Christian Ntsay
| Christian Ntsay | |
Christian Ntsay le 20 août 2025. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Premier ministre de Madagascar | |
| – (7 ans, 4 mois et 2 jours) |
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| Président | Hery Rajaonarimampianina Andry Rajoelina |
| Chef de l'État | Rivo Rakotovao (intérim) Richard Ravalomanana (intérim) |
| Gouvernement | Ntsay I, II, III, IV et V |
| Législature | Ire, IIe et IIIe (IVe République) |
| Prédécesseur | Olivier Mahafaly Solonandrasana |
| Successeur | Ruphin Zafisambo |
| Chef du gouvernement collégial | |
| – (1 mois et 18 jours) |
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| Chef de l'État | Ntsay III (intérim) |
| Représentant de l’Organisation internationale du travail à Antananarivo pour les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles | |
| – (10 ans) |
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| Ministre du tourisme | |
| – (6 mois et 29 jours) |
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| Président | Marc Ravalomanana |
| Premier ministre | Jacques Sylla |
| Gouvernement | Gouvernement Sylla |
| Prédécesseur | Blandin Razafimanjato |
| Successeur | Roger Mahazoasy |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Christian Louis Ntsay |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Antsiranana (Madagascar) |
| Nationalité | Malgache |
| Parti politique | Indépendant |
| Fratrie | Cécile Manorohanta[1] Louis Abel Ntsay |
| Profession | Économiste |
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| Premiers ministres de Madagascar | |
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Christian Ntsay, né le à Antsiranana (Antsiranana I), est un économiste et homme d'État malgache. Il est Premier ministre de 2018 à 2025 et chef du gouvernement collégial officiant entre septembre et , après la démission du président Andry Rajoelina.
À partir de septembre 2025, le gouvernement de Christian Ntsay est confronté à un mouvement de protestation massif déclenché par des pénuries chroniques d'eau et d'électricité. Sa réponse est marquée par une répression brutale des manifestations. Les forces de l'ordre sous ses ordres font un usage systématique de la force, procédant à des arrestations arbitraires, employant des gaz lacrymogènes de manière indiscriminée et commettant des violences physiques contre les manifestants, y compris des journalistes couvrant les événements. Ces actions, qualifiées de disproportionnées par plusieurs organisations internationales, entraînent un nombre important de blessés et alimentent un cycle de violence dans la capitale et plusieurs autres grandes villes.
Face à l'ampleur de la crise et à l'impossibilité de contenir la colère populaire, le président Andry Rajoelina met fin aux fonctions de Christian Ntsay en annonçant la dissolution de son gouvernement le 29 septembre 2025[2].
Biographie
[modifier | modifier le code]Études
[modifier | modifier le code]En 1978 et 1979, il fréquente le lycée mixte de Diego-Suarez où il obtient un baccalauréat, série C[3].
Entre 1982 et 1985, il étudie le droit, l'économie, la gestion et la sociologie, à l'Université d'Antananarivo, où il obtient une licence ès sciences économiques.
Entre 1985 et 1986, il étudie au Centre d'études financières, économiques et bancaires (Paris et Marseille en France), où il obtient un diplôme Techniques de gestion et de direction d'entreprises.
Carrière professionnelle
[modifier | modifier le code]Entre 1998 et 2007, il est consultant national et international pour le compte du Programme des Nations unies pour le développement, de la Banque mondiale, du Fonds des Nations unies pour la population, de l'Union européenne, du Centre de commerce international pour divers domaines : études et enquêtes sectorielles, nationales et thématiques, formulation et évaluation de projets/programmes, emploi, entreprises, développement local, développement humain, formulation CCA-UNDAF, commerce international pour la Commission de l'océan Indien et la Communauté de développement d'Afrique australe, jeunesse, nutrition, développement rural. Durant les années 1997 et 2007 il est président exécutif d'entreprendre à Madagascar.
Entre 1986 et 1992, il est directeur administratif et financier, directeur général adjoint et directeur général du chantier naval Secren, Madagascar. Entre 1985 et 1986, il est auditeur junior au sein du chantier naval Sud Marine Enterprise, à Marseille[4].
Entre 1996 et 2002, Christian Ntsay est président du conseil d'administration des établissements touristiques publics SMTH (Hilton) et CCM (Andilana Beach). De 1993 à 1997, il est nommé le directeur général de la compagnie pétrolière Solima, Madagascar. Entre 1992 et 1998 il est coordonnateur national du projet de coopération technique du BIT/PNUD - Entreprendre à Madagascar « Promotion et développement des micro et petites entreprises ».
Il est, de 2002 à 2003, ministre du Tourisme de Madagascar[5] ; il devient ensuite directeur de la section océan Indien de l'Organisation internationale du travail[6]. Entre 1999 et 2007, il est expert international de l'OIT dans les domaines de l'emploi et des entreprises pour le Sénégal, le Cameroun, les Comores, Madagascar, la Mauritanie, la république démocratique du Congo, le Bénin et Maurice.
De 2008 jusqu'en 2018, Christian Ntsay est représentant de l'Organisation internationale du travail (OIT) à Tananarive pour les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles.
Premier ministre
[modifier | modifier le code]En juin 2018, à la suite d'une crise politique et de la démission d'Olivier Mahafaly, il est nommé Premier ministre par le président Rajaonarimampianina[5]. Le 11 juin, le gouvernement d'union nationale de consensus est formé[7].
