Alfred Cadart

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Alfred Cadart
Alfred Cadart par Marcellin Desboutin.png

Alfred Cadart, eau-forte de Marcellin Desboutin

Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités

Alfred Cadart (1828-1875) est un auteur, éditeur, et imprimeur français, à l'origine du renouveau de l'eau-forte en France au XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de Saint-Omer, fils d'aubergiste, Alfred Cadart commence à travailler pour la Compagnie des chemins de fer du Nord[1].

Il se marie avec la sœur du peintre François Chifflart. Cette union l'incite à se lancer dans le commerce de l'estampe. Son premier album consiste en la publication d'un ensemble de reproductions photographiques et d'eaux-fortes tirées des œuvres de Chifflart[1].

Il ouvre une première boutique parisienne au 3 de la rue Saint-Fiacre avec comme raison sociale « gravures en taille-douce, eaux-fortes, héliographie, lithographie, photographie ». Par la suite, il déménage au 66 de la rue de Richelieu.

De décembre 1859 à la fin de l'année 1860, il lance Paris qui s’en va et Paris qui vient une suite de vingt-six eaux-fortes de Léopold Flameng publiée en livraisons mensuelles.

Dès lors, il se consacre à la défense de l'eau-forte. Il contacte des peintres de la nouvelle école émergente, à savoir les tenants du réalisme, tels Alphonse Legros et François Bonvin — plus tard, il éditera plusieurs planches de Gustave Courbet[1].

Siège de la Société des aquafortistes (eau-forte, 1865) par A.-P. Martial.
La Chambre des députés (eau-forte, 1865) : l'une des rares gravures exécutée par Cadart.

1862 est l'année de l'engagement, et constitue un véritable tournant dans l'histoire de la gravure en France[1]. Cadart publie en effet successivement un cahier de neuf eaux-fortes signées Édouard Manet, les Vues de Hollande de Jongkind, et la suite du Voyage en bateau de Daubigny, soit trois tenants de la future école des impressionnistes. Pour parvenir à ses fins, Cadart s'associe à un certain F. Chevalier et à l'imprimeur Auguste Delâtre, tandis que le graveur Félix Bracquemond se met au service de l'entreprise. En juin, il fonde la Société des aquafortistes dont l'ambition est de redonner sa place à l'eau-forte de peintres, éclipsée depuis la fin du XVIIIe siècle par le burin et la lithographie. Les artistes sociétaires sont invités à fournir cinq planches inédites. Ces planches, éditées entre 1863 et 1867, sont au nombre de 329 et représente 133 artistes sociétaires[2].

Le siège de la société s'installe au 79 de la rue de Richelieu, à l'angle de la rue Ménars : la boutique est grande, elle propose en plus d'estampes, des peintures, des bronzes et autres objets d'art, ainsi que des outils pour fabriquer des gravures. Cadart s'est associé à un certain Jules Luquet (1824-?)[3] en co-gérance pour ouvrir cette échoppe luxueuse qui arbore au dessus de son entrée les inscriptions « Aux arts modernes » et « Direction générale de la Société des aqua-fortistes » : employé très tôt par Cadart et Luquet, A.-P. Martial en donnera une représentation célèbre sous la forme d'une eau-forte (1865)[4].

Siège de L'Illustration nouvelle, société Cadart et Luce, rue Neuve-des-Mathurins : cette eau-forte (1868) d'Alfred Taiée montre qu'on y donnait aussi des cours de gravures...

En 1867, la Société est dissoute pour raisons financières. Entre temps, Charles Baudelaire, Théophile Gautier, Jules Janin, parmi d'autres critiques en vue, avaient soutenu l'entreprise par voix de presse ou en offrant de signer des préfaces aux albums de la Société[1].

L'impact est non négligeable, puisqu'à Bruxelles, Félicien Rops, ancien sociétaire de l'entreprise de Cadart, fonde en décembre 1869 la Société internationale des Aquafortistes.

Surtout, Cadart poursuit son activité d'éditeur : en avril 1868, installé au 58 rue Neuve-des-Mathurins, il lance les albums mensuels de L'Illustration nouvelle, associé à un certain Luce, une publication périodique reprenant le même principe que les cahiers de la Société des aquafortistes, et qui perdure jusqu'en 1881, totalisant 584 planches : dans le dernier fascicule, parut un portrait gravé de Cadart par Marcellin Desboutin (cf. ci-contre)[5],[6].

L'adresse du siège des éditions passe au 56 boulevard Haussmann.

En 1873, s'inspirant de Cadart et imprimant chez Delâtre, l'écrivain-éditeur Richard Lesclide et l'artiste Félix Régamey lancent le périodique Paris à l'eau-forte[7].

Deux ans avant sa mort, Cadart édite le Nouveau traité de la gravure à l’eau-forte pour les peintres et les dessinateurs signé A.-P. Martial[8].

Puis en 1874, Cardart lance un nouveau périodique annuel, L'Eau-forte en..., dont trois numéros seront coordonnés par Philippe Burty[9], qui propose par livraison pas moins de 30 gravures originales.

Sa veuve reprend l'activité de la maison d'édition, poursuit la publication de L'Eau-forte en..., totalisant ainsi 250 gravures, ainsi que celle de L'illustration nouvelle, jusqu'en 1881, date de la faillite[1].

Henri Beraldi, dans ses digressions habituelles, parle à propos des productions Cadart d'une forme d'inflation éditoriale dont souffrit le marché[10] : plus nuancés et avec du recul, Janine Bailly-Herzberg, Michael Pakenham et Michel Melot soulignent la remarquable qualité de cette production, tant au niveau technique que des choix artistiques, somme totalisant plus d'un millier d'estampes originales, redécouverte seulement à partir des années 1980.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Valérie Sueur, « L’éditeur Alfred Cadart (1828-1875) et le renouveau de l’eau-forte originale », in Europeana Newspapers, avril 2013.
  2. Notices du catalogue général sur le site de la Bibliothèque nationale de France.
  3. Il existe un portrait gravé de Jules Luquet par Charles-Émile Jacque publié en 1867 dans le dernier album de la Société des aquafortistes.
  4. Janine Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estampe en France (1830-1950), Paris, p. 215-216.
  5. Notice du catalogue général sur le site de la Bibliothèque nationale de France.
  6. Desboutin grava en 1875 un premier portrait de Cadart, différent — cf. Art Institute of Chicago, notice en ligne.
  7. Michael Pakenham, « Paris à l'eau-forte de Richard Lesclide » in Pierre Laforgue (éd.), Pratiques d'écritures. Mélanges de poétique et d'histoire littéraire offerts à Jean Gaudon, coll. « Bibliothèque du XXe siècle », Paris, Klincksieck, 1996, p. 65-79.
  8. Lire en ligne sur Gallica.
  9. L'Eau forte en..., notice du Catalogue général de la BnF, en ligne.
  10. Cf. les notes (souvent très longues) au volume final des Graveurs du XIXe siècle, XII, Paris, L. Conquet, 1892.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]