Luberon.

Équipements[modifier | modifier le code]

Le plan d'eau est ouvert à la baignade toute l'année et est surveillé à partir du 1er juillet jusqu'au par un maître nageur certifié sur la plage principale côté ouest de l'étang face au camping. Grâce à un zodiac, la totalité du plan d'eau est surveillé et sécurisé. L'usage de canoë ou de petite embarcation n'est autorisé que sur la partie longeant la plage du camping. Il faut noter que selon l'intensité des précipitations et le débit de l'Éze durant la période hivernale, l'étang voit son niveau varier de saison en saison. Il n'est pas rare que les plages soient noyées sous les eaux (2010, 2013) ou au contraire que le niveau d'eau soit très bas pendant tout l'été. L'entrée du parking de cette plage est payant durant la période estivale mais on peut se garer librement vers la digue sud sur le parking du restaurant du lac. Un autre accès est possible à l'est du lac après le château. Un snack extérieur et une buvette, à côté du camping, sont ouverts en haute saison. Quatre courts de tennis sont à disposition toute l'année.

Activités[modifier | modifier le code]

Bien que situé intégralement sur un domaine privé, le lac est un lieu important du tourisme du Luberon, les propriétaires ayant toujours laissé libre l'accès à ses rives, hormis du côté oriental où se trouve le château. Dès 1967, un camping est ouvert sur la rive ouest. Depuis quelques années, la communauté de communes Cotelub souhaite maîtriser le développement touristique du site et a entrepris des travaux d'aménagement en rachetant des parcelles (création d'un parking public près du restaurant).

Tranquille hors saison et propice aux balades à travers les pins d'Alep qui bordent l'étang, ce lieu est très fréquenté dès que les beaux jours arrivent. Hormis la baignade, on peut y pratiquer le canoë, la pêche, le pédalo et tous les jeux de plage habituels. La pratique de la planche à voile est possible mais il faut savoir que le plan d'eau est abrité du vent dominant (Mistral NO) par une colline au nord du plan d'eau (absence de location).

Traditionnellement, les riverains viennent y pique-niquer le week-end en famille à l'ombre des arbres bordant la plage ouest. D'importants travaux d'abattage et d'élagage le long des rives jouxtant le camping ont été entrepris et redonnent à cette plage des zones ensoleillées jusqu'au soir.

La pratique du naturisme est autorisée sur la rive est. Ce lieu assez couru au début des années 2000 a vu sa fréquentation disparaître à cause de plusieurs aménagements le long de la rive de l'étang, mais a tendance à retrouver une population de naturistes locaux et provenant du camping voisin depuis 2010.

Vente du domaine de la Bonde[modifier | modifier le code]

Depuis le début de l'année 2014, la totalité du domaine a été mise en vente pour un montant de 7,5 millions d'euros. La jouissance de l'étang par les résidents du camping et le public, qui était tolérée jusqu'à présent, pourrait être interdite du jour au lendemain. Ce plan d'eau, le seul du sud Luberon, attire un nombre de baigneurs très important durant la saison estivale. Dans un premier temps, les élus locaux et le propriétaire avaient fait part de leur intention de trouver un compromis pour établir un partenariat privé-public dans le but de préserver l'attrait touristique du site. Les élus ont donc engagé une procédure de déclaration d'utilité publique[3]. Le propriétaire a cessé toute discussion à la suite de cet acte.

Une pétition s'intitulant "Pour la préservation de l’accès public à l'étang de la Bonde" est actuellement en ligne et a été lancée par l'association "Cabrières patrimoine environnement"[4].

En 2022, le propriétaire du château a rendu public un important projet de valorisation du site, en partenariat avec un promoteur, pour développer des résidences touristiques et un hôtel-restaurant dans les bâtiments du château, laissés à l'abandon depuis plus de dix ans. Le domaine agricole ferait l'objet d'une reconversion vers le bio-tourisme, en lien avec le restaurant. Ce projet suscite les inquiétudes des riverains et une association pour la défense du site a été créée, tandis que les élus cherchent à être associés au projet pour en maîtriser le développement.

Autres vues[modifier | modifier le code]

Vues depuis la falaise au nord de l'étang :

Vue panoramique à partir des photos précédentes

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Truc, L'eau en Vaucluse. Origine, fonctionnement, potentiel et qualité des réservoirs aquifères, Éd. Conseil Général de Vaucluse, Avignon, 1991

Notes et références[modifier | modifier le code]