Georges Dorignac

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Georges Dorignac (1879-1925) est un peintre français, né à Bordeaux et mort à Paris, il est actif à La Ruche en 1910.

Biographie[modifier | modifier le code]

Léon-Georges Dorignac naît à Bordeaux le 8 novembre 1879. Il intègre, à 13 ans, l'école municipale des Beaux-Arts de Bordeaux, où ses travaux lui valent de nombreux prix, et plusieurs mentions notamment en dessin et en cours d'anatomie. En janvier 1898 il arrive à Paris et passe le concours d'entrée à l'École nationale des Beaux-Arts. Admis, il entre dans l'atelier du peintre Léon Bonnat. Au bout de quelques mois, lassé par cet enseignement académique, il décide de commencer sa carrière de peintre indépendant. En 1901, domicilié à Bayonne, rue Argentières, il s'associe aux peintres espagnols qui ambitionnent de conquérir Paris et signe ses œuvres "Jorge Dorignac". Il expose à Paris au Salon des Indépendants, au sein de ce groupe jusqu'en 1904. Il montre des vues de San Sébastien, de la côte basque, des dessins d'expression, des scènes de corrida et des portraits dont celui da sa compagne Céline avec laquelle il aura trois filles. À partir de 1906, il s'installe durablement dans la région parisienne, Sèvres, Verneuil-sur-Seine et en 1910 on le retrouve à Paris, dans le phalanstère d'artiste créé en 1902 par le sculpteur Alfred Boucher.

Après avoir peint plusieurs scènes de la vie familiale entre 1906 et 1909, dont la technique est très savante et la science des couleurs tout aussi remarquable, il décide, peu de temps après son arrivée à la Ruche de changer totalement d'orientation. C'est la période des fonds de nuit où il réalise sur la feuille blanche à peu près de même format des portraits, des nus, des travailleurs, qu'il expose dans les Salons de la capitale et chez Durand-Ruel. Cette production s'étale de 1912 à 1914.

L'État fait l'acquisition de plusieurs dessins, dont certains sont conservés au Musée national d'art moderne et au musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

Appelé au front durant la Première Guerre mondiale, il est réformé pour raisons de santé. Il entreprend, dès 1914, plusieurs projets de décoration, vitrail, tapisserie, céramique et mosaïque, qui furent aussitôt remarqués par la critique dont André Salmon. Plusieurs cartons peints sur toile ont été acquis par l'État, grâce à l'œil avisé d'Armand Dayot, Inspecteur général des Beaux-Arts. Le voici donc à l'abri du besoin et il peut poursuivre ses travaux en toute quiétude. Sociétaire du Salon d'Automne, il produit la couverture du livret. Il voyage. En 1920, on le retrouve au Pays basque avec ses gendres Epstein et Hébuterne, puis en Corse où il peint des gouaches et des aquarelles aux tonalités amorties.

À cette même époque il peint des portraits et des nus aux tonalités nacrées, des parmes, des roses et des tons ocrés, dont un est conservé au musée des Beaux-Arts de Bordeaux. Au mois de janvier 1924, il expose à la galerie Marcel Bernheim. Après son décès, une exposition rétrospective organisée par la galerie Marcel Bernheim lui est consacrée. Sur le carton d'invitation Marcel Bernheim écrivait "Mais l'œuvre de Georges Dorignac demeure et de jour en jour elle se classe conquérant la place définitive qui lui est assignée dans l'histoire de l'art contemporain". Il meurt à Paris, le 21 décembre 1925, des suites d'une opération, et aujourd'hui il repose aux côtés de sa femme, Céline, au cimetière d'Epernon.

