Henri Schneider

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Henri Schneider
Henri Schneider (1840-1898).png
Portrait par Aimé Morot.
Fonctions
Député de Saône-et-Loire
-
Régent de la Banque de France
-
Conseiller général de Saône-et-Loire
-
Maire du Creusot
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 57 ans)
Paris
Nationalité
Activités
Famille
Père
Mère
Constance Lemoine des Mares (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Zélie Asselin (d) (de à )
Eudoxie Asselin (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Eugène II Schneider
Constance Schneider (d)
Zélie Schneider (d)
Madeleine Le Clerc de Juigné
Marguerite Schneider (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Parti politique
Distinction

Henri Adolphe Eugène Schneider est un industriel et homme politique français, né au Creusot (Saône-et-Loire) le et mort à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Adolphe Eugène Schneider est le fils du maître de forges Eugène I Schneider, ministre de l'Agriculture et du Commerce en 1851, et le petit-fils de Gilles Lemoine des Mares.

Jean Huret, journaliste au Figaro le décrit ainsi : »Un homme de haute taille, au cou court et sanguin, blond, grisonnant, à la tête énergique et brutale, la moustache tombante poivre et sel, les yeux clairs, le teint rouge, beaucoup d’entrain, avec un pu d’affectation dans son aisance bon enfant ».

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Il est élevé dans l’Hôtel particulier de son père rue Boudreau. Il a pour compagnon de jeu les deux filles de la maitresse de son père, Madame Asselin qui vit dans cet hôtel.

Marié deux fois, il est le père de sept enfants :

Enfants avec Marie Julie Zélie Asselin (1847-1869) fille ainée de Madame Asselin, qui meurt  jeune à 22 ans de la diphtérie :

Portrait de sa seconde épouse, née Eudoxie Asselin.

Enfants avec Louise Pauline Eudoxie Asselin (1853-1942), sœur de Zélie, qu’il épouse deux ans après son veuvage : :

Il ne semble pas avoir partagé l’amour de son père pour la peinture classique flamande et hollandaise, puisqu’il vendra toute sa collection de tableaux ainsi que l’hôtel de la rue Boudreau quelques mois après la mort d’Eugène. Il confessait lui-même sa frustration de n’avoir aucune culture artistique.

Il meurt à Paris, dans son hôtel particulier, au 137 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Sa santé s’était fortement dégradée suite à un accident de cheval dans sa propriété du Château de la Boulaye.

Il est inhumé dans le caveau familial des Schneider dans l'église Saint-Charles au Creusot.

Sa mort induit un conflit successoral latent, qui éclatera lors du décès de son petit fils Charles en 1960. Les dispositions des contrats de mariage font que la grande majorité des actions sont dévolues à son épouse, puis à ses descendants et non pas à Eugène qui sera minoritaire en actions.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires à Paris, il entre au sein de Schneider et Cie, l’entreprise familiale. Il y fait une rapide ascension : secrétaire général (1860) ; sous-directeur de l’usine du Creusot (1865);  directeur après le départ d’Alfred Deseilligny suite à sa rupture avec Eugène son père (1866); co-gérant  avec son père (1867). Seul à la tête de l'entreprise durant l'exil d'Eugène Schneider en 1870-71 il lui succède à son décès en 1875.

On dispose de beaucoup d’informations sur la Société Schneider pendant la période de codirection avec son père, grâce à l’abondante correspondance qu’ils ont échangée.

Il met en œuvre le développement de fabrications mécaniques de haute qualité dans l’artillerie, suite à la demande qu’en avait faite Thiers à son père, suite à la défaite de 1870. Cette activité prendra beaucoup d’importance au Creusot, grâce à l’autorisation d’exporter donnée par le gouvernement en 1884. Il rachète les Chantiers de la Méditerranée à Marseille qui possèdent également des usines en Normandie (Le Havre-Harfleur, Le Hoc).

Il met en œuvre une aciérie Martin permettant de couler des lingots de 50 t capables de donner les ébauches de canons de grandes dimensions. En 1878, Il inaugure le marteau pilon de 100 t, le plus puissant du monde et maintenant symbole de la Ville du Creusot.

Il développe les aciers au Nickel, inventés par Werth, son métallurgiste, qui font merveille dans les plaques d’acier de blindage dans tous les concours internationaux.

