Famille de Charette

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de Charette de La Contrie
Image illustrative de l’article Famille de Charette

Blasonnement D'argent au lion de sable accompagné en pointe de 3 canettes du même 2 et 1.
Branches de La Contrie
de La Gascherie
de La Colinière
de la Bretonnière
Période XVIe siècle - XXIe siècle
Pays ou province d’origine Bretagne (Nantes)
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Demeures Château de La Contrie
Charges Conseiller d'État
Sénéchal de Nantes
Conseiller au parlement de Bretagne
Conseiller et président en la Chambre des comptes de Bretagne
Lieutenant général au présidial de Nantes
Maire de Nantes
Fonctions militaires Page du roi Louis XIII
Officiers
Preuves de noblesse
Autres 1584 (sentence du présidial de Nantes)
1668 (arrêt de la Chambre de réformation)
1699 (jugement de l'Intendant de Bretagne)

La famille Charette de La Contrie est une famille de la noblesse française subsistante d'ancienne extraction[1] ou d'extraction[2].

La famille (de) Charette est attestée dans la province de Bretagne, à Nantes et son pays environnant (Sautron, Couffé, etc.).

La famille Charette de la Contrie reçut un titre de baron au XIXe siècle.

Le général vendéen François Athanase Charette de La Contrie (« le chevalier de Charette ») et le ministre de la Ve République Hervé de Charette appartiennent à cette famille.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Selon Michel de Saint Pierre, certains généalogistes voient dans la famille Charette de La Contrie une branche française de la famille noble italienne des Carretto, marquis de Finale (Ligurie) et seigneur de Cairo Monte Notte, progressivement rebaptisé "Carretto", où demeure encore aujourd'hui le château du même nom. La famille des Caretto était de descendance aléramique (famille d'Alérame de Montferrat), issue du grand prince saxon Wittekind de Saxe (VIIIe siècle), célèbre pour avoir pris la tête de la résistance aux Francs commandés par Charlemagne[3]. Plusieurs Montferrat s'illustrèrent dans les croisades, dont Conrad Ier, compagnon de Philippe Auguste, et Richard Cœur de Lion en Terre Sainte et roi de Jérusalem.

Bouvier-Desmortier, dans son ouvrage "Réfutation des calomnies publiées contre le Général Charette", renvoie aux tables chronologiques et héraldiques présentées au grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Emmanuel de Rohan-Polduc par Louis Charette de La Colinière[4], preuves de noblesse du chevalier de l'ordre de Malte de la Colinière, aujourd'hui conservées par la Bibliothèque municipale de Nantes[5]. Le fils d'Antonio del Carretto (1260-1313), Pietro (Finale, Italie 1285, domaine royale d'Étampes, France 1331/32), se serait installé en Bretagne en 1305[6], où il aurait alors francisé son nom en « Perrot » (Pierre) et épousé Jeanne du Bois de la Salle, demoiselle d'honneur d'Alix de Bretagne (1297-1377) duchesse de Bretagne[7]. Pierre de Dreux (1298-1345) aurait alors donné à Perrot le fief de Trevignez, situé dans le fief de Saint Malo, en raison de l'illustration de la famille au cours des Croisades. En 1370, un Jean Charette, vivant à Trevignet, près de Plermoël, est armé chevalier par le connétable Bertrand du Guesclin (1320-1380), sur le champ de Bataille à Chisey en Poitou[8],[9].

D'après le nobiliaire et armorial de Bretagne de 1840 du généalogiste spécialiste de la noblesse bretonne Pol Potier de Courcy, "Pierre vivant en 1508, laissa de Jacquette de Barlagat, de la paroisse d'Auverné, Jean, marié en 1535 à Mathurine du Beyzit, de la paroisse de Saint-Dolay, auteur de toutes les branches des Charette"[10]. En outre, toujours selon cette même source, "cette famille paraît avoir la même origine que les seigneurs de Trévignet, paroisse de la Chapelle et de Penhoat, paroisse de Fégréac, du nom de Charette, employés dans les réformations et montres de 1426 à 1543, paroisses de la Chapelle-sous-Ploërmel et Fégréac".

Gustave Chaix d'Est-Ange écrit : « (...) "On suppose généralement, mais sans en avoir de preuves certaines, que la famille de Charette actuellement existante a eu dans le passé une origine commune avec une famille du même nom qui possédait au Moyen Âge la maison noble de Trévignet, en la paroisse de la Chapelle-sous-Ploermel." Il poursuit: "On aussi voulu, mais cette fois sans aucune preuve, faire descendre cette famille de Charette de Trévignet d'une famille Caretto qui a occupé un rang brillant à Florence", bien que la famille Caretto en question était effectivement originaire de Ligurie (Savone). Il ajoute: "(...) La famille de Charette de Trévignet est connue depuis un N. Charette, sgr de Trévignet, qui vivait en 1334. La descendance de ce gentilhomme figura de 1426 à 1543 aux réformations et montres de la noblesse du diocèse de Saint-Malo et s'éteignit vers le milieu du XVIe siècle »[1]. Cet auteur fait démarrer la filiation de la famille de Charette actuelle avec Guillaume Charette, époux de Mathée de Nault, qui vers 1400 possédait le domaine de la Thomazière en la paroisse de Sautron dans le diocèse de Nantes[1]. Il donne les principaux personnages jusqu'au XVIe siècle et écrit : « (...) La situation nobiliaire de ces divers personnages ne paraît pas avoir été très élevée et on a pu se demander si, malgré le jugement de maintenue de 1668, la famille de Charette ne tirait pas simplement sa noblesse soit de la mairie de Nantes, soit des charges que ses membres exercèrent depuis 1572 à la Chambre des comptes de Bretagne »[1].

