Château de La Ferté-Imbault

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

("une terre considérable par son étende composée de 100 et quelques fermes("une terre considérable par son étende composée de 100 et quelques fermes

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2017).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
La mise en forme de cet article est à améliorer (avril 2017).

La mise en forme du texte ne suit pas les recommandations de Wikipédia : il faut le « wikifier ». Découvrez comment faire.

La typographie, les liens internes ou externes, les conventions de style, la présentation des sourcesetc. sont autant de points qui peuvent ne pas convenir voire être absents. Si seules certaines sections de l'article sont à wikifier, pensez à les indiquer en utilisant {{section à wikifier}}.

Château de La Ferté-Imbault
Image illustrative de l'article Château de La Ferté-Imbault
Château de La Ferté-Imbault.
Début construction XVe siècle
Protection  Inscrit MH (1989)
Coordonnées 47° 23′ 16″ nord, 1° 57′ 27″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Localité La Ferté-Imbault

Géolocalisation sur la carte : Loir-et-Cher

(Voir situation sur carte : Loir-et-Cher)
Château de La Ferté-Imbault

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de La Ferté-Imbault
La marquise de La Ferté-Imbault par Nattier (1740)

Le château de La Ferté-Imbault (Loir-et-Cher) est une ancienne forteresse du Moyen Âge reconstruite à la Renaissance et le plus grand château en briques de Sologne. Il fut le siège de l'illustre famille d'Estampes pendant quatre siècles. Il s'agissait d'"une terre considérable par son étendue composée de 100 et quelques fermes" qui couvrait des millers d'hectares sur nombre de communes (dont Salbris, Selles-Saint-Denis et Saint-Viâtre)[1]. Le château de La Ferté-Imbault est « une énorme construction rectangulaire, percée de grandes et belles fenêtres et flanquée de quatre tours [...] des massifs et des allées d'arbres séculaires donnent un air de grandeur et de poésie qui frappe, tout à la fois, le coeur et l'imagination » (François Coillard)[2].

Facade principale

Histoire[modifier | modifier le code]

Une occupation romaine a été retrouvée à l'emplacement du château actuel.

Une première forteresse a été construite vers 980 par Humbold, seigneur de Vierzon et gendre de Thibault, comte de Blois. La proximité de la Sauldre alimente les douves. Les bases des deux tours principales subsistent à ce jour ainsi que l'ancienne salle d'armes. Hervé 1er, seigneur de Vierzon et descendant d'Humbold fait édifier à son retour de croisade, au XIIIe siècle, une collégiale en l'honneur de Saint-Taurin.

Lors de la guerre de Cent Ans, le château est pris et détruit, ainsi que le village attenant. Après avoir appartenu aux familles d'Harcourt et de Montmorency le domaine est cédé par Catherine de Montmorency à Robert II d'Estampes au début du XVe siècle[3]. Le château est reconstruit à la Renaissance. La proximité du pouvoir royal à Blois et notamment de François 1er qui de Romorantin vient galamment voisiner sur les terres de La Ferté-Imbault apporte du prestige au château[3].

Partiellement détruit par un incendie lors des guerres de religion en 1562, il est reconstruit et agrandi (par l'addition de deux ailes et de grands communs) au début du XVIIe siècle par Jacques d'Estampes, marquis d'Estampes et de Mauny. Jacques d'Estampes, chef de nom et d'armes de la Maison d'Estampes, sera également le premier marquis de La Ferté-Imbault. Son fils ainé est seigneur de Salbris. Né sous le reigne d'Henri IV le marquis de La Ferté-Imbault s'éteindra sous le règle Louis XIV après avoir combattu aux côtés de Louis XIII (dont le buste orne toujours l'ancien pavillon des gardes du château). Il fut notamment ambassadeur en Angleterre (1641-1643), lieutenant-général des armées du Roi (1645), Maréchal de France (1651), et lieutenant-général de l'Orléanais, du Vendômois et du Dunois. Louis XIV le fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (1661). Son amitié avec Gaston de France, duc d'Orléans et frère de Louis XIII (Monsieur, frère du Roi), fut sans faille tout au long de sa vie, et c'est en qualité de lieutenant de la compagnie des Gendarmes du duc d'Orléans (en 1620) qu'il fait construire des immenses communs au château de La Ferté-Imbault pour acceuillir sa compagnie. Son épouse, Catherine-Blanche de Choiseul (dont les parrains sont le Grand Sully et le prince de Rohan, et dont le père est Charles de Choiseul, marquis de Praslin, conseiller de Marie de Medicis et qui fût l'un des hommes les plus remarquables de la fin du XVIe siècle), sera première dame d'honneur de la duchesse d'Orléans. L'histoire du château connait son apogée au Grand-Siècle. Les coeurs du Maréchal et de son épouse reposent toujours à La Ferté-Imbault, dans la chapelle Saint-Taurin, sous une émouvante épitaphe. Le portrait en pied du maréchal d'Estampes de La Ferté-Imbault fut réalisé, en 1835, par Jean-Léonard Lugardon sur commande du roi Louis-Philippe. Il se trouve dans la sixième salle des Maréchaux, au musée historique du château de Versailles.

