Château des Mesnuls

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Château des Mesnuls
Image illustrative de l’article Château des Mesnuls
Façade principale
Période ou style Style Renaissance
Fin construction 1731
Propriétaire initial Maréchal de Villars
Protection  Inscrit MH (1945)
Logo monument historique Classé MH (1975)
Coordonnées 48° 45′ 21″ nord, 1° 50′ 00″ est
Pays Drapeau de la France France
Région française Île-de-France
Département Yvelines
Commune Les Mesnuls

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château des Mesnuls

Le château des Mesnuls est un château de style Louis XIII construit en pierres et briques, situé dans la commune des Mesnuls dans les Yvelines en France.

L'importante demeure et son parc, d'abord rachetés par la société Thomson (1987) ont appartenu ensuite au groupe Thales et aujourd'hui à la société Châteauform.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château s’est développé au gré de la fantaisie, de la fortune — ou de l’infortune — de ses propriétaires successifs.

En 1230 débute la construction d'un premier manoir dont il ne reste rien sous l'égide d’Ernaut des Mesnuls [1], qui est suivi par Jehan Gautier, Robert Duport, Jehan Dumor, en 1460 Simon de Maintenon, Jehan Niard, en 1480 Pierre Chapillard.

Les années 1535-1540 voient la construction d'un bâtiment à deux niveaux, avec une aile basse et une poterne à deux tourelles (actuelle entrée principale du château) et le creusement des douves par Christophe de Refuge, maître d’hôtel du duc d’Alençon[2]. En 1556 il est qualifié d'un des cent gentildhommes de la Maison de Henri II ; il aura un fils prénommé Charles. [réf. souhaitée]

En 1575 le château est acquis par Robert de Combault, gentilhomme de la chambre du roi et capitaine des gardes de la reine [3] et son épouse, dame Louise de la Béraudière.

En 1578 il obtient des lettres patentes royales concédant "haute, moyenne et basse justice" sur sa terre, et à partir de 1580 fait édifier la partie gauche du corps de logis central.

À sa mort en 1606 le domaine est acquis par Bégnine Bernard, notaire et secrétaire d'Henri IV ; il commande la partie droite du corps de logis et augmente le domaine par des achats de terres. Le 4 juin 1620, le jeune Louis XIII vint dîner aux Mesnuls.

En 1637 le domaine est vendu à un de ses cousins, Achille Courtin, maître des requêtes de Louis XIII, et à son épouse, Jeanne Barentin ; Achille Courtin obtint du roi l'érection de la seigneurie des Mesnuls en comté. [réf. souhaitée]

Mais c’est à partir du XVIIIe siècle qu’il connaît ses plus célèbres propriétaires.

• En 1731 le Maréchal de Villars reçoit le domaine par donation faite par sa belle-mère, dame Charlotte Angélique Courtin, à sa fille, y fait exécuter des travaux de terrassement et percer dans la forêt "la trouée de Villars", visible de la grille d’honneur[4].

• En 1739 la maréchale de Villars[Information douteuse] [?] vend ce bien familial à l'Irlandais Balthazar Wall, marquis de Ballinakilly, gouverneur de Ham, qui achève la construction de la façade et fait construire l’aile Est, comprenant une chapelle, ainsi que la galerie longeant toute l’aile Ouest[2] ; en 1754 son neveu Patrice, comte de Wall, maréchal de camp, en hérite. [réf. souhaitée]

• En 1767, achat par M. de Sallabery,

En 1776, achat par le comte Louis de Maupeou (1716-1800), lieutenant général des armées du Roi, gouverneur de Béthune, frère du chancelier de Maupeou, qui le revend en mars 1791 au suivant.

