Tunnel Saint-Félix

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Tunnel Saint-Félix
960 - Canal Saint-Félix RdV de l'Erdre - Nantes.jpg
Tunnel du canal Saint-Félix
Présentation
Type
Tunnel fluvial
Destination initiale
Dérivation et nouveau tracé de l'Erdre
Ingénieur
Karl Hotz
Construction
1929-1933
Localisation
Pays
Région
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte de France
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Localisation sur la carte de Nantes
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Le tunnel Saint-Félix est un tunnel fluvial situé dans la partie la plus en aval du cours de l'Erdre, à Nantes.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le tunnel est situé en enfilade sous la zone constituée successivement du nord au sud par le cours Saint-André, de la place Maréchal-Foch, du cours Saint-Pierre, la place Duchesse-Anne, puis enfin le cours John-Kennedy. Son entrée Nord, voûtée, se situe sur le plan d'eau de l'extrémité Est du quai Ceineray, à proximité du square du Maquis-de-Saffré, et débouche, au Sud, dans le canal Saint-Félix, permettant la navigation jusqu'à la Loire, à l'Ouest de l'ancien stade Marcel-Saupin, par l'intermédiaire d'une écluse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Entrée située côté nord
La fin du tunnel, sous le pont du quai Malakoff avant son débouché dans le canal.

La construction du tunnel résulte de la réalisation d'un vaste plan de comblement des bras nord de la Loire (ceux « de la Bourse » et « de l'Hôpital »), ainsi que du dernier kilomètre du cours de l'Erdre, décidé par la municipalité en 1926. Les principales raisons de ces travaux sont, notamment, de remédier aux problèmes d'ensablement du fleuve et à l'étroitesse des quais régulièrement emportés par les crues de celui-ci, notamment ceux qui se trouvent le long du bras de la Bourse et qui supportent la ligne de chemin de fer vers Saint-Nazaire depuis la gare de Nantes.

Le comblement de la boucle ouest du cours inférieur de l'Erdre (qui laisse, ainsi, place au futur cours des 50-Otages) est nécessaire dans la mesure où le point de confluence avec la Loire se trouve justement au niveau du bras de la Bourse[1]. Afin d'assurer l'écoulement satisfaisant de la rivière, il est donc indispensable de la dévier. On opte alors pour le creusement d'un canal à l'est de l'ancien lit, sous les cours Saint-Pierre et Saint-André, ainsi que sous la place Duchesse-Anne, constituant la distance la plus courte et la moins onéreuse entre les deux cours d'eau, pour déboucher dans le canal Saint-Félix, sur des terrains non construits. Le choix d'un ouvrage souterrain est dicté par la volonté de préserver la configuration initiale du site.

Dans le cadre du plan Dawes, mis en place en 1924 pour le règlement de la dette de guerre allemande à la suite de la Première Guerre mondiale, les travaux sous les cours Saint-Pierre et Saint-André sont confiés à la société Karl Brand, une entreprise de travaux publics de Düsseldorf, qui les exécute d' à .

Ceux sous la place Duchesse-Anne sont conduits par une entreprise nantaise, les établissements Ducos, d' à .

Une brochure éditée à l'occasion de la cérémonie d'inauguration, en 1934, indique que « les travaux qui ont nécessité l'extraction de 123 000 m3 de déblais, dont 75 000 de rocher, et la mise en œuvre de 46 000 m3 de maçonnerie ont présenté des difficultés du fait surtout de la grande profondeur de l'ouvrage sous le niveau de la rivière et du fleuve, de son exécution en plein centre ville, et de reprises en sous-œuvre sous les monuments aux morts de la guerre de 1870 et de la guerre de 1914-1918, sous la chaussée du quai de Richebourg et sous les voies ferrées de la Compagnie d'Orléans »[2].

