Croix camarguaise

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Croix camarguaise
ou croix des gardians
2003 saintes croix de gardians Photo 829.jpg
Réplique de 1930, de la première croix camarguaise de 1926, des Saintes-Maries-de-la-Mer
Artiste
Date
1926
Commanditaire
Type
Technique
Localisation
Saintes-Maries-de-la-Mer (copie de la croix originelle au Museon Arlaten d'Arles) (Drapeau de la France France)
Commentaire
Déclinée sous différentes formes ferronnerie, sculptures, décorations, bijoux...

La croix camarguaise, ou croix de Camargue ou encore croix des gardians, est un symbole de la Camargue créé de toutes pièces en 1926 par le peintre Hermann-Paul à la demande du marquis Folco de Baroncelli pour représenter la « nation camarguaise » de gardians et de pêcheurs[1]. Elle incarne les trois vertus théologales du christianisme : la foi (avec ses tridents de gardians en croix chrétienne), l'espérance (avec son ancre des pécheurs), et la charité (avec son cœur des saintes Maries)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

La croix camarguaise est conçue en 1926 par l'artiste peintre-illustrateur Hermann-Paul (1864-1940)[3], à la demande de son ami le marquis-écrivain-manadier Folco de Baroncelli (1869-1943), considéré comme l'« inventeur » de la Camargue. Après avoir fondé l'association Nacioun gardiano en 1904, afin de « maintenir et de glorifier le costume, les us et les traditions du pays d'Arles, de la Camargue et des pays taurins », il s'inspire de l'ancre de marine pour représenter avec cette croix la « nation camarguaise » de gardians et de pêcheurs[4].

Le poète Joseph d'Arbaud et son trident de gardian.

Elle est fabriquée en fer forgé par Joseph Barbanson, forgeron des Saintes-Maries-de-la-Mer, dans son atelier de la Place de la Révolution (l'actuelle place du Grenier à Sel). C'est lui qui suggère de remplacer par des tridents les trois fleurs de lys qui étaient prévues[5].


Inauguration[modifier | modifier le code]

Elle est inaugurée par le Comité des amis du marquis de Baroncelli le 7 juillet 1926, sur un terre-plein à côté de la recette postale (face à l'actuel bâtiment du « Grand Large »). Lors de cette fête, de nombreuses personnalités et le marquis de Baroncelli et ses amis sont présents : le poète Joseph d'Arbaud, Rul d’Elly, Maguy Hugo (petite-fille de Victor Hugo), Madame de la Garanderie, Fanfonne Guillierme, la famille des éditeurs Aubanel, Pauline Ménard-Dorian et son mari le peintre Hermann-Paul[6].

Diffusion[modifier | modifier le code]

La croix est transférée une dizaine d'années plus tard au Pont du Mort (ou du Maure), à l'entrée ouest du village, route d'Aigues-Mortes. Après avoir été légèrement déplacée, elle s'y trouve encore aujourd'hui. La croix originelle ayant été dérobée, c'est une copie qui est actuellement visible.

En juillet 2016, la croix de Camargue fête ses 90 ans[7]. Elle a conquis toute la Camargue provençale et gardoise. Elle est présente également à Marseille (basilique Notre-Dame-de-la-Garde, église Saint-Pierre-ès-Liens de l'Estaque, esplanade de la Bonne Mère[8]), à Toulon[9], à Istres[10], et en Avignon dans le Vaucluse... Le jumelage de Radolfzell avec Istres explique sa présence en Allemagne[10].

Symbolisme[modifier | modifier le code]

La croix camarguaise symbolise la « Nation camarguaise » (ou « Nation gardiane ») en associant les symboles des gardians, des pêcheurs et des saintes Maries de la Camargue [11]. Avec ses éléments de symbolique chrétienne primitive, elle incarne les trois vertus fondamentales chrétiennes :

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir. Wikimedia Commons présente d’autres illustrations sur Croix camarguaise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La croix Camarguaise », sur www.chevalcamargue.fr (consulté le 20 juillet 2019)
  2. « croix camarguaise », sur fr.wiktionary.org (consulté le 20 juillet 2019).
  3. Jean-Pierre Cassely, Provence insolite et secrète, Paris, Éditions Jonglez, 2006, 283 p., p. 181.
  4. Catherine Grive, Camargue, Petit Futé, , 123 p. (ISBN 978-2-84768-194-9 et 2-84768-194-9, lire en ligne)

    « En 1904, le marquis de Baroncelli-Javon (1869-1943), manadier avignonnais, crée la Natioun gardiano, association s'engageant à maintenir l'élevage taurin, les traditions camarguaises et le costume traditionnel. »

  5. « Une croix du pont du Mort », sur le site du musée de la Camargue.
  6. Henri Gourdin, Les Hugo, Grasset, , 480 p. (ISBN 978-2-246-85728-0, lire en ligne)
  7. « Croix Camarguaise | Provence 7 », sur www.provence7.com (consulté le 8 août 2016)
  8. « Monument des Marins - Site officiel de la Basilique Notre-Dame de la Garde Marseille », sur www.notredamedelagarde.com (consulté le 8 août 2016)
  9. gitane-de-toulon, « la croix de camargue », (consulté le 8 août 2016)
  10. a et b « RADOLFZELL Ville jumelée avec Istres depuis 1974 », Les Amis du vieil Istres,‎ , p. 25 (lire en ligne)
  11. Maxence Fermine, Noces de sel, Albin Michel, , 126 p. (ISBN 978-2-226-27250-8, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]