Aller au contenu

Marie-Thérèse de Bourbon-Condé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Marie-Thérèse de Bourbon-Condé
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Marie-Thérèse de Bourbon, princesse de Conti par Pierre Mignard, XVIIe siècle.

Titre

Princesse de Conti


(20 ans, 7 mois et 25 jours)

Prédécesseur Marie-Anne de Bourbon
Successeur Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé
Biographie
Titulature Princesse de Conti
Dynastie Maison de Bourbon-Condé
Surnom Mademoiselle de Bourbon
Naissance
Hôtel de Condé (France)
Décès (à 66 ans)
Hôtel de Conti (France)
Sépulture Église Saint-André-des-Arts
Père Henri-Jules de Bourbon-Condé
Mère Anne de Bavière
Conjoint François-Louis de Bourbon-Conti
Enfants Marie-Anne de Bourbon-Conti
Louis-Armand de Bourbon-Conti
Louise-Adélaïde de Bourbon-Conti
Religion Catholicisme

Signature

Signature de Marie-Thérèse de Bourbon-Condé

Description de cette image, également commentée ci-après

Marie-Thérèse de Bourbon-Condé, dite Mademoiselle de Bourbon, est née en la ville de Paris le et est morte au même endroit le . En tant que fille d'Henri-Jules de Bourbon-Condé, prince de Condé et fils de Louis II de Bourbon-Condé, et d'Anne de Bavière, elle est une princesse du sang. Elle est faite princesse de Conti par son union avec François-Louis de Bourbon-Conti, quatrième prince de Conti. Les époux sont approchés en pour gouverner la Pologne[1].

Marie-Thérèse de Bourbon-Condé est née à l'hôtel de Condé, la résidence familiale parisienne de la maison de Bourbon-Condé, le . Elle est la deuxième enfant d'Henri-Jules de Bourbon-Condé, fils du Grand Condé et le cinquième prince de Condé à sa mort, et d'Anne de Bavière, fille cadette d'Édouard du Palatinat[2]. La jeune fille est alors titrée « Mademoiselle de Bourbon » et porte le prédicat d'Altesse Sérénissime, conformément à son statut de princesse du sang. Elle est nommée en hommage à la reine, Marie-Thérèse d'Autriche. Son père est atteint de lycanthropie et il se montre ainsi violent et brutal envers son épouse, ainsi que leurs enfants[3].

Marie-Thérèse grandit alors dans ce climat de terreur permanent avec ses frères et sœurs à l'hôtel de Condé. Sur les huit enfants du couple, seuls trois atteignent l'âge adulte. Tous feront de prestigieux mariages, à commencer par son frère, Louis III de Bourbon-Condé, qui épousera Mademoiselle de Nantes en . Louise-Bénédicte épouse également un enfant légitimé du roi Louis XIV, le duc du Maine. Quant à sa sœur, Marie-Anne, elle épouse le duc de Vendôme, descendant du roi Henri IV[4].

La princesse est d'abord promise à Emmanuel-Philibert de Savoie-Carignan, prince de Carignan, mais le choix de ses parents se porte finalement sur un cousin de son père, François-Louis de Bourbon-Conti, quatrième prince de Conti. Leur union sera ainsi célébrée le en la chapelle royale de Versailles[5]. La jeune mariée est alors très amoureuse de son époux, ce qui n'était pas réciproque. Le prince est réputé à la cour pour avoir des tendances homosexuelles et entretenait même une liaison avec Mademoiselle de Nantes, la belle-sœur de la princesse[6]. Il ne donnait aucune attention à son épouse, elle en souffrait. Ils ont néanmoins sept enfants :

  1. Marie-Anne de Bourbon-Conti, dite Mademoiselle de Conti. Elle épousera Louis IV Henri de Bourbon-Condé, futur prince de Condé ;
  1. Un fils, né prématurément (1693-1693) ;
  2. Un fils, prince de La Roche-sur-Yon (1694-1698) ;
  3. Louis-Armand de Bourbon-Conti (1695-1727), qui épousa Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé ;
  4. Louise-Adélaïde de Bourbon-Conti (1696-1750), « Mademoiselle de La Roche-sur-Yon » ;
  5. Une fille, « Mademoiselle d'Alais » (1697-1699) ;
  6. Louis-François, comte d'Alais (1703-1704).

