Genséric

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Genséric
Monnaie à l'effigie de Genséric.
Monnaie à l'effigie de Genséric.
Titre
Roi des Vandales et des Alains
Prédécesseur Gondéric
Successeur Hunéric
Biographie
Titre complet Roi des Vandales et des Alains
Dynastie Hasdings
Date de naissance
Lieu de naissance Lac Balaton (actuelle Hongrie)
Date de décès
Lieu de décès Carthage (actuelle Tunisie)
Père Godégisel
Mère Habbra
Religion Arianisme
Résidence Carthage

Genseric (c. 400 - ), aussi connu sous le nom de Gaiseric ou Geiseric (latinGaisericus; vandale*Gaisarīks), était un roi des Vandales et des Alains (428-477), qui a fondé le royaume vandale, et l'un des principaux acteurs de la chute de l'Empire romain d'Occident, au Ve siècle. Au cours de ses presque 50 années de règne, il a élevé une tribu germanique relativement insignifiante, au rang de puissance méditerranéenne majeure. Après sa mort, son royaume est entré dans une rapide période de déclin, et d'éventuel effondrement.

Succédant à son frère, Gondéric, à l'époque où les Vandales s'installèrent à Baetica, dans l'Hispanie romaine (actuelle Andalousie, en Espagne), Genséric se défendit avec succès contre une attaque des Suèves, et transporta tout son peuple vers le Maghreb, en 428. Il aurait pu avoir été invité par le comte d'Afrique, Boniface, qui voulait utiliser la force militaire des Vandales dans sa lutte contre le gouvernement impérial.

Genséric a causé de grandes dévastations en se déplaçant vers l'est du détroit de Gibraltar, à travers le Maghreb. Il s'est tourné vers Boniface, a vaincu son armée en 430, puis a écrasé les armées conjointes des empires d'Orient, et d'Occident, qui avaient été envoyés contre lui. En 435, Genséric conclut un traité avec les Romains, en vertu duquel, les Vandales conservèrent la Maurétanie, et une partie de la Numidie, comme foederati (alliés sous traité spécial) de Rome. Dans un mouvement surprise, le , Genséric s'empare de Carthage, et porte un coup dévastateur au pouvoir impérial. Dans un traité, en 442, avec Rome, les Vandales ont été reconnus comme les souverains indépendants de Byzacène, et une partie de la Numidie. Saisissant la Sicile en 440, et plus tard, les îles Baléares, la Sardaigne, la Corse et Malte, la flotte de Genséric parvint bientôt à contrôler une grande partie de la Méditerranée occidentale.

Son exploit le plus célèbre, cependant, fut la prise et le pillage de Rome en . Par la suite, le roi vint à bout de deux grandes tentatives des Romains de le renverser, celle de l'empereur Majorien en 460, et celle dirigée par Basiliscus, à la bataille du Cap Bon, en 468. Après sa mort, à Carthage, à l'âge de 77 ans, Genséric a été remplacé par son fils, Hunéric.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et succession[modifier | modifier le code]

Genséric était un fils illégitime du roi Godégisel; il est supposé être né près du lac Balaton (actuelle Hongrie) vers 400. Après la mort de son père, au combat contre les Francs, pendant la traversée du Rhin, en 406, Genséric est devenu le deuxième homme le plus puissant parmi les Vandales, après le nouveau roi, son demi-frère Gondéric.

Après la mort de Gondéric en 428, Genséric fut élu roi. Il a immédiatement commencé à chercher des moyens pour augmenter la puissance, et la richesse de son peuple, qui résidait alors dans la province romaine d'Hispania Baetica, dans le sud de l'Hispanie. Les Vandales avaient beaucoup souffert des attaques des fédérés Wisigoths, plus nombreux, et peu de temps après avoir pris le pouvoir, Genséric a décidé de laisser l'Hispanie, à cette tribu germanique rivale. En fait, il semble avoir commencé à construire une flotte de Vandale avant même qu'il ne devienne roi. En 428, Genséric a été attaqué à revers par une grande armée de Suèves, sous le commandement de Heremigarius, qui avait réussi à prendre la Lusitanie[1]. Cette armée de Suève, a été vaincue près de Mérida, et son chef Hermigario, s'est noyé dans la rivière Guadiana, en essayant de s'enfuir[1].

