Affaire des paris truqués (handball)

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Le Montpellier AHB (en blanc), face au Cesson-Rennes Métropole HB, le 12 mai 2012.

L'affaire des paris truqués désigne l'enquête et le procès engagés à la suite de soupçons de la Française des jeux portant sur le montant élevé des paris lors du match entre le Montpellier Agglomération Handball et le Cesson-Rennes Métropole HB le [1]. Au cours de ce match, comptant pour le championnat de France de handball, des proches des joueurs et de l'encadrement de Montpellier auraient parié sur le fait que le club breton mène au score à la mi-temps, ce qui fut effectivement le cas (15-12)[1],[2].

En juillet 2015, le tribunal de Montpellier reconnaît coupable d'escroquerie plusieurs joueurs du MAHB dont Mladen Bojinović, Dragan Gajić, Luka et Nikola Karabatic, Samuel Honrubia, Primož Prošt, Mickaël Robin et Issam Tej. Ils sont condamnés à des amendes de 1 500 à 30 000 euros[3]. Le , la cour d'appel de Montpellier confirme le jugement : les frères Karabatic sont condamnés à deux mois de prison avec sursis en appel pour paris truqués et à 10 000 euros d'amendes, les autres peines prononcées s’échelonnant de 10 000 euros d’amende avec sursis à 4 mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende[4].

Contexte[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de la défaite de Chambéry SH contre le HBC Nantes comptant pour la 23e journée, Montpellier Agglomération Handball (MAHB) remporte son cinquième titre consécutif de champion de France et le quatorzième de l'histoire du club[5]. L'équipe du MAHB joue le lendemain face au Dunkerque HGL où elle s'impose 36-28[6]. Montpellier, éliminé de la Ligue des champions et vainqueur des quatre compétitions nationales de la saison 2011-2012 (Trophée des champions, Coupe de la Ligue, Coupe de France et Championnat de France) n'a ainsi plus d'enjeu sportif en cette fin de saison et décide de se passer de plusieurs de ses joueurs majeurs, légèrement blessés ou laissés au repos en vue des Jeux olympiques : Nikola et Luka Karabatic, Mladen Bojinović, Vid Kavtičnik et Samuel Honrubia[7]. Les Héraultais se rendent ainsi diminués en Bretagne.

Le Cesson-Rennes Métropole HB, sixième avant le match, n'a pas gagné depuis le et a besoin de l'emporter face au Montpellier AHB s'il veut assurer son maintien parmi l'élite pour la saison suivante[8]. Le match se déroule à Rennes au Liberté à 18 h, devant plus de 4 000 personnes[9].

Match[modifier | modifier le code]

Les joueurs de Cesson-Rennes fêtant leur victoire.

À l'issue de la rencontre, Cesson-Rennes Métropole HB remporte le match 31-28 (mi-temps : 15-12) et assure son maintien. L'équipe du Montpellier AHB concède ainsi la 2e défaite de sa saison[9],[10].

Benoît Doré, joueur de Cesson-Rennes et auteur de 6 buts, déclare : « on a fait une bonne première mi-temps, même si on a raté quelques occasions pour arriver à la pause avec une plus grande avance. C’est dommage. À la reprise, Montpellier est reparti fort. Ils sont même passés devant. On a alors resserré la défense, on s’est battu comme des chiens dans les dernières minutes pour l’emporter »[11]. Stéphane Clémenceau, le directeur général du club, se félicite de cette victoire : « on reçoit le champion de France, et on obtient notre maintien en le battant. Au niveau émotionnel, c'est énorme »[9].

Soupçons de paris truqués[modifier | modifier le code]

Enquête et instruction judiciaire[modifier | modifier le code]

Le , soit quatre jours après la rencontre, la Française des jeux informe les autorités judiciaires de « montants anormalement élevés par rapport à l'enjeu » qui se sont déroulés de « manière subite » depuis « une zone géographiquement circonscrite »[7]. Les montants des paris sont à la hauteur de 80 000 euros, pour un gain de plus de 200 000 euros[12]. D'après France Télévisions, un match de handball tous paris confondus, ne dépasse pas généralement plus de 5 000 euros de mises[12].

Le , après la défaite 38-24 de Montpellier AHB au stade Pierre-de-Coubertin de Paris face au PSG Handball, la police procède à plusieurs interpellations[2]. Parmi les personnes placées en garde à vue, sept joueurs du MAHB et deux du PSG qui évoluaient la saison précédente à Montpellier[12] : Mladen Bojinović (PSG), Dragan Gajić (MAHB), Wissem Hmam (MAHB), Samuel Honrubia (PSG), Luka Karabatic (MAHB), Nikola Karabatic (MAHB), Vid Kavtičnik (MAHB), Primoz Prost (MAHB) et Mickaël Robin (MAHB).

