Liste des conseillers généraux de la Seine
Voici une liste des conseillers généraux et conseillers d'arrondissement de la Seine jusqu'à la disparition du département, le .
Les présidents du conseil général
[modifier | modifier le code]Histoire
[modifier | modifier le code]Paris et sa périphérie
[modifier | modifier le code]Jusqu'en 1893, le conseil général de la Seine est formé par les 80 élus du conseil municipal de Paris auxquels s'ajoutent « les huit conseillers élus par les cantons ruraux[1] » : Courbevoie, Neuilly, Pantin, Saint-Denis, Sceaux, Villejuif, Vincennes, Charenton. Cette représentation ne traduit pas, dès les années 1870, la démographie du département de la Seine. Au recensement de 1876 Paris compte 1 988 000 habitants, le reste du département en compte 530 000. La sous-représentation de la « banlieue » va être un des problèmes récurrents[2] du Conseil général de la Seine.
Ainsi le , le conseil d'arrondissement de Saint Denis réitère le vœu que le conseil général de la Seine soit intégré dans le droit commun aux autres départements français. Il demande aussi que les élections au conseil général soient distinctes des élections municipales à Paris. Il demande une meilleure représentation de la banlieue « afin que la banlieue ne soit pas toujours soumise aux intérêts de la ville de Paris »[3].
La loi du prend en compte l'évolution du département et crée 13 cantons supplémentaires. Ces 21, puis 22[4] cantons perdurent jusqu'en 1925. À cette date Paris compte toujours 80 conseillers municipaux, la représentation de la banlieue est haussée à 40 conseillers généraux. Puis en 1935, le conseil général de la Seine est composée de 90 conseillers municipaux de Paris et de 50 conseillers généraux élus en banlieue. Pourtant alors que la ville de Paris compte[5] 2 829 000 habitants, le reste du département est passé à 2 133 000 habitants.
L'ordonnance no 45-478 du , porte la représentation du département de la Seine, hors Paris-ville, à 60 conseillers généraux[6]. Celle de Paris reste fixée à 90 conseillers. Ce nombre ne va pas bouger pas jusqu'à 1967 : il ne respecte toujours pas l'équilibre démographique d'un département où la population de Paris atteint son étiage, alors que la population des 80 autres communes est de 2 856 000 habitants[7].
Ce déséquilibre de représentation démographique se double d'un déséquilibre de représentation politique. Dès les élections de 1935, autour de Paris le mythe de la « ceinture rouge[8] » se traduit par une forte représentation des forces de gauche et plus particulièrement du parti communiste. Le Conseil général de la Seine est en 1936 le premier département français à élire en son sein un président communiste en la personne de Georges Marrane. Ceci est obtenu grâce à sa représentation banlieusarde alors que la Ville de Paris est dominée par une représentation plus à droite, malgré la forte empreinte du PCF dans certains quartiers.
Le conseil général de 1940 à 1945
[modifier | modifier le code]Le , le régime de Vichy réorganise l'administration du département de la Seine. Certains conseillers sont maintenus dans leurs fonctions, d'autres sont remplacés[9].
Le décret du [10], nomme les membres des deux conseils provisoires : « l'assemblée départementale provisoire de la Seine » et « l'assemblée municipale provisoire de la ville de Paris ». Les 85 membres de la seconde assemblée sont membres de l'assemblée départementale, avec six membres nommés par le Comité parisien de la Libération et 42 « conseillers départementaux désignés par canton ». Les élections municipales d'avril- remplacent les conseillers parisiens provisoires par des conseillers municipaux élus. Durant une période transitoire, ceux-ci siègent au « conseil général » avec les conseillers départementaux provisoires, jusqu'aux élections cantonales de qui désignent enfin les 60 conseillers généraux de la Seine-banlieue.