Sur la noblesse de la famille (de) Charette, Régis Valette écrit : « extraction, maintenue en 1668 »[2]. Les familles d'extraction sont celles qui prouvent leur noblesse depuis le XVIe siècle.

Selon Henri Jougla de Morenas elle est connue depuis le XIVe siècle[11] mais cette ancienneté ne fait pas l'objet d'un consensus entre auteurs[1].

La famille Charette a obtenu trois reconnaissances de noblesse[1] :

  • 1584 (sentence du présidial de Nantes),
  • 1668 (arrêt de la Chambre de réformation),
  • 1699 (jugement de l'Intendant de Bretagne).

La famille (de) Charette à Nantes[modifier | modifier le code]

À partir du XVIe siècle, la famille (de) Charette occupe de hauts emplois dans la société nantaise par l'exercice de charges administratives et judiciaires[1],[12] :

  • Jean de Charette, écuyer, seigneur de La Bretonnière, époux de Mathurine du Bézit, conseiller du roi, alloué au lieutenant général au siège présidial de Nantes
    • Jean (de) Charette, sieur de La Colinière et de Lormière, époux de Marguerite de Trégouet
      • Alexandre Charette, sieur de la Noë et du Pellan, fut sénéchal de Nantes et maire de Nantes de 1619 à 1621 ;
      • Louis Charette, sieur de La Colinière, fut maire de Nantes de 1613 à 1614, époux de Jeanne Ernault ;
        • Jean (de) Charette, sieur de La Gascherie, fut maire de Nantes de 1650 à 1652, époux de Madeleine Menardeau ;
          • Louis (de) Charette, sieur de La Gascherie, fut maire de Nantes de 1675 à 1676, époux de Madeleine Charette, fille de Jacques Charette, sieur de Montbert ;
    • Jean (de) Charette, sieur de La Bretonnière et de Lormière, lieutenant général au présidial de Nantes, époux en 1564 de Julienne Druays
      • René Charette, seigneur de La Bretonnière, conseiller au parlement de Bretagne en 1598 et maire de Nantes en 1609, grand-père de :
        • René Charette, seigneur de La Bretonnière, maire de Nantes en 1635, époux de Charlotte de Cornulier
    • Julien (de) Charette, sénéchal de Nantes durant la Ligue
    • Jean (de) Charette, sieur de Lormière et de La Colinière, conseiller auditeur en la Chambre des comptes de Nantes en 1572, conseiller maître en la même Chambre en 1587, époux de Marguerite de Trégouet
    • Raoul (de) Charette, avocat général près la Chambre des comptes de Nantes en 1581, prévôt de Nantes en 1602

Autres personnalités de la famille (de) Charette durant l'Ancien régime[modifier | modifier le code]

  • Louis Charette, page du roi Louis XIII en 1637
  • Jean Charette, seigneur de La Colinière, conseiller d'État en 1654

La famille (de) Charette durant la guerre de Vendée[modifier | modifier le code]

Durant la guerre de Vendée, des paysans viennent chercher François-Athanase Charette de La Contrie pour prendre la tête de leur révolte face aux mesures de la Convention nationale. Après de multiples péripéties, Charette sera fusillé en 1796 à Nantes. Son souvenir et sa mémoire sont conservés pour rendre hommage à sa lutte pour la défense de ses idéaux : Dieu et le roi.

La famille de Charette au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, des membres de la famille de Charette servent dans les zouaves pontificaux. En 1823, Charles Athanase Marie de Charette de La Contrie est promu à la Chambre des pairs.

La famille de Charette depuis le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, Hervé de Charette de La Contrie est ministre sous la Cinquième République.

Alliances[modifier | modifier le code]

Les principales alliances de la famille de Charette sont les familles[1] : de Cornulier, de Bretagne-Avaugour, de Rohan, de Clisson, de La Trémoille, du Cambout, d'Aubigny, de Bedfort, de l'Epervier, de Montmorency (1752), de La Poëze, Jochaud du Plessix, de La Bourdonnaye, de Monti, Poullain, Bureau, de Sapinaud de La Rairie, de Becdelièvre, de Montesquiou-Fezensac (1851), von Hanau, de La Roche Saint-André, du Cambout de Coislin, de Bourbon[réf. nécessaire], de Goyon-Matignon (1863), de Fitz-James (1862), de Poulpiquet du Halgouët (1909), de Bourbon-Busset (1866), de Durfort Civrac de Lorge (1872), Tardif de Moidrey, etc.