Il achète l’exclusivité par la France du brevet de Thomas et Gilchrist qui permet de déphosphorer l’acier.

Il s’associée aux de Wendel pour fonder l’Aciérie de Joeuf en 1879.

Il lance l’activité de construction électrique au Creusot, essentiellement pour remplacer la force motrice des machines par des moteurs électriques, en acquérant des technologies étrangères (Ganz).

Il est également administrateur de la Compagnie des chemins de fer d'Orléans et régent de la Banque de France de 1866 à 1898, à la suite de son père.

Engagement politique et patronal[modifier | modifier le code]

Il est maire du Creusot de 1871 à 1896, conseiller général du canton du Creusot de 1876 à 1898 et député boulangiste de Saône-et-Loire de 1889 à 1898. Sollicité par une lettre personnelle du général Georges Boulanger, Henri Schneider accepte de porter la livrée « révisionniste » ; mais il précise, dans sa proclamation électorale, qu'il veut avant tout « l'ordre, la paix, la liberté ».

Il se fait connaître par ses initiatives paternalistes inspirées par le catholicisme social et fonde notamment l'hopital du Creusot appelé « Hôtel-Dieu ». Dès 1877, il avait institué un système de retraites pour son personnel et s'attachait particulièrement à développer les institutions sociales ouvrières

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Au Creusot, une statue en bronze sur un socle en pierre (de Émile Peynot) le représente assis sur une chaise une carte dépliée sur ses genoux. Le devant du socle est décoré par deux futs de canons croisés reposant sur des lauriers, à l'arrière du socle se trouve un creuset crachant des flammes, desquelles émerge la silhouette du Creusot. Différents personnages en pierre complètent le socle, à droite, appuyé sur le soubassement du monument, un forgeron en tenue de travail (tenaille, sabots, tablier de cuir, masque relevé) symbolise le travail et la sécurité accordés par le patron. À gauche, un vieil ouvrier en uniforme de la maison de retraite Saint-Henri discute avec un jeune écolier. Ils représentent tous les deux la prise sociale. Cette statue fut inaugurée le sur la place devant l'hôpital du Creusot.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Beaucarnot, Les Schneider, une dynastie, Hachette Littérature, 1986
  • Elvire de Brissac, Ô dix-neuvième !, Grasset, prix Femina essai, 2001
  • Elvire de Brissac, Il était une fois les Schneider, Grasset, 2007
  • Dominique Schneidre, Les Schneider, Le Creusot, Fayard, 1995
  • Dominique Schneidre, Fortune de mère, Fayard, 2001
  • André Laffly, Le pays du Creusot, d'une révolution à l'autre, 1800-1850, Le Creusot, Académie François Bourdon & les Nouvelles éditions du Creusot, , 236 p. (ISBN 978-2-918847-13-7)
  • André Laffly, Le Creusot Les Schneider L'usine dans la ville 1850-1898, 2017, Académie François Bourdon
  • Dominique Schneider, Les Schneider, Le Creusot : une famille, une entreprise, une ville (1836 -1960) : Paris, Catalogue de l'exposition au Musée d'Orsay, 27 février-21 mai 1995, Le Creusot, Ecomusée, 23 juin-30 novembre 1995, Paris, A. Fayard Réunion des musées nationaux, , 366 p. (ISBN 978-2-213-59407-1 et 978-2-711-83183-8, OCLC 807170222)pr
  • « Henri Schneider », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Agnès D'Angio, « La branche travaux publics de Schneider et Cie : Naissance et développement (1895-1949) », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 2e trimestre 1995, « Entreprises et entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics (XVIIIe-XXe siècles) », p. 331-343, lire en ligne.
  • Claude Beaud, « De l'expansion internationale à la multinationale Schneider en Russie (1896-1914) », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 4e trimestre 1985, p. 575-602, lire en ligne.
  • Claude Beaud, « Les Schneider marchands de canons (1870-1914) », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 1er trimestre 1995, p. 107-131, [www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1995_num_14_1_1763 lire en ligne].
  • Claude Beaud, « L'innovation des établissements Schneider (1837-1960) », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 3e trimestre 1995, p. 501-518, lire en ligne.
  • Daijiro Fujimura, « Schneider et Cie et son plan d'organisation administrative de 1913 : analyse et interprétation », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 2e trimestre 1991, p. 269-276, lire en ligne.