Ballade des dames du temps jadis

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La Ballade des dames du temps jadis est une œuvre de François Villon. Partie centrale de son recueil Le Testament (connu aussi comme Le Grand Testament), elle précède La Ballade des seigneurs du temps jadis et La Ballade en vieil langage Françoys. Comme pour les autres pièces du recueil, le titre provient de l'édition de Clément Marot, Villon n'en ayant pas proposé.

Cette petite ballade en octosyllabes (trois huitains et un envoi) constitue l'un des poèmes les plus célèbres de François Villon. Empreinte d'un lyrisme qui exploite les thèmes traditionnels de l'ubi sunt (Où sont ceux qui furent avant nous ?) et de la fuite du temps, elle évoque la destinée humaine avec une mélancolie que scande l'énigmatique refrain « Mais où sont les neiges d'antan ? ».

Contexte[modifier | modifier le code]

La Ballade des dames du temps jadis forme, avec les deux pièces qui la suivent (Ballade des seigneurs du temps jadis et Ballade en vieil langage français), un triptyque illustrant le thème de la mort universelle. C'est un topos de la littérature médiévale[1].

Villon l'amorce dans la strophe XXXV du Testament quand, après avoir évoqué sa jeunesse perdue et le passage du temps qui le conduit à l'entrée de vieillesse (Mes jours s'en sont allés errant), il cite la mort qui tout assouvit[2]. Il exploite le thème de l'ubi sunt, utilisé par le prophète Isaïe dans le livre de Baruch (Ubi sunt principes gentium) et saint Paul dans l'une de ses épîtres (Ubi conquisitor hujus saeculi - Corinthiens I, 19-20). Le vers 225 du Testament est explicite : « Où sont les gracieux galants/ Que je suivaie au temps jadis ? ». Villon dépasse sa condition d'homme de pauvre et petite extrace et l'étend au thème du destin mortel des puissants, tel le grand argentier Jacques Cœur, qui pourrit sous riche tombeau (vers 288). La strophe XXXIX exprime sans ambages cette règle à laquelle nul n'échappe : Je congnois que pauvres et riches /.../ Mort saisit sans exception.

Les vers 325-328 introduisent un thème particulier : celui de la fatale décomposition du corps féminin qui tant est tendre/ Poly, suef, et si precieux[3].

La conjonction de ces deux thèmes majeurs de la poésie lyrique médiévale — la mort et le gracieux corps féminin[4] — atteint son point d'orgue dans la Ballade des dames du temps jadis.

En outre, ce texte illustre l'érudition médiévale[5], de ses emprunts à des écrivains antérieurs jusqu'à ses erreurs de traduction des auteurs antiques.

Analyse[modifier | modifier le code]

Une structure classique[modifier | modifier le code]

Les rimes sont disposées selon la structure ABABBCBC. L'envoi final, qui s'ouvre par l'apostrophe « Prince », constitue un quatrain d'une demi-strophe qui amène une dernière fois le refrain.

L'alternance des rimes masculines et féminines n'est pas systématique. Ainsi, à la deuxième strophe, Héloïs écrit sans E forme une rime masculine dont le S final se prononce.

Un titre posthume[modifier | modifier le code]

Le titre de Ballade des dames du temps, donné par Clément Marot dans son édition de 1533, semble justifié. Les douze femmes en question sont bien des dames, nobles par leur naissance ou leur réputation. À l'exception de Jeanne d'Arc, toutes renvoient à des époques lointaines résumées par l'adverbe jadis (c'est-à-dire il y a déjà des jours).

Un langage obsolète[modifier | modifier le code]

Écrit vers 1460-1461, le poème présente les traits de la langue mouvante du XVe siècle. Le moyen français pratiqué par Villon est une transition entre le vieux français et le français moderne. De ce fait, son lexique peut s'avèrer d'interprétation délicate car ambivalent. Par exemple, au vers 12, essoine ne veut-il dire qu'épreuve ?

La prononciation médiévale diffère de la nôtre, d'où une métrique déroutante (vers 10 : moine = mouène ; vers 13 : reine = rouène). Certaines rimes, exactes pour Villon, ne le sont plus de nos jours. Par exemple, au deuxième huitain, moyne (moine en français moderne) rime avec essoyne (terme aujourd'hui disparu) et royne (reine en français moderne). La prononciation du oi (ou oy) a évolué, entre le XIVe siècle et le XVIe siècle, de [wa] à [wε] pour soit s'établir le plus souvent à [ε] (royne devenant reine), soit revenir au [wa] d'origine (moyne restant notre actuel moine )[6]. Villon faisait probablement rimer ces trois mots en [wεnэ] (soit ouène)[7].