Sont également interpellés, Yann Montiège le kiné du club héraultais, ainsi que sept autres personnes qui ont parié sur le résultat de la rencontre à la mi-temps[13]. Parmi elles, les proches de certains joueurs dont les compagnes de Nikola et Luka Karabatic, Géraldine Pillet et Jeny Priez[14]. Cette dernière, animatrice sur la chaîne NRJ 12, a confirmé « avoir parié » sur le match à la suite d'une demande de son compagnon et « avec l'argent de celui-ci », selon son avocat . Elle est libérée grâce à une caution de 13 000 euros[15].

Mickaël Robin, Vid Kavticnik et Wissem Hmam sont remis en liberté le 1er octobre, tandis qu'un dixième joueur, Issam Tej, est à son tour placé en garde à vue[16].

À l'issue des gardes à vue, les juges d'instruction montpelliérains prononcent la mise en examen de treize des personnes interpellées dont sept joueurs : Mladen Bojinovic, Dragan Gajic, Samuel Honrubia, Primoz Prost, Issam Tej et les deux frères Karabatic ainsi que les compagnes de ces derniers pour escroquerie par manœuvre frauduleuse[17],[18],[19]. Yann Montiège est placé sous le statut de témoin assisté[20].

Le , le club de Cesson-Rennes annonce qu'il se porte partie civile dans le cadre de l'information judiciaire ouverte[21].

Le , le rapport d'expert du comportementaliste Pierre Sallet, qui devait déterminer s’il y a eu carence volontaire des joueurs afin que l’équipe de Cesson mène au score à la pause, est annulé par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier[22].

Le , la juge d’instruction Marie-Christine Desplat-Didier nomme deux nouveaux experts, l'ancien arbitre international Nordine Lazaar et un analyste vidéo dans la pratique sportive de haut niveau, qui devront également se prononcer sur d'éventuelles carences volontaires de la part des joueurs Montpelliérains[23].

Ceux-ci confirment en avril 2014 les soupçons de trucage : «En conséquence, notre intime conviction est qu’une telle convergence d’indicateurs anormaux, une telle différence d’engagement, de vitesse dans le jeu notamment entre la première et la deuxième mi-temps du match expertisé est trop curieuse pour être innocente et conjoncturelle.»[24]

À la suite de l’annulation le du rapport de l'expert comportementaliste Pierre Sallet dans le cadre de la procédure sur l’affaire Cesson-Montpellier par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier, une source judiciaire pronostique : «Dans le meilleur des cas, le procès ne pourra pas s'ouvrir avant l'automne 2014»[25].

En février 2015, le parquet de Montpellier demande le renvoi en correctionnelle des 17 mis en examen, dont Karabatic[26].

Procès[modifier | modifier le code]

Le procès a lieu à Montpellier en juin 2015 : le Parquet requiert des peines de prison avec sursis et des amendes allant jusqu'à 80 000 euros pour 16 personnes accusées[27].

En , un procès en appel a lieu, la cour d'appel de Montpellier condamne quatorze prévenus avec des peines s'échelonnant de 10 000 euros d'amende avec sursis à quatre mois de prison avec sursis et 40 000 euros d'amende ; seul Mickaël Robin est acquitté[28].

Réactions[modifier | modifier le code]

Dès le , les deux clubs réagissent :

  • Le club héraultais annonce dans un communiqué, avoir « pris connaissance avec stupeur » de ces allégations qui leur « causent un préjudice d'image, sportif et économique en période de négociation des partenariats pour la saison prochaine ». Il ajoute attendre des « éléments précis sur les faits allégués [...] en vue de décider de donner à cette pseudo-affaire les suites judiciaires qu'elle mérite »[29].
  • Philippe Barburet, président de Cesson-Rennes, déclare : « Nous, on a fait un très bon match, poussé par 4 000 personnes. Mais on a vu qu'ils n'avaient pas envie de perdre. Ce n'était pas une équipe de baltringues. Il ne faut pas dévaloriser notre victoire »[7]. L’entraîneur breton David Christmann s'est dit « bouleversé » et précise que « le club est une victime en subissant de plein fouet l'abattage médiatique de cette affaire ». Il précise que cette association involontaire entraîne un « déficit d'image pour le Cesson-Rennes Métropole HB ». Depuis cette affaire, deux partenaires se sont désistés.

À la suite des arrestations du , le président de la Fédération française de handball (FFHB) Joël Delplanque, indique que « c'est une épreuve, une épreuve pour tout le monde, les joueurs, le club de Montpellier, la Fédération et le hand en général », avant d'ajouter « il est indispensable que cette enquête soit menée de manière la plus rapide et efficace possible pour qu'on connaisse enfin la vérité »[30].

