Front de la liberté (Afrique du Sud)

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Front de la liberté plus
(en) Freedom Front Plus
(af) Vryheidsfront Plus
Image illustrative de l’article Front de la liberté (Afrique du Sud)
Logotype officiel.
Présentation
Président Pieter Groenewald
Fondation
Siège Pretoria, Afrique du Sud
Positionnement Droite
Idéologie Nationalisme afrikaner
Démocratie chrétienne
Libéralisme économique
Conservatisme social
Affiliation internationale Organisation des nations et des peuples non représentés
Couleurs Vert et orange
Site web http://www.vryheidsfront.co.za
Représentation
Députés
10 / 400
Sénateurs
2 / 90

Le Front de la liberté plus (en anglais : Freedom Front Plus, ou en afrikaans : Vryheidsfront Plus) est un parti politique d'Afrique du Sud créé en 1994 par le général Constand Viljoen lors des premières élections multiraciales. De mai 2009 à mai 2014, le Front de la liberté a été représenté au sein du gouvernement sud-africain, dirigé par Jacob Zuma (ANC), avec la présence de Pieter Mulder en tant que vice-ministre de l'agriculture et des forêts.

Historique[modifier | modifier le code]

Ancien emblème du FF avant la fusion avec le parti conservateur.

En 1994, le Parti conservateur et les mouvements d'extrême-droite refusaient de participer aux 1res élections multiraciales et optaient pour l'abstention, refusant de cautionner la perte de pouvoir de la minorité afrikaner. Opposé à cette prise de position, Constand Viljoen, ancien chef des Forces de défense et chef charismatique de l'éphémère Alliance des libertés, rompait avec les conservateurs et optait pour la participation électorale afin d'éviter la marginalisation des partisans du Volkstaat. Il justifiait sa démarche dans le cadre des négociations directement entrepris avec Nelson Mandela sur la création d'une patrie afrikaner distincte[1]. En invitant alors ses partisans à faire valoir leur cause séparatiste par la voie constitutionnelle, Constand Viljoen, qui avait de nombreux partisans dans les milieux militaires, neutralisait la menace en provenance de la droite et gagnait ses gages de respectabilité auprès des dirigeants de l'ANC.

C'est dans ces circonstances qu'il fonde le Front de la liberté, le et qu'il l'enregistre devant la commission électorale le 4 mars 1994. Le front de la liberté devient alors le seul parti politique issu de l'« extrême droite » sud-africaine à accepter le principe des élections multiraciales et le renoncement à toute violence.

Le Front de la liberté obtient 2,2 % des voix (425 000 voix) et 9 députés aux élections générales du 27 avril 1994, reprenant une part importante de l'électorat afrikaner.

Représentation modérée et parlementaire des afrikaners les plus radicaux, il devient le seul parti blanc authentiquement communautaire du parlement. À la suite de la marginalisation des autres formations extrémistes, le FF vampirise tout son espace politique et récupère bon nombre de cadres du Parti conservateur en pleine déliquescence. Défendant le principe d'une dixième province de culture afrikaans au sein de la nouvelle Afrique du Sud, le FF est devenu un interlocuteur reconnu du Congrès national africain sur la faisabilité du projet.

Ramené à 0,8 % des suffrages (127 000 voix) et 3 députés aux élections générales de 1999, le parti progresse aux élections de 2004 à 0,89 % (soit 139 465 voix) et 4 députés.

En 2001, Constand Viljoen se retire de la vie politique et laisse le parti aux mains de Pieter Mulder qui entreprend une réorganisation interne. Celle-ci aboutit à l'absorption des restes du parti conservateur et du petit « Afrikaner Eenheids Beweging ». Le FF est alors rebaptisé front de la liberté plus (FF+). Il ne connaît alors plus de concurrence à sa droite, hormis l'éternel groupuscule HNP.

Le FF+ détient de nombreux conseillers municipaux. En 2004, il a remporté spectaculairement un siège à Bloemfontein aux dépens de l'Alliance démocratique.

