Château-Figeac

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Château de Figeac
Image illustrative de l'article Château-Figeac
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Pays Drapeau de la France France
Siège social Saint-Émilion
Appellations saint-émilion grand cru,
(premier grand cru classé B)
Marque Château-Figeac
Cépage 35 % cabernet franc
35 % cabernet sauvignon et
30 % merlot
Volume produit 100 000 bouteilles[1]
Personnes clés Thierry Manoncourt
Autre production Petit-Figeac
Site web chateau-figeac.com

Le Château-Figeac est un vin rouge, en appellation saint-émilion grand cru, produit par le Château de Figeac[3], un domaine viticole situé sur la commune de Saint-Émilion, en Gironde. Son vin est reconnu comme « premier grand cru classé B » sans interruption depuis 1955, date du premier classement des vins de Saint-Émilion.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une bouteille de Figeac 1995, le 50e millésime de Thierry Manoncourt.

Les plus anciennes traces de son histoire remontent à l'époque gallo-romaine, au IIe siècle, avec des vestiges des canalisations de pierre. Le nom du domaine proviendrait de celui de la famille « Figeacus » qui possédait une villa sur l'emplacement du château actuel. Henri Enjalbert faisait le lien de ce nom avec celui de la commune de Figeac, dans le département du Lot.

Au XVe siècle, le domaine de Figeac est vendu par la famille de Lescours à la famille de Cazes (ou Decazes). Leur château de Figeac est incendié en 1586 lors des guerres de religions, puis reconstruit. En 1654, la seigneurie passe dans la famille de Carles par le mariage de Marie de Cazes avec François de Carles[4]. En 1838, la veuve Carles-Trajet vend l'ensemble du domaine à un parisien. Plusieurs propriétaires se succèdent durant le XIXe siècle, vendant progressivement des parcelles : le domaine passe d'un total de 130 hectares à seulement 54 actuellement. Certaines parcelles furent intégrées au Château Cheval Blanc, d'autres formèrent des propriétés distinctes : Château La Tour Figeac, Château La Tour du Pin Figeac (lui-même subdivisé en deux propriétés), Château Yon Figeac, Château La Graves Figeac et Château Petit-Figeac (ce dernier racheté en 2002 par le Château-Figeac)[5].

Le château a subi au cours de son histoire guerres et incendies. Du Moyen Âge subsistent des portes et fenêtres dans l'aile droite du château ; de la Renaissance, où il a été reconstruit après l'incendie de 1586, les piliers de la grande cour, les ailes du château, la tour et quelques fenêtres à menaux ; du XVIIIe siècle, la partie centrale du château et les piliers de la cour d'honneur ; de 1900, le prolongement de l'aile droite et la création de la terrasse. Le château de Figeac était une des cinq maisons nobles de Saint-Émilion.

En 1892, Henriette Villepigue (née Chèvremont) achète le domaine avec sa dot ; son petit-fils, Thierry Manoncourt, effectue sa première vendange en 1943 puis prend la direction à partir de 1947. Thierry Manoncourt (1917-2010) fut un ingénieur agronome formé à l'INA ; il a vinifié plus de 50 millésimes et façonné la personnalité de ce vin très reconnaissable[6]. Son gendre, le comte Éric d'Aramon, a pris le relais à partir de 1988 jusqu'en 2013.

En 1986, l'humoriste Pierre Desproges mentionna le vin de Château-Figeac dans un de ses sketches radiodiffusé, ce qui lui valut de recevoir en cadeau personnel de Thierry Manoncourt une caisse de ce vin :

« J'étais littéralement fou de cette femme. [...] J'étais au bord de dire des choses à l'eau de rose quand le sommelier est arrivé. J'avais commandé un Figeac 71, mon saint-émilion préféré. Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de Soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au Soleil. Plus long en bouche qu'un final de Verdi. Un si grand vin que Dieu existe à sa seule vue. Elle a mis de l’eau dedans, je ne l'ai plus jamais aimée ! »

— Pierre Desproges, L'Aquaphile, [7].

Depuis 2013 le château, qui appartient toujours à la famille Manoncourt, est dirigé par Frédéric Faye, un ingénieur agronome précédemment directeur technique de Figeac, et par Jean-Valmy Nicolas, formé à HEC, cogérant et copropriétaire de Château La Conseillante à Pomerol[8]. L'œnologue-conseil est Michel Rolland depuis 2013[9]. Selon Château-Figeac, ses interventions s'inscrivent dans une volonté de la famille Manoncourt de progresser continuellement dans le détail, la précision et dans le respect du style propre aux vins de Château-Figeac. Plusieurs projets menés actuellement (sélection massale et caractérisation des pieds, préservation de souches indigènes de bactéries lactiques...) visent la préservation de la typicité du cru. Mais lors des primeurs 2015, le critique Bernard Burtschy a reproché entre autres choses la modification de l'assemblage des échantillons (avec 40 % de merlot, 32 % de cabernet sauvignon et 28 % de cabernet franc) : « Traumatisé par le classement de 2012, Figeac a fait appel au célèbre consultant Michel Rolland qui a appliqué au millésime 2014 la thérapie de cheval qui a fait son succès. La proportion d'un merlot tapageur a été portée au sommet, l'élevage est intrusif, le vin ressemble plus à un superbe Pomerol qu'à un Figeac »[10].

