Wilhelm Uhde

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Wilhelm Uhde par Helmut Kolle.

Wilhelm Uhde (né le 28 octobre 1874 à Friedeberg (Brandebourg) actuellement : Strzelce Krajeńskie, Pologne) et mort le 17 août 1947 (à 72 ans) à Paris) est un collectionneur, galeriste et critique d'art allemand. Il a travaillé surtout à Paris et joué un rôle important dans l'histoire de la peinture française du début du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de droit à Lausanne, Göttingen, Heidelberg, Greifswald et Berlin, Wilhelm Uhde se rend pour la première fois en 1899 en Italie, et notamment à Florence, où il se consacre à l'histoire de l’art, il y écrit ses premiers romans et essais esthétiques. Il tente de concilier en lui l’unité de « la verticale gréco-allemande de la mélancolie et l'horizontale romane de la satisfaction ».

Il s’installe à Paris en 1904, où « la beauté était omniprésente » ; il y est accueilli par Erich Klossowski, rencontre Ambroise Vollard, Kahnweiler, les Stein, etc. Il commence à acheter des œuvres de Pablo Picasso et de Georges Braque, encore inconnus. Il contribue à faire également connaître la peinture naïve, et en particulier les œuvres de Henri Rousseau, il organise sa première exposition personnelle en 1909 et publiera en 1911 la première monographie concernant ce peintre. Il se marie en 1908 avec Sarah Stern (Sonia Terk) qui le quitte quelques mois plus tard pour Robert Delaunay.

En 1911, il organise sa seconde exposition pour l'égérie d'Apollinaire, inconnue du public que Pierre Roché, ex amant de celle ci, lui a présenté un an plus tôt, Marie Laurencin. Il réussit à vendre une aquarelle, Les Jeunes filles, à Rolf de Maré, qui ne comprend rien à l'art moderne, pour une somme exorbitante, quatre mille francs. La vente, reprise dans la presse et commentée dans les salons, lance irréversiblement la carrière de « la nymphe d'Auteuil », qui cependant quittera dès 1913 Uhde pour Paul Rosenberg.

En 1912, Uhde s'installe à Senlis, où il découvre par hasard les réalisations picturales de Séraphine Louis, qu'il encourage et fait connaître à Paris.

En août 1914, la déclaration de guerre l'oblige, en tant que ressortissant d'un pays ennemi, à fuir précipitamment la France. Les biens qu'il avait à Senlis, dont des tableaux de Séraphine, sont dispersés. Par ailleurs, sa magnifique collection, qui comprend notamment 12 toiles de Picasso et 20 de Braque, est confisquée par l'État français, puis vendue aux enchères à l'hôtel Drouot le 31 en mai 1921.

Dans l'Allemagne de Weimar, il lutte pour le pacifisme et s'engage dans certains mouvements de jeunesse. Mais son pays lui devient invivable et il revient en France en 1924. Cette fois, il se met à collectionner ceux qu'il appelle les « primitifs modernes ». En 1927, il s'installe à Chantilly et, à l'occasion d'une exposition locale à Senlis, reprend contact avec Séraphine Louis qu'il prend largement en charge matériellement. En 1929, il organise une exposition de ces artistes sous le titre Les Peintres du Cœur sacré, puis une autre en 1932 (l'année où Séraphine de Senlis est internée et cesse de peindre) sous le titre Les Primitifs modernes[1].

En 1928, il publie aux Éditions des Quatre Chemins Picasso et la tradition française, ouvrage dans lequel il développe l’idée que la « mentalité gothique » serait née à la confluence de l’esprit germanique des Francs et de celui des Gallo-romains ; selon lui, Picasso répondrait au gothique, et Braque, davantage au roman.

En 1934, Uhde obtient de Pierre Loeb, propriétaire de la galerie Pierre, sur la Rive gauche à Paris, la première exposition de Balthus (jeune peintre de 26 ans - deuxième fils de Erich Klossowski et de Baladine Klossowska).

À cause de ses écrits pacifiques et de ses ouvrages consacrés à des peintres qualifiés « dégénérés » par le IIIe Reich, il se trouve déchu de sa nationalité allemande par les nazis peu avant la Seconde Guerre mondiale. Il est poursuivi par la Gestapo durant la guerre mais parvient pourtant à leur échapper en se cachant à Saint-Lary ; il a en particulier été protégé pendant quelques mois par Jean Cassou.

Il meurt à Paris en 1947. Il est enterré au cimetière du Montparnasse.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Curieusement, son livre Cinq Maîtres primitifs, publié en 1949, indique que Séraphine est morte en 1934 et non pas en 1942 comme c'est effectivement le cas

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Séraphine de Senlis, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol/Editions Gallimard, Paris, 2008, 55 pages. Livre édité en relation avec l'exposition homonyme organisée au musée Maillol du 1er octobre 2008 au 5 janvier 2009. Textes de Bertrand Lorquin : Séraphine Louis dite de Senlis et de Wilhelm Uhde : Séraphine (extrait de Cinq Maîtres primitifs).