Antoine Morlot

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Antoine Morlot
Naissance
Bousse, Moselle
Décès (à 42 ans)
Bayonne, Pyrénées-Atlantiques
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1782-1809
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Thionville
Kaiserslautern
Arlon
Fleurus
Tudela
Saragosse
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 6e colonne

Antoine Morlot, né le à Bousse en Moselle et mort le à Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, est un général français de la Révolution et de l’Empire. Après avoir servi pendant presque huit ans dans l'armée royale, il devient officier dans un bataillon de volontaires au début de la Révolution française. En 1792, il se bat avec distinction au siège de Thionville et dans plusieurs autres affaires, ce qui lui vaut d'être promu général de brigade en 1793. Principalement connu pour sa participation à la bataille de Kaiserslautern où il commande une brigade, Morlot est nommé général de division à l'armée de la Moselle et se signale en 1794 à Arlon, Lambusart, Fleurus et Aldenhoven.

Au cours de l'année 1796, alors que sa division stationne dans la région d'Aix-la-Chapelle, Morlot se brouille avec un représentant de l'administration militaire et est relevé de ses fonctions. Réintégré peu après, il oscille plusieurs années entre commandements de l'intérieur et périodes d'inactivité. Il retrouve les champs de bataille en 1808 en se voyant confier une division de recrues destinée à prendre part à la campagne d'Espagne. Ses soldats sont engagés à la bataille de Tudela ainsi qu'au second siège de Saragosse, où le général contracte une fièvre qui lui est fatale ; il meurt le 22 mars 1809. Enterré au cimetière du Père-Lachaise, son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

De l'artilleur au général de division[modifier | modifier le code]

Antoine Morlot naît le 5 mai 1766 à Bousse, dans l'actuel département de la Moselle. Le 7 décembre 1782, il s'enrôle dans le corps royal d'artillerie et y sert jusqu'au 28 septembre 1790. Alors que la Révolution française n'en est qu'à ses débuts, il est élu capitaine au 3e bataillon de volontaires nationaux de la Moselle et est employé à l'armée du même nom. Il se montre brave et compétent pendant la campagne de 1792 à 1793, particulièrement lors du siège de Thionville[1]. Du 3 au 5 septembre 1792, 3 à 4 000 soldats français défendent la ville avec brio contre une armée de 20 000 Autrichiens et émigrés. Dépourvus d'artillerie lourde, les assaillants sont contraints de se retirer. La résistance de Thionville est toutefois à mettre en parallèle, à la même époque, au cas de la forteresse de Verdun, tombée aux mains d'une armée prussienne après un simulacre de résistance[2].

Schéma de la bataille de Kaiserslautern montrant les positions respectives des deux armées.

Quant à Morlot, il est nommé général de brigade le 20 septembre 1793, sans être passé par les grades intermédiaires[1]. Quelques jours plus tard, du 28 au 30 novembre, il participe activement à la bataille de Kaiserslautern à la tête d'une brigade de l'armée de la Moselle, sous le commandement en chef du général Hoche. La brigade Morlot se compose alors des 1ers bataillons des 44e et 81e demi-brigades de ligne et du 1er bataillon de volontaires des Ardennes, des 2e bataillons de la 71e demi-brigade de ligne et des volontaires de la Haute-Marne et enfin du 6e bataillon de volontaires de la Meurthe. À l'issue des combats, les Français battent en retraite après avoir laissé sur le terrain 2 400 tués ou blessés, 700 prisonniers et deux canons, contre seulement 806 pertes prussiennes et saxonnes[3]. Au cours de l'affrontement, Morlot, avec cinq bataillons, mène une attaque sur une position défendue par de l'infanterie et de nombreux canons. Forcé de reculer devant la supériorité numérique de ses adversaires, il parvient néanmoins à échapper à la vindicte de la cavalerie ennemie et à regagner son emplacement initial dans les lignes françaises. Ayant suivi l'exploit accompli par son subordonné, Hoche vient féliciter Morlot en personne et l'embrasse[1].