Dorignac dessinateur[modifier | modifier le code]

Contrairement à ce qu'avait écrit Marcel Bernheim en 1928, la gloire de Georges Dorignac ne fut qu'éphémère et peu à peu finit par s'estomper. En 1994 sont exposés à Bordeaux, à la Galerie l'Horizon Chimérique, trois dessins, deux noirs et un à la sanguine. les collectionneurs se sont aussitôt intéressés à ce dessinateur dont le nom leur était inconnu. Après une succincte présentation parue la même année dans le Festin, un travail de recherche a été demandé. Cette réhabilitation a permis dès l'année 2000, de présenter l'œuvre de la période 1912-1914, à l'époque la mieux documentée, en Italie à la Fondation Giorgio Cini. Dans cette exposition intitulée Modigliani et i suoi, la presse italienne fera l'éloge de ce dessinateur inconnu qu'elle compare à Käthe Kollwitz[1]. Dorignac fut l'objet de plusieurs expositions en Espagne : Barcelone, La Principauté d'Andorre, Séville, Girona, Murcia, Cordoue, Ségovie, entre les années 2002 et 2004, sous les titres : Modigliani i l'Escula de Paris et .Modigliani al cor de Paris. La presse s'étonnera qu'un tel artiste soit aussi peu connu[2].

Dorignac peintre[modifier | modifier le code]

Georges Dorignac commence sa carrière de peintre indépendant en 1901. À cette époque il s'associe aux peintres espagnols de Bilbao qui ambitionnent de conquérir Paris. Il présente dans les divers salons de la capitale des vues de San Sébastien, des paysages de l'Adour et du Pays basque, des dessins au fusain et à la pierre noire qui représentent des portraits; des nus d'après les maitres et des scènes de corrida et qu'il signe jorge dorignac. Dans un article de Roger Marx paru en 2003 il écrit que les toiles de Nonell Monturiol, Ricardo Florès, Dorignac, Torent, Regoyos, Garcia, Lozano, s'accordent à confirmer la connaissance de la peinture espagnole[3]. Père de famille, il commence en 1906 les scènes de la vie familiale dans une technique héritée de Regoyos. Entre 1908 et 1911, Dorignac s'engage dans la technique de la division des tons purs hérités de Seurat et de Signac. Il produit des aquarelles des bords de Seine, dont deux sont conservées au Centre Pompidou et une autre au musée des beaux-arts de Bordeaux, Le port fluvial.

De 1912 à 1914, au salon des indépendants, il présente des figures exécutées au fusain, à l'encre noire ou à la sanguine sur des feuilles blanches qui lui valurent des acquisitions de l'État. En 1914 il se dirige vers les arts décoratifs. Il dessine et peint au format d'exécution des projets de vitraux, de céramiques et de tapisserie. Les acquisitions de l'État, vont lui permettre une certaine aisance matérielle qu'il mettra à profit pour voyager et se diriger dans une autre direction. En 1920, on le retrouve au Pays basque avec ses gendres Epstein et Hébuterne d'où il rapporte des paysages très minimalistes. En 1922 il exécute l'affiche du salon d'Automne et en 1923 il part en Corse. Il peint à la gouache des paysages des bords de mer. À la même époque il exécute les portraits de ses filles, Geneviève et Yvette. De ce retour à la couleur, un seul nu dans des tonalités amorties, conservé au musée des beaux-arts de Bordeaux, a été retrouvé.

Sa famille[modifier | modifier le code]

Le berceau familial de Georges Dorignac est Bagnères de Bigorre. Le père du futur artiste, Jean-Marie, ne voulant pas suivre la tradition familiale d'artisans où de père en fils l'on était tisserand, marbrier ou cultivateur, s'installe à bordeaux où il intègre vers 1871, la Compagnie des Chemins de Fer du Midi et du Canal Latéral à la Garonne. Très attaché à la famille Jean-Marie n'aura de cesse de revenir avec ses enfants dans la cité de ses ancêtres. C'est peut-être pour cela que notre peintre aura ce goût marqué pour les légendes que l'on racontait le soir au coin de l'âtre. Il en va de même du goût qu'il manifestera pour le thème du travailleur qu'il a observé et qui sait arracher à la terre sa subsistance, ainsi que pour les paysages qu'il voyait défiler entre Bordeaux et Bagnères de Bigorre, contrée à laquelle il restera attaché toute sa vie.

