Bézenet

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Bézenet
Image illustrative de l'article Bézenet
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Allier
Arrondissement Montluçon
Canton Commentry
Intercommunalité Commentry Montmarault Néris Communauté
Maire
Mandat
Daniel Piquandet
2014-2020
Code postal 03170
Code commune 03027
Démographie
Population
municipale
1 015 hab. (2014)
Densité 102 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 19′ 48″ nord, 2° 50′ 45″ est
Altitude Min. 270 m
Max. 376 m
Superficie 9,94 km2
Localisation

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Bézenet est une commune française, située dans le département de l'Allier en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est reliée à Montluçon, Doyet et Montmarault par la route départementale 2371.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

À l’origine, le hameau de Bézenais dépendait de la commune de Montvicq. Vers 1622, il était composé d’une dizaine de « feux » de laboureurs et se trouvait au lieu-dit actuel le Village[1]. Deux autres lieux d’habitations notables existaient : l’un, sur l'actuelle place de l’Église, était constitué de maisons à étages dont les jardins étaient entourés de murs ; l'autre, plus important, à la Verzelle, comportait diverses activités (auberges, artisans, commerces). Les autres lieux-dits constituant l'actuelle commune de Bézenet étaient peu peuplés.

Les premières recherches de houille débutèrent vers 1792, les paysans creusaient de petits puits dans l'affleurement de la couche où ils pratiquaient des excavations irrégulières.

Le 12 novembre 1828, une ordonnance royale accorde la première concession minière à MM. Étienne et Félix Devaux, Jacques Michard, Havard père. Cette concession de 8 hectares portera le nom de "Concession de Bézenet". Une rente annuelle de 0,15 F par hectare sera versée. L'exploitation régulière ne se fera qu'à partir de 1837 et sera assez faible jusqu'en 1860.

Le 10 novembre 1855, une concession de 90 hectares appelée "Concession de l'Ouche" est accordée à la famille d'Agout. C'est la compagnie "Parent et Schaken" qui en assurera l'exploitation jusqu'en 1869, date à laquelle elle sera rattachée à celle de Bézenet.

Avant 1830, il n'y avait pas d'habitations le long de la route appelée à l'époque "impériale". Ce n'est qu'à partir de l'attribution de ces deux concessions minières que les premières constructions apparurent.

Au début de l'exploitation des mines, le charbon était transporté à Montluçon par des attelages de bœufs ou de chevaux ; on en comptait plusieurs centaines par jour.

La cité minière[modifier | modifier le code]

Le 8 juillet 1880, la commune de Bézenet est créée à la suite de l’explosion démographique due à l’exploitation de la mine de houille ; elle aurait compté jusqu’à 4500 habitants vers 1890. Puis la population déclina jusqu’à la fermeture de la mine avant la guerre de 1914/18.

L’exploitation minière était composée des puits Sainte-Barbe, des Ormes et de l’Ouche. Ce dernier fut utilisé comme puits d'aération à la fin de son activité. Un système d’exploitation dit « en descenderie » était également utilisé au Puy Pochin, rue des Audevants et aux Chauvais. De toutes ces installations minières il ne subsiste actuellement que le château d’eau, le bâtiment des écuries/granges (transformé en habitations) et l’économat (désaffecté) tous situés chemin de la Mine.

En 1873, 220 000 tonnes de houille étaient extraites par 1400 mineurs.

La commune disposait de trois médecins dont le docteur Groslier qui était attaché au personnel de la mine. Les mineurs pouvaient également se faire soigner à l'hôpital de la mine qui comptait huit lits et se trouvait dans la rue du Village. Une bonne sœur en dirigeait la pharmacie tandis qu'une autre était notamment chargée d'arracher les dents sans anesthésie… Les passants se rendaient compte des interventions car le sang était directement rejeté dans le caniveau. Trois sages femmes étaient installées à Bézenet, le médecin ne se déplaçant que pour les accouchements difficiles.

L'activité économique était également composée de l'ensemble de l'artisanat et des commerces de cette époque ainsi que de fabricants de meules à grains, de briqueteries et de fours à chaux dont le plus important se trouvait face à l'étang. Ce qui subsiste de ce dernier est dissimulé sous des broussailles.

Outre les écoles communales (garçons/filles) il existait plusieurs écoles catholiques dont une rue du Village et une école protestante à St-Charles. Par la suite, l’école communale des filles fut transformée en Cours complémentaire pour filles puis en un Collège d’Enseignement Général mixte (CEG). Le Cours complémentaire pour garçons se trouvait à Doyet.