Des identifications problématiques[modifier | modifier le code]

Villon embrasse toute l'échelle du temps alors connue, selon une progression chronologique allant d'un passé lointain jusqu'à sa propre époque. Il énumère :

Pour autant, cette évocation de destins divers n'a rien d'une danse macabre. Les dames apparaissent avec leurs qualités : la très sage (c'est-à-dire savante) Héloïse ; la reine à voix de sirène (difficile à identifier) ; la bonne Lorraine (l'illustre Jeanne d'Arc). Bien qu'elles aient disparu comme ont fondu les neiges des hivers passés, elles laissent le souvenir de leur blancheur.

Cette pureté évanouie, c'est finalement à la Vierge Marie — qui seule échappe à la décomposition charnelle —, que Villon la demande. Le terme antan laisse au lecteur une liberté d'interprétation, du sens premier (l'année d'avant - ante annum) à celui plus large d'un passé indéfini.

Une hypothèse inédite[modifier | modifier le code]

En 1989, dans son article François Villon et les neiges d'antan, Paul Verhuyck propose une hypothèse inédite. Il rattache les figures féminines évoquées par Villon à la tradition hivernale des statues de neige dans les régions de l'Artois et des Flandres[8].

Références[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Première référence postérieure connue, le refrain est d'abord cité en 1508 dans Le livre de la Deablerie d'Eloy d'Amerval[9] :

Mais ou sont les nesges d'antan ?
Ilz sont passez, eulx et leurs jours.
Ilz sont bien loing, s'ilz vont tousjours.

Puis François Rabelais le reprend en 1532 dans son Pantagruel[10] :

Dyamanz et rubiz en perfection.
Et où sont-ilz dist Epistemon.
Par sainct Joan dist Panurge,
Ilz sont bien loing, s'ilz vont toujours.
Mais où sont les neiges d'antan ?
C'estoit le plus grand soucy que eust Villon le poète parisien.

Si l'expression les neiges d'antan ne figure pas dans l'édition princeps de Pantagruel, le vers « Ilz sont bien loing, s'ilz vont toujours » établit une référence indirecte aux neiges d'antan d'après le texte d'Eloy d'Amerval.

Au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

L'expression neiges d'antan semble déjà établie dans son acception actuelle. À l'article Neige du Dictionarie of the French and English Tongues, publié en 1611 par Randle Cotgrave, on peut lire : « Neiges d'antan : Things past, forgotten, or out of date long agoe »[11].

Au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Dans son Dictionnaire universel publié en 1701, Antoine Furetière (1619-1688) écrit à l'article Neige : « Se dit proverbialement en ces phrases, Je ne fais non plus cas de cette affaire que des neiges d'antan »[12].

Dans une traduction française de Don Quichotte de Cervantes publiée en 1773, Sancho Panza précise : « Ou il n'a pas plus à voir avec nos aventures qu'avec les neiges d'antan »[13]. Les neiges d'antan sont aussi citées en page 114 du même ouvrage[14].

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1843, dans un journal commentant la programmation d'œuvres lyriques, le refrain est cité comme proverbe : « Mais où sont les neiges d'Antan ? C'était l'unique souci qui troublât ce pendart de Villon »[15].

En témoigne encore ce pastiche de Théodore de Banville. Dans ses Odes funambulesques, il publie une Ballade des célébrités du temps jadis datée de novembre 1856[16] :

Ami, quelle déconfiture !
Tout s’en va, marchands d’orviétan
Et marchands de littérature :
Mais où sont les neiges d’antan !

Dans Les Misérables publiés en 1862, Victor Hugo évoque lui aussi le poème et son refrain, « ce vers si exquis et si célèbre : Mais où sont les neiges d'antan ? » (tome IV, livre septième, ch. II Racines).

Deux strophes du texte apparaissent dans La Chevelure, nouvelle de Guy de Maupassant publiée en 1884. Le héros est un aliéné qui rédige son journal. Après avoir découvert une chevelure dans un meuble précieux qu'il vient d'acheter et passé la nuit avec elle, il narre son émotion, « le trouble qui vous reste au cœur après un baiser d'amour. Et les vers de Villon (lui) montèrent aux lèvres, ainsi qu'y monte un sanglot ».

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1928, dans son roman L'Amant de lady Chatterley, D. H. Lawrence reprend la traduction anglaise couramment admise des Neiges d'antan par Dante Gabriel Rossetti[17] : « They pass away, and where are they ? Where... Where are the snows of yesteryear ? »[18].

