Débit d'absorption spécifique

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L'indice de débit d'absorption spécifique ou DAS (aussi connu sous sa dénomination anglaise SAR pour Specific Absorption Rate) est un indice indiquant la puissance d'un flux d'énergie véhiculée par les ondes radiofréquences absorbée par l'usager d'un appareil radioélectrique (téléphone portable, tablettes, montre connectée par exemples), lorsque cet appareil fonctionne à pleine puissance et dans les pires conditions d'utilisation.

Dans le Système international, l'unité de mesure du DAS est le watt par kilogramme (W/kg), équivalent au m2/s3.

L'absorption de champs électromagnétiques entraîne une élévation de température des tissus dans le corps (effet thermique).

Plus le DAS d'un appareil radioélectrique est faible, moins cet appareil a le potentiel d'être dangereux pour la santé car les tissus de l'utilisateur reçoivent moins d'énergie.

Aux États-Unis, la FCC exige que les téléphones commercialisés aient un niveau de DAS "tête" et "tronc" inférieur à 1,6 W/kg pour 1 gramme de tissu.

Au sein de l'Union européenne, la limite de DAS pour la "tête" et le "tronc" est de 2 W/kg, pour les "membres" de 4 W/kg, pour 10 grammes de tissu durant une exposition de 6 minutes. Pour l'exposition de l'intégralité du corps humain, le seuil du DAS corps entier est de 0,08 watt/kg[1].

Application à la santé[modifier | modifier le code]

Les connaissances sur les ondes électromagnétiques sont aujourd'hui encore à approfondir.

De nombreuses études scientifiques tendent à prouver l'innocuité de ces ondes à faibles doses (en dessous de 2 W/kg sur 10 g) [2],[3], mais aucune n'a pu clairement l'établir.

D'autres études scientifiques ont en revanche mis en évidence des dangers à terme pour le corps humain, tels que des cancers[4] ou la perméabilisation des membranes cellulaires (telles que la barrière hémato-encéphalique [5]).

À l'heure actuelle, les fréquentes évolutions technologiques des téléphones portables ne permettent pas d'avoir une connaissance fiable du risque. En effet, il faut plusieurs années pour mener une étude épidémiologique ayant assez de pertinence pour s'appliquer aux faibles doses de rayonnement émis par les téléphones portables.

Ainsi, les études dont nous disposons aujourd'hui ne concernent que les premières générations de téléphones portables. Mais depuis, la 3G se développe et les fréquences évoluent.

De nombreuses études concluent à un très faible risque voire à leur absence [6].

A contrario, selon une étude épidémiologique suédoise conduite par Kjell Mild, les utilisateurs intensifs de téléphones mobiles auraient un risque 2,9 fois plus élevé d'être atteints d'une tumeur maligne au cerveau du côté où ils utilisent leur téléphone[7].

L'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail (AFSSET) a publié en juin 2005 un nouvel avis[8] sur les téléphones portables.

De son côté l'Agence européenne pour l'environnement, compte tenu des doutes subsistants, préconise l'application du principe de précaution, et donc de réduire les limites d'expositions actuelles [9], [10]. L'Association Santé Environnement France (ASEF), qui réunit 2 500 médecins, recommande d'utiliser un téléphone avec un DAS bas[11]. Une valeur faible du débit d'absorption spécifique permet de diminuer l’exposition aux ondes électromagnétiques.

Recommandations lors de communication de type GSM/GPRS/UMTS[modifier | modifier le code]

Il est conseillé d'éloigner le combiné des zones sensibles du corps.
    • Contre le cœur, l’aisselle, la hanche ou les parties génitales...
    • À moins de 20 cm d’un implant cardiaque ou autres implants métalliques.
    • Le ventre d’une femme enceinte car les cellules de l’embryon sont très sensibles aux rayonnements.
  1. Ne gardez pas votre téléphone mobile allumé ou en recharge à moins de 50 cm de votre tête (exemple: durant votre sommeil) mettez le en "mode avion".
  2. Utilisez un kit piéton filaire ou activez le haut-parleur du téléphone, pas de Bluetooth.
  3. Téléphoner autant que possible dans des conditions de bonne réception. Si un GSM/Smartphone cherche un relais lors de déplacement ou dans une zone mal couverte par l’opérateur, son DAS peut augmenter.

Les mesures[modifier | modifier le code]

Formule du DAS[modifier | modifier le code]

Le débit d'absorption spécifique DAS se calcule à partir des grandeurs physiques suivantes :

  • le champ électrique dans les tissus : ,
  • la densité de courant J dans les tissus : ,
  • l'élévation de température dT/dt dans les tissus :
Avec :
E J ρ σ ci dT/dt
champ électrique en V/m densité de courant [A/], obtenue à partir des champs magnétique et/ou électrique. masse volumique du tissu kg/ conductivité électrique du tissu S/m capacité thermique du tissu en J/(kgK) dérivée de la température des tissus par rapport au temps en K/s

Organismes chargés des mesures du DAS[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, l'organisme officiel chargé de valider les mesures du DAS (entre autres) est la FCC (Commission fédérale des communications).

En France[modifier | modifier le code]

En France l'organisme officiel chargé de ces contrôles est l'ANFR (Agence Nationale des fréquences). L'Agence publie ses résultats en libre accès sur sa propre plateforme (en open data) de partage des données[12]. Les mesures sont effectués selon un cahier des charges spécifique[13] suivant la réglementation européenne[14].