Maintenu en poste en janvier 2019 par Andry Rajoelina, président de la République nouvellement élu, il remet sa démission au chef de l'État le 19 juillet suivant à la suite des élections législatives, mais il est reconduit une nouvelle fois dans ses fonctions dès le lendemain[8].
Un nouveau remaniement a lieu le [9].
Chef du gouvernement collégial
[modifier | modifier le code]Le 9 septembre 2023, il est nommé chef du gouvernement collégial formé par la Haute Cour constitutionnelle de Madagascar, chargé d'assurer l'intérim à la suite de la démission du président Andry Rajoelina[10], qui entérine sa campagne électorale pour l'élection présidentielle de 2023[11]. Réduites à l'expédition des affaires courantes, ce qui exclut, sauf exceptions, de procéder à de nouvelles nominations, les décisions relevant des attributs du président de la République sont prises à la majorité, mais le Premier ministre, qui n'est pas chef de l'État, dispose d'une voix pour les départager en cas d'égalité[12]. En principe, le président du Sénat devait assurer ce poste d'intérim à la tête du gouvernement provisoire, mais ce dernier, Herimanana Razafimahefa, a renoncé à l'exercice de cette fonction[13].
Chef du gouvernement
[modifier | modifier le code]Après la réélection d'Andry Rajoelina, Christian Ntsay lui remet sa démission mais est reconduit dans les fonctions le 4 janvier 2024[14]. Le suivant, il remet de nouveau sa démission au président qui l'accepte[15].
Crise de septembre 2025
[modifier | modifier le code]En septembre 2025, le gouvernement de Christian Ntsay est confronté à un mouvement de protestation massif déclenché par des pénuries chroniques d'eau et d'électricité. Sa réponse est marquée par une répression brutale des manifestations. Les forces de l'ordre sous ses ordres font un usage systématique de la force, procédant à des arrestations arbitraires, employant des gaz lacrymogènes de manière indiscriminée et commettant des violences physiques contre les manifestants, y compris des journalistes couvrant les événements. Ces actions, qualifiées de disproportionnées par plusieurs organisations internationales, entraînent un nombre important de blessés et alimentent un cycle de violence dans la capitale et plusieurs autres grandes villes.
La colère populaire trouve sa source dans l'incapacité prolongée du gouvernement Ntsay à garantir l'accès aux services de base. La gestion de la distribution d'électricité est catastrophique, avec des délestages pouvant durer plus de douze heures par jour, paralysant l'économie et la vie quotidienne. De même, la distribution d'eau potable est gravement déficiente, de nombreux foyers étant privés d'eau courante pendant plusieurs jours consécutifs. L'échec à mettre en œuvre les grands projets énergétiques comme Sahofika et Volobe, pourtant présentés comme la solution, symbolise l'inaction et l'impéritie de son administration face à cette crise structurelle.
Le 29 septembre 2025, en réponse aux manifestations massifs, le chef de l'État dissout le gouvernement Ntsay V, une première sous la quatrième République[2].
Distinctions
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Grand-croix 2e classe de l'ordre national Malagasy (2018)- Médaille d'or de la défense nationale[16]
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Premier ministre de Madagascar
- Liste des Premiers ministres de Madagascar
- Gouvernement Ntsay I
- Gouvernement Ntsay II
- Gouvernement Ntsay III
- Politique à Madagascar
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Université de Diego : Défécatoire publique », sur La Gazette de la Grande Ile, (consulté le )
- « EXECUTIF – Andry Rajoelina dissout le gouvernement », sur 2424.mg - L'actualité à Madagascar en temps réel, (consulté le )
- ↑ « CV Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Christian Ntsay », Sobikamada.com, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « CV Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Christian Ntsay », sur gasypatriote.com.
- « Le président nomme Christian Ntsay Premier ministre », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
- ↑ « Cap Océan Indien - Christian Ntsay, directeur du bureau de l'OIT pour l’océan Indien », RFI, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Nomination d'un gouvernement "de consensus" à Madagascar », VOA Afrique, (lire en ligne).
- ↑ Fatoumata Diallo, « Madagascar : Christian Ntsay nommé Premier ministre pour la deuxième fois consécutive », Jeune Afrique, (lire en ligne).
- ↑ Sandra Rabearisoa, « Madagascar : remaniement du gouvernement, 8 ministres limogés », sur aa.com, .
- ↑ Ravo Andriantsalama, « CONSEIL DES MINISTRES - Le gouvernement collégial prend ses marques », sur L'Express de Madagascar, lexpress.mg, (consulté le ).
- ↑ « Présidentielle à Madagascar : le gouvernement collégial sous pression », sur Réunion la 1ère, (consulté le ).
- ↑ (en) « Aucun des membres du Gouvernement collégial ne dispose de pouvoirs particuliers selon la HCC », sur Orange actu Madagascar, (consulté le ).
- ↑ Mandimbisoa R, « Le pouvoir entre les mains du Premier ministre Christian Ntsay », sur Madagascar-Tribune.com, (consulté le ).
- ↑ « Madagascar: le président Andry Rajoelina reconduit Christian Ntsay comme Premier ministre », sur RFI,
- ↑ « Madagascar : la démission du Premier ministre, Christian Ntsay, a été acceptée », sur La 1re,
- ↑ par 2424 mg Actualité et Reportages, « RECONNAISSANCE- Le Premier ministre Christian Ntsay décoré de la médaille de la Défense nationale et de la médaille d’honneur militaire échelon or. », sur 2424.mg - L'actualité à Madagascar en temps réel, (consulté le )