Débarquement au Maghreb[modifier | modifier le code]

Profitant d'une dispute entre Boniface, et Aetius, Genséric transporta tout son peuple, (80 000 Vandales selon Victor de Vita, toutefois, ce chiffre est contesté par les historiens modernes[2]), au Maghreb, en 429. Une fois là-bas, il remporta de nombreuses batailles contre les défenseurs romains, faibles et divisés, et envahit rapidement le territoire qui comprend maintenant le Maroc, et le nord de l'Algérie. Son armée Vandale a assiégé la ville d'Hippo Regius (où saint-Augustin qui avait récemment été évêque - est mort pendant le siège), la prenant après 14 mois de combats acharnés. La paix entre Genséric, et l'empereur romain Valentinien III, fut conclue le , et, en retour, de la reconnaissance de Genséric comme roi des terres qu'il avait conquises avec ses hommes, les Vandales cessèrent les attaques contre Carthage, rendent tribut à l'Empire, et Genséric envoie son fils, Hunéric, comme otage, à Rome[3].

Le , notant que les armées de l'Empire d'Occident étaient fortement occupées en Gaule, Genséric prit possession de Carthage, probablement par une certaine trahison. Stewart Oost remarque: « Ainsi, il accomplit sans aucun doute ce qu'il avait fait depuis sa première traversée vers l'Afrique »[4]. Les Romains furent pris au dépourvu, et Genséric captura une grande partie de la marine romaine d'Occident, accostée dans le port de Carthage. L'évêque catholique de la ville, Quodvultdeus, a été exilé à Naples, puisque Genséric a exigé que tous ses conseillers étroits suivent la forme arienne du christianisme. Néanmoins, Genséric accorda la liberté de culte aux catholiques, tout en insistant sur le fait que l'élite du régime suivrait l'arianisme. Les gens ordinaires avaient des impôts bas sous son règne, car la plupart de la pression fiscale était sur les riches familles romaines, et le clergé catholique.

Ajouté à sa propre flotte naissante, le royaume vandale a maintenant menacé l'Empire pour la maîtrise de la Méditerranée occidentale. Carthage, pendant ce temps, est devenue la nouvelle capitale des Vandales, et ennemi de Rome, pour la première fois depuis les guerres puniques. Avec l'aide de leur flotte, les Vandales ont bientôt dompté la Sicile, la Sardaigne, la Corse et les îles Baléares. Genséric renforça les défenses, et la flotte vandale, et réglementa l'emplacement des ariens, et des catholiques. En 442, les Romains reconnaissent les conquêtes carthaginoises, et reconnaissent le royaume vandale comme un pays indépendant, plutôt que subsidiaire à la domination romaine. La région d'Algérie, restée en grande partie indépendante des Vandales, est passée de province romaine, à alliée. Pendant les 30 années qui ont suivi, Genséric, et ses soldats; ont navigué le long de la Méditerranée, vivant comme des pirates et des pillards. Une légende raconte que Genséric était incapable de sauter sur un cheval à cause d'une chute qu'il avait faite en tant que jeune homme; alors il assouvissait son désir de gloire militaire, sur la mer.

Consolidation du pouvoir et vie future[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sac de Rome (455).
Genséric mettant à sac Rome, par Karl Brioullov.

En 455, l'empereur romain Valentinien III, a été assassiné sur les ordres de Petronius Maximus, qui a usurpé le trône. Genséric estimait que ces actes annulaient son traité de paix avec Valentinien, et le 31 mai, lui et ses hommes débarquèrent sur le sol italien, et marchaient sur Rome, où le pape Léon Ier l'implora de ne pas détruire la ville antique, ou de tuer ses habitants. Genséric accepta, et les portes de Rome s'ouvrirent à lui, et à ses hommes[5].