Conseillers généraux du département de la Seine (1833 à 1871)
[modifier | modifier le code]Conseillers généraux et conseillers d'arrondissement des cantons du département de la Seine (1871-1941) et conseillers départementaux (1941-1945)
[modifier | modifier le code]Comité parisien de la Libération et Assemblée municipale provisoire
[modifier | modifier le code]Conseillers généraux du département de la Seine (de 1945 à 1947)
[modifier | modifier le code]Élections des 29 avril, 13 mai et 23 septembre 1945
[modifier | modifier le code]Après la Libération une « assemblée départementale provisoire de la Seine » est mise place[11]. Elle comprend les 85 membres de l'« assemblée municipale provisoire de la ville de Paris », nommés selon l'ordonnance du , les 42 conseillers départementaux de banlieue nommés[12] et 6 conseillers supplémentaires représentants les organisations de résistance figurant au bureau du Comité parisien de la Libération (CPL). Cette assemblée élit dès son président en la personne de Georges Marrane[13].
Les six conseillers départementaux nommés par les organisations de la résistance représentées au bureau du CPL[14] sont :
- Antoine Bellet de Tavernost (1911-1997)[15], journaliste, banquier, ancien résistant
- Marcel Boucheny (SFIO), maire de Bois-Colombes (1945-1947),
- Jean Huet (1900-1986) (SFIO), maire d'Asnières-sur-Seine,
- Maurice Midol (1911-1984) (PCF), résistant, secrétaire du Front national pour le département de la Seine[16], fils de Lucien Midol,
- Joseph Obadia, dit Armand Maynial (1902- 1966) (PCF)[17],[18] secrétaire du Comité parisien de la libération (CPL),
- Ernest Venise Gosnat (1887-1970) (PCF), maire-adjoint d'Ivry-sur-Seine.
L'ordonnance no 45-478 du porte l'effectif total du conseil général à 150 membres. Le nombre de conseillers généraux de la banlieue est de 60, élus au scrutin de liste et à la proportionnelle dans le cadre de cinq secteurs. En revanche, il n'y a pas d'accroissement du nombre de représentants de la Ville de Paris. Le poids des élus de banlieue au Conseil général est donc plus important qu'avant-guerre (+ 10 conseillers). Cette augmentation est justifiée par la croissance de la population de la Seine-banlieue.
- Les élections à Paris-ville ont lieu les et lors des élections municipales de 1945.
- Les élections en Seine-banlieue ont lieu le , dans 5 secteurs découpés dans les arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux, lors des premières élections cantonales organisées depuis la Libération.
- Pour la Ville de Paris, les élections se font dans 6 secteurs.
Élections du 19 et 26 octobre 1947
[modifier | modifier le code]La loi du maintient à 150 l'effectif du Conseil général de la Seine, dont 60 représentants de la banlieue. Les 90 conseillers municipaux de Paris, également conseillers généraux, sont renouvelés lors des élections municipales des 19-. Dans la Seine-banlieue, aucune élection cantonale n'est organisée entre 1945 et 1953[19]. Les conseillers généraux, élus en banlieue 1945, siègent jusqu'en 1953.
Élections des 26 avril, 3 mai et 17 mai 1953
[modifier | modifier le code]Les élections municipales de 1953 ont lieu les et . Elles renouvellent les 90 conseillers généraux parisiens. Les 60 conseillers généraux de la Seine-banlieue sont élus lors des élections « cantonales » qui ont lieu deux semaines après, le . Le redécoupage des secteurs regroupant les cantons banlieusards passe de cinq en 1945 à six en 1953. Le nouveau conseil général se réunit à la fin du mois de mai[20].
À Paris, les résultats sont les suivants :
- PCF : 28 élus (22 réélus, 6 nouveaux).
- Indépendants et ARS : 26 élus (11 réélus, 15 nouveaux).
- SFIO : 9 élus (3 réélus, 6 nouveaux).
- RPF : 10 élus (10 réélus).
- MRP : 6 élus (5 réélus, 1 nouveau).
- RGR : 11 élus (7 réélus, 4 nouveaux).