• Jean-Adrien Le Roy de Camilly, payeur des rentes de l'Hôtel de ville de Paris, achète le domaine des Mesnuls avec environ 300 hectares, qu'il agrandit, au gré de plusieurs opportunités, notamment la vente des terres de l'ancien prieuré de La Millière, en mai et juin 1791, jusqu'à quelques 700 hectares. Il fait clore la cour du château avec l'ancienne grille du château de Saint Hubert, au Perray en Yvelines, démantelé à cette époque. Puissant financier parisien, il siège au conseil d'administration de la Caisse d'Escompte avec Laborde, Lavoisier, Delessert, Necker, Le Couteulx et d'autres. Sa fortune se composant essentiellement de valeurs mobilières, il est ruiné par la dépréciation des assignats pendant la Révolution, à partir de la fin 1793 [5]. Lorsqu'il fait faillite, en 1799, le domaine des Mesnuls est intégralement racheté par sa belle-mère. Celle-ci, Françoise Adélaïde de Saint Hilaire, veuve de Michel Bourquenoud, contrôleur général des rentes de l'Hôtel de ville de Paris, morte en 1800, transmet le château à sa fille, Marie-Valérie Bourquenoud, morte en 1839 aux Mesnuls, épouse de Jean Adrien Le Roy de Camilly [6].

Cette dernière le transmet à sa fille unique, Anne Virginie Le Roy de Camilly, mariée en 1805 avec François de Nugent.

François de Nugent est sous l'Empire maire des Mesnuls et conseiller-général du canton de Montfort l'Amaury. A la première Restauration, il est nommé par Louis XVIII sous-préfet de Rambouillet, puis suit le Roi à Gand pendant les cent jours. Il mène une brillante carrière administrative durant toute la Restauration, maître des requêtes au Conseil d'Etat, préfet des Hautes-Alpes en 1815, préfet des Landes en 1819, préfet de la Sarthe en 1822, préfet de la Charente inférieure en 1823, et enfin préfet de l'Oise de 1828 à 1830.

Il est créé comte héréditaire par lettres patentes du Roi Louis XVIII, le 11 janvier 1823 et confirmé dans ce titre sur institution d'un majorat assis sur le domaine des Mesnuls, par lettres patentes du Roi Charles X, le 17 mai 1828 [7]. A la Révolution de 1830, François de Nugent se retire aux Mesnuls, entouré de sa famille, jusqu'à sa mort aux Mesnuls, en 1859.

Le domaine et le majorat passent à son fils, Charles de Nugent , auditeur au Conseil d'Etat, démissionnaire en 1830, décédé aux Mesnuls en 1881, auquel succède son, fils Richard de Nugent [8].

Ce dernier vend la majeure partie des terres (entre autres à la famille Guerlain) et le mobilier du château, vivant ses dernières années à "la Touretterie", en face du château, qu'il finit par vendre également en 1914 [1].

• En 1914, achat par la comtesse de Béthune, puis par une dame Soyer, fille d’un riche carrossier parisien de l’époque, avant d’épouser un "noble" qui se révèle être un imposteur ; elle revendra le château en 1924 à Jean Chrissoveloni et à son épouse Sybil, d'origine anglaise, qui lui donneront son aspect actuel. [réf. souhaitée] Riche banquier roumain d'origine grecque — qui mourra à Bucarest fin 1926, à 43 ans —, cet homme très cultivé, parlant sept langues, fut post mortem le beau-frère de Paul Morand, époux le 3 janvier 1927 de sa non moins fortunée sœur Hélène, princesse Soutzo (1879-1975). [réf. souhaitée]

Le nouveau propriétaire qui séjournera souvent au château est passionné de vieilles pierres et de sculptures d’animaux fantastiques (dragons, chimères…) qu’il expose dans le parc. En 1924, il achète pour le faire rebâtir au fond de celui-ci, une partie du cloître roman datant du XIIe siècle de Saint-Genis-des-Fontaines (Pyrénées-Orientales), qui avait été vendu en 1796 comme bien national. [réf. souhaitée] Il apporte au château de nouveaux décors provenant des vestiges de celui de Courcelles (Sarthe) : poutres peintes au XVIIe siècle (vestibule, salons, chapiteaux de portes (vestibules, escalier d’honneur daté de 1643 (classé sur la liste des inventaires des Monuments Historiques). Il donne aux jardins leur aspect actuel : terrasses de pelouse et grande pièce d'eau en forme de T.

Ce couple mondain y mène grand train durant la courte période des Années folles en France et y reçoit toute la société à la mode de l’époque. Sybil Chrissoveloni survivra à son mari jusqu’en 1931 et est inhumée au cimetière communal ; leur fils Nicolas hérite du domaine mais préférera vivre en Roumanie.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le château est occupé par l’état-major de l’amiral Karl Dönitz, puis par les Américains jusqu’à la Libération.

