André Bauchant

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André Bauchant
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André Bauchant, né le à Château-Renault et mort le à Montoire-sur-le-Loir est un peintre naïf français. Autodidacte, il était surnommé « le peintre jardinier ».

Biographie[modifier | modifier le code]

André Bauchant naît dans l'Indre-et-Loire, à Château-Renault, au 8 de la rue Marceau, dans le quartier du Pichon, d’un père pépiniériste et d’une mère couturière. Il quitte l’école à quatorze ans pour travailler la terre dans l’exploitation familiale.

En 1900, il épouse Alphonsine Bataillon. Ils font leur voyage de noces à Paris, lors de l’exposition universelle, et visitent le pavillon des beaux-arts où André achète des livres d’histoire et de mythologie ainsi que des souvenirs.

Jusqu’en 1914, il est pépiniériste, son seul loisir étant ses livres. Lorsque la 1re guerre mondiale éclate, André Bauchant est mobilisé, à l'âge de 42 ans. En 1915, il est envoyé aux Dardanelles où il découvre la Grèce. Pour passer le temps, il crayonne les paysages environnants. Au bout de neuf mois, malade, il est rapatrié puis affecté à la télémétrie près de Reims. Il y reçoit quelques cours de dessin en perspective, qui seront ses seules bases techniques, mais qui lui révèlent un talent dont il n'avait pas conscience.

Libéré en 1919, il retrouve sa femme internée en raison de troubles mentaux et son exploitation en friches. Il fait sortir son épouse de l'asile et se retire dans les bois dans un ancien moulin à tan, La Blutière, à Auzouer-en-Touraine. C'est là qu'André Bauchant commence à peindre et utilise pour cela toutes sortes de supports : draps, torchons, cartons, bois, cuivre.

En 1921, il expédie seize toiles au Salon d’Automne ; neuf sont retenues. C’est au cours de cette première participation que le peintre Amédée Ozenfant et l’architecte Le Corbusier remarquent sa peinture naïve et poétique ; ils deviennent ses premiers acheteurs et amis. En 1927 et 1928, Jeanne Bucher organise, dans sa galerie parisienne, la première exposition privée en montrant 75 toiles. C'est l'époque où Wilhelm Uhde le rencontre et l’associe aux « primitifs modernes ».

En 1928, il fait construire sa maison aux Tourneboeufs, à Auzouer-en-Touraine. Il peint désormais à plein temps et aborde différents thèmes : des scènes mythologiques et des tableaux religieux, des portraits, de très nombreux paysages, des bouquets et autres compositions florales, des oiseaux…

La même année, le directeur des Ballets russes, Serge de Diaghilev, découvre ses toiles et lui commande des modèles pour réaliser les décors pour la création d'Apollon musagète, un ballet de George Balanchine, sur la musique d'Igor Stravinsky ; il lui achète un tableau Champs-Élysées.

En 1937, André Bauchant participe à Paris à une exposition organisée par Andry-Farcy, conservateur du Musée de Grenoble, regroupant les principaux peintres autodidactes. Cette exposition s’intitule « Les Maîtres Populaires de la Réalité ». La même année, elle est présentée à Zurich, puis à Londres et enfin à New York. Les tableaux de Bauchant s’exposent et se vendent bientôt dans le monde entier. En 1939, il se rend en Hollande pour rencontrer un peintre, autodidacte et horloger de son métier, Dick Oudes ; il y fait egalement connaissance du peintre allemand Erwin Bowien (1899-1972) qui exécute son portrait[1].

En 1943, sa femme Alphonsine meurt après une longue maladie.

En 1949, à Paris, 215 toiles sont exposées à la galerie Charpentier. L'année suivante, Bauchant est nommé au grade de Chevalier de la Légion d’honneur pour ses 54 ans d’activité artistique et de service militaire. Pour Bauchant, qui a 77 ans, cette consécration est un symbole fort de réussite. Au mois de décembre, il épouse en secondes noces Marie Joly.

André Bauchant, vieillissant, désire habiter une maison en ville, celle des Tourneboeufs étant à l’époque isolée dans la campagne. Son goût pour la vallée du Loir lui fait rechercher une maison à Montoire-sur-le-Loir. En 1955, il y achète une grande maison et installe son atelier au premier étage. À l’époque, vu son grand âge, il ne sort guère, mais reçoit beaucoup : des amis et acheteurs venus de Paris, des amis de Tours, tous ceux que sa peinture a piqués de curiosité jusqu'à venir rencontrer le peintre…

Malade, il est victime d’une congestion cérébrale en , mais il continue à peindre, des fleurs, des arbres fruitiers, des kermesses, des paysages de la vallée du Loir…, jusqu’en [2].

Le , à 85 ans, André Bauchant s’éteint paisiblement. Il repose au cimetière de Montoire-sur-le-Loir, allée des Roses, laissant derrière lui une œuvre considérable et quelques toiles inachevées ; en 40 ans il a peint environ 3 000 toiles, répertoriées en 2005 dans le catalogue raisonné de son œuvre[3].