Lors des élections municipales de 2006, il réalise ses meilleurs scores à Naboomspruit (15 %), Pretoria ville (8,84 %) ainsi qu'à Orania au Cap-Nord, dont il garde la mairie. Assez curieusement, il remporte 800 voix dans le township noir de Soweto ainsi que 6 % de suffrages à Olievenhoutbosch, une banlieue noire de Pretoria. Il obtient aussi des votes à Eersterust et Mamelodi. Le FF+ fait alors partie de la coalition municipale qui dirige Le Cap où l'un de ses élus devient le porte-parole de la métropole du Cap.

En septembre 2007, l'alliance fédérale de Louis Luyt se dissout à son tour en se ralliant au FF+.

Lors des élections municipales de 2016, le FF+ présente, pour la première fois, des candidats coloureds non seulement dans la province du Cap-Nord[2] mais aussi dans la métropole du Cap (notamment dans les circonscriptions de Bonteheuwel, Parow et Athlone) et à Johannesbourg[3]. Pour les élections générales sud-africaines de 2019, l'ancien maire de la ville du Cap, Peter Marais, s'allie au FF+ et en devient le candidat pour le poste de premier ministre du Cap-Occidental[4]. Au soir du résultat en mai 2019, le FF+ devient le 5ème parti d'Afrique du sud[5] en remportant 2,18% des suffrages, augmentant sa représentation parlementaire national de 4 à 10 députés et en obtenant au moins un élu dans 8 des 9 provinces du pays. Il s'agit alors de son meilleur score électoral en % depuis la création du parti. Son relatif succès et le doublement de sa représentation parlementaire au niveau national doit beaucoup à sa progression dans les provinces du Nord-Ouest, du Gauteng et de l'Etat libre[5]. Le FF+ s'impose dans le bureau de vote d'Orania (79,4%) mais aussi dans plusieurs bureaux de vote d'autres municipalités comme celles de Joe Morolong (De Dwaal, Sutton Farm) ou dans 2 des 177 bureaux de vote de Pretoria (Boshkop primary school, Rayton community hall)[6]. Ce résultat est interprété comme la conséquence d'un afflux d'électeurs blancs, surtout afrikaners, de l'Alliance démocratique et de la percée, relative, du FF + dans l'électorat coloured, issus de la DA mais aussi de l'ANC, en particulier dans les régions rurales du Cap-Occidental et du Cap septentrional[5].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Pieter Groenewald, chef du FF+ depuis novembre 2016

Depuis sa fondation en mars 1994, le FF rejette toute violence politique et s'inscrit dans la tradition du parlementarisme et de la démocratie ce qui l'a éloigné de l'extrême droite. Un des seuls partis à se réclamer de droite sur l'échiquier politique sud-africain, le FF+ incarne au sein de l'Assemblée nationale d'Afrique du Sud aussi bien la voix des « pauvres blancs » (poor whites) que celle des Afrikaners inquiets sur l'avenir de leur communauté au sein de la nouvelle Afrique du Sud.

En 1994, l'objectif principal du front de la liberté est de soutenir l'établissement d'un Volkstaat, un état ou une province à dominante afrikaans, jouissant d’une grande autonomie communautaire, notamment culturelle[5]. Progressivement, Viljoen et ses partisans ont reconnu la futilité de leur projet d'état distinct et préféré défendre l'idée d'un « conseil culturel », représenté au sénat et possédant le pouvoir de protéger les questions présentant de l'importance pour les minorités ethniques, en particulier les Afrikaners.

En mai 2008, le FF+ réussit un coup d'éclat en parvenant à faire intégrer les Afrikaners, en tant que minorité nationale, au sein de l'Organisation des nations et des peuples non représentés (UNPO), siégeant à Bruxelles. L'objet de l'UNPO est la lutte pour les droits des minorités par le biais du lobbying auprès des Nations unies et de l'Union européenne. Les Afrikaners siègent dans cette organisation aux côtés de 70 autres minorités nationales dont les Aborigènes d'Australie, les Maasaï du Kenya et de Tanzanie ainsi que les Tibétains[7].