Possessions[modifier | modifier le code]

Armes, devises, titres[modifier | modifier le code]

  • de Charette de La Contrie : D'argent à un lion de sable armé et lampassé de gueules, accompagné de 3 canettes (alias 3 aigrettes ou 3 aiglettes) de sable, becquées et membrées de gueules, posées 2 et 1 (alias posées en pointe)[1],[2]

Support : deux lions couronnés

Couronne de marquis.

Titre régulier de baron depuis 1823.

L'écu entouré d'un manteau de pair de France.

Armorial de la famille (de) Charette[modifier | modifier le code]

Les armes de la famille (de) Charette diffèrent au gré des branches de la famille et des héraldistes.

Figure Blasonnement
Blason famille Charette de la Contrie GASO.svg

Blason famille de Charette.svg

Famille Charette

D'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules, accompagné en pointe de trois canettes aussi de sable

Blason famille Charette de la Contrie GASO.svg Charette de La Contrie

D'argent au lion de sable soutenu de trois canettes du même ordonnées 2 et 1.[14],[15],[16]

On trouve aussi
D’argent au lion de sable lampassé et armé de gueules, accompagné en pointe de trois aigrettes de sable becquetées et membrées de gueules, posées 2 et 1.[17]
Ou
D'argent, au lion de sable, lampassé et armé de gueules, accompagné de trois aiglettes de sable, becquées et membrées de gueules.[18],[19]
Ou
D'argent, au lion de sable, armé et lampassé de gueules, acc. de trois merlettes de sable, 2 et 1.[20]
French heraldic crowns - marquis v2.svg
Blason famille Charrette Marquis de la Gascherie.svg
Charette de La Gascherie

D'argent au lion de sable accompagné de trois canettes du même 2 en chef et 1 en pointe.[15]

Couronne de marquis ;
Support
Deux lions pour supports.
On trouve aussi
Comme oiseaux des aiglettes[16] ;
Blason famille Charette de Montebert.svg Charette de Montbert

D'argent au lion de sable soutenu de trois aigles éployées du même ordonnées 2 et 1.[15]

On trouve aussi
  • D'argent, à trois aigles de sable, becquées et membrées de gueules, acc. en chef d'un lion rampant du second.[20]
  • L'écu d’azur[16] ;
Charette de La Bretonnière
On trouve parfois
Charette de La Colinière
  • Le cas le plus curieux est celui de François-Marie Charette de La Colinière, fils de René Charette et de Renée Le Brun qui portait :

D’or à une charrette de gueules.[16]

Blason modèle fr Armes parlantes.svg Armes parlantes (CharetteCharette Ce lien renvoie vers une page d'homonymie.).

Cette charrette préfigurait ainsi celle qui servit de symbole au chef vendéen[16].

Charette de La Joue
  • Louis Charette, seigneur de La Joue, portait les 3 aigrettes rangées, c’est-à-dire sur le même rang et non « 2 et 1 »[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 10, pages 16 à 20. Charette (de).
  2. a b et c Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, 2002, page 60.
  3. « Atlas Bormida » (consulté le 5 décembre 2018)
  4. Urbain René Thomas Le Bouvier-Desmortiers, Réfutation des calomnies publiées contre le Général Charette, , p. 3 - 5
  5. « Preuves pour l'Ordre de Malte - liste des dépôts — Geneawiki », sur fr.geneawiki.com (consulté le 3 juin 2020)
  6. [1].
  7. Michel de Saint Pierre, Monsieur de Charette, Chevalier du Roi, La Table Ronde, , p. 409
  8. Michel de Saint Pierre, Op.cit., La Table Ronde, , p. 409
  9. Roger Coindreau, Charette officier de Marine, Revue du Bas Poitou et des Provinces de l'Ouest,
  10. [2].
  11. Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France
  12. Une dynastie de maires - Les Charette (1609-1676) - Archives municipale de Nantes
  13. « Loire-atlantique.fr - Culture - Portail > Blason - Blasons et familles », Bodard de la Jacopière (De) / Charrette (De), sur www.loire-atlantique.fr (consulté le 20 octobre 2011)
  14. Source : www.labanquedublason2.com
  15. a b et c « genealogie.com » (consulté le 20 octobre 2011)
  16. a b c d e f g h et i « Cercle Charette, site de la famille Charette de la Contrie et de ses alliés », Armoiries et variantes, sur cercle-charette.com (consulté le 19 octobre 2011)
  17. François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org, (consulté le 18 juin 2011)
  18. Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 12 vol., 1822-1833 [détail de l’édition]
  19. Les branches cadettes brisent d'un lambel de gueules. Source : Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 12 vol., 1822-1833 [détail de l’édition]
  20. a et b Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. 1 et 2, Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887 et « ses Compléments », sur www.euraldic.com (consulté le 14 octobre 2011)

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]