Fanfonne Guillierme

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Fanfonne Guillierme
Le Cailar, Fanfonne sur Pescalune 1983 (Photo Robert Faure).jpg

Fanfonne sur le cheval Pescalune, en 1983.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 93 ans)
AimarguesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Antoinette GuilliermeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité

Fanfonne, née Antoinette Guillierme le à Paris et morte le à Aimargues, est une manadière française. Elle est appelée « la Grande Dame de la Camargue ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

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Antoinette Guillierme, plus connue sous le nom de Fanfonne, est la quatrième fille de Frédéric Guillierme, homme de sciences parisien et d'Alice Larnac, fille de Julien Larnac et d'Élisabeth de Ville, installés dans un important domaine d'Aimargues, « Le Petit Teillan », dont l'appellation deviendra « Praviel » dans le dernier quart du XIXe siècle.

Dans sa jeunesse, Fanfonne passe ses hivers à Paris au 55, avenue Kléber dans le 16e arrondissement de Paris, apprenant à monter à cheval au bois de Boulogne, et ses vacances dans la propriété languedocienne de ses grands parents, au Mas de Praviel, où naît sa passion pour les taureaux.

Le mas de Praviel.

L'année 1904 décide Alice à quitter définitivement la capitale et habiter dans la propriété du Languedoc avec ses enfants, à la suite d'un incendie qui ravage les entrepôts de la société de transports Cohen-Guillierme.

En 1907, après les graves inondations du Vistre et du Vidourle, la manade Baroncelli vient hiverner chaque année au Mas des amis Guillierme. Dès cette époque Mlle Fanfonne assouvit son engouement pour la bouvine camarguaise. Grande cavalière, sa témérité et son courage l'intègrent spontanément au monde rude et difficile des gardians.

Fanfonne et Tamarisse
Mlle Fanfonne en 1974 (photo Robert Faure).

La guerre est déclarée le , Jean Hecht, arrière-petit-fils du Baron Haussmann, fiancé à Fanfonne depuis 1911, est grièvement blessé durant le conflit mondial. Afin de ne pas entraver la formidable passion de sa promise pour les chevaux, les taureaux et la Camargue, il lui rend sa parole donnée. Accablée de tristesse, pour Fanfonne, il restera le seul amour de sa vie.

Vie en Camargue[modifier | modifier le code]

En 1920, sa mère Alice décide de créer une manade, initialement avec Jean Grand et Joseph d'Arbaud, mais comme au dernier moment Joseph ne peut s’associer pour des raisons financières, la manade aux couleurs azur et or ne s’appellera que Grand-Guillierme dont le premier gardian est Marius Favier qui s'occupe de l'élevage pendant 2 ans, remplacé par l'homme de métier reconnu : René Chabaud. Fanfonne devient alors une grande manadière qui consacre sa vie à la bouvine et au maintien des traditions. En 1926, proche du marquis de Baroncelli, elle participe à l'inauguration de la croix camarguaise aux Saintes-Maries-de-la-Mer[1].

À partir de 1956, secondée par ses gardians, la manadière dirige seule l'élevage qui prend le nom de « manade Fanfonne Guillierme ».

Article détaillé : Manade Guillierme.

Le , accompagnée de son gardian Jacques Espelly, Fanfonne s'envole vers Paris. C'est l'année de la femme. Elle a été choisie par le gouvernement comme ambassadrice de la Camargue au grand rassemblement féministe dont les invitées se sont particulièrement illustrées dans leur rude métier exercé, dans la plupart des cas, par les hommes.

Femme de conviction, elle est à l'origine de la reconnaissance du cheval Camargue en tant que race pure par les Haras nationaux en 1968. Unanimement respectée, elle est appelée « la grande dame de Camargue ». Les frères Espelly la rejoignent ensuite, Jacques en 1938 puis Armand en 1944. Quand elle décède en 1989, ils reprennent sa manade. Ses taureaux sont réputés et remportent de nombreuses fois le prix des cocardiers donc deux Biòu d'Or (meilleur cocardier de la saison taurine camarguaise) avec :

  • Galapian en 1968 (Biòu d'Or)
  • Segren en 1983 (Biòu d'Or)
  • Toubib en 1986 et 89
  • Baron en 1993
  • Floquine en 1996

Entre-temps, en 1959 un lot de ses bêtes, achetées par les frères Ribaud, est à l’origine de cette nouvelle manade.

Fanfonne Guillerme est inhumée au cimetière protestant de Nîmes.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le , elle reçoit à Beaucaire la première médaille du Mémorial de la course camarguaise, frappée par le Conseil général du Gard[2].

Fanfonne est également, après Fernand Granon, présidente d'honneur du club taurin aimarguois[3].

Depuis sa mort, la ville d'Aimargues et la Nacioun gardiano, organisent chaque premier dimanche de mars un grand rassemblement de la bouvine pour lui rendre hommage.

Le , une plaque commémorative à la mémoire de Fanfonne Guillierme est apposée à l'entrée du bâtiment du boulevard portant son nom[4]

En 2010, le sculpteur bronzier Claude crée un buste de Mlle Fanfonne à la demande d'un ami. L'expressivité du personnage y est parfaitement figurée. Les traits de son visage expriment son caractère énergique, empreints de simplicité et d'authenticité[réf. nécessaire].

En 2011, la municipalité d'Aimargues, en relation avec les instances départementales et régionales, décide la création d'une statue équestre. Mlle Fanfonne y est représentée sur son cheval Prince galopant dans les marais aux côtés de ses deux Biòu d'or Galapian et Segren. Le , l'œuvre du sculpteur Ben K est inaugurée en grande pompe sur la place du château noire de monde.[réf. nécessaire].

Références[modifier | modifier le code]

  1. La croix originelle est réalisée par Joseph Barbanson, forgeron aux Saintes-Maries-de-la-Mer et inaugurée le sur un terre-plein de l’ancienne sortie sud-est de la cité camarguaise. À cette fête furent présents de nombreuses personnalités et les amis du Marquis de Baroncelli : le poète Joseph d'Arbaud, Delly, Maguy Hugo (la petite-fille du grand poète Victor Hugo), Madame de la Garanderie, Fanfonne Guillierme, la famille des éditeurs Aubanel, le peintre Paul Hermann, et bien d'autres.
  2. « Beaucaire », La Bouvino, no 79,‎ , p. 65
  3. Axel Allais, « L'événement de l'année 2008 : Les 110 ans du Club taurin La Balestilla », Bulletin de liaison de Litoraria, no 9,‎
  4. [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]