Le général contribue par la suite à la levée du siège de Landau[1], qui résiste depuis cinq mois aux Coalisés et est finalement délivrée le 23 décembre 1793[4]. À la suite de ce succès, Morlot est élevé au grade de général de division le 28 janvier 1794[1], mais Tony Broughton indique qu'il a déjà obtenu cette promotion depuis le 3 décembre 1793[5]. À cette période, l'armée de la Moselle dirigée par Hoche et l'armée du Rhin commandée par le général Pichegru concertent leurs efforts afin de repousser les troupes d'invasion hors d'Alsace, et au mois de décembre, les Français sont victorieux lors de la bataille de Wissembourg[6].

Parcours sous la Révolution française[modifier | modifier le code]

Il combat également avec distinction le 26 germinal au cours la prise d'Arlon, puis le 5 prairial au passage de la Meuse près de Dinant et enfin le 28 du même mois à celui de la Sambre, près de Charleroi : contraint d'abandonner le village de Gosselies, il conserve néanmoins sept pièces d'artillerie enlevées à ses adversaires.

Le 8 messidor, jour de la bataille de Fleurus, placé en avant de ce village et attaqué par le corps du général autrichien Quasdanovich, non seulement il se maintient dans cette position, mais s'apercevant que la division du général Championnet va être mise en pleine déroute, il lui porte secours efficacement par une charge à la baïonnette qu'il dirige en personne. Il se distingue de nouveau devant Maestricht, à la bataille d'Aldenhoven, et la campagne de l'an II terminée, il sert de l'an III à l'an V, aux armées du Nord, de Sambre-et-Meuse et de Hollande. Investi, après la conquête de ce pays, du commandement d'Aix-la-Chapelle et des contrées situées entre Meuse et Rhin, un conflit d'autorité s'élève entre lui et le directeur général de la police que le Directoire y a envoyé vers la fin de l'an IV. Cet agent, blessé de l'opposition qu'apporte Morlot à ses empiétements sur les droits et les immunités des généraux en ce qui concerne la police militaire, le dénonce comme concussionnaire, et le Directoire, sans examen, sans enquête préalable, le destitue le 5 brumaire an V. Morlot, qui se justifie complètement, est réintégré dans son grade le 5 nivôse de la même année, a le 11 fructidor le commandement de la 10e division militaire, puis, de la 3e le 10 pluviôse an VI, et fait les campagnes des ans VII et VIII en Batavie, dans l'Ouest et dans les Grisons.

Général de l'Empire[modifier | modifier le code]

En non-activité le 1er vendémiaire an X, il devient membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire avant d'être mis en disponibilité le 1er nivôse. Commandant de l'ordre le 25 prairial an XII et de la 16e division militaire le 28 brumaire an XIV, il rejoint le corps d'observation de l'armée des côtes de l'Océan le 9 novembre 1807. Morlot, ayant sous ses ordres la 3e division du 3e corps de l'armée d'Espagne, se trouve le 23 novembre 1808 à la bataille de Tudela, et en février 1809 au siège de Saragosse. Atteint devant cette place d'une fièvre cérébrale, Antoine Morlot meurt à Bayonne le 22 mars 1809[7]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris (59e division).

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Nord, 5e et 6e colonnes.

Postérité[modifier | modifier le code]

En août 1996, le général Morlot et ses descendants sont exhumés de la chapelle familiale, sur ordre de l'Administration des cimetières qui reprend possession de l'emplacement. Son nom est inscrit sur le côté Nord de l'arc de triomphe de l'Étoile.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Mullié 1852, p. 344.
  2. Smith 1998, p. 25.
  3. Smith 1998, p. 62 et 63.
  4. Smith 1998, p. 65.
  5. (en) Tony Broughton, « Generals Who Served in the French Army during the Period 1789 - 1814: Mocquery to Moynat d'Auxon », sur Napoleon Series,‎ (consulté le 8 novembre 2016).
  6. (en) J. Rickard, « Battle of Wissembourg or The Geisberg, 25-26 December 1793 », sur historyofwar.org,‎ (consulté le 8 novembre 2016).
  7. Décédé en 1812, pendant la campagne de Russie, selon d'autres sources (Beauchamp, Etienne, 1816).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]