Inspiration[modifier | modifier le code]

Peintre autodidacte, André Bauchant peint des sujets historiques, mythologiques ou inspirés par la Bible ; ses tableaux sont réalisés dans une veine naïve et vivement colorés. Il puise aussi son inspiration dans des livres scolaires, comme La France illustrée de Malte-Brun, Petit Larousse illustré ou la Géographie d’Adolphe Joanne, ainsi que dans des ouvrages pratiques (le Catalogue des graines Clause et Truffaut par exemple)

Mais il s'inspire aussi de scènes de la vie quotidienne (marchés, moissons, vendanges…), des paysages de Touraine et de sa ville natale Château-Renault, ainsi que de ses souvenirs de voyage (Grèce, Détroit des Dardanelles, Hollande, Saint-Paul de Vence, les Pyrénées lors d 'un pèlerinage à Lourdes)). il peint ses relations proches (médecin, cordonnier, son facteur) et la nature (fleurs, arbres, fruits, oiseaux et autres animaux).

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Trésors du Petit Palais de Genève - De Renoir à Kisling, palais de la Bourse, Chambre de commerce et d'industrie de Marseille, juin-octobre 1990.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

L'association Les amis d'André Bauchant a été créée en 1989[21].

le collège de sa ville natale, Château-Renault, porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Erwin Bowien, Das schöne Spiel zwischen Geist und Welt. Mein Malerleben, Solingen, U-Form Verlag, , 132 p. (ISBN 3-88234-101-7), pp. 53-54
  2. André Bauchant, Galerie Dina Vierny, sur le site galeriedinavierny.fr
  3. Alain Troadec, Pierre Cabanne et Bertrand Lorquin 2005.
  4. C. Schaettel, « 20 siècle. Laval. Musée du Vieux-Château. Approche critique d'André Bauchant à travers les nouvelles acquisitions d'art naïf », dans Revue du Louvre et des Musées de France, no 34, 1984, p. 1.
  5. Notice no 000PE027600, base Joconde, ministère français de la Culture.
  6. Notice no 000PE027621, base Joconde, ministère français de la Culture.
  7. a et b Notice no 000PE027568, base Joconde, ministère français de la Culture.
  8. Notice no 000PE027935, base Joconde, ministère français de la Culture.
  9. Notice no 06390000002, base Joconde, ministère français de la Culture.
  10. Notice no 06390000003, base Joconde, ministère français de la Culture.
  11. Serge Lemoine et Marianne Le Pommère, Image d'une collection, musée de Grenoble, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 1999, p. 172.
  12. Pierre Gaudibert, Trois peintres autodidactes dits naïfs des années 30, Bauchant, Bombois, Rimbert, musée de Grenoble, catalogue d'exposition, 1981.
  13. La fleur en images, Nantes, musée des beaux-arts, 1963, catalogue d'exposition, no 52.
  14. André Chamson (préface) et conservation du Petit Palais (notices biographiques), Collection Girardin, Éditions du Petit Palais, 1954, no 1.
  15. Notice no M0809006059, base Joconde, ministère français de la Culture.
  16. Notice no M0809006060, base Joconde, ministère français de la Culture.
  17. Notice no 00160000359, base Joconde, ministère français de la Culture.
  18. Notice no 06390000001, base Joconde, ministère français de la Culture.
  19. Notice no 06390000009, base Joconde, ministère français de la Culture.
  20. Notice no 06390000458, base Joconde, ministère français de la Culture.
  21. Les Amis d'André Bauchant, Association loi 1901 déclarée à la préfecture de l'Indre et Loire no 8995, Journal officiel du 12.07.1989.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, p. 91
  • Raymond Nacenta, The School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, Londres, 1960.
  • Roger Baschet, La Peinture contemporaine, de 1900 à 1960, tome 1, Éditions de l'Illustration, Paris, 1961.
  • André Bauchant, Nice, Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky, catalogue d'exposition, 1987.
  • André Bauchant. Peintures - Dessins, 1915-1958, Tours, Musée des Beaux-Arts, catalogue d'exposition, 1991.
  • Erwin Bowien, Das schöne Spiel zwischen Geist und welt. Mein Malerleben. U-Form-Verlag, Solingen,1995, pp. 53–54. ( (ISBN 3-88234-101-7)).
  • Dina Vierny, Bertrand Lorquin et Alain Troadec André Bauchant, Lausanne, Acatos, 1998, 204 p. (ISBN 2940033331).
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, vol.1, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001.
  • Estelle Fresneau, « André Bauchant 1873-1958 : jardinier fabuliste », dans 303. Arts, recherches et créations, 2005, p. 88.
  • Alain Troadec, Pierre Cabanne et Bertrand Lorquin, André Bauchant - Catalogue raisonné, Paris, Dina Bierny, Berne, Benteli Verlag, 2005, 653 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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