Canal Saint-Félix

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Canal Saint-Félix
Illustration.
Le canal vu en direction du sud.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 47° 12′ 52″ N, 1° 32′ 34″ O
Début Erdre
Fin Loire
Traverse Nantes
Caractéristiques
Statut actuel En service
Longueur 0,5 km
Gabarit larg: 80 m, prof. 4.00 m
Infrastructures
Écluses 1
Hauteur des chutes d'écluses Moyenne : ?m
Maximale : 4,00 m
Histoire
Commanditaire Félix de Nantes
Concepteur Jean-Marie de Silguy

Le canal Saint-Félix est un canal, dans lequel coulent les eaux de l'Erdre, avant que celle-ci ne se jette dans la Loire. Situé à Nantes, à l'est du château des Ducs, il a pris la place d'un des anciens bras de la Loire, le bras de la Bourse, lors des Comblements de Nantes. Il constitue aujourd'hui un port de plaisance non loin du centre-ville, avec un parking côté quai Malakoff.

Historique[modifier | modifier le code]

Bras de Loire[modifier | modifier le code]

Sa construction remonterait au VIe siècle et serait l'œuvre de Félix, 16e évêque de la ville et fondateur de son port. Il est difficile de savoir s'il s'agit en réalité d'une simple canalisation d'un des bras de la Loire ou d'un ouvrage créé de toutes pièces et qui courait alors entre les prairies dites « de Mauves », à l'est, et « de la Madeleine », à l'ouest[1],[2]. D'après l'historienne Émilienne Leroux, Félix aurait simplement fait approfondir le chenal qui porte son nom et passe au pied du château ducal[3], ceci jusqu'à « La Fosse », chenal fluvial naturel longeant le quai auquel il a donné son nom[4] (qui débutait place du Commerce) permettant alors aux eaux du fleuve de refluer vers le nord et ainsi éviter un envasement fatal à l'activité portuaire.

Au niveau de l'intersection de la place Duchesse-Anne et de l'allée Commandant-Charcot (anciennement « quai Richebourg »), le canal était rejoint par un étier dit « de Mauves » qui venait de Sainte-Luce-sur-Loire, en amont du fleuve, et qui empruntait l'actuel cours John-Kennedy, ainsi que le boulevard de Stalingrad, séparant ainsi la « prairie de Mauves » (qui formait une île) des berges du fleuve.

Au XVIIIe siècle, l'urbanisation du territoire situé à l'est du château des Ducs va favoriser l'émergence du nouveau quartier Richebourg, dont la prospérité est basée sur ce port fluvial et sur l'industrie sucrière. Le « Quai Richebourg » est particulièrement actif : les bateaux en provenance d'Orléans, Tours ou Saumur y débarquent régulièrement du tuffeau, du grès, des ardoises ou du charbon[5].

Au XIXe siècle, les berges du canal commencent à s'urbaniser à leur tour. D'abord la « prairie de la Madeleine » (nouvellement incorporée à l'île Gloriette), avec la création du quartier du « Champ de Mars ». On construit, en 1840, un pont suspendu baptisé « pont de la Rotonde », qui enjambe la partie nord du canal, reliant l'actuel avenue Carnot à la place Duchesse-Anne, à l'est du château des Ducs. Ce pont est emporté lors du passage d'un troupeau de bœufs, en 1866, puis remplacé par un ouvrage fixe de pierre et d'acier.

L'arrivée du chemin de fer à Nantes, en 1851, nécessite la construction, sur la partie occidentale de la « prairie de Mauves », de la gare (baptisée alors « gare d'Orléans »), inaugurée deux ans plus tard, au sud de laquelle se développe le quartier qui baptisé, plus tard, le « Vieux-Malakoff ».

Pour faciliter la construction de ces infrastructures ferroviaires, la municipalité fait alors dévier l'étier de Mauves, en faisant creuser un canal au sud de la nouvelle gare allant du quai Malakoff (rive est) jusqu'aux abords du pont de la Moutonnerie, faisant de celui-ci une « gare d'eau », bordée au sud par le « quai de Lourmel ». À peine inaugurée, la ligne est prolongée vers l'ouest, empruntant le quai Richebourg, pour continuer sa course vers le centre-ville (tracé aujourd'hui emprunté par la Ligne 1 du tramway jusqu'à la station Gare maritime), puis vers l'océan.

En 1885, la biscuiterie Lefèvre-Utile installe ses usines dans le quartier « Champ de Mars » sur le quai Ferdinand-Favre (rive ouest), elle y reste durant un siècle.

Le départ de la Loire[modifier | modifier le code]

Schéma du tracé du tunnel souterrain Saint-Félix, sur la base d'un plan de 1930
Travaux d'élargissement du quai Malakoff, sur la base d'un plan de 1930

En 1926, les travaux de comblement de nombreux bras de la Loire et de dérivation de l'Erdre commencent. Ils ont une incidence capitale sur le canal, qui est amputé d'une petite portion dans sa partie septentrionale.

