Décolonisation de l'Afrique

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La décolonisation de l'Afrique correspond au retrait des puissances coloniales de l'Afrique après la Seconde Guerre mondiale.

État des lieux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Partage de l'Afrique.
Possessions européennes en Afrique, 1930.
  •      Allemagne
  •      Belgique
  •      Espagne
  •      France
  •      Grande-Bretagne
  •      Italie
  •      Portugal
  •      États indépendants
Cecil Rhodes: projet du Chemin de fer Le Cap-Le Caire. Fondateur de la compagnie De Beers, une des premières compagnies mondiales du diamant, Rhodes était aussi le propriétaire de la British South Africa Company, qui s'est approprié la Rhodésie. He wanted to "paint the map British red", une de ses déclarations célèbres : "Toutes ces étoiles… ces mondes immenses qui restent hors d'atteinte. Si je le pouvais, j'annexerais les autres planètes"[1].

Durant le partage de l'Afrique à la fin du XIXe siècle, les puissances européennes ont divisé l'Afrique et ses ressources en zones politiques à la Conférence de Berlin de 1884-85.

En 1905 le territoire africain est complètement approprié par les nations européennes, à l'exception du Liberia et de l'Abyssinie. La Grande-Bretagne et la France ont les plus grandes possessions, mais le Portugal, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et la Belgique et sont également plus ou moins largement propriétaires de portions du territoire africain. L'Afrique a d'un côté souffert, à court et à long terme, des effets de la colonisation et de l'impérialisme, avec l'exploitation de ses ressources naturelles comme l'or et les diamants et de sa main-d'œuvre, le bouleversement économique, social et culturel, une division géopolitique et un assujettissement politique. D'autre côté, le transfert d'éléments de la civilisation européenne et la constitution d'unités politiques plus larges a ouvert de nouvelles perspectives[2].

Causes[modifier | modifier le code]

Sur le plan africain, la Seconde Guerre mondiale a vu les colonies venir en aide à leurs colonisateurs dans le processus de guerre, mais sans mention de l'indépendance pour les nations africaines. Le dominion de Union sud-africaine dirigée par Jan Smuts est entrée en guerre aux côtés des Alliés, s'est engagée en Égypte et à Madagascar et a participé à la libération de l'Éthiopie. La plupart des gouverneurs coloniaux français ont montré leur loyauté au Régime de Vichy jusqu'en 1943. La propagande allemande durant la guerre n'est pas étrangère à cette méfiance envers l'autorité britannique. Du fait que la conquête impériale japonaise ait commencé en Extrême-Orient, elle a fait face à une insuffisance en matière première telle que le caoutchouc et divers minerais. L'Afrique était alors forcée de compenser cette pénurie et a beaucoup bénéficié de ce changement. Un autre problème clé auquel les européens ont dû faire face était la présence d'U-boots (sous-marins allemands) qui patrouillaient dans l'Océan Atlantique. Ceci a réduit la quantité de matières premières transportées vers l'Europe et a poussé à la création d'industries locales en Afrique. Ces industries ont, à leur tour, causé l'agrandissement et la création de nouveaux quartiers. Avec l'accroissement des zones urbaines et de l'industrie est venue celle des syndicats. En plus des syndicats, l'urbanisation a encouragé la lecture et l'écriture, qui ont favorisé la naissance de journaux pro-indépendance.

En 1941, Roosevelt et Churchill se rencontrent pour discuter du monde de l'après guerre. Il en résulte la Charte de l'Atlantique. L'une des clauses de ce document, introduite par Roosevelt, était l'autonomie des colonies impériales. Après la seconde guerre mondiale il y avait donc une pression sur les britanniques de se conformer aux termes de la Charte de l'Atlantique. Lorsque Churchill a introduit la charte au parlement, il a expressément transposé les colonies en pays récemment conquis à l'Allemagne pour pouvoir la faire passer. Après la guerre, les colonies africaines étant toujours considérées "infantiles" et "immatures", des gouvernements démocratiques n'ont été introduit qu'à l'échelle locale.

