Chanson pour l'Auvergnat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chanson pour l’Auvergnat
Chanson de Georges Brassens
extrait de l'album Les Sabots d'Hélène
Sortie 1954
Durée 3:01
Genre Chanson française
Auteur-compositeur Georges Brassens
Label Polydor

Pistes de Les Sabots d'Hélène

La Chanson pour l’Auvergnat est une chanson de Georges Brassens parue dans son troisième album Les Sabots d'Hélène, en 1954.

Celle-ci figure dans une anthologie publiée aux Éditions Seghers dans la collection Poètes d'aujourd'hui.

Ce texte, écrit, mis en musique et chanté par l’artiste fonctionne comme un apologue, plus précisément comme une fable, moderne dans la mesure où il en renouvelle l’esprit et la forme.

Identité de « l’Auvergnat  »[modifier | modifier le code]

Les journalistes qui considèrent que Brassens s’est inspiré pour cette œuvre d’une personne réelle, un ami qui l’aurait autrefois secouru, ne parviennent cependant pas à s’accorder sur l’identité de celui-ci. Deux hommes sont identifiés comme pouvant être « l’Auvergnat » à qui s’adresse les paroles de remerciement de la chanson.

  • Marcel Planche, qui habitait une maison extrêmement modeste au 9, impasse Florimont dans le XIVe arrondissement de Paris, où Georges se réfugie le 21 mars 1944, pour fuir le STO, en attendant la fin de la guerre. Marcel Planche était de souche auvergnate, bien que né dans la région parisienne, comme peuvent en témoigner des personnes de sa famille.
  • Louis Cambon, cafetier auvergnat tenant Le Bar des Amis, un café-charbon lui aussi situé dans cet arrondissement[1].

Sa signification[modifier | modifier le code]

Une triple quête symbolique[modifier | modifier le code]

Par cette chanson subtilement moraliste, Brassens vient de lui apporter son soutien et dénoncer l’indifférence d’une société égoïste et satisfaite. On cite par plusieurs fois le vagabond démuni de tout qui n’a pas sa place dans la société  : « M’avait », « m’as donné », « mon âme ». Dans chaque strophe, on retrouve un besoin exprimé par celui-ci. Il a froid, il souffre de solitude et de chaleur humaine. C’est un manque, le thème du feu exprimé un peu plus loin occupe une grande place. Le deuxième besoin étant la faim qui exprime un besoin d’amour ainsi que l’idée de repas et de partage. Le troisième besoin quant à lui est celui de compagnie souligné par le sourire qu’il reçoit, il est traité comme un hors-la-loi. Le vagabond est placé dans plusieurs situations qui font apparaître sa galère (période douloureuse et malheureuse). Il s’inscrit dans un rythme chronologique, le passé tout d’abord est utilisé avec le passé composé et l’imparfait, le présent puis dans la dernière strophe le futur. Le thème de la quête est repris par trois fois. Chacune des strophes est un appel de détresse. On énonce le principe structurel de la répétition, la société est en effet mise à l’épreuve. Les bons étant l’Auvergnat, l’hôtesse, l’étranger et les méchants, les croquants et les croquantes. Le « quand », proposition subordonnée temporelle, repris dans toutes les strophes présente la circonstance des actes de bienfaiteur. Le refrain de quatre vers est en quelque sorte un remerciement aux " bons ".

Le thème du don[modifier | modifier le code]

Seuls trois personnages ont offert leur solidarité. Le don offert va leur permettre de lui rendre sa dignité. Ce n’est à chaque fois qu’un geste humble ou symbolique. Le don est modeste en effet, le bois apporte la chaleur, le sourire un réconfort et la faim l’amour. Le feu de bois devient ainsi un feu de joie, la modestie du don donne un caractère extraordinaire. On pourra citer parmi les dons, la métaphore du feu. Le miel lui suggère la douceur et la lumière. Le monde s’illumine grâce à eux de sympathie. Ces dons sont des éléments nourriciers. Ils sont perçus comme des grands cadeaux. Le « mais » intervient dans chacune des strophes et souligne un retour anaphorique de ce termes d’opposition (modestie du don et la répercussion du don). Le narrateur apprécie ces dons, c’est la générosité du cœur.

Le choc de deux morales[modifier | modifier le code]

Le narrateur rend hommage aux trois donateurs. La société bien pensante exclut le narrateur. Ce sont deux regards qui s’opposent, la logique de la fraternité et la logique du rejet. La marginalité résulte d’une morale sociale et religieuse, il n’incarne pas une bonne conduite. À l’opposé de cette vision du monde qui permet aux honnêtes gens de se donner bonne conscience.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]