En 1947 la fondation Mallet (Jacqueline), [5] [6] une association éducative pour enfants handicapés, est domiciliée au château, délaissé par ses propriétaires, et le château devient un centre d'apprentissage et de réadaptation fonctionnelle. [7]

Après la mort en 1968 de Nicolas Chrissoveloni, ses héritiers ne peuvent faire face à l’entretien des Mesnuls ; en 1978, l’institution quitte le château[9].

On reconnaît entre autres le vestibule et l'escalier des Mesnuls dans le film franco-italien de Jean Delannoy Maigret et l'Affaire Saint-Fiacre (1959), avec Jean Gabin, inspiré du roman de Georges Simenon, qui situe le village imaginaire de Saint-Fiacre près de Moulins (Allier).

En 1987 le Groupe Thomson rachète le site et le réhabilite pour en faire un lieu d’accueil à la disposition du Groupe, mais aussi d’autres entreprises. Depuis 2008 le château est voué à l’accueil de séminaires d’entreprise[10].

Architecture[modifier | modifier le code]

Coiffé d'une haute toiture d'ardoises, le château possède des façades de briques rouges disposées en chevrons, ou verticalement, tandis que l'encadrement des fenêtres est en pierre.

Le château est constitué en partie d'éléments provenant d'autres édifices : - la grille en fer forgé provient du château de Saint-Hubert au Perray-en-Yvelines, démoli en 1785 ; - le grand escalier intérieur provient du château de Courcelles-la-Forêt dans la Sarthe ; - une partie du cloître de Saint-Génis-des-Fontaines du XIIe siècle, dont les restes ont été classés au titre des monuments historiques par arrêté du 17 juillet 1924[11] avait été transporté[Quand ?] dans le parc du château des Mesnuls, puis a finalement été replacé à son emplacement initial à Saint-Génis-des-Fontaines[11]. L'ensemble retrouvé a été classé au titre des monuments historiques par arrêté du 5 mai 1975[11].

Les façades et toitures du château, le grand escalier intérieur et les plafonds "à la Française" du corps principal, les communs (porterie et l'orangerie), la balustrade ajourée de la grande terrasse et les bassins (bassin de la cour d'honneur, les restes du grand bassin) font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [12]. Les parties non classées du château fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [12].

À voir[modifier | modifier le code]

La poterne.
  • Les façades et toitures ;
  • Le grand escalier intérieur et les plafonds XVIIe à la française du corps principal du château ;
  • La Poterne et l'orangerie ;
  • Les restes architecturés du grand bassin.
Les douves du château.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [1], http://www.histo.com/quotidienne/quotidienne2/22022006.pdf.
  2. a et b [2], http://www.lesmesnuls.fr/chateau_les-mesnuls.asp.
  3. [3], http://www.lesmesnuls.fr/iso_album/le_chateau_des_mesnuls.pdf.
  4. [4], Collections des Châteaux.
  5. Thierry Claeys, Dictionnaire biographique des Financiers en France au XVIIIe siècle, tome 2, Paris, S.P.M., , 1222 p. (ISBN 978 2 901952 65 7), p. 248-253
  6. Denis Woronoff, « Un homme d'affaires parisien à la fin du XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Le Roy de Camilly (1757-1840) », Paris et Ile de France, Mémoires publiés par la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Ile de France, tome XV,‎ , p. 113-251
  7. Vicomte Albert Réverend, Titres Anoblissements et pairies de la Restauration, tome 5e, Paris, Librairie Honoré Champion, rééd. 1974, p. 261
  8. Abbé Régis Gaudin de Saint Rémy, Les Nugent, dix siècles d'histoire, sans lieu, l'auteur, , 456 p., p. 325-364
  9. Les Mesnuls. Mon Village - Virginie Bianchini - Éditions le Livre d’histoire, 2006 (réédition de l’ouvrage paru en 1977).
  10. Châteauform’
  11. a b et c Notice no PA00104116, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. a et b Notice no PA00087537, base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Woronoff, Un homme d'affaires parisien à la fin du XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Le Roy de Camilly (1757-1840), in Paris et Ile de France, Mémoires, tome XV, 1965, p. 113-251.
  • Abbé Régis Gaudin de Saint Rémy, Les Nugent, dix siècles d'histoire, 2015, p. 325-364.