En 1953, Georges Brassens met la ballade en musique. Puis en 1962, il y fait allusion dans son poème Les amours d'antan : « Mon prince, on a les dames du temps jadis qu'on peut ».

En 1961, dans Catch 22 (roman) de Joseph Heller, le principal protagoniste Yossarian, mélancolique, s'interroge à la cantonnade: "where are the snowdens of yesteryear?" qu'il traduit par "où sont les neigedens d'antan?", en référence à un évenement traumatisant concerant le dénommé Snowden, remémoré plusieurs fois au fil du récit.

En 1964, lors de plusieurs interviews, Bob Dylan admet avoir subi l'influence de François Villon. Dans son album The Times They Are a-Changin', un poème intitulé 11 OUTLINED EPITAPHS figure sur l'arrière de la pochette. Il est considéré comme la 11e chanson, l'album n'en comportant que 10. On y trouve un détournement de la traduction précitée de Dante Gabriel Rossetti « Ah where are the forces of yesteryear ? ».

Texte et transcription[modifier | modifier le code]

Voici le texte[19] et sa transcription en français moderne :





5





10




15





20






25




Dictes moy[20] ou, n'en quel pays[21]
Est Flora[22], la belle Rommaine,
Archipiades[23], ne Thaïs[24],
Qui fut sa cousine germaine[25],
Écho[26] parlant quand bruyt on maine
Dessus riviere ou sus estan,
Qui beaulté ot[27] trop[28] plus qu'humaine.
Mais ou sont les neiges d'antan[29] ?

Ou est la très sage Hellois[30]
Pour qui chastré fut et puis moyne[31]
Pierre Esbaillart[32] a Saint Denis[33] ?
Pour son amour ot[27] ceste essoyne[34].
Semblablement, ou est la royne[35]
Qui commanda que Buridan[36]
Fust geté en ung sac en Saine[37] ?
Mais ou sont les neiges d'antan ?

La royne Blanche[38] comme lis
Qui chantoit a voix de seraine[39],
Berte au grant pié[40], Bietris[41], Alis[42],
Haremburgis[43] qui tint le Maine,
Et Jehanne la bonne Lorraine[44],
Qu'Englois brulerent a Rouan,
Ou sont ilz[45], Vierge souveraine ?
Mais ou sont les neiges d'antan ?

ENVOI
Princes, n'enquerez de sepmaine
Ou elles sont, ne de cest an,
Qu'a ce reffrain ne vous remaine[46] :
Mais ou sont les neiges d'antan ?

Dites-moi, où et en quel pays
Est Flora, la belle romaine,
Alcibiade et Thaïs
Qui fut sa cousine germaine ?
La nymphe Écho, qui parle quant on fait du bruit
Au-dessus d'une rivière ou d'un étang
Et eut une beauté surhumaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très savante Héloïse
Pour qui fut émasculé puis se fit moine
Pierre Abélard à Saint-Denis ?
C'est pour son amour qu'il souffrit cette mutilation.
De même, où est la reine
Qui ordonna que Buridan
Fût enfermé dans un sac et jeté à la Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La reine blanche comme un lys
Qui chantait comme une sirène,
Berthe au Grand Pied, Béatrice, Alix,
Erembourg qui gouverna le Maine,
Et Jeanne, la bonne lorraine
Que les Anglais brûlèrent à Rouen,
Où sont-elles, Vierge souveraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

ENVOI
Prince, gardez-vous de demander, cette semaine
Ou cette année, où elles sont,
De crainte qu'on ne vous rappelle ce refrain :
Mais où sont les neiges d'antan ?

Éditions[modifier | modifier le code]

La première édition des textes de François Villon, par Pierre Levret, date de 1489.

Dans la première moitié du XVIe siècle, les rééditions se succéderont, dont celle de Clément Marot en 1533. Ensuite, comme toute la littérature médiévale, l’œuvre de Villon tombe dans l'oubli.

Au début du XVIIIe siècle paraissent une édition à Paris en 1723 et une édition critique par Eusèbe de Laurrière et le R.P. du Cerceau à La Haye en 1744.

Mais c'est l'époque romantique qui redécouvrira François Villon, avec les Œuvres de Maistre Villon en 1832 par l'abbé Prompsaut puis les Œuvres complètes en 1854 par Paul Lacroix. Dès lors, on considère Villon comme l'un des pères de la poésie lyrique française et le premier poète maudit.

