Käthe Kollwitz

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Käthe Kollwitz
DBP 1954 200 Kollwitz.jpg
Käthe Kollwitz
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
MoritzburgVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Maître
Représentée par
Artists Rights Society (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Fratrie
Conrad Schmidt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Karl Kollwitz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Maria Matray (en) (nièce)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Pour le Mérite pour les sciences et arts (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Käthe Kollwitz (prononciation : /kɛː.tə kɔl.vɪt͡s/), née Schmidt, le à Königsberg et morte le (à 77 ans) à Moritzburg, était une artiste sculptrice, graveuse, dessinatrice allemande, dont l’œuvre figure parmi les plus représentatives du XXe siècle[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Née Käthe Schmidt, fille de Karl et Katharina Schmidt, elle passe son enfance et son adolescence à Königsberg en Prusse orientale. Dès l'âge de 13 ans (1880), elle confectionne sa première gravure sur cuivre et l'année suivante, en 1881, elle commence à suivre des cours avec le graveur sur cuivre Rudolf Mauer ainsi qu'avec le peintre Gustave Naujok.

En 1885, elle quitte Königsberg pour Berlin. Elle fréquente l'école de dessin et de peinture de Berlin[2] et fait la connaissance de Gerhart Hauptmann et Arno Holz. En 1886, elle revient à Königsberg et suit alors les cours d'Emil Neide, à l'académie des arts, puis elle séjourne à Munich où elle parachève sa formation auprès du professeur Ludwig von Herterich jusqu'en 1890.

Herr Doktor et Frau Kollwitz[modifier | modifier le code]

De retour à Königsberg, elle épouse en 1891 un médecin, le docteur Karl Kollwitz. Le couple emménage à Berlin dans une maison située à l'angle de la Weißenburger Strasse[3], dans un quartier ouvrier de Berlin. En 1892 naît leur premier fils, Hans. En 1896, Käthe Kollwitz donne le jour à un second garçon, Peter.

De 1898 à 1903, elle enseigne à l'école artistique pour femmes de Berlin et, en 1910, elle commence à exercer dans le domaine de la sculpture en s'inspirant du célèbre sculpteur Ernst Barlach. Elle se lie d'amitié avec le peintre berlinois Otto Nagel.

En 1904, alors qu'elle est en visite à Paris, Käthe Kollwitz rencontre quelques élèves qui se sont établies dans la capitale française. Comme l'une d'elles vit dans une grande précarité, elle lui propose de prendre à sa charge l'éducation de son fils âgé de 11 ans, Georg Gretor. Elle ramène l'enfant avec elle en Allemagne et l'élèvera comme un troisième fils[4].

D'une guerre à l'autre[modifier | modifier le code]

En 1914, son fils Peter, 18 ans, meurt au champ d'honneur en Flandre. Cette tragédie amène Kollwitz à se tourner vers le pacifisme et le socialisme.

Elle dédie une sculpture sur bois à Karl Liebknecht (1871-1919), cofondateur assassiné du Parti communiste allemand (KPD), ancien membre du Parti social-démocrate (SPD).

Käthe Kollwitz pense que l'art a pour tâche de représenter les conditions sociales des prolétaires. Elle participe à la tentative de construction d'une unité des travailleurs luttant contre le national-socialisme et est co-signataire d'un appel en juin 1932 pour l'unité d'action entre le KPD et le SPD[5].

Avec l'arrivée au pouvoir des nazis en 1933, elle est contrainte de démissionner de son poste à l'Académie prussienne des arts, et de sa fonction de directrice de la classe de graphisme. On lui retire également sa décoration Pour le Mérite de la section Arts et Lettres. Il lui est interdit d'exposer son travail, bien qu'une partie de ses toiles ait été utilisée par les nazis à des fins de propagande.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Käthe Kollwitz vit pendant quelque temps au château de Bischofstein (de) dans la région de Lengenfeld unterm Stein (de). En 1940 son mari, aveugle depuis plusieurs années, meurt à l'âge de 77 ans et, en 1942, son petit-fils Peter tombe devant Stalingrad. Berlin subissant les bombardements de l'aviation alliée, elle part s'installer à Nordhausen en 1943. En novembre 1943, son appartement, situé dans la Weißenburger Straße, est bombardé et détruit par l'aviation alliée. L'appartement de son fils Hans subit le même sort quelques jours plus tard.

