Château de Blancafort

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Château de Blancafort
Façade ouest, château de Blancafort.jpg

Façade ouest, château de Blancafort

Présentation
Type
Construction
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Pays-Fort
Commune
Adresse
Le ChâteauVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées

Le château de Blancafort se situe au cœur du village de Blancafort (Cher), dans une région du Berry que l'on nomme Pays-Fort. Il aurait été construit après 1475 et achevé au début du XVIe siècle pour François de Boucard et son épouse Marguerite de Cugnac.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première mention d'un seigneur de Blancafort apparaît en 1064 concernant un certain Garnier[1]. Dans la deuxième moitié du XIVe siècle Agnès de Blancafort épouse Jean de Boucard. Par ce mariage la seigneurie de Blancafort passe à la famille de Boucard.

Les derniers descendants de la famille de Boucard qui ont été propriétaires du château de Blancafort sont Hélie et Amable de Sainte-Feyre. Hélie de Sainte-Feyre ruiné et endetté se voit saisir son château de Blancafort qui sera ensuite adjugé par le parlement à Claude de Faucon.

Claude de Faucon est issue d'une famille florentine venue s'installer en France à la suite du roi Charles VIII, lorsque ce dernier revient en France après sa conquête de Naples. Selon Anselme de Sainte-Marie, Claude de Faucon est « maître d'hôtel de la reine Marie de Médicis, trésorier de France à Moulins »[2]. Blancafort se trouve à proximité de Gien, ville de passage entre Moulins et Paris. Cette position géographique pourrait expliquer le choix de Claude de Faucon de s'installer à Blancafort.

De 1781 à 1919 le château de Blancafort appartient à la famille de Duranti. Certains membres de cette famille ont d'ailleurs été maires du village. Le comte de Duranti qui achète le château de Blancafort en 1781 est membre de l'administration financière à Versailles. Dans l'église de Blancafort est conservée une copie d'une Sainte-Famille de Mignard réalisée par Charlotte de Duranti en 1834.

De 1919 à 1963, le château de Blancafort a connu plusieurs propriétaires successifs. Pendant la seconde Guerre le monument a été occupé par les Allemands qui ont presque entièrement détruit le chartrier du château. Ce qui reste du chartrier est aujourd'hui conservé aux archives départementales du Cher à Bourges. Le château est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 19 février 1926[3].

En 1963, le château est acheté par la baronne de Cramer. Elle entreprend une importante restauration du monument. Elle écrit d'ailleurs que c'est surtout l'intérieur « qui avait subi l'outrage »[4]. Elle lance également la création d'un jardin à la française en avant de la façade ouest du château.

La Baronne de Cramer léguera le château de Blancafort 20 ans plus tard à son petit-fils le comte Alban de Montjou, décorateur à Paris, pour ses 18 ans[5][réf. insuffisante]. Ce dernier s'emploiera à continuer de faire vivre le château en l'ouvrant à la visite, en créant des salles de réceptions et en proposant le château comme lieu de tournage de films.

Il sera mis aux enchères et vendu le 19 octobre 2017 pour une somme de 1,7 million d'euros, alors qu'il était estimé à 4,95 millions d'euros[6]. Finalement, la vente n'aboutira pas.

Architecture[modifier | modifier le code]

Un précédent château devait se trouver plus au sud de l'actuel, près de la Sauldre. Des traces d'anciennes tranchées sont encore visibles aujourd'hui. Ce précédent château était très certainement entouré de douves pleines en eaux. Alphonse Buhot de Kersers dresse un plan de l'emplacement primitive de la seigneurie de Blancafort figurant ces tranchées, dans son ouvrage Statistique monumentale du département du Cher, publié en 1875[7]. Jusqu'au début du XVIe siècle, la seigneurie de Blancafort était sans aucun doute le siège de la seigneurie familiale des Boucard.

Le château autour de 1500[modifier | modifier le code]

Le château actuel aurait été érigé après 1475 et terminé au début du XVIe siècle par François de Boucard et son épouse Marguerite de Cugnac. Le blason, symbole de l'union de ces deux familles est figuré à deux reprises sur le monument ; d'abord à l'extérieur au-dessus d'une porte d'entrée et à l'intérieur sur les plafonds de l'actuelle salle des gardes.

Blason sculpté au-dessus de la porte permettant l'accès au donjon, de la cour d'honneur

Il devait comprendre un plan quadrangulaire cantonné de tours et d'un imposant donjon quadrangulaire toujours en élévation. Entièrement en brique, le monument était à l'origine orné de briques noires formant des formes losangées. Ce type d'ornementation est très répandu en Sologne et dans le Berry autour des années 1500 comme en témoigne le château de Gien ou encore le château du Moulin à Lassay-sur-Croisne. Des douves sèches entouraient le monument et on y accédait par l'intermédiaire d'un pont-levis aujourd'hui disparu.