Au XVIIIe siècle, le Régent qui gouverne la France depuis la mort de Louis XIV, débaptise le régiment de Chartres-Infanterie pour lui donner le nom de régiment de La Ferté-Imbault. La dernière marquise de La Ferté-Imbault (Marie-Thérèse Geoffrin d'Estampes, fille de Madame Geoffrin), dont le magnifique tableau par Nattier est exposé à Tokyo au Fuji Art Museum, appréciera au château "la fraîcheur des grands marronniers qui étendent leurs ombrages à l’extrémité des communs". Sa présence est toutefois mandée à Versailles, où sur les recommandations de la gouvernante des enfants de France, la comtesse de Marsan, Louis XV lui demande d'enseigner la philosophie à ses petites-filles, les princesses Elisabeth et Clotilde de France (soeurs du duc de Berry, futur Louis XVI). Intelligente, femme de lettres ayant régulièrement fréquenté dans le salon de sa mère la plupart des grands esprits des Lumières (Diderot, Voltaire, Fontenelle, Montesquieu qui fut son prescepteur, d'Alembert...), et ne s'étant jamais remariée malgré son jeune veuvage (et plusieurs demandes en mariage dont celle de Stanislas Leszczynski, roi de Pologne et père de la reine de France Marie Leszczynska, qui l'appelle "son Imbault"[4]), la marquise de La Ferté-Imbault est reconnue pour sa culture et ses qualités morales. Reine des Lanturelus, confrérie de beaux esprits, elle sait résister aux intrigues de cour, et s'attacher l'amitié de la famille royale (dont Madame Elisabeth qui lui écrit " Il faut aimer, disait une princesse. Je vais plus loin, car je vous aime, Imbault, et je défie et critique et rivaux, de trouver rien à dire à ma tendresse"[5], et le prince de Condé qui l'entraine à Chantilly), de courtisans et de favorites comme la marquise de Pompadour qui fut son amie[6].

La Révolution entrainera la chute de la maison d'Estampes et la perte d'influence du château de La Ferté-Imbault. Les deux ailes du château seront détruites. Le marquis de Pierrecourt, fils de Sophie d'Estampes, propriétaire du château, est imprisonné pendant la Terreur. Il vend le domaine en 1807 au comte de Belmont. La veuve de ce dernier le vend en 1819 à la comtesse de Grandeffe.

Le maréchal d'Estampes

En mai 1824, une riche famille anglaise, les Lee-Kirby originaires de Leeds, acquiert la terre de La Ferte-Imbault et s'installe au château. Elle modernise l'agriculture locale en adoptant les innovations culturales anglaises (plantes fourragères et cultures améliorantes, tels le trèfle et la luzerne) dans ses nombreuses fermes etendues sur 5000 hectares. La présence de cette famille étrangère reste néanmoins mal appréciée dans le village. Par exemple, lors de la Révolution de 1830, la population de La Ferté-Imbault, armée de fourches et de piques, envahie le château et cherche à lyncher le propriétaire mis en fuite. La pratique protestante de la famille, assortie d'un fort prosélytisme, entraîne de graves oppositions à la communauté villageoise tout au long du XIXe siècle, comme en 1868 lors de la construction de la nouvelle église paroissiale Saint-Taurin, édifiée face à l'entrée du château[2].

Le domaine dont l'étendue s'est sensiblement réduite après 1872 sera ensuite racheté. Le château est investi par la Kommandantur à compter du 17 juin 1940 et vivra quatre années d'occupation allemande. L'édifice subit d'importants dommages lors d'un bombardement le 8 mai 1944. Des restaurations sont entreprises. En août 1960 un spectale "son et lumière" retraçant son histoire millénaire est organisé au château avec les voix de Madeleine Sologne et André Le Gall[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château actuel est celui restauré par le maréchal d'Estampes pendant le premier quart du XVIIe siècle. Il est construit sur une ancienne motte nivelée en une succession de deux terrasses au-dessus des douves. Le château comprend sur la façade nord les deux tours du XVIe siècle qui ont résisté à l'incendie de 1562, et sur la facade sud deux tours polygonales dont le soubassement remonte à la construction du château médieval. Le corps central (dont le toit "chinois" fût remanié à la fin du XIXe siècle) est couronné d'une horloge et d'un clocheton. L'influence de la Renaissance se fait sentir sur les murs qui relient les tours dont les fenêtres sont ornées de grotesques et de médaillons dont certains existent encore. Au corps de logis, sont ajoutées deux ailes basses (disparues au début du XIXe siècle et qui s'appuyaient sur la première terrasse). Les ailes se continuent par deux pavillons: le pavillon de l'est était autrefois affecté aux gardes du château tandis que le pavillon de l'ouest comprend les anciennes cuisines dont une cheminée monumentale et un puit. Les douves sont maçonnées avec un pont qui les enjambe et quatre échauguettes (dont deux subsistent) sont aménagées, percées d'ouverture pour permettre les tirs, qui se dressent aux angles du chemin de ronde qui surplombe les douves[7].

Les communs de l'avant-cour

Deux grands corps de communs remarquables bordent l'avant-cour du château : ils servaient d’écuries et de cantonnement pour la compagnie de gens d’armes que le maréchal d'Estampes dirigeait. La ferme comprenant des logements, granges et chenil est reconstruite un peu plus à l’écart dans la basse-cour.

Le magnifique ensemble, en briques rouges, est typique du classicisme qui se développe à la fin de la Renaissance et sous le règne de Louis XIII.

Le domaine qui s'étend désormais sur une cinquantaine d'hectares est cloturé par un mur d'enceinte en briques et ceinturé par la Sauldre. Le maréchal d'Estampes avait fait dessiner des jardins à la française et creuser un canal de 600 métres, alimenté par la rivière, qui existe toujours. Un potager, une glacière, des prairies, des terres cultivées et des parties boisées composent un territoire romantique. Un réseau d'allées en étoile dessert le parc. De nombreuses essences d'arbres s'y retrouvent ainsi qu'un gibier abondant.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Leroy, Intinéraire d'une famille anglaise en Solgogne, Editions de l'Etude Historique et Généalogique du Centre, collection "nouvelle histoire de Sologne",
  2. a et b Laurent Leroy, Itinéraire d'une famille anglaise en Sologne au XIXe siècle, Editions de l'Etude Historique et Généalogique du Centre, Collection "Nouvelle Histoire de Sologne", , 63 p., page 5
  3. a, b et c Henry-René Bertrand, Château de La Ferté-Imbault, , Seigneurie de La Ferté-Imbault
  4. Constantin Photiadès, La Reine des Lanturelus, Plon, , 282 p., pages 75 et 76
  5. Constantin Photiadès, La reine des Lanturelus, Plon, , page 217: chanson de Madame Elisabeth de septembre 1780, Bibliothèque Nationale
  6. Constantin Photiadès, La reine des Lanturelus, Plon, , 282 p., pages 68 à 71
  7. « château de La Ferté-Imbault », sur Base Mérimée
  1. Henri-René Bertrand : Le château de la Ferté-Imbault (1960)
  2. Laurent Leroy : Itinéraire d'une famille anglaise en Sologne au 19e siècle
  3. Constantin Photiades : La reine des Lanturelus
  4. Gilberte Espouy : Jacques d'Estampes, Marquis de La Ferté-Imbault, maréchal de France ou l'honneur de servir, 2000.

Voir aussi[modifier | modifier le code]