Anne-Marie Martinozzi

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Anne-Marie Martinozzi
Image illustrative de l'article Anne-Marie Martinozzi

Titre princesse de Conti
Biographie
Naissance
Rome
Décès
Paris
Conjoint Armand de Bourbon

Coat of arms of Anne Marie Martinozzi as Princess of Conti.png

Anne-Marie Martinozzi, princesse de Conti, née en 1637, et morte le à Paris[1], est une aristocrate française.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'une famille romaine[modifier | modifier le code]

Fille d'un comte romain, Geronimo Martinozzi, et d'une sœur du cardinal Jules Mazarin.

Epouse du Prince de Conti[modifier | modifier le code]

Anne Marie Martinozzi épouse à 17 ans, le 21 février 1654, Armand de Bourbon-Conti, prince de Conti, qui à 25 ans, après avoir été l'un des meneurs de la Fronde, avait fait sa soumission à Louis XIV l'année précédente. Mazarin donne alors à sa nièce la somme de 600 000 livres.

Dès juin 1654, le prince doit laisser sa jeune épouse à Paris pour prendre le commandement en chef de l'expédition de Catalogne. La princesse se montre tendrement éprise, écrivant à son mari de nombreuses lettres affectueuses. Elle ne le revoit que le , lorsqu'elle le rejoint dans son château de la Grange-des-Prés, à Pézenas, où le prince est allé ouvrir les États généraux du Languedoc. Mais ils se quittent à nouveau dès le printemps 1657, le prince de Conti devant retourner combattre en Espagne.

Ils ont pour enfants : Louis Armand Ier de Bourbon-Conti (1661-1685), 2e prince de Conti, et François Louis de Bourbon-Conti (1664-1709), 3e prince de Conti.

Veuve Janséniste[modifier | modifier le code]

La princesse devient veuve en 1666. Elle prend pour médecin le jeune Denis Dodart, qui s'attache aux Conti, et sera le médecin de ses descendants, de même que son fils Claude Jean-Baptiste Dodart.

Décès[modifier | modifier le code]

Elle meurt d'une attaque d'apoplexie le . Elle est inhumée dans l'église Saint-André-des-Arts, où ses fils lui font bâtir un tombeau par François Girardon, tandis que son cœur est placé au couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Denis Dodart, devenu membre pensionnaire-botaniste de l'Académie Royale des Sciences a rédigé son épitaphe chez les carmélites :

"HIC JACET

"Cor clarissimae & potentissimae Principis Annae-Mariae Martianozziae, viudae celsissimi & potentissimi Principis Armandi Borboni, Principis de Conti ; quod à media fui parte illuftrissimi ac charissimi comjugis obitu separatum, tantùm Christo gemuit, danec sponso & Deo redderetur, quemunum uterque amaverat. Nullum in eo mundi amor locum habuit. Hoc altare Deo sacrum nullo alio igne coluit, quàm Dei. Amor Christi, amor sponsi, amor liberorum & Ecclesiae illud sibi vindicárunt. Charitas hujus cordi natura est, postquám à Christo creatum est in operibus bonis, quibus plenum perfectè Deo vivere caepit, moriens mundo & sensibus, qui suam illi lucem abscondebant. Si cor Christianum moreretur, obiit prid. non. feb. 1672, aetatis 35."[2]

Ses entrailles dans l'église de Port-Royal des Champs. Lors de la destruction de l'abbaye janséniste, elles furent transférées dans la sépulture de Saint-André-des-Arts[3].

Dans son testament, elle ordonne que l'éducation de ses fils soit confiée à leur tante Anne Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville et nomme leur oncle, Louis II, prince de Condé, en qualité de tuteur.

Le prince de Conti fut inhumée dans le caveau de sa mère, avec son frère aîné Louis Armand Ier de Bourbon-Conti[4].

Son mausolée fut élevé au pilier du côté gauche du chœur. Composé d'une statue de marbre blanc en bas-relief, accompagnée des attributs de La Foi, de L'Espérance et de La Charité, encadrée d'ornements en marbre surmontés d'une urne en bronze le tout dessiné et sculpté par Girardon. L'épitaphe de la princesse était gravée au-dessous en lettres noires sur une plaque de marbre blanc :

À la gloire de Dieu
et a la mémoire eternelle
d'Anne Marie Martinozzi
princesse de Conty
qui detrompée dès l'aage de
XIX ans vendit toutes ses pierreries pour
nourrir durant la famine de M DC LXII,
les pauvres de Berry, de Champagne, et de
Picardie, pratiqua toutes les austerités que
sa santé put souffrir; demeurée veuve a
l'aage de XXIX ans, consacra le reste de sa
vie a élever en princes chretiens les princes
ses enfans, et à maintenir les loix tempo
relles et ecclesiastiques dans ses terres; se
reduisit a une depense tres modeste; restitua
tous les biens dont l'acquisition luy fut sus
pecte jusqu'à la somme de DCCC mil li
vres; distribua toute son epargne aux
pauvres dans ses terres et dans toutes les
parties du monde, et passa soudainement
a l'éternité, après seize ans de perseverance
le IV février M DC LXII, aagée de
XXXV ans
Priez pour elle.
Louis Armand de Bourbon, prince de Conty et François
Louis de Bourbon prince de La Roche-sur-Yon et ses enfants
ont posé ce monument

[5].

Armoiries[modifier | modifier le code]

« Parti, au 1 de France, au bâton de gueules péri en bande; au 2 coupé, a de gueules à deux fasces bretessées et contrebretessées d'argent, b d'azur à la hache consulaire d'argent, les verges d'or, liées d'argent, posée en pal; à la fasce de gueules chargée de trois étoiles d'or brochant sur le tout »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Inhumée à l'église Saint-André-des-Arts.
  2. MM Hurtaut et Magny, Dictionnaire Historique de Paris et de ses environs, Paris, Moutard, libraire-imprimeur de la Reine, (lire en ligne), p. 48
  3. Emile Raunié, Épitaphier du vieux Paris, Paris, Imprimerie nationale, 1890-1901, 3. vol., p. 10-11, avec gravure de son mausolée par Charpentier.
  4. Piganiol, t. VII, p. 79-81.
  5. Lors de la fermeture de l'église, ce monument fut recueilli par Alexandre Lenoir pour le dépôt des Petits-Augustins. Placé aux musée des monuments français sous le no 193. Chaptal autorisa la sortie de celui-ci pour décorer La Malmaison qui fut effectif en 1809. Il existe une gravure par François Philippe Charpentier de ce monument, (grande planche BnF; Topographie de Paris).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Raunié, Épitaphier du vieux Paris Imprimerie nationale, 1890-1901. 3 vol, p. 10-12.
  • Édouard de Barthélemy, La princesse de Conti d'après sa correspondance inédite : une nièce de Mazarin, Paris : Firmin-Didot et Cie, 1875 (en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]