Fer forgé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

En termes de serrurerie, le fer forgé est un fer qui a été travaillé sous le marteau[S 1]. Dans l'inconscient collectif, le fer forgé est principalement associé aux travaux de ferronnerie et au travail du ferronnier ou du forgeron. À la révolution industrielle un fer forgé formé par puddlage sera également employé dans la construction métallique et dans les chemins de fer. Ce dernier sera remplacé par l'acier à partir de 1880.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant la révolution industrielle le fer était fabriqué par chauffage du minerai au charbon de bois. La température du bas fourneau suffisait à la reduction de l'oxide de fer, mais était maintenue sous la température de fusion du fer pour éviter la production de fonte brute. Les quantités traitées étaient modestes et ne permettait que la confection d'objets de taille limitée, dans la construction, des éléments d'assemblage ou de renfort, ainsi que les serrureries qui ont donné le nom à la discipline qui s'occupe des objets manufacturés en fer, la serrurerie. L'étampage qui consiste à frapper le métal chauffé dans une forme en fer lui conférait éventuellement une résistance plus importante.

À l'ère de la révolution industrielle, le Puddlage mis au point par Henry Cort en 1784 permet de produire un fer "forgeable", c'est-à-dire façonnable à souhait, ce qui n'est pas le cas de la fonte (Celle-ci a alors réalisé quelques percées spectaculaires dans la construction des ponts métalliques). Ce nouveau fer est appelé fer puddlé ou fer forgé selon les sources. Toutefois le travail de forge s'est déplacé de l'atelier du forgeron, vers les ateliers des usines sidérurgiques. Le fer forgé est remplacé par l'acier à partir de 1880.

Le fer forgé a donc pu être un fer de diverses qualités façonné dans une forge.

Qualités de fer forgé[modifier | modifier le code]

Le terme fer forgé peut donc faire référence à :

Un fer de qualité médiocre employé en serrurerie avant le XIXe siècle

Le bas fourneaux produit la loupe qui est cinglée pour en extraire les scories. La qualité du fer dépendait donc du minerai d'origine et de l'habileté du forgeron pour en extraire les scories par battage.

Même le fer puddlé, aux premières heures de la révolution industrielle, obtenu par décarburation de la fonte seront longtemps de qualité variable selon les régions notamment[1].

Le fer forgé ancien se distingue par une apparence fibreuse, en lamelle, produite par le travail du métal par le forgeron pour en extraire les scories et aplatir les bulles internes. Ce fer est facile à façonner pour le forgeron, et résiste relativement bien à la corrosion grâce à ses impuretés même s'il présente une rouille superficielle. Il est cassant lorsqu'il est travaillé à froid. Il produit généralement des soudures à l'arc de piètre qualité, et présente des propriétés physiques moindre que les aciers contemporains. Ces aciers possèdent aussi l'avantage de la régularité de la qualité et d'une composition précise aux propriétés physiques prévisibles. Le fer forgé de bas fourneau n'est donc plus produit commercialement.

Un fer selon la méthode wallonne
Article détaillé : Fer Oregrounds.

Il s'agit d'un fer produit par un affinage de forge de fonte brute issue d'un haut fourneau.

Un fer puddlé
Article détaillé : puddlage.

C'est un fer issue de la combustion des impuretés de la fonte brute dans un puddle (brassage de la fonte brute refondue).

Un acier à très faible teneur en carbone

Le fer produit de nos jours est trop pur pour être utilisé en forgeries, les standards imposant une teneur en carbone inférieur à 0,008%. C'est pourquoi le fer forgé actuel est en fait une forme d'acier à faible teneur en carbone. Il est dur, malléable et peut être aisément mélangé à d'autres métaux. Il est cependant trop peu résistant pour la confection de lames et d'épées.

Réalisations en fer forgé[modifier | modifier le code]

Avant la révolution industrielle et dans l'artisanat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Serrurerie.

Les réalisations associées aux techniques de la forge sont aussi appelée fer forgé.

Après la révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Article connexe : Construction métallique.

Du fer forgé ou puddlé.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.M. Morisot, Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment. Vocabulaire des arts et métiers en ce qui concerne les constructions (serrurerie), Carilian, (lire en ligne)
  1. p. 27

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On en tire d'Allemagne, de Suède et d'Espagne ; on en tire aussi de France - Ses mines les plus abondantes sont celles de la Champagne, de la Lorraine, de la Bourgogne - La Normandie, le Maine, le Berry, le Nivernois, la Navarre et le Béarn en fournissent aussi beaucoup - Les fers les plus doux sont ceux d'Allemagne et de Suède ; ceux d'Espagne sont doux, mais sujets à être rouverains - Les fers les plus doux de la France sont ceux du Berry, de la Lorraine et de Montmirail - Dans le Nivernois et sur les rives de la Loire il y en à de doux et de fermes - Il en est encore de doux entre ceux de roche et de Vibray, que l'on désigne sous le nom de roche et de demi-roche - Les fers de Normandie sont aigres ainsi que ceux de Champagne et de Bourgogne, que l'on nomme fers communs. Cité dans Morisot p. 25