Antoine Chintreuil

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Antoine Chintreuil
Antoine Chintreuil.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 59 ans)
Septeuil
Sépulture
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Autres informations
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Maître
Genre artistique
Distinction
Œuvres principales
Bruyères et genêts dans les bois d'Igny (d), carrière abandonnée à Igny (d), Carrière de pierres meulières à Igny (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Tombeau de Chintreuil (Septeuil).JPG
Tombeau d’Antoine Chintreuil à Septeuil.

Antoine Chintreuil, né le à Pont-de-Vaux et mort le à Septeuil, est un peintre paysagiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Alfred Desbrosses, Portrait d'Antoine Chintreuil, Pont-de-Vaux, musée Chintreuil.

La jeunesse[modifier | modifier le code]

Après les invasions étrangères de 1814, le père d’Antoine, Georges Chintreuil, chapelier-mercier, ne peut rétablir sa fortune. Son épouse, Suzanne Claret, ouvre alors une petite école de jeunes filles à Pont-de-Vaux et donne à son fils sa première éducation avant de l’inscrire au collège de Pont-de-Vaux. Chintreuil reçoit des leçons de dessin d’un vieil ami de la famille. À la mort de sa mère, en 1832, il reste au collège en qualité de maître de dessin. Il passe ensuite un temps au collège de Mâcon comme maître d’études puis revient à Pont-de-Vaux pour se consacrer au dessin et à la peinture.

Les débuts à Paris[modifier | modifier le code]

Vers 1836, grâce au modeste héritage de sa grand-mère, il tente sa chance à Paris où il trouve une place de commis libraire. Il fait la connaissance des frères Joseph Desbrosses, qui se destine à la sculpture, et du peintre et graveur Léopold Desbrosses. Au bout de quelque temps, ces trois artistes deviennent inséparables. Mais Chintreuil perd sa place. Sans ressources, il se consacre uniquement à son art et connaît une période d'extrême misère et de privations. En 1846, la mort de Joseph-Gabriel Desbrosses est pour lui une épreuve terrible. Mais il s’accroche à son idéal de peintre et profite des conseils de Camille Corot, bien que ne travaillant pas dans son atelier. Il expose son tableau Paysage de la Butte Montmartre au Salon de 1847. Ses œuvres commencent alors à intéresser les amateurs. En 1849, le troisième des frères Desbrosses, Jean-Alfred Desbrosses vient s’installer chez lui et devient son élève. Chintreuil peint environ 33 tableaux au cours de cette période.

La période d'Igny[modifier | modifier le code]

À la recherche de paysages, Chintreuil fait, à chaque belle saison à partir de 1850 et pendant sept ans, des séjours à Igny, dans la vallée de la Bièvre. Il y produira environ 138 tableaux. Mais, à force de s’exposer à la rosée de l’aube et à la fraîcheur du soir, Chintreuil tombe gravement malade. Son élève va redoubler d’attention pour le conduire à la guérison, mais le peintre ne s’en remettra jamais complètement.

La convalescence à Boves[modifier | modifier le code]

En 1856, il achève sa convalescence à Boves, en Picardie, où il peint une quinzaine de tableaux.

La période de Septeuil[modifier | modifier le code]

L'Espace (vers 1869), Paris, musée d'Orsay.

À partir de 1857, Chintreuil et son disciple, tout en conservant l’atelier dans la mansarde au sixième étage du no 18 de la rue de Seine à Paris[1],[2], décident de passer la belle saison à Septeuil, au hameau de La Tournelle, sur un plateau dominant la vallée de la Vaucouleurs[3]. Une représentation du château de Septeuil immortalise la proximité des lieux[4]. Le peintre poursuit son objectif, à savoir peindre la nature sans artifice, dans sa simple beauté. En 1861, il obtient une médaille d’argent à l’Exposition de Genève. Les trois tableaux qu’il présente au Salon de 1863 sont refusés. Grâce à l'appui de Napoléon III, qui est sensible au sort des recalés du Salon, il cofonde alors, avec quelques autres artistes, le salon des Refusés[5].

Entre 1866 et 1868, il séjourne dans la propriété de Maurice Richard au château de Millemont. Il peint la « Vallée près de Millemont » ou « Prés sur la lisière du parc de Millemont » représentant une vue depuis la terrasse du parc[6].

En 1867, il reçoit une médaille à l’Exposition universelle. Ses œuvres, l’Ondée en 1868 et l’Espace en 1869, remportent un grand succès. Son catalogue mentionne 250 tableaux durant cette période. Chintreuil est également un peintre de marines : lors de ses séjours à Boulogne, Fécamp et Dieppe, il réalise 26 tableaux.

En 1870, l'empereur le nomme chevalier de la Légion d’honneur, la médaille lui est remise par l'intermédiaire de son Ministre des Beaux-Arts, Maurice Richard[5]. Durant cette période, Périclès Pantazis fait partie de ses élèves[7]. À la demande de la municipalité de Pont-de-Vaux, Jean Desbrosses exécute son portrait. Mais au début de l'année 1873, il retombe gravement malade. Il termine néanmoins son chef-d’œuvre Pluie et soleil. Sa cure aux eaux thermales ne le guérit pas. Il meurt dans sa demeure de Septeuil, et il est enterré dans le cimetière de la commune.

Postérité[modifier | modifier le code]

Jean Desbrosses commande une stèle pour son tombeau et obtient au printemps 1874 qu’une exposition lui soit consacrée à l’École des beaux-arts de Paris. Il publie un album intitulé La Vie et l’œuvre de Chintreuil chez Cadart. L’année suivante, il organise une vente des œuvres de l'artiste qui connaît un grand succès[8]. Pluie et Soleil est le premier tableau de Chintreuil à entrer au musée du Louvre en 1884. Mort en 1906, Jean Desbrosses est inhumé, ainsi que son épouse, dans le même tombeau que Chintreuil.

