Fort Chambly

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Fort Chambly
Photo aérienne du Fort Chambly.jpg
Présentation
Destination initiale
Fort militaire
Construction
XVIIe - XVIIIe siècles
Propriétaire
État
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Commune
Coordonnées
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«Carte du Lac Champlain depuis le Fort de Chambly Jusques desus du Fort St Frederic dans la Nouvelle France.»Plan cadastral indiquant les concessions et seigneuries sur les bords du lac suivant le bornage de 1739; indication du cours des eaux et rapides.
Le fort Chambly en 1840.
Le fort Chambly en 1863.

Le fort Chambly est situé sur la rive gauche de la rivière Richelieu au Québec. Au pied des rapides de Chambly, il constitue l'un des plus importants vestiges de l’architecture militaire des XVIIe et XVIIIe siècles ; il s’inspire des principes des fortifications françaises à la Vauban.

Désigné lieu historique national en 1920, le fort Chambly est aujourd'hui un lieu d'interprétation qui rappelle l'histoire militaire et sociale de la vallée du Richelieu, de 1665 à 1760.

Un grand nombre d'officiers se succèderont comme commandant du fort Chambly[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Premier fort[modifier | modifier le code]

Ce fort fut construit en 1665 par les Français sous le nom de fort Saint-Louis. Après de multiples demandes de la colonie, le roi Louis XIV envoya le régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France pour combattre les Iroquois.

Le capitaine Jacques de Chambly, du même régiment, est envoyé pour construire un fort de bois près des rapides du Richelieu. Il n'avait qu'une seule porte, mesurait 144 pieds de côté et avait des palissades en bois de 15 à 20 pieds de haut (soit 5 à 7 mètres de haut). Il y avait des bâtiments dans l'enceinte pour abriter les soldats et pour les dépôts. La construction du fort Saint-Louis coïncide avec la date de la fête de saint Louis (Louis IX), le 25 août. Ce fort faisait partie d'un réseau de cinq forts construits le long du Richelieu jusqu'au lac Champlain, servant de places fortes et comme postes de ravitaillement au cours des raids contre les Agniers.

Deuxième fort[modifier | modifier le code]

Après la paix franco-iroquoise en 1667, quelques soldats du régiment de Carignan-Salières retournèrent en France, tandis qu'une petite garnison était maintenue au fort Saint-Louis jusque vers 1675, lorsqu'il fut abandonné jusqu'en 1678. Cette paix durera jusqu’au début des années 1680. Entre temps, en 1679, l'officier Pierre de Saint-Ours Deschaillons est nommé commandant du fort Chambly, poste qu'il gardera jusqu'en 1686.

C’est en 1687, à la suite d'une attaque iroquoise, qu’un deuxième fort de bois est construit sous le commandement de François Lefebvre Duplessis Faber.

En 1689, le capitaine Raymond Blaise Des Bergères de Rigauville, remplace le capitaine François Lefebvre Duplessis Faber comme commandant du fort Saint-Louis à Chambly. Il restera en poste jusqu'en 1696. Il arrivera avec son légendaire chien « Niagara ». Fidèle compagnon, chien sentinelle et « courrier du roi », celui-ci deviendra vite un héros dans le triangle des forts de La Prairie, Chambly et Boucherville.

En 1697, c'est Nicolas Daneau de Muy qui devient commandant du fort Chambly, jusqu'en 1704.

En 1704, Paul d'Ailleboust de Périgny succède à Nicolas Daneau de Muy.

En 1707, Raymond Blaise Des Bergères de Rigauville fut rappelé comme commandant du fort Chambly jusqu'à son départ en 1709 au poste de major de Trois-Rivières. Il est remplacé par son fils, Nicolas Blaise Des Bergères de Rigauville jusqu'en 1711.