Ainsi, de 1929 à 1933, on creuse le tunnel Saint-Félix, canal souterrain passant sous les cours Saint-Pierre et Saint-André, entre la préfecture et le canal Saint-Félix, destiné à dévier l'affluent, l'Erdre, de son cours naturel. Ce chantier, réalisé dans le cadre de la dette de guerre allemande contractée à l'issue du premier conflit mondial, est supervisé par un ingénieur d'outre-Rhin Karl Hotz, futur Oberstleutnant de la Feldkommandantur de Nantes, sous l'occupation allemande, durant la seconde Guerre mondiale, et dont l'assassinat provoque, en représailles, l'exécution des 50 otages à Nantes, Paris et Châteaubriant.

Durant la même période, à la suite du comblement du bras de l'Hôpital, le canal Saint-Félix cesse d'être définitivement alimenté par les eaux du « fleuve royal ». En effet, le bras de la Bourse, dont la partie ouest est comblée depuis 1928, ne transporte alors déjà plus que celles de l'Erdre.

La construction d'un barrage et d'une écluse à sa sortie, pour maintenir son niveau, protège le canal contre le refoulement des eaux de la Loire avec la cote de + 10 m, soit 1 m au-dessus des inondations de 1910. Ces installations comprenant un sas d'écluse de 50 mètres de long pour 7 mètres de large, fermé par deux portes métalliques de 17 tonnes chacune, fut inaugurée le 5 avril 1934 après 3 ans de travaux[6].

À partir de 1933, des travaux d'élargissement du quai Malakoff commencent. Ils incluent le comblement du canal de la Gare, et ont pour effet de diminuer la largeur du canal Saint-Félix. Ils sont stoppés en 1942 et repris après la guerre.

Le comblement de l'Erdre permet également de combler ce qu'il reste du bras de la Bourse. Le pont de la Rotonde, en mauvais état, est démoli et reconstruit à l'emplacement de son ancêtre, permettant désormais aux automobiles de franchir l'emprise ferroviaire de la ligne Nantes-Saint-Nazaire.

En 1937 est construit sur la rive orientale du canal Saint-Félix le « stade Malakoff », qui vibre, une vingtaine d'années plus tard, aux exploits du Football Club de Nantes et prend le nom de « stade Marcel-Saupin ».

L'inauguration du pont de Tbilissi au sud, dans les années 1980, permet de faciliter le franchissement du canal, complétant la passerelle piétonne qui existait déjà au-dessus l'écluse.

La même période voit le début de la restructuration des quartiers environnants intégré au quartier international d'affaires Euronantes, grâce à la construction d'équipements publics importants : Cité Internationale des congrès, la gare SNCF-Sud, le siège de Nantes Métropole et, enfin, l'aménagement de l'ancienne usine LU en un espace culturel, Le Lieu unique.

Travaux d'entretien[modifier | modifier le code]

Le Canal est entièrement vidé en 1989, grâce à un batardeau placé à la sortie sud du tunnel Saint-Félix et un autre en palplanches en avant du barrage, situé dans le lit de La Loire. Des travaux sont également exécutés à cette occasion sur l'écluse, qui est l'écluse no 1 du canal de Nantes à Brest. On découvre dans le fond du canal deux épaves dans la vase, côté quai Malakoff, qui seront démantelées et évacuées[réf. nécessaire].

Les projets[modifier | modifier le code]

Cette restructuration se poursuit encore de nos jours avec la constitution de la partie nord du quartier d'affaires Euronantes, entrainant notamment la reconversion partielle du Stade Marcel-Saupin, qui accueille désormais un centre de recherche, une résidence de services et des sièges sociaux d'entreprises.

En 2016, la municipalité engage un processus de concertation pour le réaménagement des rives du canal et notamment le quai Malakoff. En 2018, le cabinet d'architectes et de paysagistes TER, retenu pour mener à bien ce projet, propose de transformer celui-ci en espace de détente pouvant accueillir une plage ou une piscine en plein air, avec guinguette, aire de pique-nique et terrains de sports[7].

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.


Panorama-Nantes-vue-du-pont-de-tbilissi.jpg

Depuis le pont de Tbilissi, on observe, de gauche à droite : l'entrée de l'écluse, côté amont, vers la Loire, au premier plan ; la Cité des Congrès ; la coiffe de la tour Bretagne ; le siège de Nantes Métropole (et la brasserie qui occupe son rez-de-chaussée), ouvert sur le quai Ferdinand Favre ; le chevet de la cathédrale ; l'entrée du tunnel Saint-Félix à droite de la rangée d'arbres ; le port-canal Saint Félix avec ses bateaux ; le clocher de l'église Saint-Clément ; l'entrée sud de la Gare de Nantes ; la maison des Compagnons du devoir ; le quai de Malakoff, avec son parking au premier plan.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Saint Félix évêque de Nantes »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 5 juin 2014)
  2. « Source précédente sur wikixix », sur archive.wikiwix.com (consulté le 5 juin 2014)
  3. Émilienne Leroux, Histoire d'une ville et de ses habitants : Nantes de 1914 à 1939 (ISBN 2867230071), p. 212
  4. Paul Bois, Histoire de Nantes (ISBN 2708947176), p. 14
  5. « Richebourg, un ancien port façonné par l'industrie »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur presseocéan.fr (consulté le 5 juin 2014)
  6. Les ponts de Nantes et de sa région
  7. Ville de Nantes, « [Long format] Le futur de la Petite-Hollande et des bords de Loire se dessine », nantes.fr,‎ (lire en ligne)

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