À la fin du XIXe siècle et tout au long du XXe siècle, les éditions savantes se succéderont[47]. Voici la dernière :

  • Villon, Poésies, édition bilingue de Jean Dufournet, Imprimerie nationale, 1984 — Grand prix de l'édition critique de l'Académie française
    (réédition : Flammarion, coll. « GF », 1992 — « Ballade des dames du temps jadis », p. 108-111).

Études[modifier | modifier le code]

  • Jean Frappier (de), « Les trois Ballades du temps jadis dans le Testament de François Villon », Bulletin de la classe des lettres et des sciences morales et politiques de l'Académie royale de Belgique, tome 47, 1961, p. 525-539.
  • Danielle Kada-Benoist, « Le phénomène de désagrégation dans les trois Ballades du temps jadis de Villon », Le Moyen Âge, tome 80, 1974, p. 301-318.
  • Leo Spitzer, « Étude a-historique d'un texte : la Ballade des dames du temps jadis », Modern Language Quarterly, 1940, tome I, p. 7-22.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De la Bible à François Villon, Étienne Gilson, École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. 1922, pp. 3-24 [1].
  2. Leo Spitzer, « Étude a-historique d'un texte : la Ballade des dames du temps jadis », Modern Language Quarterly, 1940, tome I, p. 19-20 « Il y a une unité d'inspiration dans toute cette introduction du Grand Testament ».
  3. Progrès, réaction, décadence dans l'Occident médiéval publié par Emmanuèle Baumgartner,Laurence Harf-Lancner, pages 144-145 [2].
  4. précurseurs de l'obsession sépulcrale schubertienne.
  5. dont l'étalage peut aujourd'hui sembler lourd et dénué de poésie.
  6. http://ebooks.grsu.by/history_french_lang/le-moyen-fran-ais-les-changements-phonetiques.htm.
  7. Voir Pierre Jannet - Remarques philogiques préliminaires à son édition des œuvres complètes de François Villon http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6468587z
  8. Actes du Colloque pour le cinq-centième anniversaire de l'impression du Testament de Villon, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 15-17 décembre 1989 [3].
  9. Le livre de la Deablerie [4].
  10. Les cinq livres de François Rabelais [5].
  11. Dictionarie of the French and English Tongues, [6].
  12. Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes & les termes des sciences et des arts [7].
  13. Histoire de l'admirable Don Quichotte de La Manche, en VI. volumes, Volume 4, page 480 [8].
  14. Histoire de l'admirable Don Quichotte de La Manche, en VI. volumes, Volume 4, page 114 [9].
  15. France musicale -1844,page 409 [10].
  16. Wikisource [11].
  17. The Ballad of Dead Ladies [12].
  18. [13].
  19. d'après les éditions de Thuasne (1923) et Longnon-Foulet (1932).
  20. cette attaque rappelle que la rhétorique (l'un des sept arts libéraux) figurait au programme des études de Villon.
  21. il faut prononcer l'S final de pays : c'était la règle du temps de Villon.
  22. d'après l'auteur romain Lactance, la courtisane Flora légua toute sa fortune à Rome à condition que des fêtes fussent célébrées chaque année en son honneur. Elle fut donc divinisée. Toutefois, par pudeur, on en fit une déesse des fleurs, invoquée pour favoriser la végétation.
  23. la courtisane imaginaire « Archipiades » semble être l'homme d'État athénien Alcibiade. La confusion de personnages - et de sexe - provient de l'erreur de traduction d'un texte du philosophe latin Boèce commise à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle. En toute bonne foi, Villon l'aura reprise à son compte. Henri Langlois, « Archipiada », dans Mélanges de philologie romane dédiés à Carl Wahlund, 1896, p. 173-179 [lire en ligne].
  24. courtisane athénienne du IVe siècle av. J.-C., Thaïs est au moyen-âge l'archétype de la femme de mauvaise vie. Œuvres de François Villon par Thuasne [14]. Si certains commentateurs estiment qu'il s'agit de l'hétaïre [15], d'autres évoquent sainte Thaïs ou s'en tiennent à l'impossibilité de trancher ( http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1934_num_13_1_1462]).
  25. le terme cousine germaine traduit non pas une parenté mais une identité de réputation, comme l'indique Thuasne citant Rutebeuf.
  26. Écho, nymphe de la mythologie grecque. Après sa mort, ses ossements furent transformés en pierres qui devinrent une source. Cette métamorphose explique l'allusion du vers suivant à la rivière et à l'étang.