Depuis 2016, le FF+ s'est redéfinit comme un parti représentatif des minorités et plus seulement celui des blancs de langue afrikaans[5]. Il forme ainsi un partenariat avec le Bruin Bemagtigingsbeweging (Mouvement pour l'autonomisation des personnes coloureds) de Peter Marais qui devient le candidat tête de liste du FF+ dans la province du Cap-Occidental lors des élections nationales de mai 2019. Dans le manifeste électoral du FF+, présenté pour cette élection, le parti propose une décentralisation du pouvoir vers les communautés, la création d'un conseil afrikaner pour représenter les locuteurs afrikaans géographiquement dispersés dans le pays, se présente en défenseur des valeurs chrétiennes et s'oppose aux politiques de discriminations positives et à l'expropriation sans compensation des terres[5].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Résultats des Élections générales sud-africaines de 2019 par bureau électoral. Ceux où le FF+ est arrivé en tête sont en orange

Résultats électoraux nationaux[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges
1994 424 555 2,17
9 / 400
1999 127 217 0,80
3 / 400
2004 139 465 0,89
4 / 400
2009 146 796 0,83
4 / 400
2014 165 715 0,90
4 / 400
2019 414 864 2,38
10 / 400

Représentation parlementaire[modifier | modifier le code]

Session 2019-2024[8] Députés
Assemblée nationale Pieter Groenewald
Corné Mulder
Wouters Wessels
Tammy Wessels
Michal Groenewald
Jaco Mulder
Wynand Boshoff
Phillip van Staden
Piet Mey
Heloise Jordaan.
Conseil national des provinces Fanie du Toit
Armand Cloete
Cap-du-Nord Danie Coetzee
Cap-Occidental Peter Marais (apparenté)
Cap-Oriental Theo Coetzee
Gauteng Anton Alberts
Amanda de Lange
Kobus Hoffman.
Nord-Ouest De Wet Nel
Erns Kleynhans
État Libre Devar Smit
Limpopo Marcelle Maritz
Mpumalanga Werner Weber

Élections municipales[modifier | modifier le code]

Si le FF+ gouverne la ville d'Orania, il ne dirige aucune municipalité sud-africaine. Toutefois, il est membre de coalitions municipales et à ce titre présent dans plusieurs exécutifs locaux. À la suite des élections municipales sud-africaines de 2016, le FF+ s'est retrouvé en position de faiseur de rois à Hessequa ou de force d'appoint envisageable pour l'Alliance démocratique et le congrès national africain. Approché par les deux partis, il a finalement passé un accord national global avec l'Alliance démocratique, lui permettant de participer aux gouvernements locaux comme à Pretoria et Hessequa, ou de participer aux nouvelles majorités municipales à Mogale City, Johannesbourg, Metsimaholo, Mookgophong/Modimolle ou encore à Thabazimbi [9] ,[10],[11]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le président de l'ANC avait en effet déclaré aux dirigeants du Front de la liberté que, s'ils pouvaient trouver un moyen d'établir un État afrikaner distinct sans déplacer de force des Noirs ou les priver de leurs droits, il serait disposé à envisager cette possibilité.
  2. Two candidates of colour on FF+ list, IOL, 7 juin 2016
  3. Almost half of FF Plus candidates in Cape Town are coloured, News24, 20 juillet 2016
  4. Peter Marais - from corruption and sexual assault claims to dreams of surfing over transvestites and naked women, News24, 22 janvier 2019
  5. a b c d e et f Explaining the massive growth of the FF+ in the 2019 elections , The Citizen, 14 mai 2019
  6. Résultats sur Tshwane, National Government Elections, News 24
  7. Afrikaners go international, article de News24.com du 19 mai 2008
  8. 'Dis mos jou mense': FF Plus keeps it in the FFamily, News24, 14 mai 2019
  9. Coalition negotiations in Hessequa ‘hit a snag’, EWn, 14 aout 2016
  10. Maimane announces 'broad coalition' with ADCP, COPE, FF+, IFP, and UDM, Rand Daily Mail, 26 aout 2016
  11. Msimanga reveals new mayoral committee, IOL, 26 aout 2016

Liens externes[modifier | modifier le code]