Durant les années 1930, les puissances coloniales ont pris soin d'entretenir une minorité d'élites leaders, formées dans les universités occidentales et familières avec des idées comme l'autodétermination. Ces leaders, dont quelques nationalistes majeurs comme Kenyatta (Kenya), Kwame Nkrumah (Côte-de-l'Or, Ghana), Léopold Sédar Senghor (Sénégal) et Félix Houphouët-Boigny (Côte d'Ivoire), ont mené la bataille pour l'indépendance.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des colonies britanniques et françaises, la transition à l'indépendance a été relativement pacifique. Certains colons désapprouvaient cependant l'introduction de gouvernements démocratiques.

À la suite de la décolonisation, l'Afrique a affiché une instabilité politique, un désastre économique et une dépendance à la dette. L'instabilité politique est arrivée avec l'introduction des influences marxiste et capitaliste ainsi que les frictions permanentes dues aux inégalités entre les races. Ceci menait à la guerre civile, des mouvements nationalistes noirs ont participé à des attaques violentes à l'encontre des colons blancs, tentant de mettre fin à la "dominance de la minorité blanche" dans les gouvernements.

D'autres violences ont lieu à cause du désaccord relatif au découpage géographique fait durant la colonisation. Malgré une acceptation très répandue de ce découpage, des conflits frontaliers comme ceux entre le Tchad et la Libye, l'Éthiopie et la Somalie et le Nigeria et le Cameroun surgissent, parfois encore aujourd'hui.

Un autre résultat du colonialisme, suivi de la décolonisation, fut l'appauvrissement en ressources naturelles de l'économie africaine sans possibilité de diversification de l'exportation de ses cultures commerciales vers les pays colons. Souffrant de famine et de sécheresse, l'Afrique a lutté pour industrialiser sa main-d'œuvre frappée par la pauvreté, avec des fonds insuffisants.

Dans une tentative d'influencer le Tiers Monde pour qu'il adopte, soit l'idéologie du capitalisme, soit celle du communisme, les États-Unis et l'Union soviétique ont prêté de la nourriture et de l'argent à l'Afrique. Pour nourrir, éduquer, et moderniser ses populations, l'Afrique a emprunté des sommes importantes à diverses nations, banques et compagnies. En retour, les créanciers ont contraint les pays africains à dévaluer leurs monnaies et ont tenté d'exercer une influence politique en Afrique. Cependant, l'argent emprunté ne relèva pas l'économie dévastée. Les énormes capitaux empruntés étant habituellement dilapidés par la mauvaise gestion des dictateurs corrompus, les problèmes sociaux comme l'éducation, la santé, et la stabilité politique ont été ignorés.

Les dérivés de la décolonisation, l'instabilité politique, les conflits frontaliers, l'écroulement économique, et une dette énorme continuent de ronger l'Afrique aujourd'hui.

À cause de l'occupation militaire actuelle, le Sahara espagnol (aujourd'hui Sahara occidental), n'a jamais été complètement décolonisé. La majorité du territoire est sous administration marocaine, la partie restante étant administrée par la République arabe sahraouie démocratique.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Dates d'indépendance des pays africains.

Notez que seul le Liberia (indépendant en 1847) est daté d'avant 1949 n'a jamais été colonisé car il restait sous l'emprise et la protection des États-Unis. L'Éthiopie sera occupée en 1936 par l'Italie pendant 5 ans.

  • Chronologie détaillée de la décolonisation franco-africaine: voir l'article Décolonisation

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sarah Millin, Rhodes, London, 1933, p. 138
  2. Voir d'excellente synthèse présentée par Elikia M'Bokolo dans Afrique Noire: Histoire et Civilisations, tome II, Du XIXe siècle à nos jours, 2e éd., Paris: Hatier, 2004

Source[modifier | modifier le code]