Troisième fort[modifier | modifier le code]

Durant la guerre de Succession d’Espagne, de nouveaux ennemis s’ajoutèrent aux Iroquois : les Britanniques. C’est en novembre 1702 que le deuxième fort de bois fut détruit par un incendie accidentel. Les troupes régulières furent affectées à la reconstruction d’un troisième fort de bois. L’enceinte formée de pieux s’élevait à 12 pieds de hauteur. En 1709, pour améliorer son efficacité face à l'artillerie anglaise, le gouverneur de l'époque, Philippe de Rigaud de Vaudreuil, ordonna de remplacer la palissade de bois par une muraille de pierre.

C’est entre 1709 et 1711 que les Français procédèrent à la construction d'un fort de pierre.

L'ancien commandant du fort Frontenac, François Desjordy Moreau de Cabanac, devint le nouveau commandant du fort Chambly de 1711 à 1712.

En 1713, François Mariauchau d'Esgly est nommé commandant du fort, poste qu'il occupera jusqu'en 1716, cette année là, il est nommé major de la ville de Trois-Rivières.

En 1716, Paul d'Ailleboust de Périgny revient au fort Chambly comme commandant jusqu'en 1718.

En 1718, Claude Hertel de Beaulac est nommé commandant du fort Chambly jusqu'en 1719, puis de nouveau en 1747.

En 1720, Jacques-Charles de Sabrevois est nommé commandant du fort jusqu'en 1724.

En 1725, René Robineau de Portneuf le remplace au commandement du fort, mais l'année suivante, il est rappelé pour raison de santé.

En 1727, Jacques-Hugues Péan de Livaudière devient commandant du fort jusqu'en 1729.

En 1729, François-Antoine Pécaudy de Contrecœur, beau-père de Jacques-Hugues Péan de Livaudière, lui succède jusqu'en 1732.

En 1733, Gaspard Adhémar de Lantagnac conservera la foction de commandant du fort jusqu'en 1741.

En 1747, Claude Hertel de Beaulac est renommé de nouveau commandant du fort Chambly, mais il meurt le . Il sera remplacé par son neveu.

De 1748 à 1750, Jean-Baptiste-François Hertel de Rouville, neveu du commandant précédent, devient commandant du fort Chambly, il le sera une seconde fois en 1757.

De 1752 à 1754, Jacques-Pierre Daneau de Muy, fils de Nicolas Daneau de Muy ancien commandant du fort Chambly, sera également commandant de ce même fort comme son père en son temps.

De 1757 à 1759, Jean-Baptiste-François Hertel de Rouville est renommé commandant du fort Chambly.

En 1760, lors de la Guerre de Sept Ans, le Fort Chambly, sous le commandement de Paul-Louis Dazemard de Lusignan, est pris par les soldats britanniques, alors que les villes de Montréal et de Québec ont déjà été conquises.

Par la suite, toutes les troupes françaises de la Nouvelle-France quittèrent définitivement l'Amérique. Les Anglais tiennent le fort jusqu'au 20 octobre 1775, date de son invasion par les Américains. Les Britanniques en reprirent le contrôle en juin 1776. Au début de la guerre de 1812, ils y aménagèrent un important complexe militaire et le fort Chambly resta en leur possession jusqu'à la fin du conflit.

Mal entretenu et décrépit, il fut abandonné dans les années1850.


Joseph-Octave Dion dans le vieux fort Chambly qu'il fit restaurer (cliché daté de 1915).

Restauration[modifier | modifier le code]

Natif de Chambly, Joseph-Octave Dion s’attacha au vieux fort en ruine et entreprit en 1881 de sauver ce qui, à ses yeux, était un véritable monument historique.

Il était journaliste, il écrivit plusieurs articles sur le sujet et obtint finalement des fonds du gouvernement canadien pour restaurer le bâtiment. Dion mourut au fort après y avoir habité pendant près de 35 ans. À son décès, le fort fut confié à Parcs Canada.

Photos du Fort Chambly[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Réal Fortin, Le Fort de Chambly, Les cahiers du Septentrion, 2007, 213 pages, (ISBN 2-89448-496-8)
  • Cyrille Gélinas, Le rôle du fort de Chambly dans le développement de la Nouvelle-France, 1665-1760, 1977, 192 pages, Ottawa, Ministère des Approvisionnements et Services Canada, 1983, (ISBN 0-660-91049-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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