Levée de la Divatte

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La levée de la Divatte, ici, le long de la rive gauche de la rivière Divatte.

La levée de la Divatte est une digue routière construite au milieu du XXe siècle, faisant partie des levées de la Loire ; longue de 15,8 km, elle protège contre les inondations une vallée fertile et peuplée, répartie sur trois communes la Chapelle-Basse-Mer, Saint-Julien-de-Concelles et Basse-Goulaine. Elle appartient au conseil départemental de la Loire-Atlantique.

Présentation générale[modifier | modifier le code]

La levée au niveau de la cale 83.

À la suite de nombreuses inondations, la levée de la Divatte est construite entre 1847 et 1856[1], à l'initiative des communes de Saint-Julien-de-Concelles, La Chapelle-Basse-Mer et Basse-Goulaine, afin de lutter contre les crues du fleuve.

Constituée de sable et de terre, étayée de pierre et recouverte, elle commence avant la confluence de la rivière Divatte (rive gauche, Loire-Atlantique) et de la Loire qu'elle longe en rive gauche sur une quinzaine de kilomètres ; elle supporte la D751, du lieu-dit le Port-Moron (la Chapelle-Basse-Mer) jusqu'à la sablière l'Officière (Saint-Julien-de-Concelles) ; limitée à 70 km/h, elle est interdite aux véhicules de plus de 8 tonnes en transit.

Des cales d’accès et des ports sont aménagés ; une sablière[2] s'y implante, de nombreuses maison et plusieurs restaurants, dont celui de Clémence Lefeuvre, créatrice du beurre blanc sont construits sur le bord extérieur, dominant les villages en contre-bas.

Cette digue permet aux viticulteurs et aux maraîchers de développer leurs cultures, gagnées sur un terrain limoneux et fertile, mais sur une zone inondable à risque. Plusieurs ports sont aménagés pour accueillir les gabarres de Loire, ainsi que ne nombreuses cales d'accès ; néanmoins, elle sonne le glas des chalands qui descendaient la Goulaine, chargés de vin.

Cette digue ne connaît, jusqu'ici, que deux ruptures : une, moindre, en 1856, et, l'autre, catastrophique, en 1910[3].

Crue de 1910[modifier | modifier le code]

Jauge à crues et étiages de la Loire à Ancenis
En haut à droite, le niveau de 1910.

L'année 1910 est riche en crues : la crue du Doubs (plus de 10 m au-dessus du niveau normal), les 20 et 21 janvier, celle du Rhône, la crue de la Seine (plus 8 m), le 28 janvier, et celle de la Loire (plus 7 m), en décembre.

Une pluviométrie supérieure à l'habitude en est l'origine et toutes les portes (vannes anti-inondation) sont déjà fermées. Cette crue provoque plusieurs ruptures de la levée, la Loire étant au-dessus de son débit habituel depuis la fin de l'année précédente. Au printemps 1910, les parties basses de la vallée sont encore engorgées. Dans le courant de l'automne 1910, à la Toussaint, les îles sont noyées. Fin novembre, le niveau de la Loire atteint le haut de la levée et de nombreuses infiltrations menacent sa solidité, inquiétent la population vivant 3 à 4 m sous le niveau normal du fleuve. Les cales sont condamnées pour limiter les risques, en vain :

  1. : la levée céde à Saint-Julien-de-Concelles, au niveau de la Praudière puis à Bel-Air, créant un raz-de-marée qui ravage tout sur son passage, inondant nombre de villages de la vallée de Saint-Julien : les Amourettes, Bel-Air, Beauvais, la Chebuette, le bourg, Cahérault puis le Bas-Guineau et la Croix-du-Charbonneau (la Chapelle-Basse-Mer) et le bourg de Basse-Goulaine ;
  2. : la digue d'Embreil (1836), protégeant la "queue" du marais, éclate à son tour, laissant l'eau envahir le marais de Goulaine et les villages du Pont-de-l'Ouen (Haute-Goulaine), la Métallerie, les Noues (le Loroux-Bottereau), Bas-Briacé (le Landreau), la Sauzaie, le Bonneau et la Martinière (la Chapelle-Heulin). La ligne de chemin de fer du Petit Anjou est coupée[4] ;
  3. : rupture à Basse-Goulaine, au lieu-dit la Rivière.
  4. : à la demande des habitants, les Pont-et-Chaussées dynamitent les portes anti-crue de Basse-Goulaine afin de libérer l'eau vers la Loire, le niveau atteint à l'extérieur de la levée étant supérieur à celui du fleuve et y débordant, menaçant de nouvelles ruptures cette digue qui n'est pas prévue pour résister à la pression venant de l'extérieur.

Ces inondations touchent environ 8 000 habitants sur sept communes (la Chapelle-Basse-Mer, Saint-Julien-de-Concelles, Basse-Goulaine, Haute-Goulaine, la Chapelle-Heulin, le Landreau et le Loroux-Bottereau), dessinant un L[5] (16 km de long, 10 de large et 2 à 3 d'épaisseur) parallèle à la Loire, donc longeant la levée, dont la tête se situe sous l'île Moron (en amont des ponts de Mauves-sur-Loire), le talon à l'île Héron (soit presque 2 km en aval de l'actuel pont de Bellevue) et la pointe mourant à ras du bourg de la Chapelle-Heulin, n'épargnant que les terres les plus élevées[6], les coteaux.

Commémorations[modifier | modifier le code]

Déménagement lors de l'inondation de décembre 1910, Bas-Briacé, le Landreau (Fr-44).

L'importance de l'événement fait se déplacer Louis Puech (ministre des Travaux publics du gouvernement d'Aristide Briand) et Gabriel Guist'hau (sous-secrétaire d'État à la Marine et maire de Nantes). Une soixantaine de cartes postales est éditée à cette époque, pérennisant le souvenir amer d'une population ruinée, ayant perdu maison et meubles, fourrage et réserves de nourriture mais, heureusement, sans perte humaine et ayant réussi à sauver le bétail. Contrepartie bénéfique : un apport non négligeable en fertilisants.

Pour le centenaire de cette catastrophe, l'association Entre Divatte et Goulaine 1910-2010 est créée dans le but d'organiser expositions, animations communales et conférences, durant les Journées du Patrimoine 2010, sur les inondations et de sensibiliser les gens à la protection l'environnement et, aussi, d'apporter une modeste aide financière aux sinistrés de Xynthia, en leur versant un écot prélevé sur les ventes d'un livre et d'un DVD[7] relatant ces péripéties.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. « Historique de la Levée de la Divatte », sur divatte.e-monsite.com (consulté le 6 juillet 2016)
  2. « Sablière de Saint-Julien-de-Concelles », sur phototheque-patrimoine.paysdelaloire.fr (consulté le 28 février 2021)
  3. « Les crues », sur divatte.org (consulté le 7 décembre 2012)
  4. « Les inondations de décembre 1910 à Embreil », sur histoire-genealogie.com, (consulté le 7 décembre 2012)
  5. « Zones inondables », sur norois.revues.org, (consulté le 7 décembre 2012)
  6. « La vulnérabilité des hommes et des habitations face au risque d’inondation dans le Val nantais (1841-2003), paragraphe 4. », sur norois.revues.org, (consulté le 7 décembre 2012)
  7. « La levée de la Divatte », sur divatte.org, (consulté le 7 décembre 2012)