Elle entretient des relations difficiles avec son fils, Louis-Armand, et réside le plus souvent dans son château de L'Isle-Adam, son domaine préféré. Vers 1715, elle fait construire par l'architecte Robert de Cotte, sur des terrains acquis de Geramin Boffrand, un hôtel qu'elle revend, et encore inachevé, dès le à Louis-Auguste de Bourbon pour aller s'installer à l'hôtel de Conti, après s'être passagèrement réconcilié avec son fils aîné. C'est ainsi ici qu'elle mourut.

Personnalité

[modifier | modifier le code]

Elle entretint des rapports plutôt compliqués avec ses enfants, mais la famille fut réconciliée à la suite de la mort du prince de Conti en 1709. Marie-Thérèse était connue pour sa personnalité calme et sa piété, très appréciée par beaucoup à la cour. Élisabeth-Charlotte de Bavière, l'épouse du duc d'Orléans, Monsieur, frère du roi Louis XIV, disait alors au sujet de la princesse de Conti[7] :

« Cette princesse est la seule de la maison de Condé à être bonne à tout. Je pense qu'elle doit avoir du sang allemand dans les veines. Elle est petite et un peu sur le côté, mais elle n'est pas bossue. Elle a de beaux yeux, comme son père ; à cette exception près, elle n'a aucune prétention à la beauté, mais elle est vertueuse et pieuse. Ce qu'elle a souffert à cause de son mari a excité la compassion générale. »

Portrait de Marie-Thérèse de Bourbon, épouse de François-Louis de Bourbon-Conti par Étienne-Jahandier Desrochers, XVIIe siècle.

En 1709, son époux meurt à Paris. Afin de distinguer les veuves après le décès de leurs maris respectifs, toutes les princesses douairières de Conti se voyaient attribuer un numéro correspondant à l'ordre dans lequel elles avaient été mariées. Marie-Thérèse était « Madame la princesse de Conti, première douairière ». Ainsi, il y eut entre 1727 et 1732, trois princesses douairières de Conti. Marie-Thérèse se passionne pour la rénovation des résidences de la famille de Conti, dont l'hôtel parisien du même nom. En 1713, sa fille aînée Marie-Anne épouse Louis IV Henri de Bourbon-Condé, le fils de l'ancienne maîtresse de son défunt époux, la duchesse de Bourbon. Le même jour, lors d'une double cérémonie de mariage à Versailles, le jeune prince de Conti, son fils aîné Louis-Armand, épouse une autre enfant de la duchesse, Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé, qui prit ensuite le titre de Marie-Thérèse, qui le portait depuis près de trente ans.

Marie-Thérèse meurt finalement en son hôtel de Conti le , probablement à cause de la syphilis transmise par son époux. Elle est inhumée en l'église Saint-André-des-Arts, à L'Isle-Adam. Par sa petite-fille, Louise-Henriette de Bourbon-Conti, grand-mère du futur roi des Français, Louis-Philippe, elle est l'ancêtre de plusieurs monarques européens des XIXe et XXe siècles.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Aleksandra Skrzypietz, « François-Louis de Bourbon, prince de Conti : un prince du sang français sur le trône polonais ? », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles. Sociétés de cour en Europe, XVIe-XIXe siècle - European Court Societies, 16th to 19th Centuries, no 18,‎ (ISSN 1958-9271, DOI 10.4000/crcv.19516, lire en ligne, consulté le )
  2. « Généalogie de Marie-Thérèse de Bourbon-Condé », sur Geneanet (consulté le )
  3. « Généalogie de Henri Jules de BOURBON CONDE », sur Geneanet (consulté le )
  4. « Généalogie de Louis Joseph DE BOURBON-VENDÔME le Grand Vendôme », sur Geneanet (consulté le )
  5. « BOURBON CONDE Marie-Thérèse de », sur www.hyacinthe-rigaud.com (consulté le )
  6. Jérôme Sgard, « PHILIPPE SANDS. East West Street . Londres, Weidenfeld & Nicolson, 2016, 464 pages. », Critique internationale, vol. N° 79, no 2,‎ , p. 221–225 (ISSN 1290-7839, DOI 10.3917/crii.079.0221, lire en ligne, consulté le )
  7. « Marie Christine D'orléans (Duchesse de Wurtemberg) », dans Benezit Dictionary of Artists, Oxford University Press, (lire en ligne)