Maximus, qui a fui plutôt que de se battre contre le chef de guerre Vandale, a été tué par une foule romaine en dehors de la ville. Bien que l'histoire se souvienne du sac Vandale de Rome comme extrêmement brutal - en faisant du mot vandalisme un terme pour tout acte destructif gratuit - en réalité les Vandales n'ont pas causé de grande destruction dans la ville; ils ont, cependant, pris l'or, l'argent et beaucoup d'autres choses de valeur. Genséric prit aussi avec lui l'impératrice Licinia Eudoxia, veuve de Valentinien, et ses filles, Eudocia et Placidia. Beaucoup de gens importants ont été pris en otage pour encore plus de richesses[5]. Eudocia a épousé le fils de Genséric, Hunéric, après son arrivée à Carthage. Ils avaient été fiancés plus tôt, comme un acte de solidification du traité de 442.

La pape Léon Ier, tente de persuader Genséric, roi des Vandales, de s'abstenir de mettre Rome à sac. (miniature ca. 1475)

En 468, le royaume de Genséric fut la cible du dernier effort concerté des deux moitiés de l'Empire romain. Ils voulaient soumettre les Vandales, et mettre fin à leurs raids de pirates. Genséric a vaincu la flotte romaine d'Orient commandée par Basiliscus, lors de la bataille du Cap Bon. Selon Procope, la force d'invasion totale était de 100 000 hommes, avec une flotte tirée de l'ensemble de la Méditerranée orientale[6]. Genséric a envoyé une flotte de 500 navires Vandales contre les Romains, perdant 340 navires dans le premier engagement, mais a réussi à détruire 600 navires romains dans la seconde. Les Romains abandonnèrent la campagne, et Genséric resta maître de la Méditerranée occidentale jusqu'à sa mort, dominant du détroit de Gibraltar, jusqu'à la Tripolitaine[7].

Après la défaite byzantine, les Vandales tentèrent d'envahir le Péloponnèse, mais furent repoussés par les Maniotes, à Kenipolis, avec de lourdes pertes[8]. En représailles, les Vandales ont pris 500 otages à Zakynthos, les ont mis en pièces, et les ont jetés par-dessus bord en direction de Carthage[9].

En 474, Genséric a fait la paix avec l'Empire romain d'Orient, et le , il meurt à Carthage.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Mémoire de Genséric dans le temple du Walhalla, en Bavière - milieu du XIXe siècle.

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cossue, « Breve historia del reino suevo de Gallaecia (I) », Celtiberia.net, (consulté le 11 août 2010)
  2. Sylvie Crogiez, Afrique du nord antique et médievale (L’), Publication Univ Rouen Havre, , 304 p. (ISBN 9782877759274, lire en ligne), p. 104-105.
  3. (en) Thomas Hodgkin, Italy and Her Invaders: The Hunnish invasion. The Vandal invasion and the Herulian mutiny. 1880, vol. 2 : Italy and Her Invaders, Clarendon Press, , 2e éd. (lire en ligne), p. 244-249.
  4. Stewart Oost, Galla Placidia Augusta: A biographical essay (Chicago: University Press, 1968), p. 259.
  5. a et b J.B. Bury, History of the Later Roman Empire (London: Macmillan, 1889), vol. 1 p. 235f.
  6. Procope, De Bello vandalico ; III.6.1. Traduit par H.B. Dewing, Procopius (Cambridge: Loeb Classical Library, 1979), vol. 2, p. 55.
  7. Priscus, fragment 42; Candidus, fragment 2. Traduits par Colin D. Gordon, The Age of Attila: Fifth Century Byzantium and the Barbarians (Ann Arbor: University of Michigan, 1966), p. 120f.
  8. Greenhalgh et Eliopoulos, Deep into Mani: Journey into the Southern Tip of Greece, p. 21.
  9. Greenhalgh et Eliopoulos, Deep into Mani: Journey into the Southern Tip of Greece, p. 21.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources primaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]