Le Verger du roi Louis

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Le Verger du roi Louis est le nom sous lequel est connu le poème publié sous le titre Ballade des Pendus et écrit par Théodore de Banville. Ce poème fait en réalité partie de la pièce de théâtre Gringoire, comédie en un acte en prose, que Théodore de Banville publie chez Levy Frères en 1866[1].

Gravure de Jacques Callot, vers 1633

Dans la scène IV de la pièce, Théodore de Banville met en scène le personnage Pierre Gringoire (inspiré du poète réel Pierre Gringore), à qui la pièce attribue le poème, que l’on fait amener devant le roi Louis XI afin qu'il lui récite sa ballade.

Ce poème dénonce les pendaisons ordonnées par le roi Louis XI, évoquant les « chapelets de pendus » du « verger du roi Louis » et les comparant à des « grappes de fruits inouïs ».

Ce poème est également un hommage à François Villon et à sa Ballade des pendus.

Adaptations en chansons[modifier | modifier le code]

En 1908, Jean-Paul Mariage met en musique le poème et le publie en 1909 sous le titre Ballade des pendus[2].

En 1960, Georges Brassens met en musique le poème et l'enregistre sur l'album Les Funérailles d'antan.

Le texte de la chanson Strange Fruit, écrite en 1937 par Abel Meeropol et chantée par Billie Holiday, présente de nombreuses analogies avec ce poème[3].

La Ballade des pendus[modifier | modifier le code]

Sur ses larges bras étendus,

La forêt où s’éveille Flore,

A des chapelets de pendus

Que le matin caresse et dore.

Ce bois sombre, où le chêne arbore

Des grappes de fruits inouïs

Même chez le Turc et le Maure,

C’est le verger du roi Louis.


Tous ces pauvres gens morfondus,

Roulant des pensées qu’on ignore,

Dans des tourbillons éperdus

Voltigent, palpitants encore.

Le soleil levant les dévore.

Regardez-les, cieux éblouis,

Danser dans les feux de l’aurore.

C’est le verger du roi Louis.


Ces pendus, du diable entendus,

Appellent des pendus encore.

Tandis qu’aux cieux, d’azur tendus,

Où semble luire un météore,

La rosée en l’air s’évapore,

Un essaim d’oiseaux réjouis

Par-dessus leur tête picore.

C’est le verger du roi Louis.


Prince, il est un bois que décore

Un tas de pendus enfouis

Dans le doux feuillage sonore.

C’est le verger du roi Louis.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Théodore de (1823-1891) Auteur du texte Banville, Gringoire : comédie en un acte, en prose / par Théodore de Banville, (lire en ligne)
  2. « Ballade des pendus. Poésie de Théodore de Banville. Opus 12 », sur Gallica (BNF) (consulté le )
  3. Bertrand Dicale, « Ces chansons qui font l'histoire - Les chroniques de Bertrand Dicale diffusées sur France Info - Strange Fruit », sur http://eduscol.education.fr, (consulté le )