Maison d'Ursel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Maison d'Ursel
Image illustrative de l’article Maison d'Ursel
Armoiries

Blasonnement "De gueules, au chef d'argent, chargé de trois merlettes du champ."
Demeures Château d'Ursel (Hingene), Château du Moisnil (Maizeret), Hôtel d'Ursel (Bruxelles), Château de Heks, Château de Moulbaix, Château de Linterpoort (Zemst), Château de Durbuy, Moulin de la Marquise
Obbit du Wolfgang d'Ursel
Conrard-Albert d'Ursel (1665–1738), 1er duc d'Ursel
Charles-Joseph d'Ursel (1777–1860), 4e duc d'Ursel

La maison d'Ursel [dyʁs][1] est une famille contemporaine de la noblesse belge, issue de la famille de Schetzenberghe dite de Schetz[2]. Originaires de Smalkalde (Hesse), ceux-ci s'établirent à Hasselt et Maastricht dès le XVe siècle, et à Anvers au début du XVIe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Véritable fondateur de la Maison, Erasme Schetz (vers 1480-1550), acquit rapidement à Anvers une place prépondérante parmi les principaux marchands de la ville. Ses activités les mieux connues sont le commerce de métaux, notamment les mines de La Calamine, et le sucre, qu'il faisait venir du Brésil où il avait acquis des terres dès 1540. Les restes de l'usine qu'il y avait créée constituent un site archéologique qui suscite un intérêt croissant. En relation avec la cour, il fut anobli en 1527. Il avait acheté en 1545 la seigneurie de Grobbendonk.

Son fils aîné, Gaspar Schetz (1513-1580) fut à la fois un marchand de grande envergure et un officier du Roi. En 1560, il accéda à l'importante charge de trésorier général des Pays-Bas. Il joua aussi un rôle politique considérable dont il a d'ailleurs laissé le récit. Héritier de la seigneurie de Grobbendonk, il acheta de nombreuses terres, notamment celles de Wezemaal, Heyst et Hingene. De sa seconde femme, Catherine van Ursel († 1605), une des filles du grand bourgmestre d'Anvers Lancelot van Ursel, il eut notamment deux fils qui eurent postérité.

Le cadet, Antoine Schetz (1560-1640), eut une brillante carrière militaire. Gouverneur de Bois-le-Duc, il défendit cette citadelle du catholicisme jusqu'à ce qu'il en soit délogé par le prince Frédéric-Henri en 1629. Il prit sa revanche quelques années plus tard, en 1635, en défendant victorieusement Louvain assiégée par les armées franco-bataves. Le roi érigea sa terre de Grobbendonk en baronnie en 1602 et en comté en 1637. Sa lignée s'éteignit en 1726 et ses biens firent retour à la branche aînée.

Celle-ci descend de Conrard Schetz (1553-1632). Seigneur d'Hingene, créé baron d'Hoboken en 1600, Conrard Schetz fut conseiller et commis des finances et un temps ambassadeur résidant des archiducs à Londres. Adopté par une sœur de sa mère, il releva le nom d'Ursel en 1617. Il avait épousé Françoise, fille aînée du président du Conseil privé des archiducs de 1597 à 1609, Jean Richardot.

Son fils Conrard d'Ursel (1592-1659), qui acheta et agrandit le château de Hermalle-sous-Huy, fut élevé à la dignité de comte du Saint Empire en 1638 et son arrière-petit-fils Conrard-Albert (1665-1738) à celle de duc d'Hoboken en 1717.

Le premier duc d'Hoboken, mieux connu sous le nom de duc d'Ursel, termina une longue carrière militaire en revêtant celle de gouverneur du comté de Namur. Il avait épousé en 1713 la princesse Eléonore de Salm, fille d'une Bavière et apparentée à presque toutes les cours d'Europe. Il hérita les biens de la branche cadette de Grobbendonk et le vieux comte de Grobbendonk pouvait lui écrire quelques années auparavant : " Nos biens joints ensemble rendront notre famille une des plus puissantes de ce pays. "

Son fils Charles, 2e duc d'Ursel (1717-1775), lieutenant feld-maréchal au service de Marie-Thérèse, gouverneur militaire de Bruxelles, chevalier de la Toison d'or, épousa la princesse Eléonore de Lobkowicz. Une de ses filles, Henriette d'Ursel, épousa le célèbre maréchal Ferraris qui présida à la confection de la carte qui porte son nom.

Son fils Wolfgang-Guillaume, 3e duc d'Ursel (1750-1804), général major, époux de la princesse Flore d'Arenberg, joua un rôle considérable mais éphémère dans les troubles de la fin du siècle, connus sous le nom de Révolution brabançonne.

La Révolution française, jointe à l'endettement continu de sa Maison au cours du XVIIIe siècle, ébranlèrent sérieusement sa fortune et c'est une situation délicate qu'il transmit à son fils Charles-Joseph, 4e Duc d'Ursel (1777-1860).

Celui-ci, décrit comme un homme " agréable à tous les partis (...), homme d'esprit, de sentiments modérés qui jouit de la considération la mieux méritée ", fut bourgmestre de Bruxelles sous Napoléon, ministre et Grand Maître de la Maison de la Reine sous le roi Guillaume, et enfin sénateur du nouveau royaume de Belgique. De sa femme Louise-Victoire-Marie-Josèphe-Françoise Ferrero-Fieschi, princesse de Masserano, il eut notamment trois fils dont descendent tous les d'Ursel actuellement vivants.

Membres[modifier | modifier le code]

Ducs d'Ursel[modifier | modifier le code]

Autres membres[modifier | modifier le code]

Châteaux et demeures[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 102.
  2. Georges de Morant, Annuaire de la noblesse de France, 81e volume, 91e année, Paris, 1934, p. 89.
  3. Koen De Vlieger De Wilde, Hôtel d'Ursel, Serge Migon, éditions CFC, Bruxelles, 2018

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. LOUANT, L'origine de la famille d'Ursel, in: Annales du Congrès de Liège, 1968.
  • A. LOUANT, Les d'Ursel de la branche anversoise en Brabant, in: Wavriensia, 1968.
  • A. GRAFFART, Inventaire des archives de la famille d'Ursel, Brussel, Rijksarchief, 1998.
  • Oscar COOMANS DE BRACHÈNE, État présent de la noblesse belge, Annuaire 2000, Brussel, 2000.
  • Baudouin D'URSEL, Les Schetz. La Maison de Grobbendonk. La Maison d'Ursel, Recueil Office de Généalogie et d'Héraldique de Belgique, 2 vol., 2005.
  • Paul VAN MOLLE, Het Belgisch Parlement, 1894-1972, Antwerpen, 1972.
  • Jean-Luc DE PAEPE & Christiane RAINDORF-GERARD, Le Pazrlkement berlge, 1831-1894, Brussel, 1996.
  • Humbert DE MARNIX DE SAINTE ALDEGONDE, État présent de la noblesse belge, Annuaire 2013, Brussel, 2013.
  • A. VANRIE, Archives de la famille d'Ursel. I. Série de cartes et plans, Brussel, Rijksarchief, 1982.
  • A. BERGMANS & J. BUIJS (dir.), Een belvédère aan de Schelde. Het paviljoen De Notelaer in Hingene, 2010.
  • J. BUNGENEERS & K. DE VLIEGER-DE WILDE, Zomers in Hingene. Het kasteel d'Ursel en zijn bewoners, 2012.
  • H. GERARD & H. VIVIER, Princes en Belgique, 2003.
  • Sart de Bouland (Baron), Le Duc d'Ursel (1848-1903), Casterman (Tournai), 1913.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]