Chintreuil est considéré comme un des précurseurs du mouvement impressionniste[9].

Le musée Chintreuil conserve de nombreuses œuvres de l'artiste dans sa ville natale de Pont-de-Vaux.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

En Allemagne
Aux États-Unis
En France

Galerie[modifier | modifier le code]

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Expositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Larousse mensuel illustré, tome 2e, p. 795.
  • Albert de la Fizelière, La vie et l'œuvre de Chintreuil, Paris, Cadart, 1874.
  • Collectif, Antoine Chintreuil (1814 - 1873) - Le Livre Du Centenaire 1873 - 1973, Bourg-en-Bresse, musée de l'Ain, 1973 (ASIN B000FT85CQ).
  • Pierre Miquel, Le Paysage français au XIXe siècle, 1824-1874 : L'école de la nature, vol. I, Éditions de la Martinelle, 1975 (ASIN B0014J1FY6).
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Paris, Éditions A. Roussard, 1999, p. 143.
  • Collectif, Brumes et rosées : paysages d'Antoine Chintreuil 1814-1873, Paris, Réunion des musées nationaux, 2002, p. 48-51 (ISBN 978-2-71184-380-0).
  • Collectif, Antoine Chintreuil (1814-1873), rêveries d'un paysagiste solitaire, Silvana Editoriale, 2017, 72 p. (ISBN 978-8-83663-581-8).
    Catalogue de l'exposition du 30 mars au au musée d'art et d'histoire de Meudon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Troubat (1836-1914), La salle à manger de Sainte-Beuve, Paris, Mercure de France, , br., 343 p., in-16 (ISBN 9782346079988, notice BnF no FRBNF31499842, présentation en ligne, lire en ligne), p. 61 (consulté le 27 décembre 2017)
  2. Intitulé : Jean Alfred Desbrosses, publié par Frits Lugt, sur le site Les Marques de Collections de Dessins & d'Estampes (consulté le 27 décembre 2017)
  3. [PDF] « Un grand peintre paysagiste du Mantois », page 5/16, publié par Armand Decour, sur le site de mantes.histoire.free.fr (consulté le 27 décembre 2017)
  4. Blouin art
  5. a et b Jules Lebel, Camille Lemonnier (Digithèque, Université libre de Bruxelles), L’Art universel, 3e année : du 15 février 1875 au 10 février 1876, no 1 à 24, Paris, Bruxelles, , 315 p., In-8 (présentation en ligne, lire en ligne [PDF]), p. 5 (consulté le 27 décembre 2017)
  6. Catalogue : « Vallée près de Millermont », sur le site de Drouot (consulté le 27 décembre 2017)
  7. Périclès Pantazis (1849-1884), publié le 24 octobre 2010 par Pierre Debroucker, sur le site Aquarelle passion (consulté le 18 décembre 2017)
  8. Maurice Cottier et Édouard André (Supplément de la Gazette des beaux-arts), Chronique des arts et de la curiosité, Paris, Imp. F. Debons et Cie, , 372 p., in-16 (présentation en ligne, lire en ligne), p. 58 (consulté le 18 décembre 2017)
  9. Georges Pillement, Les Pré-impressionnistes, Paris, Les Clefs du temps, , 382 p., 30 cm (OCLC 185533380, lire en ligne), p. 132.
  10. « Une Vallée », notice no 000PE032839, base Joconde, ministère français de la Culture.
  11. « Les Rogations à Igny », notice no 000PE030797, base Joconde, ministère français de la Culture.
  12. « Clairière aux biches », notice no 09630001369, base Joconde, ministère français de la Culture.
  13. « Bois de la Féérie aux Grédeux », notice no 000PE032840, base Joconde, ministère français de la Culture.
  14. « La Mer au soleil couchant : Fécamp », notice no 000PE032833, base Joconde, ministère français de la Culture.
  15. « La Fenaison », notice no 000PE032841, base Joconde, ministère français de la Culture.
  16. « Le Bouleau blanc », notice no 000PE032900, base Joconde, ministère français de la Culture.
  17. « Le Val aux merles, ou Le Val aux herbes », notice no 000PE030796, base Joconde, ministère français de la Culture.
  18. « Paysage (sous-bois) », notice no 000PE032863, base Joconde, ministère français de la Culture.
  19. « Les Vapeurs du soir, paysage », notice no 000PE020588, base Joconde, ministère français de la Culture.
  20. « Paysage », notice no 000PE020589, base Joconde, ministère français de la Culture.
  21. « L'Espace », notice no 000PE000499, base Joconde, ministère français de la Culture.
  22. « Pommiers et genêts en fleurs », notice no 000PE000498, base Joconde, ministère français de la Culture.
  23. « Pluie et soleil », notice no 000PE000492, base Joconde, ministère français de la Culture.
  24. « La Prairie à Igny », notice no 000PE000494, base Joconde, ministère français de la Culture.
  25. « Paysage du soir. Le pommier au croissant », notice no 000PE000493, base Joconde, ministère français de la Culture.
  26. « La Passerelle dans les prés à Igny », notice no 000PE000495, base Joconde, ministère français de la Culture.
  27. « La Côte », notice no 000PE000496, base Joconde, ministère français de la Culture.
  28. « Sentier au bord d'un vallon ombreux », notice no 000PE000491, base Joconde, ministère français de la Culture.
  29. « Chemin sous des pommiers », notice no 000PE029824, base Joconde, ministère français de la Culture.

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