  27. a et b eut.
  28. bien.
  29. au sens premier, antan signifiait l'an passé. Plus généralement, il voulait dire naguère, autrefois. ALTIF, CNRS et Université de Lorraine - Dictionnaire du Moyen Français - ANTAN|[16].
  30. Héloïse. Il faut prononcer l'S final de Hellois : c'était la règle du temps de Villon.
  31. il faut prononcer mouène : c'était la règle du temps de Villon.
  32. Pierre Abélard.
  33. il faut prononcer l'S final de Denis : c'était la règle du temps de Villon.
  34. essoine signifie ici empêchement (d'être un homme pour cause de mutilation). ALTIF, CNRS et Université de Lorraine - Dictionnaire du Moyen Français - ESSOINE|[17]. Il faut prononcer essouène : c'était la règle du temps de Villon.
  35. Jeanne de Bourgogne. Il faut prononcer rouène : c'était la règle du temps de Villon.
  36. le philosophe Jean Buridan fut l'instigateur du scepticisme dans la pensée européenne. Sa mémoire survit dans le paradoxe de l'âne de Buridan.
  37. cette tentative de noyade, lors de l'affaire de la tour de Nesle, relève de l'imaginaire.
  38. dans son ouvrage Répertoire de jurisprudence [https://books.google.fr/books?id=41uFDYrJt5YC&pg=PA20&lpg=PA20&dq=reine+blanche+veuve&source=bl&ots=p-SaRjizCm&sig=2csm1hozzV0XY7_0HQ83oF8ASbY&hl=fr&sa=X&ved=0CF4Q6AEwDGoVChMInNHx4MflxgIVx2kUCh2pKwj1#v=onepage&q&f=false, Joseph-Nicolas Guyot rapporte que le nom de "reine blanche" était communément attribué aux reines veuves, qui portaient le deuil en blanc.
  39. cette souveraine aux dons de cantatrice reste difficile à identifier. Aucune chronique ne prête pareil talent à Blanche de Castille ni à Blanche de Bourgogne. À la rigueur, la voix de séductrice pourrait faire allusion à la vie dissolue de cette dernière. Mais il semble plus vraisemblable que teint blanc et voix suave résument l'archétype médiéval de la beauté féminine. Li roumans de Berte aus grans piés (vers 19) a été écrit par Adenet le Roi qui, dans son œuvre Cléomadès, produit l'un des acrostiches les plus célèbres La Roysne de France Marie et Madame Blanche. Bien que documenté tardivement (http://bibnum.enc.sorbonne.fr/omeka/files/original/963bf73a30dcd6a334777f6e9191dd3e.pdf Un acrostiche historique du XIIIe siècle]), il aurait pu être connu de Villon et inspirer cette Royne Blanche. Il pourrait en fait s'agir de deux dames distinctes. Villon a lui-même utilisé l'acrostiche, par exemple dans la Ballade de la grosse Margot. Dans cette même œuvre « Li roumans de Berte aus grans piés », Adenet le Roi décrit Berte comme « tant est blanche et vermeille qu'on peut s'y mirer » (vers 126 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k298405w/f17.imagehttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k298405w/f17.image). La royne blanche pourrait donc être aussi la Berte du vers suivant.
  40. Berte au grant pié est probablement Bertrade de Laon, épouse de Pépin le Bref et mère de l'empereur Charlemagne. Certains commentateurs citent la Reine Pédauque. Selon d'autres (Hervis de Mes par Jean-Charles Herbin|[18]), les trois dames de ce vers seraient inspirées d'une chanson de geste du XIIIe siècle, Hervis de Metz (ou Mes). Roman des Loherains : Hervis de Metz, Garin le Loherain, Girbert de Metz|[19]. Enfin, Adenet le roi indique que Berthe est « tant est blanche et vermeille qu'on peut s'y mirer » (vers 126). La reine blanche et Berthe peuvent donc être une même personne.
  41. la Béatrice de Dante ?
  42. Dans « Li roumans de Berte aus grans piés », Adenet le Roi fait référence à une Aliste (vers 185 et suivants).
  43. Erembourg, comtesse du Maine, morte en 1126.
  44. Villon serait né à l'été 1431, donc quelques mois après le supplice de Jeanne d'Arc. Si la date présumée de sa naissance est exacte, pareille coïncidence n'aura pas manqué de le marquer, sachant son obsession de la douleur physique et de la mort.
  45. pour elles. Cette incorrection de genre est attestée par l'usage. Œuvres de François Villon par Thuasne [20].
  46. rappelle.
  47. Manuel bibliographique de la littérature française du Moyen Âge Par Robert Bossuat,Jacques Monfrin [21].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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