L'ingénieur allemand Karl Hotz est chargé de la supervision du projet pour la société Brand. Celui-ci reviendra 7 ans plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale où, devenu officier de la Wehrmacht avec le grade de lieutenant-colonel (Oberstleutnant), il occupera la fonction de Feldkommandant der Stadt Nantes, c'est-à-dire de responsable des troupes d’occupation pour le département de Loire-Inférieure, ceci jusqu'à son assassinat par la résistance, en . Sa mort mènera à des représailles qui coûteront la vie à 48 otages, fusillés à Nantes, Châteaubriant (dont le jeune Guy Môquet) et Paris.

L'ensemble du chantier (y compris l'aménagement du canal Saint-Félix), achevé, est inauguré le .

Le tunnel de Saint-Félix est peu utilisé pour la navigation fluviale à cause d'un gabarit restreint qui limite la circulation mais, hormis durant une période comprise entre 2006 et 2009, où il est parcouru plusieurs fois par jour par le « Navibus Erdre », un service public de transport en commun par navette fluviale géré par la Semitan. Il sert aussi aux plaisanciers qui remontent le cours de l'Erdre qui est navigable sur une vingtaine de kilomètres depuis l'écluse de Saint-Félix.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La sortie du tunnel dans le canal Saint-Félix (au centre de la photo).

Le tunnel, de 740 m de long, est composé de 2 tronçons distincts. Le premier, au nord, est constitué d'une partie voûtée située sous les cours Saint André et Saint Pierre, d’une longueur de 550 mètres. La voûte circulaire est en béton armé, de 5 mètres de rayon, avec une épaisseur de 0,60 m à la clé, de 1,00 m aux naissances et enveloppe une cuvette de 8,40 m de hauteur sur 7,90 m de largeur, creusée dans le rocher et couverte par 3 à 6 m de remblais. Un trottoir court sur toute sa longueur côté ouest. Le deuxième tronçon, vers le sud, est composé d'une galerie/cadre en béton armé de 190 m de long. Elle est située sous la place Duchesse-Anne et est de section rectangulaire de 8,50 m de large entre des pieds droits de 2,25 m d’épaisseur[3]. Ceux-ci sont renforcés de palplanches aux pieds des fondations.

Un trottoir d'1 m de large, avec garde-corps, court sur toute la longueur, côté ouest. La voûte est fermée par des poutres transversales, en béton armé, supportant une mince épaisseur de terrain rapporté. La largeur navigable est de 7 m et la hauteur est variable suivant la saison : de 3,60 m, en hiver, à 3,80 m, en été, aux basses eaux. Cette galerie se prolonge jusqu'aux voies ferrées de la sortie ouest de la gare de Nantes et débouche dans le canal Saint-Félix qui est un bassin à flot de 3,5 ha fermé par un barrage et une écluse latérale (l'écluse no 1 du canal de Nantes à Brest) de 50 m de long par 7 m de large permettant l'accès à la Loire.

L'accès du canal souterrain est régulé par 2 feux, rouge et vert, situés aux extrémités, car le croisement est impossible dans ce tunnel, sauf dans une zone d'évitage, créée en son milieu à la construction. La circulation dans l'ouvrage est contrôlée en permanence depuis le bureau de l'écluse de Saint-Félix par vidéo-surveillance et interphone. Un site internet donne des indications précises sur les tirants d'eau et d'air, sous les ponts et le tunnel, suivant l'heure et la saison ; le tunnel est éclairé en permanence et équipé d'un rail de guidage situés au-dessus du niveau de l'eau, sur le côté du trottoir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 47° 12′ 51″ N, 1° 33′ 19″ O
  2. Archives municipales de Nantes, Brochure éditée de 4/4/1934 pour la cérémonie d'inauguration du souterrain du 5/4/1934. Cité sur « Nantes - Détournement & comblement de l'Erdre », archives municipales de Nantes (consulté le 7 novembre 2016), p. 10.
  3. « Nantes - Les comblements - Le détournement de l'Erdre sous les cours : la construction du tunnel », archives municipales de Nantes (consulté le 7 novembre 2016), p. 2 ; ce fascicule reprend le livre de Maurice Denizeau, Nantes - Le fleuve, les îles, le port, Nantes, CDNP, coll. « Documents d'histoire régionale », , 31 p. (cet ouvrage présente des annexes non paginées).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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