Bataille de Prévéza

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Bataille de Prévéza
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Bataille de Prévéza, tableau par Ohannes Umes Behzad, 1866.

Informations générales
Date 27 septembre 1538
Lieu Prévéza (Grèce)
Issue Victoire décisive ottomane
Changements territoriaux Contrôle de la méditérannée
Belligérants
Sainte Ligue :
Drapeau de la République de Venise République de Venise
Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Emblem of the Papacy SE.svg États pontificaux
Flag of Genoa.svg République de Gênes
Drapeau de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Fictitious Ottoman flag 2.svg Empire ottoman
Commandants
Flag of Genoa.svg Andrea Doria
Flag of Genoa.svg Ferrante Gonzaga
Flag of Genoa.svg Francesco Doria
Flag of Genoa.svg Alessandro Condalmiero
Fictitious Ottoman flag 2.svg Khayr ad-Din Pacha,
Fictitious Ottoman flag 2.svg Hassan Reis
Fictitious Ottoman flag 2.svg Dragut Reis,
Fictitious Ottoman flag 2.svg Seydi Ali Reis,
Fictitious Ottoman flag 2.svg Sinan Reis
Forces en présence
138 galères
70 navires
140 barques
60 000 soldats[1],[2]
122 navires
12 000 soldats[1],[2]
Pertes
13 navires détruits
36 navires capturés
3 000 prisonniers[1],[2]
Aucunes pertes navales
~400 morts
~800 blessés[1],[2]

Guerre vénéto-ottomane (1537-1540)

Coordonnées 38° 58′ nord, 20° 45′ est

La bataille de Prévéza, livrée le [3] au large de Prévéza, sur la côte Ouest de la Grèce, oppose au cours de la guerre vénéto-ottomane (1537-1540), la flotte ottomane, commandée par Khayr ad-Din Barberousse, et la flotte hispano-vénitienne de la Sainte Ligue, commandée par l'amiral génois Andrea Doria. La flotte chrétienne est écrasée par la flotte Ottomane, et doit prendre la retraite. Cette bataille assura aux Ottomans le contrôle de la méditérannée pendant 33 ans.

Ce fût l'une des trois plus grandes batailles navales qui a eu lieu dans la Méditerranée au XVIe siècle.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1537, Hayreddin Barberousse, régent d'Alger, commandant une grande flotte ottomane, prit un certain nombre d'îles égéennes et ioniennes appartenant à la République de Venise, à savoir Syros, Égine, Ios, Paros, Tinos, Karpathos, Kasos et Naxos, annexant ainsi le Duché de Naxos à l'Empire ottoman. Il assiégea alors sans succès le bastion vénitien de Corfou et ravagea la côte espagnole de Calabre dans le sud de l'Italie[4].

Face à cette menace, le Pape Paul III réussit en février 1538 à réunir une «Sainte Ligue», composée de la Papauté, de l'Espagne, de la République de Gênes, de la République de Venise et des Chevaliers de Malte, pour affronter Barberousse.

Forces[modifier | modifier le code]

La flotte de Barberousse comptait, cet été, 122 galères et galiotes. Celle de la Sainte Ligue comprenait 300 galères et galions (55 galères vénitiennes, 61 génois / papales, 10 envoyés par les chevaliers hospitaliers et 50 par les espagnols). Andrea Doria, l'amiral génois au service de l'empereur Charles-Quint, était au commandement général.

Déroulement[modifier | modifier le code]

La Sainte Ligue assembla sa flotte près de l'île de Corfou. La flotte pontificale fut conduite par l'amiral Marco Grimani (patriarche d'Aquileia) et la flotte vénitienne sous Vincenzo Capello qui est arrivés en premier. Andrea Doria les rejoignit avec la flotte espagnole-génoise le 22 septembre.

Avant l'arrivée de Doria, Grimani a tenté d’accoster près de la forteresse de Preveza, mais il s'est retiré à Corfou après avoir repoussé par les forces ottomanes.

Barbarosse était encore à l'île de Kos dans la mer Égée à ce moment-là, mais il est bientôt arrivé à Prévéza avec le reste de la flotte ottomane, après avoir capturé l'île de Céphalonie sur le chemin. Sinan Reis, un de ses lieutenants, a suggéré de débarquer des troupes à Actium sur le golfe d'Arta près de Prévéza, une idée dont Barberousse fût initialement opposée, mais qui s'est révélée plus tard importante pour assurer la victoire ottomane. Avec les Turcs tenant la forteresse d'Actium, ils pouvaient soutenir la flotte de Barberousse avec un feu d'artillerie de là, tandis que Doria devait garder ses navires loin de la côte. Un atterrissage chrétien pour prendre Actium aurait probablement été nécessaire pour assurer le succès, mais Doria craignait une défaite sur terre après que la sortie initiale de Grimani avait été repoussé par les Turcs. Deux autres tentatives de la Sainte Ligue pour atterrir leurs forces, cette fois près de la forteresse de Preveza sur la rive opposée face à Actium, ont été repoussées par les forces de Murat Reis le 25 et 26 septembre.

