Châteaux du Pays cathare

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Châteaux cathares est une appellation moderne employée pour désigner, de manière fallacieuse, la série de forteresses bâties par le roi de France sur la frontière sud de ses domaines à l'issue de la croisade contre les albigeois[1].

Quelques-uns de ces sites avaient connu, antérieurement à la période royale, un habitat villageois de type castral susceptible d'avoir abrité des cathares, rasé lors de l'érection des citadelles.

Lastours.

Le mythe des « châteaux cathares »[modifier | modifier le code]

Le mythe des « châteaux cathares » remonte au XIXe siècle, lorsque des écrivains romantiques découvrent les récits de la croisade contre les albigeois. Se rendant sur les lieux de cette croisade, ils découvrent des ruines de châteaux dans lesquelles ils croient voir le résultat de l'agression des croisés venus en 1209 du nord de la France. Il faut attendre le XXe siècle pour que les « châteaux cathares » cessent d'être la chasse gardée de quelques passionnés et suscitent l'engouement du grand public à la faveur d'émissions télévisées (La Caméra explore le temps, de Stellio Lorenzi) et de succès de librairie (Citadelles du vertige, de Michel Roquebert et Christian Soula). Archéologues et historiens médiévistes investissent alors le champ des recherches, mettant en évidence que si les sites ont accueilli des cathares, les châteaux sont en fait des citadelles bâties postérieurement par le pouvoir royal capétien. Out les « châteaux cathares », in les « citadelles royales »[2].

Les vrais « châteaux cathares » : les castrums[modifier | modifier le code]

La légende des architectes et bâtisseurs cathares n'est qu'un dernier avatar du mythe de Montségur. Les seuls monuments témoins des événements de la première moitié du XIIIe siècle (et donc les seuls qui pourraient prétendre au qualificatif de « cathares » bien que l'Église cathare n'ait jamais rien construit) sont de petits châteaux, souvent totalement ignorés du public (castrum de Roquefort, dans la Montagne Noire), et dont les maigres vestiges sont à l'écart des grandes routes touristiques (à l'image des vestiges du château de Niort à Niort-de-Sault).[3].

En Languedoc, les seuls vrais « châteaux cathares » furent les bourgades fortifiées (castrum) de Laurac, Les Cassès, Fanjeaux, Mas-Saintes-Puelles, Lastours-Cabaret, Montségur, Termes ou Puilaurens qui furent cependant des castrums avant d'être rasés et de devenir des citadelles royales, et deux castrums anciens le Château de Miramont en Aude et celui de Miramont en Ariège qui fut rasé en 1247 pour avoir abrité des Parfaits et ne fut jamais reconstruit. La commune de Penne-d'Agenais abrite également les ruines d'un château, la ville ayant été la principale place forte de l'Agenais pendant la croisade des Albigeois. Il y avait en effet en 1209 quatre évêques cathares, à Albi, Carcassonne, Toulouse et Agen.

Les citadelles royales[modifier | modifier le code]

Le château de Quéribus.

Après l'échec de la tentative de reconquête de Carcassonne par le vicomte Trencavel en 1240, la cité de Carcassonne fut considérablement renforcée par le pouvoir royal français, nouveau maître du territoire. Ce dernier rasa des petits castrums dans les Corbières et y érigea des citadelles pour garder la frontière avec la couronne d'Aragon :

  1. Château d'Aguilar ;
  2. Château de Peyrepertuse ;
  3. Château de Puilaurens ;
  4. Château de Quéribus ;
  5. Château de Termes.

Ces cinq forteresses résistèrent aux différents assauts menés par l'armée aragonaise. Le système de défense royal est basé sur le pivot logistique puissant que sont ces cinq châteaux et sur des châteaux dispersés sur la ligne de front.

En 1659, Louis XIV signa avec le royaume d'Espagne le traité des Pyrénées, scellé par son mariage avec l'infante Marie Thérèse. Ce traité modifia les frontières en donnant le Roussillon à la France. La frontière recula donc sur la ligne de crête des Pyrénées, actuelle frontière franco-espagnole. Les différentes forteresses perdirent alors leur importance stratégique. Certaines conservèrent une petite garnison encore quelque temps, parfois jusqu'à la Révolution, mais elles tombèrent lentement dans l'oubli, devenant bien souvent des abris de bergers ou des repaires de brigands.

Autres « châteaux cathares »[modifier | modifier le code]

Carte[modifier | modifier le code]

Carte des châteaux cathares

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roquefort de la montagne Noire (Pierre Clément, dir.) ; Nouvelles éditions Loubatières (2009)
  • Gauthier Langlois et Charles Peytavie, « Châteaux en Pays cathare », Archéothéma, no 23,‎
  • Les 36 cités et citadelles du Pays cathare, de Jean-Philippe Vidal, (ISBN 2-7191-0751-4)
  • Henri-Paul Eydoux - Châteaux des pays de l'Aude - p. 169-253, dans Congrès archéologique de France. 131e session. Pays de l'Aude. 1973 - Société française d'archéologie - Paris - 1973

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les organismes officiels comme le Conseil départemental de l'Aude ou le Comité départemental du Tourisme de l'Aude utilisent pour leur part la dénomination de « châteaux du Pays cathare », Pays cathare étant une marque déposée).
  2. Les châteaux en pays cathare, archeothema.com, juillet 2012.
  3. Voir à ce sujet Clémens Jacques, Mais où sont les « vrais » châteaux cathares ?, compte rendu de : Quehen (René) et Dieltens (Dominique), Les châteaux cathares... et les autres. Les cinquante châteaux des Hautes-Corbières, édité par l'un des auteurs René Quehen, La Barbère, 31310 Montesquieu-Volvestre, 1983, dans Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 96, N°165, 1984, À travers les campagnes méridionales, pp. 93-94.