Coccyx

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Le coccyx.
Le bassin
1 - le sacrum
2 - l'ilium ou ilion
3 - l'ischium ou ischion
4 - le pubis
5 - la symphyse pubienne
6 - l'acetabulum (anciennement "cavité cotyloïde")
7 - le foramen obturé ou trou ischio-pubien
8 - Le coccyx
En points rouges: la ligne arquée et ses prolongements.

Le coccyx est un os situé à l'extrémité de la colonne vertébrale chez certains primates dont l'homme (Hominoidea[1]). Chez l'homme il résulte en principe de la soudure de quatre vertèbres atrophiées (ce nombre pouvant varier de trois à cinq), nommées les vertèbres coccygiennes. Il a une forme triangulaire.

Le mot « coccyx »vient du mot grec signifiant « coucou », par analogie de forme avec le bec de l'oiseau.[2]

Description[modifier | modifier le code]

La base (en position supérieure) s'articule avec la face articulaire du sommet du sacrum. Elle présente deux petites cornes correspondant aux apophyses articulaires supérieures de la dernière vertèbre sacrée et deux cornes latérales correspondant aux apophyses transverses.

Le sommet (en position inférieure) donne insertion au sphincter externe de l'anus.

La face antérieure du coccyx est concave : elle donne attache aux muscles ischio-coccygien, releveur de l'anus, sacro-coccygien antérieur et recto-coccygien. La face postérieure, convexe, donne insertion de chaque côté au muscle grand fessier et au muscle sacro-coccygien postérieur. Les bords collatéraux donnent insertion aux muscles ischio-coccygiens et dans leur moitié supérieure aux petit et grand ligaments sacro-sciatiques.

Évolutionnisme[modifier | modifier le code]

Embryon humain à 6 semaines (gauche), fœtus à 8 semaines (droite).
Les Nyam-Nyam et le mythe des hommes à queue.

Le coccyx est considéré comme une structure vestigiale humaine, reliquat d'une queue (appendice caudal) que possédaient les ancêtres de l'Homme et qui s'est amoindrie au cours de l'évolution[3]. L'hypothèse selon laquelle cette atrophie serait liée à la bipédie n'est pas avérée, certains primates ayant vu leur queue disparaître bien avant l'acquisition de la bipédie[4]. Selon le primatologue Masato Nakatsukasa, la perte de la queue chez les hominoïdes du miocène est probablement due à l'augmentation de la taille de ces grands singes anthropoïdes chez qui la queue devient handicapante, et à une locomotion lente couplée à l'augmentation des capacités préhensiles des membres locomoteurs (pieds et mains remplaçant le rôle de contrepoids de la queue)[5].

L'embryon humain possède une longue queue (d'environ un sixième du corps) qui subit à la 8e semaine une résorption osseuse induite par les ostéoclastes qui meurent ensuite par apoptose (l'embryon possède, à la sixième semaine, neuf vertèbres caudales, mais, à partir de la huitième semaine, les quatre vertèbres extrêmes se fondent en une seule avec la cinquième pour former le coccyx)[6].

La littérature médicale rapporte plusieurs cas tératologiques de « queue humaine », persistance embryonnaire qui peut être rapprochée d'un excès de développement. Certaines de ces queues sont des formations cutanées qui diffèrent anatomiquement d'un véritable appendice caudal, car elles sont dépourvues de vertèbres et de muscles. D'autres cas embryonnaires mettent en évidence une queue osseuse composée de vertèbres caudales hypertrophiées et, plus rarement, une véritable queue animale composée d'éléments vertébraux surnuméraires[7].

Si l'homme à queue n'a plus droit de cité dans la tératologie qu'à titre de monstruosité reconnue et contrôlée, décrite et mesurée, l'imagination littéraire, populaire (figure diabolique du « coué », homme à queue anglais)[8] et ethnographique s'en est emparé. Ainsi, les Nyam-Nyam sont une population d'Afrique centrale dans laquelle les hommes se vêtissent d'une peau dont la queue pend aux fesses, ce qui a suscité l'imaginaire occidental, au début de l'exploration de la Centrafrique, de l'existence d'hommes à queues, signes d'animalité évoquant les satyres à queue de bouc[9].

Fonction[modifier | modifier le code]

L'évolution donne au coccyx humain non plus le rôle dynamique de la queue (balancier, arme, chasse-mouche, protection sexuelle…), mais un rôle statique, étant le seul point osseux central du détroit inférieur du bassin ; c'est ainsi le centre d'amarrage du plancher périnéal[10]. Il forme le troisième pied du tripode qui soutient l'homme en position assise, les deux autres étant les tubérosités de l'ischion[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Panneaux thématiques : Histoire des animaux à vertèbres
  2. « Définition de COCCYX », sur www.cnrtl.fr (consulté le 5 février 2018)
  3. Site de Michel Pronovost ; Chapitre 5 : L'évolution
  4. « Le coccyx, vestige de la queue de nos ancêtres », sur www.allodocteurs.fr (consulté le 5 février 2018)
  5. (en) Masato Nakatsukasa et al, « Definitive Evidence for Tail Loss in Nacholapithecus, an East African Miocene Hominoid », Journal of Human Evolution, vol. 45, no 2,‎ , p. 179-186 (DOI 10.1016/S0047-2484(03)00092-7).
  6. (en) Franz Frohse, Max Brödel, Leon Schlossberg, Samuel Smith, Edwin Benzel Steen, Atlas of human anatomy, Barnes & Noble Books, , p. 17
  7. Jean-Louis Fischer, De la genèse fabuleuse à la morphogénèse des monstres, Société française d'histoire des sciences et des techniques, , p. 84
  8. Alain Froment, Anatomie impertinente. Le corps humain et l’évolution, Odile Jacob, , p. 175
  9. Jean-Dominique Pénel, Homo caudatus. Les hommes à queue d'Afrique centrale : un avatar de l'imaginaire occidental, Peeters Publishers, , 232 p. (lire en ligne).
  10. Dufour, Anatomie de l'appareil locomoteur, tome 3, Masson, Paris, 2e édition, 2009
  11. Alain Froment, Anatomie impertinente : le corps humain et l’évolution, Odile Jacob, , p. 175

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en) Bar-Maor JA, Kesner KM, Kaftori JK., « Human tails », J Bone Joint Surg Br., vol. 62,‎ , p. 508-510 (lire en ligne)