Comme les navires de Doria étaient éloignés de la côte, car préoccupés par les vents adverses qui les conduisaient sur un rivage hostile, Barberousse avait une position avantageuse. Durant la nuit du 27 au 28 septembre, Doria a donc navigué à 30 milles au sud et, lorsque le vent s'est éteint, a ancré à Sessola près de l'île de Leucade. Pendant la nuit, lui et ses commandants ont décidé que leur meilleure option était d'organiser une attaque vers Lépante et forcer Barbarossa à engager le combat.

La bataille[modifier | modifier le code]

A l'aube, Doria fut surpris de voir que les Turcs venaient vers ses navires. Barbarossa avait pris sa flotte hors du mouillage et se dirigeait vers le sud. Turgut Reis était dans le van avec six grands fustes, et l'aile gauche qui serré étroitement le rivage. N'attendant pas une offensive aussi audacieuse de la flotte ottomane si peu nombreuse, il fallut trois heures à Doria pour donner l'ordre de peser l'ancre et de se préparer à la bataille, pressés par Grimani et Capello.

Les deux flottes se sont finalement engagées le 28 septembre 1538 dans le golfe d'Arta, près de Préveza.

Le manque de vent n'était pas en faveur de Doria. L'immense vaisseau vénitien "Galeone di Venezia" avec ses armes massives a été baissé à quatre miles de la terre et à dix miles de Sessola. Tandis que les navires chrétiens luttaient pour venir à son aide, elle fut bientôt entourée de galères ottomanes et engagée dans une bataille furieuse qui dura des heures et fit beaucoup de dégâts aux galères ottomanes.

Quand le vent se leva, la flotte chrétienne approcha finalement de l'action, bien que Doria ait exécuté d'abord un certain nombre de manœuvres visant à tirer les Turcs en mer. Ferrante Gonzaga, le vice-roi de Sicile, était à l'aile gauche de la flotte combinée, tandis que les chevaliers maltais étaient à l'aile droite. Doria a placé quatre de ses galères les plus rapides sous le commandement de son neveu Giovanni Andrea Doria qui a été placé dans le centre, entre Gonzaga et les chevaliers maltais. Les galères de Doria formaient une longue ligne derrière eux, devant les galères papales et vénitiennes de Grimani et de Capello. A l'arrière se trouvaient les galions vénitiens sous le commandement d'Alessandro Condalmiero (Bondumier) et les galions espagnols-portugais-génois sous le commandement de Francesco Doria, avec les barques et les navires de soutien.

La flotte ottomane avait une configuration en Y: Barberousse, avec son fils Hassan Reis (plus tard Hassan Pacha), Sinan Reis, Cafer Reis et Şaban Reis, étaient au centre; Seydi Ali commandait l'aile gauche; Salih Reis commandait l'aile droite; Tandis que Turgut Reis (Dragut), accompagné de Murat Reis, Güzelce Mehmet Reis et Sadık Reis, commandait l'aile arrière. Les Turcs engagèrent rapidement les navires vénitiens, papaux et maltais, mais Doria hésita à mettre son centre en action contre Barbarossa, ce qui conduisit à beaucoup de manœuvres tactiques mais peu de combats. Barberousse voulait profiter du manque de vent qui immobilisa les barques chrétiennes qui représentaient la majeure partie de la différence numérique entre les deux camps. Ces barques tombèrent comme une proie facile pour les Turcs qui les abordaient à partir de leurs galères relativement plus mobiles. Les efforts de Doria pour piéger les navires ottomans entre le feu de canon de ses barques et des galères échouèrent. En dépit de leur supériorité numérique, les alliés battent en retraite après une escarmouche des avant-gardes des deux flottes[3]. La flotte vénitienne fût décimée.

À la fin de la journée, les Turcs avaient coulé 10 navires, brûlé 3 autres, capturé 36, et avait pris environ 3.000 prisonniers. Les Turcs n'ont perdu aucun navire, et ont subit peu de pertes.

Le lendemain matin, avec un vent favorable, et peu disposé à risquer les navires espagnols-génois, Doria a appareillé et a quitté le champ de bataille pour Corfou, sourd aux plaidoyers des commandants vénitiens, papaux et maltais pour continuer la lutte

Conséquences[modifier | modifier le code]

Ce revers du camp chrétien assure aux Turcs et aux corsaires barbaresques la suprématie en Méditerranée jusqu'à la bataille de Lépante en 1571. En effet, Venise décide d'adopter une attitude de neutralité, et dans ces conditions, Charles Quint (roi d'Espagne et empereur d'Allemagne) n'a plus la capacité de réunir une flotte suffisante.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Türk Tarihi: Battle of Preveza
  2. a, b, c et d Corsari nel Mediterraneo: Hayreddin Barbarossa
  3. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées EI.
  4. Roger Crowley, Empires of the Sea, faber and faber 2008 pp.67-69

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) John Hattendorf et Ernest King, Naval Strategy and Power in the Mediterranean: Past, Present and Future, Routledge, (ISBN 978-1-136-71317-0, lire en ligne)