Bataille de Préveza

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Ne doit pas être confondu avec Bataille de Préveza (1911).
Bataille de Préveza
Description de cette image, également commentée ci-après

Bataille de Préveza, tableau par Ohannes Umes Behzad, 1866.

Informations générales
Date
Lieu Préveza (Grèce)
Issue Victoire ottomane décisive[1]
Belligérants
Sainte Ligue :
Drapeau de la République de Venise République de Venise
Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Emblem of the Papacy SE.svg États pontificaux
Flag of Genoa.svg République de Gênes
Drapeau de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Fictitious Ottoman flag 2.svg Empire ottoman
Commandants
Andrea Doria
Ferrante Gonzaga
Francesco Doria
Alessandro Condalmiero
Khayr ad-Din Pacha,
Hassan Reis
Dragut Reis,
Seydi Ali Reis,
Sinan Reis
Forces en présence
138 galères
70 navires
140 barques
60 000 soldats
122 navires
12 000 soldats
Pertes
13 navires détruits
36 navires capturés
3 000 prisonniers
Aucunes pertes navales
~400 morts
~800 blessés

Guerre vénéto-ottomane (1537-1540)

Coordonnées 38° 58′ nord, 20° 45′ est

La bataille de Préveza, livrée le [2] au large de Préveza, sur la côte Ouest de la Grèce, oppose au cours de la guerre vénéto-ottomane (1537-1540), la flotte ottomane, commandée par Khayr ad-Din Barberousse, et la flotte hispano-vénitienne de la Sainte Ligue, commandée par l'amiral génois Andrea Doria. La flotte chrétienne est vaincue par la flotte Ottomane. Cette bataille assure aux Ottomans et aux corsaires barbaresques, la suprématie de la Méditerranée pendant 33 ans, jusqu'à la bataille de Lépante.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1537, Khayr ad-Din Barberousse, alors bey d'Alger, commanda une grande flotte ottomane, et prit un certain nombre d'îles égéennes et ioniennes appartenant à la République de Venise, à savoir Syros, Égine, Ios, Paros, Tinos, Karpathos, Kasos et Naxos, annexant ainsi le Duché de Naxos à l'Empire ottoman. Il assiégea alors sans succès le bastion vénitien de Corfou et ravagea la côte espagnole de Calabre dans le sud de l'Italie[3].

Face à cette menace, le Pape Paul III réussit en février 1538 à réunir une «Sainte Ligue», composée de la Papauté, de l'Espagne, de la République de Gênes, de la République de Venise et de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, pour affronter Barberousse[réf. nécessaire].

Forces[modifier | modifier le code]

La flotte de Barberousse comptait, cet été, 122 galères et galiotes. Celle de la Sainte Ligue comprenait 300 galères et galions (55 galères vénitiennes, 61 génois / papales, 10 envoyés par les chevaliers hospitaliers et 50 par les espagnols). Andrea Doria, l'amiral génois au service de l'empereur Charles-Quint, était au commandement général[réf. nécessaire].

Déroulement[modifier | modifier le code]

La Sainte Ligue assembla sa flotte près de l'île de Corfou. La flotte pontificale fut conduite par l'amiral Marco Grimani (patriarche d'Aquileia) et la flotte vénitienne sous Vincenzo Capello qui est arrivés en premier. Andrea Doria les rejoignit avec la flotte espagnole-génoise le 22 septembre[réf. nécessaire].

Avant l'arrivée de Doria, Grimani a tenté d’accoster près de la forteresse de Preveza, mais il s'est retiré à Corfou après avoir été repoussé par les forces ottomanes[réf. nécessaire].

Barberousse était encore à l'île de Kos dans la mer Égée à ce moment-là, mais il est bientôt arrivé à Prévéza avec le reste de la flotte ottomane, après avoir capturé l'île de Céphalonie sur le chemin. Sinan Reis, un de ses lieutenants, a suggéré de débarquer des troupes à Actium sur le golfe d'Arta près de Prévéza, une idée dont Barberousse fût initialement opposée, mais qui s'est révélée plus tard importante pour assurer la victoire ottomane. Avec les Turcs tenant la forteresse d'Actium, ils pouvaient soutenir la flotte de Barberousse avec un feu d'artillerie de là, tandis que Doria devait garder ses navires loin de la côte. Un atterrissage chrétien pour prendre Actium aurait probablement été nécessaire pour assurer le succès, mais Doria craignait une défaite sur terre après que la sortie initiale de Grimani avait été repoussé par les Turcs. Deux autres tentatives de la Sainte Ligue pour atterrir leurs forces, cette fois près de la forteresse de Preveza sur la rive opposée face à Actium, ont été repoussées par les forces de Murat Reis le 25 et 26 septembre[réf. nécessaire].

La bataille[modifier | modifier le code]

Enfermé dans une impasse stratégique, Doria ordonne finalement à la flotte de lever l'ancre en profitant de la nuit le 27 septembre ; cependant le vent tombe et à l'aube du 28 la flotte chrétienne se trouve désorganisée, les vaisseaux et navires à voiles ayant été retardés. Barberousse saisit sa chance et attaque alors avec ses galères, capturant ou détruisant une poignée de galères et de vaisseaux ennemis[4].

Conséquences[modifier | modifier le code]

En dépit des faibles pertes de la flotte chrétienne et de l'absence d'un engagement à grande échelle entre les deux flottes, l'épisode constitue un succès stratégique décisif pour les Ottomans[4]. Ce revers du camp chrétien assure aux Turcs et aux corsaires barbaresques la suprématie en Méditerranée jusqu'à la bataille de Lépante en 1571. En effet, Venise décide d'adopter une attitude de neutralité, et dans ces conditions, Charles Quint n'a plus la capacité de réunir une flotte suffisante[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hattendorf et King 2013, p. 32.
  2. A. Galotta, 1997, p.1157
  3. Roger Crowley (2008) p.67-69
  4. a et b John F. Guilmartin (2002) p.130-131
  5. (it) « Prevesa in Enciclopedia Italiana », sur treccani.it (consulté le 31 mars 2017).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]