Eugène II Schneider

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Eugène II Schneider
Eugène II Schneider.jpg
Fonctions
Député de Saône-et-Loire
-
Conseiller général de Saône-et-Loire
-
Maire du Creusot
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Père
Fratrie
Conjoint
Antoinette de Rafélis de Saint-Sauveur (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Propriétaire de
Château d'Apremont-sur-Allier, Hôtel de La Ferronnays (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parti politique
Membre de
Distinction

Charles Prosper Eugène Schneider[1] est un industriel et homme politique français, maître de forges et dirigeant des usines du Creusot, né au Creusot (Saône-et-Loire) le [2] et mort à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Eugène II Schneider et sa famille.

Charles Prosper Eugène Schneider est le fils d'Henri Schneider et de sa première épouse Zélie Asselin.

Il se marie en 1894 à Antoinette de Rafélis de Saint-Sauveur, fille du marquis Paul de Rafélis Saint-Sauveur et de Henriette de Gontaut Biron. Ils seront les parents de :

Il acquiert le Château d'Apremont, qu'il fait rénover, et l'hôtel de La Ferronnays (aujourd'hui Ambassade du Brésil en France).

Carrière industriel[modifier | modifier le code]

Eugène II Schneider est le successeur à la tête des établissements Schneider et Cie d'Eugène I Schneider, son grand-père, et d'Henri Schneider, son père. Son successeur sera Charles Schneider, son fils. Il cherche à d'améliorer les institutions de prévoyance et d'assistance, crée des écoles Schneider au Creusot afin de former les ingénieurs et les contremaîtres, ouvre des crédits au personnel pour l'achat de maisons et de jardins, élargit le système des retraites.

Président de la Banque de l'Union européenne industrielle et financière, il est membre du conseil d'administration de diverses sociétés financières, dont le Crédit lyonnais, la PLM, la Banque de l'Union parisienne ou bien la Société métallurgique de Normandie, et président de la Banque de l'Union européenne industrielle et financière.

Engagement politique et patronal[modifier | modifier le code]

Maire du Creusot de 1896 à 1900, conseiller général du canton du Creusot-Est de 1898 à 1904, Eugène II Schneider est élu député du Creusot en 1898 puis réélu en 1902 et 1906 avant de se retirer de la vie politique en 1910

La commission de direction du Comité des forges de France en 1914. Premier rang, de gauche à droite : Louis Mercier, François de Wendel, Henry Darcy, Eugène Schneider, Florent Guillain, Robert Pinot, comte Fernand de Saintignon, Léon Lévy, Henri de Freycinet, Camille Cavallier, Émile Ferry, Georges Claudinon. Deuxième rang : Armand Résimont, Ernest Lesaffre, Claudius Magnin, Léopold Pralon, baron Xavier Reille, Alexandre Dreux, Charles Boutmy, Léon de Nervo, Daniel Bethmont, Edmond Capitain-Geny, François Dujardin-Beaumetz. Peinture d'Adolphe Déchenaud, au siège de Schneider, rue de Madrid, Paris[3].

Il est aussi très impliqué dans le Comité des forges. Il publie aussi de nombreuses brochures où il expose ses écrits théoriques sur le capitalisme, sur « les relations entre patrons et ouvriers » et sur « les assurances sociales ». Lors de la grand grève de 1899-1900, il acquiert une réputation de briseur de grève en pratiquant le lock-out et en étant à l'origine de la création du premier syndicat jaune le 29 octobre 1899[4]. Cette attitude lui vaut d'être l'objet de critiques nourries de la gauche qui dénonce l'"entrepreneur de bombes funèbres". Symbole des 200 familles, Eugène et sa famille font l'objet de nombreux pamphlets et attaques de la presse satirique[5].

Eugène Schneider est l'un des initiateurs de l'Union des industries métallurgiques et minières (UIMM), qui est légalement créée en , en réaction au décret du 17 septembre 1900 instaurant des Conseils régionaux du travail par Alexandre Millerand. Une préfiguration de ces Conseils régionaux du travail avait déjà été imposée à Eugène Schneider en 1899 par la décision arbitrale de Pierre Waldeck-Rousseau, à la suite de la grève générale du Creusot en septembre-octobre 1899. Eugène Schneider avait alors écrit à de nombreux dirigeants industriels pour « travailler au groupement d'industriels qui, jusqu'à présent, n'avaient pas encore jugé nécessaire de se réunir en comités patronaux »[6]. L'Union est fondée à l'initiative de certains membres du Comité des forges, créé en 1864[7], dont certaines personnalités, comme Camille Cavallier, estiment qu'il est incapable de faire face à la situation nouvelle. L'objectif formulé par Eugène Schneider est très clair : « organiser l'entente des patrons afin de résister aux grèves des ouvriers. »[8].

Par ailleurs, Schneider accomplit des missions officielles à l'étranger.

Le 5 mai 1934, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

Il est inhumé dans le caveau familial des Schneider dans l'église Saint-Charles au Creusot.

Hommages[modifier | modifier le code]

Au Creusot, une statue en bronze sur un socle de pierre polie (de Paul Landowski) le représente en tenue de membre de l'Institut de France avec l'épée sur le côté et dans la main le plan d'urbanisme de la ville du Creusot qu'il a élaboré. Cette statue a été inaugurée le 30 septembre 1951 sur le boulevard du Guide au Creusot, rebaptisé depuis boulevard Henri-Paul Schneider, du nom de son fils mort à la guerre (1914-1918).

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Eugène II Schneider », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Références[modifier | modifier le code]

  1. appelé parfois Eugène II Schneider pour le distinguer de son grand-père
  2. http://www.genea-bdf.org/BasesDonnees/genealogies/schneider.htm
  3. Collectif, Les Schneider, Le Creusot: une famille, une entreprise, une ville (1836 -1960), Fayard, 1995
  4. René-Pierre Parize, Le Creusot : 1898-1900 : la naissance du syndicalisme et les mouvements sociaux à l'aube du XXe siècle, Le Creusot, Les Nouvelles éd. du Creusot, , 296 p. (ISBN 978-2-952-10518-7, OCLC 705878796), p. 189.
  5. Dictionnaire historique des patrons français sous la direction de Jean-Claude Daumas, en collaboration avec Alain Chatriot, Danièle Fraboulet, Patrick Fridenson et Hervé Joly, p. 648
  6. Lettre cité par René-Pierre Parize, Le Creusot : 1898-1900 : la naissance du syndicalisme et les mouvements sociaux à l'aube du XXe siècle, Le Creusot, Les Nouvelles éd. du Creusot, , 296 p. (ISBN 978-2-952-10518-7, OCLC 705878796), p. 197.
  7. UIMM: Un pilier du patronat vacille, Les Échos, 17 octobre 2007
  8. Cité par René-Pierre Parize, op. cit..

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]