Jean-Marie Dorignac épouse en 1882 Anna Amadiou avec laquelle il aura quatre enfants, dont Léon-Georges le cadet. C'est donc à l'école publique de la rue Françin que l'instituteur découvre les talents précoces de Léon-Georges.

Avec sa compagne, Céline, veuve et mère d'une petite fille, Suzanne, âgée de cinq ans, qu'il élèvera comme sa propre fille, de cette union naitront trois filles. Toutes les quatre épouseront des artistes : Suzanne devient la femme du peintre Haïm Epstein, résident de la Ruche, Georgette se marie avec le paysagiste André Hébuterne, tandis que Geneviève et Yvette épousent respectivement les sculpteurs Louis Dideron et Marcel Damboise.

Salons[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • G.-N. du Houssoy, Les Dessins de Dorignac, "Art et Décoration", t. XXXV, 1914, 1er semestre, p. 65-74.
  • Jean-Gabriel Lemoine, « Georges Dorignac, peintre et décorateur », L’Art et les Artistes, octobre 1920.
  • Jean-Gabriel Lemoine, Au musée de peinture de Bordeaux, Delmas; 1941.
  • Bénézit, 1999, T.4
  • Le Festin, Georges Dorignac, article de Jacques Sargos, p. 6 et 7, Bordeaux, 1994.
  • Catherine Dumas, Georges Dorignac (1879-1925), sa vie, son œuvre, mémoire de recherche sous la direction de Dominique Jarrassé, 1998-1999.
  • Christian Parisot, Fondazione Giorgio Cini, Modigliani e i suoi : Jeanne Hébuterne, André Hébuterne, Georges Dorignac, Amedeo Modigliani, Canale Arte. Ed., 2000.
  • Sous la direction de Jacques Piette, Centenaire du musée de Nogent-sur-Seine et de La Ruche de Paris, Paton, 2002.
  • Dominique Paulvé, La Ruche un siècle d'art à Paris, Gründ, 2002.
  • Ouvrage collectif, Modigliani y la Escuela de Paris, exposition Barcelone, Murcia 2002.
  • Musée des Beaux-Arts de Reims, Chefs-d'œuvre de la donation d'arts graphiques d'Henry Vasnier, Somogy, 2002.
  • Musée du Montparnasse, La Ruche cité d'artistes au regard tendre, Paris 2002.
  • Ouvrage collectif, Modigliani en el corazon de Paris Itinéraires d'artistes, exposition Séville, Cordoue 2003.
  • Dominique Lobstein, Dictionnaire des Indépendants 1884-1914, tome premier, Dijon, 2003.
  • Thierry Mercier, Femmes dessinées peintes et sculptées, catalogue d'exposition, Paris, 2004.
  • Talabardon et Gautier, Le XIXe siècle, catalogue d'exposition, Paris, 2007.
  • Mathieu Néouze, Tableaux, dessins & sculptures 1870-1920, catalogue d'exposition, Paris, 2013.
  • Galerie Malaquais, Georges Dorignac, dessins rouges et noirs, Paris, 2016.
  • Marie-Claire Mansencal, Georges Dorignac le maître des figures noires, éditions le Passage, Paris, 2016.
  • Dir. Bruno Gaudichon et Sophie Barthélémy, Georges Dorignac : le trait sculpté[5] [exposition. Roubaix, La piscine; Bordeaux, Musée des beaux-arts. 2017], Snoeck, 2017

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (it) La Républica, « Modigliani et i suoi », Journal,‎
  2. (es) Antonio Rodriguez, « La esposicion de la semana. Modigliani en la Ciudad de Cordoba. », Diaro Cordoba,‎
  3. Roger Marx, « Salon des artistes indépendants », La chronique des arts et de la curiosité,‎ 28 mars 1903 n° 13
  4. a, b, c et d Georges Dorignac : le trait sculpté, Gand, Snoeck, , 247 p. (ISBN 97894-6161-325-7), p. Liste des expositions p.209-214
  5. « Georges Dorignac (1879-1925) : le trait sculpté », sur http://www.musba-bordeaux.fr (consulté le 26 juillet 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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