Ce château est typique des manières de faire de l'époque[8][réf. nécessaire]. Les outils défensifs sont presque inexistants (trois canonnières, un pont-levis et des douves sèches). Ils ne sont que les représentants de la puissance militaire du propriétaire plus que des outils efficaces en cas d'attaque. Le donjon n'est pas protégé à l'arrière du château mais il est au contraire projeté en avant de la façade principale. Il n'est plus le dernier rempart en cas d'attaque mais le symbole de la puissance seigneuriale du propriétaire. Ce donjon est orné de l'appareillage en brique le plus complexe du château. Sa position et son ornementation en font un élément de représentation fait pour impressionner le visiteur.

Le château au début du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIe siècle, Claude de Faucon entame d'importantes modifications sur le monument. Il change la séquence d'accès au lieu, l'entrée dans le monument se fait par le nord et non plus par l'ouest. Il créer une cour d'honneur comprenant une galerie ouverte offrant une vue sur l'allée cavalière du parc et deux pavillons Louis XIII. Sur la façade sud, il perce de nombreuses et grandes fenêtres reprenant la même esthétique que la cour d'honneur. Cette esthétique est caractéristique du « style Louis XIII » qui se développe au début du XVIIe siècle. Ces nouveaux aménagements entrepris à Blancafort ne sont pas sans rappeler la ville nouvelle d'Henrichemont construite par Sully à la même époque.

Le château au début du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Lorsque le comte de Duranti acquiert le château de Blancafort à la fin du XVIIIe siècle, il projette la destruction complète du monument pour le reconstruire ensuite. Il a seulement détruit la tour sud-est, le sommet de la tour-ouest et une importante partie de la galerie. Par la suite, ses successeurs ont reconstruit les parties détruites à l'identique. Le pignon de l'entrée primitive de la façade ouest a été transformé en pignon à pas-de-moineaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thaumassière, Gaspard Thaumas de la, Histoire de Berry, Bourges, Imprimeur-libraire François Toubeau, 1689
  2. ANSELME DE SAINTE-MARIE, Ange de Sainte-Rosalie et CAILLE DU FOUNY, Honoré, Histoire généalogique de la maison royale de France, troisième édition, T2, Paris, la compagnie des libraires, 1726. p. 430
  3. Notice no PA00096650, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. CRAMER, Baronne de, « Le château de Blancafort (Cher) », dans : Vieilles maisons françaises, no 40, avril 1969
  5. Article, le Berry Républicain
  6. « Cher : le château de Blancafort vendu pour 1,9 million d'euros », France 3,‎ (lire en ligne)
  7. BUHOT DE KERSERS, Alphonse, Statistique monumentale du département du Cher, Canton d'Argent, Sury-en-vaux, éd. AàZ Patrimoine, 2011 (réédition, première publication en 1875)
  8. STAINIER, Lauranne, Le château de Blancafort en Berry (Mémoire de Master 1, Histoire de l'art, Université François-Rabelais, Tours. Sous la direction de Mr. Yves Pauwels), , 130 p., p. 40-41

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Notice n° IA00010600 » archive, base Mérimée, ministère français de la Culture
  • BUHOT DE KERSERS, Alphonse, Statistique monumentale du département du Cher, Canton d'Argent, Sury-en-vaux, éd. AàZ Patrimoine, 2011 (réédition, première publication en 1875).
  • CRAMER, Baronne de, « Le château de Blancafort (Cher) », dans : Vieilles maisons françaises, no 40, avril 1969
  • TOUCHARD-LAFOSSE, Georges, La Loire historique, pittoresque et biographique, t.3, Tours, Pornin et Cie, Tours, 1843 (Lire en ligne)
  • TOULIER Bernard, Châteaux en Sologne, Cahier de l'inventaire no 26, Paris, Imprimerie Nationale Éditions, 1991
  • SARTRE, Josiane, Châteaux « brique et pierre » en France. Essai d’architecture, Paris, Nouvelles Éditions Latines, 1981. Thèse de doctorat soutenue en 1980 (Aperçu en ligne)
  • SEYDOUX, Philippe, Châteaux et Manoirs du Berry, Paris, éd. De la Morande, 1992
  • STAINIER, Lauranne, Le château de Blancafort en Berry, (Mémoire de Master 1, Histoire de l'art, Université François-Rabelais, Tours. Sous la direction de Mr. Yves Pauwels), 2015, 130p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]