Élections des 8 et 15 mars 1959
[modifier | modifier le code]Les élections cantonales du département de la Seine eurent lieu aux mêmes dates que les élections municipales dans toute la France. C'est la première fois que la banlieue du département de la Seine était divisée en secteurs individualisés. Ces élections ont lieu au scrutin uninominal à deux tours, dans le cadre de ces soixante secteurs. Le mode d'élection des conseillers parisiens ne change pas (scrutin de listes à la proportionnelle).
Résultats en sièges :
- PCF : 59 élus (au lieu de 55)
- PSA : 3 élus (inchangé)
- SFIO : 16 élus (au lieu de 17)
- MRP : 5 élus (au lieu de 12)
- CR, RGR, PRRS : 5 élus (au lieu de 15)
- UNR : 30 élus (au lieu de 17)
- Indépendants et modérés de droite : 32 élus (au lieu de 31)
Élections des 14 et 21 mars 1965
[modifier | modifier le code]Le mode de scrutin est modifié. Les élections se font à deux tours, au scrutin majoritaire, avec listes bloquées. La ville de Paris est découpée en 14 secteurs électoraux.
Sont élus :
- PCF et apparentés : 25 élus.
- PSU : 2 élus.
- Parti radical : 2 élus.
- SFIO : 9 élus.
- Centristes : 13 élus.
- UNR et alliés : 39 élus.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Bulletin de la Ville de Paris : journal administratif, littéraire, commercial et financier : paraissant le lundi », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Jean-Claude Cavard, Structures administratives et tentatives de planification (1859-1965), p. 165-188, in Annie Fourcaut (direction) : Un siècle de banlieue parisienne (1859-1964), L'Harmattan, 1988
- ↑ BMO, 16 janvier 1885
- ↑ En 1908 est créé le canton de Colombes, division de celui de Courbevoie
- ↑ Recensement de 1936
- ↑ Philippe Nivet, Le cumul des mandats : maires et conseillers généraux dans l'ancien département de la Seine de 1945 à 1960, p. 71-81, in Emmanuel Bellanger et Jacques Girault, Villes de banlieue, personnel communal, élus locaux et politiques urbaines en banlieue parisienne au XXe siècle, Creaphis, 2008
- ↑ Recensement de 1962
- ↑ Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule, Les ouvriers entre les deux guerres dans le département de la Seine et leur représentation politique, p. 219-231, in Susanna Magri et Christian Topalov : Villes ouvrières 1900-1950, L'Harmattan, 1989
- ↑ Journal officiel du 18 décembre 1941, consulté le 24/11/2016
- ↑ Journal officiel du 12 mars 1945, consulté le 31/03/2018
- ↑ Philippe Nivet, Les Assemblées parisiennes (Conseil municipal de Paris, conseil général de la Seine), p. 365-371, in Gilles Le Béguec, Denis Peschanski, Les élites locales dans la tourmente. Du front populaire aux années cinquante, CNRS éditions, Paris, 2000 (ISBN 2-271-05795-7)
- ↑ Alors qu'il y avait 50 conseillers généraux élus en 1935
- ↑ Le Monde (archives), 23 avril 1945
- ↑ Cf décret du 12 mars 1945. Les conseillers départementaux de la Seine-banlieue figurent dans les cantons correspondants, supra
- ↑ Antoine Bellet de Tavernost
- ↑ L'Aube nouvelle, juin 1945
- ↑ Membres communistes de l'Assemblée départementale de la Seine en 1945
- ↑ Fiche Joseph Armand Obadia, alias Maynial.
- ↑ Gilles Le Béguec, Denis Peschanski (direction), Les élites dans la tourmente. Du Front populaire aux années cinquante, op. cit. : cf la contribution de Philippe Nivet, La secousse RPF, p. 83 : « dans la Seine-banlieue, aucune élection n'est organisée entre 1945 et 1953, en dépit des demandes des gaullistes »
- ↑ Cf Le Monde, 30/05/1953 (archives) : « M. Coutrot s'élève contre certaines méthodes de travail. »