La commune était dotée d’une gendarmerie rue du Bois (1882), ainsi que de deux gares : celle du réseau Paris/Orléans (PO) se trouvant en cul de sac était reliée à la ligne Montluçon/Moulins par la gare de Doyet La Presle ; en 1892, elle était classée 5e au niveau départemental pour son trafic expédié (houille, chaux…) ou reçu (matériaux divers pour la mine entre autres). La gare des Chemins de Fer Économiques reliant Marcillat à Varennes était tournée vers un transport de proximité. À la suite du déclin de la population de la commune, la gendarmerie a été fermée vers 1920, la gare du CFE en 1939. Quant à la gare du PO (devenue entre temps SNCF) son activité voyageur s'est arrêtée en 1932 ; elle est néanmoins restée ouverte au trafic des marchandises jusqu'en 1964. Ces deux lignes étaient reliées à la mine via la place Jean-Jaurès ; l'embranchement du CFE empruntait le petit chemin longeant l'étang. De nos jours, ces trois bâtiments existent encore ainsi que la maison du garde barrière face à l'ex-station service.

Bézenet était également équipée de bains-douches municipaux (détruits vers 1984) et d’un abattoir aujourd’hui reconverti en dépôt de matériel.

Les Bézenétois durent batailler contre l’administration afin d’obtenir l’ouverture d’une poste (1865) digne de l’importance de sa population.

Dès sa consécration en 1888, l’église (dédiée à saint Barbe) fut surnommée « la cathédrale », compte tenu de ses dimensions intérieures plus importantes que celles des églises environnantes.

Dès la création de la commune, le dynamisme des Bézenétois fut reconnu par l’organisation de fêtes, de corsos fleuris (appelés « cavalcades » à cette époque) dont le souvenir resta dans la mémoire collective pendant de nombreuses années. L'animation musicale était réalisée par la fanfare-harmonie de Bézenet qui fut créée dans la tradition minière. Plus tard, ce sont les bals organisés dans la toute nouvelle salle des fêtes qui acquirent une belle renommée. Deux fêtes foraines étaient organisées à Bézenet : la fête patronale le 1er dimanche de septembre sur la place de l’Église ; elle a disparu dans les années 1990. La plus fréquentée était, à Pâques, la fête communale, qui avait lieu place Jean-Jaurès avec son bal sous parquet ; celle-ci survit encore de nos jours mais ne comporte plus que quelques forains.

Le marché (instauré officiellement en 1861) se tenait le mardi matin sur la place de l’Église ; depuis la rénovation de cette dernière, il se tient désormais place Jean-Jaurès. La place de l'Église se nommait place au Beurre ; la place Jean-Jaurès fut appelée place « Aux fruits » puis place du Pont.

Pendant la Première Guerre mondiale, Bézenet a accueilli des soldats convalescents cantonnés dans l'école des garçons. Ces classes étaient inoccupées car de nombreuses familles de mineurs avaient quitté la commune à la suite du déclin et de la fermeture de la mine de charbon. Ces soldats appartenaient au 172e régiment d'infanterie de Belfort et à son régiment de réserve le 372e. Ils avaient été blessés pendant les meurtrières attaques de Verdun, du Chemin des Dames et de la Somme. Cet hébergement permettait de désemplir les hôpitaux militaires temporaires de Vichy créés par réquisition des hôtels.

L’exploitation du charbon reprit dans des tranchées de surface pendant la période de 1939/1954 ; un charbon de mauvaise qualité était produit palliant la pénurie de l’époque.

L'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La commune a comporté divers commerces et artisans comme il en existait dans tous les villages, mais dont le nombre n’a fait que diminuer au fil du temps :

- 8 cafés-restaurants (dont 2 faisaient hôtels et un autre coiffeur) - 1 pharmacie - 2 bouchers - 1 charcutier - 1 boulanger - 1 pâtissier faisant également épicerie. - 4 épiceries dont 3 d'entre elles étaient des succursales : Coop/ Dock de Nevers/ Casino. - 1 réparateur motos/cycles - 1 magasin d’électricité/électro-ménager - 3 garages automobiles dont 2 faisant pompes à essence - 1 droguerie/quincaillerie qui était ouverte uniquement les mardis (jour du marché) et samedis matin. - 1 grainetier/charbon/fioul - 1 débit de tabac faisant bazar dont des articles pour la pêche - 1 charbonnier/ marchand de vin - 1 cordonnier - 1 horloger - 1 mercerie/bonneterie - 1 librairie/papeterie - 1 pépiniériste/ fleuriste.