Daniel Costantini, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France, déclare au sujet de cette affaire : « Jusque-là c'était impensable. Mais on se rend compte que ce sont des garçons à qui on prêtait beaucoup plus de qualités qu'ils n'en ont. Nikola Karabatic, tout le monde parlait de son intelligence [...] Or si c'est avéré, il s'est comporté comme un petit con »[31].

Pour Valérie Fourneyron, la ministre des sports, cette affaire est « très douloureuse pour l'image du handball et du sport », elle estime que le dispositif législatif concernant les paris en ligne « doit être renforcé »[32].

Le , la société informatique Brother France annonce la fin du partenariat avec Montpellier AHB[33].

Scandales dans les autres sports[modifier | modifier le code]

La disqualification à vie le de l'athlète Jules Ladoumègue pour faits de professionnalisme fut le plus important scandale du sport français de la première moitié du XXe siècle. « Julot », qui tenait alors tous les records du monde entre 1 et 2 km, était privé de Jeux olympiques, programmés quelques mois plus tard. Les faits reprochés étaient si bénins que la décision fut perçue comme scandaleuse par le public français. 400 000 Parisiens assistèrent à sa remontée triomphale des Champs-Élysées le . À la suite de cette radiation, l'athlétisme est boudé par le public français qui scande longtemps le nom de Ladoumègue à chaque départ de course[34].

Après la Seconde Guerre mondiale qui généra quelques fameux scandales sportifs comme l'interdiction du rugby à XIII dès 1940[35] et l'abolition du professionnalisme dans tous les sports en 1943[36], les principaux scandales touchent ensuite essentiellement au dopage et aux malversations financières. Ces dernières peuvent être de types très variées. Double billetterie, détournement de fonds, corruption et fraude fiscale, principalement. Parmi les affaires les plus médiatisées, citons les affaires Claude Bez (Girondins de Bordeaux) et Roger Rocher (AS Saint-Étienne), et l'affaire OM-VA. Les trois présidents impliqués furent incarcérés.

L'affaire Festina, qui fit en partie la lumière sur l'implication directe de l'encadrement technique et médical dans les programmes de dopage, marqua ainsi l'édition du Tour 1998. Le cyclisme est loin d'être le seul sport concerné par ce problème, mais un cas de dopage sur le Tour de France produira toujours plus de réactions en France qu'un cas similaire sur n'importe quelle autre compétition sportive.

L'affaire Max Barrau sélectionné à 15 reprises en équipe de France entre 1971 et 1974. Formé au Stade beaumontois, et international avec son club, il émigra d'abord un an au Stade toulousain, puis au SU Agen avant de revenir dans son club formateur du Stade beaumontois. Cette volte-face lui fit perdre sa place en équipe de France[37] à cause de 18 mois de licence rouge[38].

La finale 1993 Grenoble-Castres, le manager du FC Grenoble Jacques Fouroux est candidat à la présidence de la FFR[39] en concurrence et en conflit avec le président Bernard Lapasset. En finale Grenoble est défait 14-11 par Castres, Jacques Fouroux crie au complot[40] car la finale tourne au scandale[41], avec une polémique sur l'arbitrage[42]. En effet un essai d'Olivier Brouzet est refusé aux Grenoblois[43] et l'essai décisif de Gary Whetton est accordé par l'arbitre Daniel Salles, alors que le grenoblois Franck Hueber a aplati au préalable le ballon dans son en-but, privant ainsi les Grenoblois du titre[44].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr)Henri Seckel, « Les handballeurs français tombent de leur piédestal », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 30 septembre 2012)
  2. a et b (fr)« Nikola Karabatic et des joueurs du Montpellier handball interpellés », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 30 septembre 2012)
  3. « Nicolas Karabatic écope de 10.000 euros d'amende pour escroquerie » (consulté le 14 juillet 2015)
  4. « Les frères Karabatic condamnés à deux mois de prison avec sursis en appel pour paris truqués », sur lavoixdunord.fr, .
  5. Handball : Montpellier Champion de France pour la cinquième année de suite sur RTL, 4 mai 2012
  6. Handball: Montpellier fête son titre avec un large succès sur Dunkerque sur Libération, 4 mai 2012
  7. a b et c Paris suspects. Le match de hand Cesson - Montpellier truqué ? sur Ouest-France, 16 mai 2012
  8. Les Irréductibles à l'assaut du Liberté ! sur Rennes Sport, 11 mai 2012
  9. a b et c Jeremy Goujon, « Cesson en a pleuré de joie » sur 20 minutes, 14 mai 2012
  10. Cesson fait chuter Montpellier sur L'Équipe, 12 mai 2012
  11. Cesson bat Montpellier...et assure son maintien ! sur le site de la Ligue de Bretagne de Handball, 15 mai 2012
  12. a b et c Handball : les joueurs de Montpellier reconnaissent les paris, pas la tricherie sur France Télévisions, 30 septembre 2012
  13. Interpellations à Coubertin sur L'Équipe, 30 septembre 2012
  14. Fabrice Dubault, « Les compagnes des deux frères Karabatic sous pression » sur France 3 Languedoc-Roussillon, 1er octobre 2012
  15. Hand : Jeny Priez assure avoir parié à la demande de Luka Karabatic sur Le Parisien, 1er octobre 2012
  16. Hand: 3 joueurs remis en liberté sur Le Figaro, 1er octobre 2012
  17. Handball: les frères Karabatic mis en examen
  18. Gajic et Tej mis en examen
  19. Paris truqués : 8 mises en examen, dont les compagnes des Karabatic
  20. Le kiné pas mis en examen
  21. Hand : Cesson-Sévigné partie civile, Le Figaro, 4 octobre 2012.
  22. Les juges ordonnent une nouvelle expertise du match, l'Equipe, le 17 février 2014
  23. Les juges ordonnent une nouvelle expertise du match, l'Equipe, le 17 février 2014.
  24. Cesson-Montpellier : La seconde expertise confirme les soupçons de trucage, www.lequipe.fr, le 29 avril 2014.
  25. « Paris truqués : le rapport d’expert annulé », sur Sport24, (consulté le 7 septembre 2020).
  26. « Paris suspects dans le hand : le parquet demande le renvoi en correctionnelle des 17 mis en examen, dont Karabatic », sur Francetvinfo, (consulté le 27 février 2015)
  27. Paris suspects : 3 mois avec sursis et 30.000 euros d'amende requis contre Nikola Karabatic sur le site de France Télévisions, 22 juin 2015
  28. LeMonde avec AFP, « Paris truqués en handball : les frères Karabatic condamnés à deux mois de prison avec sursis » sur Le Monde, 1er février 2017
  29. Communiqué officiel à propos du match Cesson-MAHB sur le site du Montpellier Agglomération Handball, 17 mai 2012
  30. AFP, « Delplanque : "C'est une épreuve" » sur L'Équipe, 30 septembre 2012
  31. Costantini, « c'est abominable » sur L'Équipe, 1er octobre 2012
  32. Paris sportifs : Valérie Fourneyron veut légiférer sur Le Nouvel Observateur, 30 septembre 2012
  33. Handball : Montpellier perd un sponsor, Le Figaro, 17 octobre 2012.
  34. Gaston Meyer, in Histoire des Jeux olympiques de Daniel Costelle (s.d.), Paris, Larousse, 1980, p. 63 : « La disqualification de Ladoumège a tué l'athlétisme français. (…) les stades se sont vidés. (…) On scandait Ladoumège, Ladoumège, à chaque départ de course. Évidemment, c'était très grave pour l'athlétisme français. Cela l'a tué pour dix ans. »
  35. Jérôme Prevot, « Un jour, une histoire : le treize rayé de la carte », sur www.rugbyrama.fr, Midi olympique, (consulté le 24 mars 2020)
  36. coll., Le Sport et les Français pendant l'occupation, tome 1, Paris, L'Harmattan, 2002, p.235
  37. « Max Barrau : un prince en terre d'Ovalie », sur www.ladepeche.fr, (consulté le 26 septembre 2019)
  38. « Barrau ou l’histoire d’un capitaine sacrifié », sur www.midi-olympique.fr, Midi olympique, (consulté le 26 septembre 2019)
  39. Loïc Colombié, « #SportStory – Rugby / (EP1) M.Ringeval : Entretien avec «la migraine ». », sur le-mag-sport.com, (consulté le 9 mai 2020)
  40. « Top 14: Toulon-Castres, souviens-toi, il y a vingt ans... », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 10 février 2014)
  41. Clément Garioud, « Ces sombres affaires qui ont entaché la réputation du rugby français », sur https://actu.fr, (consulté le 5 août 2019)
  42. Nicolas Zanardi, « En 1993, les mammouths grenoblois victimes d'une polémique en finale », sur www.midi-olympique.fr, Midi olympique, (consulté le 5 juin 2020)
  43. Simon Valzer, « Combien de fois Bayonne s’est imposé dans la capitale ? », sur www.rugbyrama.fr, Midi olympique, (consulté le 21 août 2013)
  44. Richard ESCOT, « Le Top 5 des finales les plus marquantes », sur www.lequipe.fr, (consulté le 26 août 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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