Terroir[modifier | modifier le code]

Avec une surface de 54 hectares, dont 40 hectares de vignes, il s'agit du plus vaste domaine sur la commune de Saint-Émilion. Il se trouve en bordure de la commune voisine Pomerol, à trois kilomètres à l'ouest de la petite ville de Saint-Émilion.

Une des particularités des parcelles du Château-Figeac, partagée avec Château Cheval Blanc, est d'avoir un sol majoritairement formé de « graves de feu »[11] günziennes, offrant un bon drainage et formant trois collines caractéristiques, et de quelques parcelles de sables éoliens. Il diffère du reste du vignoble de Saint-Émilion, qui est calcaire, argilo-calcaire ou sablonneux selon les zones.

Sur ce sol, l'encépagement de Figeac est totalement atypique pour une appellation du Libournais, avec 35 % de cabernet sauvignon, 35 % de cabernet franc, et seulement 30 % de merlot, se rapprochant de l'encépagement d'un médoc (où les cabernets dominent) et s'éloignant de celui d'un saint-émilion (où le merlot est souvent majoritaire, complété par du cabernet franc). Ce choix d'encépagement s'est fait à partir de l'originalité du sol et de la volonté de faire un vin de garde élégant de longue garde : il contribue à l'originalité de ce vin. L'âge moyen des vignes est de 45 ans environ ; elles font l'objet d'une culture raisonnée respectueuse de l'environnement.

Vins[modifier | modifier le code]

Grand vin[modifier | modifier le code]

La culture de la vigne, la vinification et l'élevage combinent des méthodes traditionnelles (cuvier de bois, macération à chapeau immergé, collage aux blancs d'œuf…) et l'utilisation de techniques de pointe (analyse des sols par infrarouges, presse hydraulique verticale, tri optique des baies, macération préfermentaire à froid…).

Dans les chais, l'élevage se fait à 100 % en barriques neuves et dure de 18 à 20 mois. La mise en bouteilles se fait au château. Le vin est vendu aux négociants de Bordeaux en primeurs .

Le vin de Château-Figeac a obtenu le rang de « premier grand cru classé B » lors du classement de Saint-Émilion de 1955. Ce classement est revu périodiquement ; le dernier en date, celui de 2012, a maintenu le château au même rang, en-dessous des quatre « premier grand cru classé A » (Angélus, Ausone, Cheval Blanc et Pavie).

Second vin[modifier | modifier le code]

En 1945, Thierry Manoncourt développe le concept de « second vin » pour garantir la qualité constante du « grand vin ». Le « second vin » est issu de vignes jeunes ou de jus non sélectionnés pour entrer dans la composition du « grand vin ». Son assemblage est donc différent de celui du « grand vin », mais il bénéficie d’un savoir faire identique : les méthodes de culture, d’élevage et la vinification, la mise en bouteille et le même œnologue, permettant ainsi d'offrir une seconde interprétation d'un vin par un château et d'atteindre un public amateur plus large[12].

Le domaine produit de 1945 à 2011 un second vin appelé « La Grange Neuve de Figeac » et depuis 2006, une cuvée spéciale appelée « Petit-Figeac ». À partir du millésime 2012, Petit-Figeac est devenu l'unique second vin de Figeac et il est vendu en primeurs .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dossier de presse », sur chateau-figeac.com.
  2. Arrêt de la Cour de cassation no 08-12.270 du 13 octobre 2009.
  3. Le site chateau-figeac.com indique la forme « Château de Figeac » pour le domaine. Les documents juridiques mentionnent le « groupement foncier agricole du Château de Figeac »[2].
  4. Charles d'Hozier, Armorial général de France, vol. 13 (lire en ligne), p. 829
  5. « L'histoire de Figeac, ses hommes, ses femmes » [PDF], sur chateau-figeac.com.
  6. « L'hommage des jurats à Thierry Manoncourt », Sud Ouest,‎ (lire en ligne).
  7. Pierre Desproges, « L'aquaphile », sur demantibulateur.tumblr.com, .
  8. Jean-François Arnaud, « Vins de Bordeaux : Château Figeac et La Conseillante se rapprochent », Challenges,‎ (lire en ligne).
  9. « Château Figeac : un demi-siècle d’un saint-Émilion de légende », La Revue du vin de France, no 585,‎ (lire en ligne).
  10. Bernard Burtschy, « Traumatisé par le classement de 2012,... », sur Facebook, .
  11. « Le terroir de Figeac » [PDF], sur chateau-figeac.com.
  12. « Qu’est ce qu’un Second Vin ? », sur leblogdemondovino.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]