À cette liste nous pouvons ajouter : assureur, maréchal-ferrant, maçons, plâtriers-peintres, menuisiers, plombiers chauffagistes, électriciens.

Les établissements Augot, grossistes en vins et bières, l’usine d’injection de matière plastique située au Vigneau, une casse auto/ferrailleur au village. A l'heure actuelle, une usine de mécanique générale s'est installée dans les locaux de la société Augot.

Un dentiste, un notaire, le Crédit Agricole, la Banque Populaire possédaient des locaux ouverts les mardis et samedis matin.

Après de nombreuses années d'absence de cette profession, un médecin généraliste s'est installé dans les années 1970 dans l'ancien presbytère.

La boucherie actuelle est à l’emplacement d’un ancien café-restaurant (fermé avant 1950) tandis que la supérette qui la jouxte a été ouverte à l’emplacement d’un magasin Casino qui existait jusqu’à dans les années 1930.

Plusieurs familles de marchands forains de vêtements (souvent d’origine italienne) étaient domiciliées à Bézenet.

La fête foraine de Pâques eut pendant des décennies un grand succès à l’image du parquet monté pour le bal dont les dimensions étaient dignes d’une ville nettement plus importante.

Le FCB, dont la création remonte aux années 1930, a évolué pendant de nombreuses saisons au meilleur niveau footballistique de la ligue de l’Allier.*/

Dans les années 1950/60, le FCB s’associa à l’organisation de plusieurs corsos fleuris ; la population étant mise à contribution pour composer les fleurs et banderoles en papier décorant les chars à thèmes. La fête champêtre du mois de juillet, servant à collecter des fonds pour la saison sportive à venir, était renommée notamment avec ses stands de jeux et son podium où se produisaient des artistes itinérants.Il en était de même pour le tournoi de sixte organisé à Pentecôte.

Une chorale apparut au sein du FCB. Elle s’externalisa au niveau de ses membres au fur et à mesure du temps pour prendre le nom « Des copains d’abord ».

Jusqu’au début des années 2000, Bézenet avait comme particularité d’avoir sa mairie, son monument aux morts et son église dans le même alignement. À la suite du réaménagement de la place de l'Église, le monument aux morts a été déplacé à droite de l'église.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Daniel Piquandet[2]   Retraité de l'agriculture
         
1982 1995 Tabutin Pierre    
1965 1982 Piquandet René    
1953 1965 Freytet Gabriel    
1950 1953 Audinat Jean    
1945 1950 Morgan Eugéne    
1937 1945 Bideau Georges    
1929 1937 Picandet Gilbert    
1919 1929 Genest Xavier    
1908 1919 Gomot Alphonse    
1894 1908 Bouchaud Félix    
1892 1894 Bouchard Alexandre    
1884 1892 Ballanger Victor    
1880 1884 Fondard Michel    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1881. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 015 habitants, en augmentation de 5,07 % par rapport à 2009 (Allier : 0 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926
4 132 3 759 3 889 4 069 3 698 3 187 2 411 1 521 1 455
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
1 353 1 193 1 122 1 120 1 050 973 1 009 1 005 922
1999 2007 2012 2014 - - - - -
953 972 993 1 015 - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Albert Thomas (1878-1932), député, ministre de l'Armement, personnalité de la SFIO. Sa maison de « La Gaudière » était citée en 1569 comme une maison noble appartenant à la châtellenie de Murat. Avant son rachat, elle servait de bureaux aux concessions minières.
  • Roger Imbert, patriote fusillé par les Allemands en août 1944 ; une stèle indique l'emplacement de son exécution au bout de la rue qui porte son nom.
  • Georges Rougeron, adjoint au maire, ancien maire de Commentry, sénateur, conseiller général, président du conseil général, résistant, secrétaire départemental SFIO.
  • René Debesson (1900-1981), professeur de mathématiques né à Bézenet d'un père ouvrier mineur ; il fut secrétaire départemental SFIO, maire de Tourcoing, sénateur du Nord.
  • Rodolphe Hassold, journaliste (Le Parisien, L'Équipe), grand reporter, rédacteur en chef, écrivain (biographies), producteur audiovisuel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce dernier en a gardé le souvenir par certains noms : impasse, chemin du Vieux Village, rue du Village.
  2. Liste des maires de l'Allier sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de l'Allier, 8 avril 2014 (consulté le 7 juin 2014).
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .