Wilhelm Uhde

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Wilhelm Uhde
Description de l'image Uhde, Style de France, 15-04-1947.jpg.
Naissance
Friedeberg
Décès
Paris
Activité principale
Critique d'art
Marchand d'art

Wilhelm Uhde né le à Friedeberg (Brandebourg) actuellement : Strzelce Krajeńskie, Pologne et mort le (à 72 ans) à Paris, est un critique d'art, marchand d'art et collectionneur allemand. Il a travaillé surtout à Paris et joué un rôle important dans le développement du cubisme et de l'art naïf.

Biographie[modifier | modifier le code]

Wilhelm Uhde est le fils de Jean Uhde et Antoinette Fechlan. Après des études de droit à Lausanne, Göttingen, Heidelberg, Greifswald et Berlin, Wilhelm Uhde se rend pour la première fois en 1899 en Italie, et notamment à Florence, où il se consacre à l'histoire de l’art, il y écrit ses premiers romans et essais esthétiques. Il tente de concilier en lui l’unité de « la verticale gréco-allemande de la mélancolie et l'horizontale romane de la satisfaction ».

Robert Delaunay, Portrait de Wilhelm Uhde, 1907

Il s’installe à Paris en 1904, où « la beauté était omniprésente » ; il y est accueilli par son compatriote Erich Klossowski, rencontre Ambroise Vollard, Kahnweiler, les Stein, etc. Il commence à acheter des œuvres de Pablo Picasso, qui peint son portrait en 1910, et de Georges Braque, encore inconnus. Il contribue à faire également connaître la peinture naïve, et en particulier les œuvres de Henri Rousseau, il organise sa première exposition personnelle en 1909 et publiera en 1911 la première monographie concernant ce peintre. Il se marie en 1908[1] avec Sarah Stern (Sonia Terk) qui le quitte quelques mois plus tard pour Robert Delaunay. C'était un mariage de convenance pour cacher son homosexualité. Il habite alors quai de la Tournelle.

En 1911, il organise sa seconde exposition pour l'égérie d'Apollinaire, inconnue du public que Henri-Pierre Roché, ex amant de celle-ci, lui a présenté un an plus tôt, Marie Laurencin. Il réussit à vendre une aquarelle, Les Jeunes filles, à Rolf de Maré, qui ne comprend rien à l'art moderne, pour une somme exorbitante, quatre mille francs. La vente, reprise dans la presse et commentée dans les salons, lance irréversiblement la carrière de « la nymphe d'Auteuil », qui cependant quittera dès 1913 Uhde pour Paul Rosenberg.

En 1912, Uhde s'installe à Senlis, où il découvre par hasard les réalisations picturales de Séraphine Louis, qu'il encourage et fait connaître à Paris.

Wilhelm Uhde par Helmut Kolle

En , la déclaration de guerre l'oblige, en tant que ressortissant d'un pays ennemi, à fuir précipitamment la France. Les biens qu'il avait à Senlis, dont des tableaux de Séraphine, sont dispersés. Par ailleurs, sa magnifique collection, qui comprend notamment 12 toiles de Picasso et 20 de Braque, est confisquée par l'État français, puis vendue aux enchères à l'hôtel Drouot le .

Dans l'Allemagne de Weimar, il lutte pour le pacifisme et s'engage dans certains mouvements de jeunesse. En 1918, il rencontre le peintre Helmut Kolle et emménage avec lui à Weimar. Mais son pays lui devient invivable et il revient en France en 1924. Cette fois, il se met à collectionner ceux qu'il appelle les « primitifs modernes ». En 1927, il s'installe à Chantilly ou Helmut Kolle le rejoindra et, à l'occasion d'une exposition locale à Senlis, reprend contact avec Séraphine Louis qu'il prend largement en charge matériellement. En 1929, il organise une exposition de ces artistes sous le titre Les Peintres du Cœur sacré, puis une autre en 1932 (l'année où Séraphine de Senlis est internée et cesse de peindre) sous le titre Les Primitifs modernes[2]. 1932 est également l'année où meurt prématurément Helmut Kolle.

En 1928, il publie aux Éditions des Quatre Chemins Picasso et la tradition française, ouvrage dans lequel il développe l’idée que la « mentalité gothique » serait née à la confluence de l’esprit germanique des Francs et de celui des Gallo-romains ; selon lui, Picasso répondrait au gothique, et Braque, davantage au roman.

En 1934, Uhde obtient de Pierre Loeb, propriétaire de la galerie Pierre, sur la Rive gauche à Paris, la première exposition de Balthus (jeune peintre de 26 ans - deuxième fils de Erich Klossowski et de Baladine Klossowska).

À cause de ses écrits pacifiques et de ses ouvrages consacrés à des peintres qualifiés « dégénérés » par le IIIe Reich, il se trouve déchu de sa nationalité allemande par les nazis peu avant la Seconde Guerre mondiale. Il est poursuivi par la Gestapo durant la guerre mais parvient pourtant à leur échapper en se cachant à Saint-Lary ; il a en particulier été protégé pendant quelques mois par Jean Cassou.

Il est mort à son domicile parisien de la place des Vosges en 1947. Il est enterré au cimetière du Montparnasse.

Une partie de ses archives ont été déposées par sa sœur, Anne-Marie Uhde, à l'Institut national d'histoire de l'art[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marié à Londres en décembre 1908, le divorce est prononcé en août 1910, selon l'acte no 769, dans l'état-civil de la ville de Paris 5e arrondissement, mariage de 1910.
  2. Curieusement, son livre Cinq Maîtres primitifs, publié en 1949, indique que Séraphine est morte en 1934 et non pas en 1942 comme c'est effectivement le cas
  3. INHA, archives Uhde

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Guignard, « Wilhem Uhde : faux marchand, vrai animateur d’art », dans actes du colloque Animateur d’art, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, 2015.
  • Yves Guignard, « Un "faiseur de rois" sans bénéfices – le rôle de Wilhelm Uhde (1874-1947) dans la réception du cubisme et de l’art naïf », dans Le fabuleux destin des biens culturels, 2016, p. p. 69 à 83 Aperçu en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]