En juillet 1944, elle part pour Moritzburg (Rudenhof), près de Dresde. Elle y meurt en avril 1945, quelques jours seulement avant la fin de la guerre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'ensemble de ses œuvres regroupe des estampes[6], des sculptures en bois et plastique, traitant de problèmes de société :

  • 1893 : cycle sur « Le soulèvement des tisserands » (Der Weberaufstand).
  • 1908 : cycle sur « La guerre des paysans » (Bauernkrieg).
  • 1919 : sculpture sur bois à la mémoire de Karl Liebknecht (assassiné avec Rosa Luxemburg lors de la répression de l'insurrection de Berlin).
Parents en deuil, sculpture pour leur fils Peter au Cimetière militaire allemand de Vladslo
  • Après la Première Guerre mondiale, elle réalise un cycle sur « La guerre, la prolétariat, la mort et la famine ». Au cimetière militaire allemand de Vladslo deux statues la représentent avec son mari en train de pleurer sur la tombe de leur fils, tombé non loin de là en 1914. Avec le temps ces sculptures sont devenues le symbole de tous les parents dont un fils a été tué à la guerre.
  • Des affiches socialistes, par exemple Nie wieder Krieg (« Plus jamais de guerre »), créée pour la journée de la jeunesse allemande à Leipzig.
  • 1940 : dessins sur les mêmes thèmes, par exemple, en 1943, « Da stehe ich und grabe mir mein eigenes Grab » (« je reste ici et je creuse ma propre tombe »).

Kollwitz était membre de l'organisation artistique de Berlin, elle travaillait aussi pour l'association internationale d'aide aux travailleurs (IAH : Internationale Arbeiter Hilfe (de)) et elle fut la première femme à faire partie, en 1919, de l'Académie des arts prussienne. Elle n'appartenait à aucun parti mais apparaissait et se considérait elle-même comme une socialiste.

Plusieurs de ses sculptures se trouvent dans l'espace public, comme celle de Kollwitz Platz, à Berlin ou celle du Cimetière militaire allemand de Vladslo (en Belgique) mais la plus connue reste La Mère et son fils mort placée dans la Neue Wache, à Berlin.

Musées et hommages[modifier | modifier le code]

Timbre de la Deutsche Bundespost émis en 1954.

La plupart des œuvres de Käthe Kollwitz sont exposées dans trois musées qui portent son nom, à Moritzburg, à Berlin et à Cologne. Le musée de Cologne, construit en 1985, fut le premier à rendre hommage à l'artiste, il possède la plus grande collection de ses travaux. La Maison de Käthe Kollwitz à Moritzburg (près de Dresde) est aussi ouverte au public, et recèle deux cents des œuvres de cette artiste engagée. La commune de Koekelare en Belgique possède un Musée Käthe Kollwitz. Après sa mort, pour lui rendre hommage, le prix Käthe-Kollwitz fut créé.

Plusieurs années après sa mort, beaucoup d'écoles, de librairies et de rues sont baptisées à son nom, à sa mémoire.

Pour célébrer le cinquantième anniversaire de sa mort, en 1995, ses œuvres furent présentées dans 48 musées et expositions privées.

Le musée Georges de la Tour de Vic-sur-Seille (Moselle) lui a consacré une exposition intitulée la vérité des sens, en 2012[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Melot, « Kollwitz Käthe Schmidt (1867-1945) » dans Encyclopædia Universalis.
  2. (de) « 1867-1893 Etablierung », sur vdbk1867.de (consulté le 9 février 2018).
  3. Aujourd'hui appelée « Kollwitzstraße ».
  4. Kerstin Hausbei, Alain Lattard, « Identité(s) multiple(s) », sur books.google.fr, Presses De La Sorbonne Nouvelle, (consulté le 9 février 2018), p. 98.
  5. Appel reproduit en p. 2 de l'édition n°147 du 25 juin 1932 du journal Der Funke (pdf)
  6. « Käthe Kollwitz, l'œuvre miroir d'une époque », Le guide de l'estampe,‎ (lire en ligne)
  7. Isabelle Godard, « Exposition de Käthe Kollwitz, artiste féministe dans l'Allemagne nazie », sur culturebox.francetvinfo.fr,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Gudrun Fritsch, Camille Maisse, Laurent Thurnherr, Käthe Kollwitz. La vérité des sens, Conseil Général de la Moselle, Musée départemental Georges de La Tour, IAC éditions, 2012, 120 p.
  • (de) Uwe M. Schneede, Käthe Kollwitz : Die Zeichnerin, Das Kunstverein, 1980, 188 p.
  • (en) Martha Kearns, Käthe Kollwitz: Woman and Artist, Feminist Press, 1976, 237 p. (ISBN 9780912670157)
  • (en) Hans Kollwitz, The Diary and Letters of Kaethe Kollwitz (trad. Clara Winston), Northwestern University Press, 1989, 272 p. (ISBN 9780810107618)
  • (fr) Käthe Kollwitz : art graphique, dessins, sculptures, Goethe-Institut, 1967, 52 p.
  • (fr) Käthe Kollwitz : gravures, dessins, sculptures, Institut für Auslandsbeziehungen, Cantz, 1980
  • (fr) Johannes Sievers, Les eaux-fortes et les lithographies de Käthe Kollwitz (1890 à 1912), Loys Delteil, 1913, 141 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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