Différences de valeurs selon la mesure DAS utilisée (EU / US)[modifier | modifier le code]

Il existe des différences de valeurs de niveau d'exposition, pour un même modèle de téléphone, selon la méthode de mesure utilisée (norme européenne ou norme américaine). Ces différences de normes peuvent dans certains cas amener à des résultats qui paraissent incohérents. De plus les tests effectués généralement sur des mannequins humanoïdes[13] peuvent avoir des résultats qui diffèrent des mesures faites lors de l'usage en conditions réelles[15].

Nouvelles obligations réglementaires à compter du 1er juillet 2020[modifier | modifier le code]

Le gouvernement français fait évoluer la réglementation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques des équipements qui contiennent un ou plusieurs émetteurs d’ondes électromagnétiques (Bluetooth, wifi, 3G/4G/5G, réseaux bas-débits type Sigfox ou Lora) par l'Arrêté du 15 novembre 2019 relatif à l’affichage du débit d’absorption spécifique des équipements radioélectriques et à l’information des consommateurs.

La règlementation en France (loi « Abeille »)[modifier | modifier le code]

Avant la loi Abeille[modifier | modifier le code]

Jusqu’au 1er juillet 2020, seuls les « terminaux radioélectriques » (c’est-à-dire essentiellement les téléphones mobiles et certains téléphones DECT) sont concernés par la réglementation française relative à l’exposition aux ondes électromagnétiques. Leurs fabricants sont soumis à des obligations de mesurage du DAS et, depuis 2010, ils doivent en publier la valeur dans les publicités et les lieux de vente. Ces dispositions s’ajoutent à celles qui s’imposent en Europe, au titre notamment de la Directive RED.

La loi Abeille[modifier | modifier le code]

Sous l’impulsion de Madame la Députée Laurence Abeille, le législateur a décidé, en 2015[16], d’étendre ces obligations à un plus grand nombre de produits émettant des ondes électromagnétiques et susceptibles d’être utilisés à proximité du corps humain.

Ainsi, à partir du 1er juillet 2020, des obligations nouvelles résultant de cette loi s’appliquent aux fabricants, importateurs et distributeurs à tous les produits sans fil et connectés. Ceux-ci ont l’obligation de publier les valeurs de DAS pour les produits et équipements qui contiennent un ou plusieurs émetteurs d’ondes électromagnétiques dont la puissance totale dépasse 20 mW (soit 13 dBm) et seront utilisés de manière « raisonnablement prévisible » (voir explications ci-dessous) à une distance inférieure à 20 cm du corps humain. Ces valeurs doivent apparaitre dans les notices, sur les packagings, publicités, sites internet et lieux de vente notamment.

Surveillance du marché[modifier | modifier le code]

Le contrôle par les Etats Membres du respect de ces exigences réglementaires s’effectue a posteriori, après la mise sur le marché de l’équipement.

En France, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) est chargée des vérifications relatives aux radiofréquences. Elle prélève, de manière inopinée, des produits mis en vente, fait réaliser des tests en laboratoire et rend publics les résultats. Les produits non conformes sont immédiatement retirés du marché et des amendes peuvent être infligées. Entre 2018 et 2019, 5 téléphones mobiles ont ainsi été interdits de mise sur le marché en France.

La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) peut également effectuer des contrôles inopinés pour vérifier le respect, par le fabricant ou le metteur sur le marché, de l’ensemble des obligations réglementaires en vigueur.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documentation externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie :

Liens externes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) A whole-body average SAR of 0.4 W/kg has therefore been chosen as the restriction that provides adequate protection for occupational exposure. An additional safety factor of 5 is introduced for exposure of the public, giving an average whole-body SAR limit of 0.08 W/kg. « Copie archivée » (version du 6 août 2018 sur l'Internet Archive) icnirp.org
  2. http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/informatique-electronique-telecoms-thematique_193/les-champs-electromagnetiques-pourraient-influencer-la-memoire-article_63355/
  3. Effect of mobile telephony on blood-brain barrier permeability in the fetal mouse brain. Finnie JW et al, Hanson Institute Centre for Neurological Diseases, Institute of Medical and Veterinary Science, Adelaide, South Australia
  4. [1] « Copie archivée » (version du 6 août 2018 sur l'Internet Archive) Résultats de l'étude européenne REFLEX
  5. Comobio - SP6
  6. [2] Article sur une étude britannique sur le gliome du British Medical Journal
  7. [3] Article sur l'étude suédoise menée par Kjell Mild
  8. [4] Avis de l'AFSSET concernant les effets biologiques des ondes électromagnétiques
  9. (en) « Radiation risk from everyday devices assessed », Communiqué de presse, sur European Environment Agency, (consulté le 23 juillet 2011)
  10. http://www.icnirp.org/documents/emfgdl.pdf « Copie archivée » (version du 6 août 2018 sur l'Internet Archive) ICNIRP guidelines
  11. http://www.topsante.com/medecine/medecine-divers/environnement-et-sante/telephones-portables-wifi-quels-sont-les-risques-8910/comment-choisir-votre-telephone-portable-17995
  12. « ANFR Open Data », sur data.anfr.fr (consulté le 16 février 2020)
  13. a et b « La mesure du DAS », sur www.anfr.fr, (consulté le 16 février 2020)
  14. « Le contrôle du DAS », sur www.anfr.fr, (consulté le 16 février 2020)
  15. « DAS réel / DAS mesuré (maximal) », sur www.anfr.fr, (consulté le 16 février 2020)
  16. Loi n°2015-136 du 9 février 2015 relative à la sobriété, à la transparence, à l’information et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques.